Psychanalyse de l’enfant, de l’adolescent et parentalité
Un enfant ne s’allonge pas sur un divan pour raconter son enfance : il est en plein dedans. Il joue, il dessine, il se tait, il demande à aller aux toilettes au moment précis où l’on parle de sa petite sœur. Depuis Anna Freud et Melanie Klein, la psychanalyse a appris à entendre ce langage-là. Cette page raconte comment on écoute un bébé, un enfant, un adolescent, et comment on accompagne des parents qui doutent, s’épuisent ou se séparent, sans chercher de coupable.
Mis à jour le 22 octobre 2026 · Lecture : 22 minutes
1946premier centre médico-psycho-pédagogique, à Paris
1953Winnicott publie son article sur l’objet transitionnel
42 paysdans la grande étude sur le burn-out parental
17 409 parentsinterrogés par l’équipe de l’UCLouvain (2021)
L’enfant parle autrement
Freud a découvert la sexualité infantile en écoutant des adultes. Il a analysé un seul enfant, le petit Hans, et encore : par l’intermédiaire de son père, en 1909. Il a fallu la génération suivante pour oser recevoir des enfants eux-mêmes, et pour comprendre qu’ils ne parlent pas seulement avec des mots. Le corps, le sommeil, l’appétit, les colères, les jeux et les dessins sont des messages, adressés à quelqu’un.
Pour les parents, cela change tout. Un enfant qui fait pipi au lit à sept ans ou qui frappe son frère n’est pas « méchant » par principe : il dit ce qu’il ne sait pas dire autrement. Le clinicien ne juge pas le comportement et ne le laisse pas faire : il cherche ce que le symptôme essaie de résoudre. Une fois entendu, il a souvent moins besoin d’être bruyant.
Pour Winnicott, le jeu n’a rien d’un simple passe-temps : c’est l’espace où l’enfant essaie, détruit et répare sans risque réel. Au cabinet, une séance avec un enfant de six ans ressemble donc moins à une conversation qu’à une partie dont on cherche ensemble les règles secrètes.
À retenir
On ne fait pas une « psychanalyse d’enfant » comme une analyse d’adulte : pas de divan, des séances plus souples, une place réelle pour les parents.
Le jeu, le dessin, le modelage sont l’équivalent de la parole libre de l’adulte. On ne les « décode » pas avec un dictionnaire : on les écoute avec l’enfant.
Les parents ne sont pas des accusés. Ils sont les premiers alliés du travail, et souvent ceux qui portent le plus d’inquiétude.
De 0 à 18 ans, au curseur
Chaque âge a ses tâches, ses peurs et ses manières de dire. Faites glisser le curseur pour voir, à chaque période, ce qui se joue, ce qui amène souvent à consulter, et ce que l’écoute analytique y apporte. Les âges sont des repères, pas des cases : chaque enfant a son rythme.
0 an9 ans18 ans
Partie 1. L’enfance : les pionniers
La psychanalyse de l’enfant est née d’une dispute. À Londres, de 1942 à 1944, les « grandes controverses » opposent Melanie Klein et Anna Freud, avec au milieu un groupe d’indépendants dont Winnicott. L’issue est un compromis : trois filières de formation qui cohabitent. Voici les héritiers de ce moment, et ceux qui l’ont prolongé ailleurs.
Deux façons d’entrer dans la chambre d’enfant
Melanie Klein (1882-1960) commence par observer ses propres enfants : le « Fritz » de sa première communication, en 1919, est son fils. Son idée est audacieuse : le jeu de l’enfant équivaut à l’association libre de l’adulte et s’interprète comme un rêve. Chaque enfant a sa boîte de figurines, de petites voitures, de papier et de ficelle. Klein interprète tôt et directement, y compris l’angoisse et l’agressivité.
Anna Freud (1895-1982), fille cadette de Freud, s’en méfie. Pour elle, l’enfant est un être en développement, dépendant de ses parents réels ; il faut d’abord construire une alliance avec lui et tenir compte de l’éducation. Pendant la guerre, elle ouvre à Londres des pouponnières pour enfants séparés de leurs parents, et observe ce que la séparation fait aux tout-petits.
