Le formulaire Cerfa 15692
Un formulaire unique d’une vingtaine de pages, pour tous les droits : allocations, cartes, orientations, scolarité, emploi. On ne remplit que les parties qui concernent la demande, mais on les remplit vraiment.
Cette page n'est pas encore publique. Entrez le mot de passe pour la consulter.
Un dossier MDPH, ce sont une vingtaine de pages de formulaire, un certificat médical, des bilans, des délais. C’est aussi, pour beaucoup de familles et d’adultes, un moment où l’on met des mots administratifs sur une souffrance intime. Cette page explique simplement le dossier, les droits et les pièges, puis ce qu’un psychologue d’orientation psychanalytique peut apporter : un compte rendu clair, une description concrète du quotidien, et un lieu pour penser ce que la démarche remue.
La maison départementale des personnes handicapées, ou MDPH, existe dans chaque département depuis la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances. C’est un guichet unique : on y dépose une seule demande, sur un seul formulaire, pour un enfant ou pour un adulte, et l’on peut y solliciter plusieurs droits à la fois.
Le dossier est étudié par une équipe pluridisciplinaire (médecins, psychologues, travailleurs sociaux, enseignants, ergothérapeutes selon les cas), qui évalue les besoins et propose un plan. La décision appartient ensuite à une commission, la CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées), qui notifie ses décisions par courrier. La MDPH n’est donc ni un médecin qui pose un diagnostic, ni un tribunal qui juge : elle évalue ce que la situation empêche au quotidien, et ce qui pourrait compenser.
Pendant longtemps, le handicap évoquait un fauteuil roulant ou une canne blanche. La loi de 2005 a changé la définition, inscrite à l’article L.114 du code de l’action sociale et des familles. Elle mentionne pour la première fois, à côté des fonctions physiques et mentales, les fonctions psychiques.
Trois mots comptent dans cette phrase. Limitation et restriction : on parle de ce qu’on ne peut pas faire, pas de ce qu’on « a ». Durable : une crise passagère, même sévère, ne fait pas un handicap. Et environnement : la même difficulté pèse plus ou moins selon l’école, le travail, l’entourage. C’est pourquoi deux personnes avec le même diagnostic peuvent obtenir des réponses différentes, et pourquoi tous les troubles psychiques ne sont pas invalidants : c’est leur intensité, leur durée et leur répétition qui font handicap.
Pour un clinicien formé à la psychanalyse, cette définition a quelque chose de familier. Elle ne réduit pas la personne à une étiquette : elle demande comment elle vit, ce qui l’empêche, et dans quel contexte. C’est exactement la question que l’on se pose en séance, avec d’autres mots.
Qui fait quoi ? Cliquez sur chaque acteur du schéma pour voir son rôle, de la préparation du dossier à la décision, et jusqu’au recours si besoin.
Le dossier se dépose sur papier ou, dans beaucoup de départements, en ligne. Il comprend des pièces obligatoires et des pièces qui ne le sont pas mais changent souvent tout.
Un formulaire unique d’une vingtaine de pages, pour tous les droits : allocations, cartes, orientations, scolarité, emploi. On ne remplit que les parties qui concernent la demande, mais on les remplit vraiment.
Rempli et signé par un médecin, daté de moins d’un an, remis sous pli confidentiel. Sa rubrique sur le retentissement fonctionnel et relationnel est décisive : elle demande, domaine par domaine, si la personne agit seule, avec difficulté, avec une aide humaine, ou pas du tout.
Une pièce d’identité, un justificatif de domicile, et le cas échéant le jugement de protection (tutelle, curatelle). La MDPH envoie un récépissé à la réception du dossier.
Le volet « vie quotidienne » ou « expression des attentes », sur le formulaire ou sur papier libre. Il n’est pas obligatoire, mais il aide l’équipe à comprendre ce que vous vivez et ce que vous souhaitez. C’est souvent la seule pièce écrite avec vos mots.
Le guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation, rempli avec l’école. Il doit impérativement accompagner toute demande liée à la scolarité : sans lui, l’équipe ne peut pas construire le projet personnalisé de scolarisation.
Comptes rendus de bilans psychologiques, neuropsychologiques, orthophoniques, psychomoteurs, d’hospitalisation. Le certificat médical invite à joindre les plus significatifs. Un bilan récent et lisible vaut mieux qu’une pile de documents anciens.
L’équipe de la MDPH ne vous connaît pas. Elle ne voit ni la fatigue du soir, ni la crise du matin, ni les stratégies que vous avez inventées pour tenir. Le projet de vie est l’endroit où le montrer, avec des exemples datés plutôt que des adjectifs. Quelques transformations typiques :
| Ce qu’on écrit souvent | Ce qui aide l’équipe à comprendre |
|---|---|
| « Il est très anxieux. » | « Chaque matin, il vomit avant l’école ; il a manqué 23 demi-journées depuis la rentrée. » |
| « Elle a du mal à se concentrer. » | « Elle ne peut faire ses devoirs qu’avec un adulte à côté d’elle, une heure par soir, et oublie les consignes en route. » |
| « Je suis fatigué. » | « Après une matinée de travail, je dois dormir deux heures ; je ne peux plus faire mes courses seul quand il y a du monde. » |
| « Il ne supporte pas les changements. » | « Un changement d’emploi du temps non annoncé déclenche une crise de plus d’une heure, deux à trois fois par semaine. » |
| « On voudrait de l’aide. » | « Nous souhaitons un accompagnement en classe pour les temps d’écrit, et une orientation vers un dispositif adapté au collège. » |
Ces exemples sont fictifs. L’idée est de décrire la fréquence, la durée, l’aide nécessaire et ce que vous souhaitez, sans dramatiser ni minimiser. Beaucoup de familles minimisent, par pudeur ou par habitude.
Un même dossier peut porter plusieurs demandes. Voici les principales, présentées simplement. Les conditions précises et les montants, révisés chaque année, sont sur les fiches officielles de service-public.gouv.fr, dont le lien figure à chaque fois : nous ne les recopions pas ici, pour ne jamais vous donner un chiffre périmé.
Elle aide les familles à faire face aux frais et aux contraintes liés au handicap d’un enfant de moins de 20 ans. Elle dépend du taux d’incapacité fixé par la MDPH (au moins 80 %, ou entre 50 et 79 % si l’enfant a besoin de soins, d’un accompagnement ou d’une scolarisation adaptée préconisés par la commission). Des compléments, en plusieurs catégories, peuvent s’ajouter selon les dépenses et la réduction d’activité d’un parent. Fiche officielle AEEH
Un revenu minimum pour les adultes, à partir de 20 ans en général, dont le taux d’incapacité est d’au moins 80 %, ou compris entre 50 et 79 % avec une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi. Depuis octobre 2023, elle ne dépend plus des revenus du conjoint. Une demande d’AAH entraîne automatiquement l’examen d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Fiche officielle AAH
Elle finance des aides concrètes : aide humaine, aides techniques, aménagement du logement ou du véhicule, charges spécifiques, aide animalière. Elle suppose une difficulté absolue pour au moins une activité essentielle, ou grave pour au moins deux, pendant au moins un an. Son volet d’aide humaine peut couvrir des besoins liés au handicap psychique, comme être soutenu pour gérer son stress face à l’imprévu ou les interactions sociales. Fiche officielle PCH
Dès 16 ans, elle ouvre l’accès à des aménagements de poste ou d’horaires, à des dispositifs d’insertion et de maintien dans l’emploi. Elle est accordée pour une durée de un à dix ans, ou sans limite. On n’est pas obligé de la déclarer à son employeur : c’est un outil à disposition, pas une étiquette imposée. Pensez à demander son renouvellement plusieurs mois avant l’échéance. Fiche officielle RQTH
Le PPS organise la scolarité d’un élève en situation de handicap : orientation, matériel pédagogique adapté, aménagements, accompagnement humain. Il est élaboré par l’équipe de la MDPH à partir du GEVA-Sco, décidé par la commission, puis mis en œuvre par l’école. Un enseignant référent, désigné pour suivre l’élève, devient l’interlocuteur principal de la famille. L’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) est l’adulte qui peut aider l’élève en classe, à temps partagé ou individuel selon la notification. Fiche officielle PPS
La commission peut aussi orienter vers un dispositif ou un établissement : unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) ou établissement médico-social pour un enfant, service d’accompagnement ou établissement pour un adulte, accompagnement vers l’emploi. Une orientation est une possibilité ouverte, pas une obligation : la place dépend ensuite des disponibilités, parfois longues à trouver. Le formulaire permet aussi de demander une carte mobilité inclusion. Mon parcours handicap
Ni le cabinet ni aucun professionnel ne peut garantir qu’un droit sera accordé, ni à quel niveau. La décision appartient à la commission, au vu de l’ensemble du dossier. Méfiez-vous de quiconque vous promet un résultat en échange d’un paiement.