Ce qu’on en garde. Avec Klein, le sérieux du monde intérieur de l’enfant, de sa culpabilité précoce et de son besoin de réparer. Avec Anna Freud, l’attention à la famille réelle et à l’étape du développement. Melanie Klein, le bébé et le jeu
Winnicott : le pédiatre qui jouait
Donald Woods Winnicott (1896-1971) a été pédiatre avant d’être psychanalyste. La personne qui s’occupe du bébé n’a pas à être parfaite, dit-il : elle doit être suffisamment bonne, assez présente au début, puis capable de décevoir un peu, progressivement, pour que l’enfant découvre qu’il survit à l’absence. Il décrit l’objet transitionnel (1953), le doudou qui n’est ni tout à fait moi ni tout à fait l’autre, et le holding, la manière de tenir le bébé, physiquement et psychiquement.
Il invente aussi le squiggle, le jeu du gribouillis : il trace un trait, l’enfant le transforme en dessin, puis trace à son tour. Dans ces échanges se disent des choses qu’aucun interrogatoire n’obtiendrait. Et l’on retient sa remarque, reprise dans un texte de 1960 : un bébé seul, cela n’existe pas ; on décrit toujours un bébé et quelqu’un. Winnicott expliqué
Françoise Dolto : parler vrai aux enfants
Françoise Dolto (1908-1988) a reçu des enfants pendant près de quarante ans à l’hôpital Trousseau, à Paris. Son idée : l’enfant est une personne, qui comprend ce qui le concerne bien avant de savoir le dire. D’où son insistance pour qu’on lui parle vrai d’une adoption, d’un décès, d’une séparation, avec des mots à sa taille. Son émission Lorsque l’enfant paraît (France Inter, 1976-1978) la rend familière aux parents.
En 1979, elle ouvre la Maison verte, lieu d’accueil pour les moins de quatre ans accompagnés d’un parent qui reste : ni crèche ni soin, un lieu de jeu et de parole, avec une ligne rouge au sol que les petits véhicules ne franchissent pas. On lui attribue l’invention du paiement symbolique : l’enfant apporte un caillou ou un dessin, pour marquer que la séance est son affaire. On l’a accusée d’avoir fabriqué des « enfants rois » ; ses défenseurs rappellent qu’elle distinguait entendre un désir et le satisfaire. Françoise Dolto
John Bowlby : l’attachement, un besoin premier
John Bowlby (1907-1990), psychiatre et psychanalyste, observe des enfants séparés de leur famille. Il en conclut que le besoin de proximité avec une figure protectrice est aussi vital que la nourriture, et non un dérivé de l’allaitement. Présentées à la Société britannique entre 1957 et 1959, ces idées reçoivent un accueil surtout hostile ; Anna Freud, pourtant en désaccord, écrit qu’il est trop précieux pour être perdu pour la psychanalyse. Le premier volume d’Attachement et perte paraît en 1969 ; Mary Ainsworth décrit ensuite plusieurs styles d’attachement (sécure, évitant, ambivalent, puis désorganisé).
Ce qu’on en garde. Longtemps rivale, la théorie de l’attachement est devenue une alliée, et des chercheurs comme Peter Fonagy ont travaillé à la réconcilier avec la psychanalyse. Elle aide à comprendre l’enfant qui s’accroche, l’adolescent qui ne demande jamais rien, le parent qui ne sait pas consoler parce qu’on ne l’a pas consolé. Se tester : son attachement en ce moment
Daniel Stern : le bébé n’est pas une page blanche
Daniel Stern (1934-2012), psychiatre et psychanalyste américain, relie psychanalyse et observation filmée des interactions. Dans son livre de 1985 sur le monde interpersonnel du nourrisson, il montre un bébé actif et curieux, chez qui plusieurs « sens de soi » se construisent dès les premières semaines. Il nomme l’accordage affectif : le bébé tape joyeusement sur la table, le parent répond par un « ouiii » dont la musique épouse le geste. Une façon de dire « je sens ce que tu sens ». En 1995, il propose un cadre pour les psychothérapies parents-bébé.
Ce qu’on en garde. Regarder sans juger comment un parent et un bébé se cherchent, se ratent et se retrouvent. Le ratage n’est pas une faute : c’est la réparation qui compte.
Wilfred Bion : contenir ce qui déborde
Wilfred Bion (1897-1979), analysé par Melanie Klein, propose un modèle précieux. Le bébé est envahi d’éprouvés bruts qu’il ne peut pas penser : faim, peur, douleur. Il les « jette » dans le parent par ses cris. Le parent qui reçoit cette tempête, la supporte sans s’effondrer et la transforme (« tu as faim, je suis là ») rend au bébé quelque chose de pensable. C’est la relation contenant-contenu, portée par la rêverie du parent, cette disponibilité un peu flottante. Peu à peu, l’enfant fait lui-même ce travail ; quand il a manqué, les émotions restent des « choses » qui s’expulsent : colères, passages à l’acte, maux de ventre.
Ce qu’on en garde. Une grande partie du travail avec un enfant, et du soutien aux parents, consiste à contenir : recevoir ce qui déborde, ne pas le rendre tel quel, lui donner une forme. Bion expose ces idées dans Aux sources de l’expérience (1962).
Le jeu et le dessin comme parole
L’adulte qui associe librement passe d’une idée à l’autre sans trier ; l’enfant fait de même avec des figurines, de la pâte à modeler ou des feutres. Le clinicien regarde moins le résultat que le mouvement : ce que l’enfant choisit, évite, interrompt, ou répète séance après séance.
Une vignette, anonymisée
Un garçon de six ans est amené parce qu’il ne dort plus seul depuis le déménagement. En séance, il construit chaque fois une maison en cubes, puis la fait écraser par un camion. Au bout de quelques semaines, il ajoute un personnage qui reconstruit la maison après le passage du camion. Ses parents racontent, à peu près au même moment, qu’il accepte de s’endormir dans sa chambre si la porte reste ouverte. Personne ne lui a expliqué que le déménagement l’avait inquiété : il l’a joué, et le jeu a fait une partie du travail.
Un dessin n’est pas un test qui livrerait un diagnostic d’un coup d’œil : c’est une parole qui se commente avec son auteur. Retournez les cartes.
Où cette écoute s’est inventée
En France, la psychanalyse de l’enfant a irrigué des institutions publiques que beaucoup de familles connaissent sans savoir d’où elles viennent. Quelques repères.
1946Ouverture du premier centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), au lycée Claude-Bernard, à Paris, à l’initiative de l’Éducation nationale et de pédopsychiatres. Strasbourg suit en 1948, puis un réseau national.
1948Vers cette date, Serge Lebovici, René Diatkine et Evelyne Kestemberg commencent à pratiquer le psychodrame psychanalytique avec des enfants et des adolescents. Ils publient le bilan de dix ans de pratique en 1958.
1964Esther Bick publie à Londres sa méthode d’observation du bébé, pratiquée à la Tavistock Clinic pour former les cliniciens à regarder sans intervenir.
1979Françoise Dolto ouvre la Maison verte à Paris. Plus de deux cents lieux d’accueil enfants-parents s’en inspireront en France.
2017L’essai IMPACT, au Royaume-Uni, compare chez 470 adolescents déprimés une psychothérapie psychanalytique brève, une TCC et un suivi psychosocial bref : les trois font aussi bien, et l’effet se maintient un an après la fin.
Le CMPP et le CMP
Le CMPP (centre médico-psycho-pédagogique) reçoit enfants et adolescents en difficulté psychologique, scolaire ou de comportement, avec une équipe pluridisciplinaire ; beaucoup sont d’orientation psychanalytique, et les soins y sont pris en charge par l’Assurance maladie. Le CMP (centre médico-psychologique) relève du secteur public de psychiatrie, pour enfants ou pour adultes. Les délais y sont souvent longs : des familles consultent aussi en libéral, en parallèle ou en attendant.
Le psychodrame analytique
Certains enfants et adolescents ne peuvent pas parler en face à face : trop d’angoisse, de pudeur ou de colère. Le psychodrame leur propose de jouer une scène, réelle ou rêvée, avec plusieurs thérapeutes qui tiennent les rôles, sous la conduite d’un meneur de jeu ; ce qui s’est dit à travers le jeu est ensuite repris en mots. Evelyne Kestemberg l’a notamment appliqué à l’anorexie de l’adolescente.