La règle est que la MDPH réponde dans les quatre mois suivant le dépôt d’un dossier complet. La réalité est un peu plus longue, et très variable selon les départements. Les chiffres ci-dessous proviennent des données de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), citées dans des réponses du gouvernement à des questions de députés en 2024 et 2025. Les barres sont rapportées à douze mois.
Ce que cela veut dire en pratique : anticiper. Pour une rentrée scolaire, un dossier déposé au printemps arrive parfois trop tard. Pour un renouvellement, il faut s’y prendre plusieurs mois avant la fin du droit en cours. Et pendant l’attente, rien n’empêche de commencer à aider : les soins, les aménagements informels avec l’école, un suivi psychologique n’attendent pas la notification.
Quatre mois et demi en moyenne : c’est à peu près le temps d’une grossesse de baleine bleue divisé par trois, ou de deux saisons de feuilleton. Le dossier, lui, ne pousse pas plus vite si on le regarde. Mais un dossier complet du premier coup évite qu’il reparte en bas de la pile pour une pièce manquante.
Un psychologue ne décide de rien à la MDPH et ne signe pas le certificat médical. Son rôle est ailleurs, et il est double : rendre visible ce que l’équipe ne peut pas voir, et accompagner ce que la démarche fait vivre. La formation analytique ajoute une attention particulière à ce second versant, souvent oublié.
Un bilan psychologique ou neuropsychologique (efficience intellectuelle, attention, fonctions exécutives, personnalité) donne des repères mesurés. Le compte rendu doit être lisible par des non-spécialistes et relier chaque résultat à la vie réelle.
Elle indique depuis quand la personne est suivie, à quel rythme, pour quelles difficultés, et ce qui a été observé dans la durée. Elle complète le regard ponctuel d’un bilan par celui, plus long, d’un suivi.
Décrire concrètement la gestion des émotions, la maîtrise du comportement, la sécurité, les relations, la fatigue, le besoin d’être stimulé ou accompagné : les termes mêmes que la grille du certificat médical demande au médecin d’évaluer.
Trouver les mots, les exemples, l’ordre ; oser écrire ce qui fait honte ; ne pas tout réduire au diagnostic. Beaucoup de familles écrivent mieux leur projet de vie après en avoir parlé.
Un diagnostic soulage parfois (enfin un nom), blesse souvent (un nom qui fige). Il faut du temps pour qu’il devienne une information sur soi plutôt qu’une identité. Ce temps-là se travaille.
Culpabilité des parents, deuil de l’enfant imaginaire, place des frères et sœurs, regard des autres : ce que le formulaire ne demande pas, et qui pèse pourtant sur toute la démarche.
Une mère vient pour son fils de neuf ans, suivi pour un trouble des apprentissages. Le dossier MDPH est prêt depuis des semaines, mais elle ne l’envoie pas. En séance, elle finit par dire que signer la page « handicap », c’est avoir l’impression de signer qu’il ne sera jamais comme les autres. Il a fallu plusieurs entretiens pour séparer les deux choses : demander une aide n’est pas renoncer à son enfant, c’est lui donner des appuis. Le dossier est parti le mois suivant, avec un projet de vie qu’elle a écrit elle-même.
Le cabinet réalise des bilans psychologiques et neuropsychologiques pour enfants, adolescents et adultes, avec compte rendu écrit et entretien de restitution, et fournit sur demande des attestations de suivi (la rédaction d’un écrit est un acte à part, indiqué sur la page lieux et tarifs). Nous travaillons avec le médecin qui remplit le certificat, si vous le souhaitez, pour que les éléments se répondent. Nous ne promettons aucun résultat : nous décrivons honnêtement ce que nous observons. Voir les bilans, les bilans psychologiques et le guide des troubles dys.
Pour les parents, déposer un dossier MDPH, c’est souvent la première fois que le mot « handicap » s’écrit à côté du prénom de leur enfant. Le psychanalyste Serge Lebovici parlait de l’enfant imaginaire, celui dont on rêve avant qu’il naisse, et dont il faut faire le deuil pour accueillir l’enfant réel. Ce deuil-là, ordinaire chez tous les parents, devient brutal quand un diagnostic tombe. Il se mêle de culpabilité (« qu’est-ce que j’ai transmis, raté, pas vu ? »), de colère contre l’école ou les médecins, et parfois de soulagement, qu’on n’ose pas dire.
Pour un adulte qui demande une AAH ou une RQTH, la démarche touche à l’identité : honte d’avoir besoin, peur d’être réduit à une case, ou au contraire reconnaissance enfin d’une souffrance longtemps niée. Ce qui se joue dans l’écriture du projet de vie n’est pas seulement administratif. On y raconte sa vie à des inconnus, en termes de manques. Il est normal que cela coûte.
Retournez les cartes pour démêler quelques idées reçues sur la MDPH.
Ces erreurs ne sont pas des fautes : elles viennent de la complexité du dossier et de la fatigue de ceux qui le remplissent. Les connaître permet de les éviter, dans l’ordre où elles se présentent.
Une check-list en dix questions pour faire le point avant l’envoi. Le feu passe au vert quand l’essentiel est là. Ce n’est pas une garantie de résultat : seulement une aide pour ne rien oublier. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Non : c’est vous qui déposez la demande, et seul un médecin signe le certificat médical. Le psychologue peut fournir un compte rendu de bilan, une attestation de suivi, et vous aider à rédiger le projet de vie. Une assistante sociale peut aussi aider à remplir le formulaire.
Pas forcément. La MDPH évalue le retentissement des difficultés sur la vie quotidienne, plus que l’étiquette. Un diagnostic aide à comprendre, mais une description concrète et argumentée des difficultés est indispensable dans tous les cas.
Le délai réglementaire est de quatre mois. En moyenne nationale, il était de 4,4 mois au deuxième trimestre 2025 selon les données de la CNSA, avec de fortes différences entre départements. Sans réponse au bout de quatre mois, la demande est considérée comme rejetée, ce qui ouvre un recours.
Vous avez deux mois pour former un recours administratif préalable obligatoire auprès de la MDPH, avant tout recours au tribunal. Joindre des éléments nouveaux, comme un bilan récent ou une attestation plus précise, est souvent plus utile qu’une simple contestation.
Non, et personne ne le peut. La décision appartient à la commission. Le cabinet peut réaliser un bilan, rédiger une attestation honnête et précise, et vous accompagner dans ce que la démarche remue.
Oui. La démarche impose son calendrier et ses cases ; l’écoute analytique offre à côté un lieu où ces cases ne sont pas tout. Les deux ne s’opposent pas : comprendre ce que la reconnaissance d’un handicap fait vivre aide souvent à mieux la demander, et à mieux s’en servir.
Un premier rendez-vous permet de faire le point sur la situation, de voir si un bilan est utile, et de réfléchir à ce que la démarche représente pour vous ou pour votre enfant. Le cabinet reçoit à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, et en téléconsultation pour les entretiens.
Cliquer sur la photo ou utiliser + et − pour zoomer. Échap pour fermer.
Chargement de l'article…
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.