Partie 2. L’adolescence : la mue
L’adolescence n’est pas une maladie, et la plupart des adolescents la traversent sans psy. Mais tout s’y remet en jeu à la fois : le corps, la sexualité, les liens aux parents, l’image de soi. Trois idées analytiques aident les familles à s’y retrouver.
Le pubertaire
Philippe Gutton (Le pubertaire, 1991) désigne ainsi le travail psychique imposé par la puberté. Le corps devient sexué et capable de réaliser ce qui n’était que rêvé dans l’enfance. Ce surgissement fait effraction : il faut des années pour se l’approprier. La pudeur soudaine, la honte, les colères en sont souvent le prix.
Le paradoxe de la dépendance
Le psychiatre et psychanalyste Philippe Jeammet a beaucoup décrit ce paradoxe : l’adolescent a besoin de ses parents et de leur appui au moment même où ce besoin le menace dans son autonomie. Plus il se sent dépendant, plus il peut se montrer rejetant. Le conflit est souvent une façon de rester lié sans l’avouer.
La mue du homard
Dans un petit livre écrit avec sa fille Catherine (1989), Dolto compare l’adolescent au homard qui a perdu sa carapace : en attendant d’en fabriquer une autre, il est exposé, et se cache. Les coups reçus à ce moment-là, une humiliation, un abandon, laissent des traces plus profondes qu’à un autre âge.
Recevoir un adolescent demande des aménagements. On le voit seul, même mineur, parce qu’il a besoin d’un lieu qui ne soit pas celui de ses parents ; on voit aussi les parents, avec son accord. On accepte qu’il se taise ou parle de jeux vidéo pendant trois séances : il vérifie qu’on ne va pas le juger. Le face-à-face est la règle ; le divan n’est presque jamais proposé à cet âge.
Quand il ne faut pas attendre
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si un adolescent parle de mourir, se fait du mal, ne mange presque plus, consomme de façon inquiétante ou se coupe brutalement de tout, il faut un avis médical rapide : médecin traitant, pédiatre, urgences pédopsychiatriques.
La recherche est rassurante. Dans l’essai IMPACT (2017), des adolescents déprimés ont reçu au hasard une psychothérapie psychanalytique brève (jusqu’à 28 séances, plus quelques séances pour les parents), une TCC ou un suivi psychosocial bref : résultats équivalents, maintenus un an après la fin. Il n’y a pas une seule bonne porte d’entrée ; ce qui compte, c’est que l’adolescent accroche avec la personne et la méthode. Voir points forts et points faibles.
Partie 3. Être parent
On parle beaucoup des enfants et peu de ce que devenir parent fait à un adulte. La psychanalyse en dit des choses précises, à condition de ne pas les transformer en reproches. Aucun parent n’est parfait, et le but n’est pas de le devenir.
Le deuil de l’enfant imaginaire
Avant la naissance, il y a un enfant rêvé : son visage, son caractère, ce qu’il réussira, ce qu’il réparera de notre histoire. Le psychanalyste Serge Lebovici distinguait l’enfant imaginaire, dont on rêve consciemment, l’enfant fantasmatique, hérité de notre propre enfance, et l’enfant réel, celui qui pleure à trois heures du matin. Devenir parent, c’est faire peu à peu le deuil des deux premiers pour accueillir le troisième. Ce deuil devient douloureux quand l’enfant réel s’écarte beaucoup de l’enfant rêvé : un handicap, une maladie, un diagnostic qui tombe à l’école. La page dossier MDPH évoque ce que ce deuil demande quand il croise une démarche administrative.
La culpabilité, cette compagne fidèle
Presque tous les parents commencent par la même question : « Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? » Se sentir responsable est plutôt bon signe ; mais la culpabilité devient un obstacle quand elle empêche de penser. Notre premier travail est souvent de déplacer la question, de « à qui la faute » vers « qu’est-ce qui se répète, et que peut-on changer ». La mère suffisamment bonne de Winnicott est une mère qui se trompe, et qui répare.
Un parent parfait serait d’ailleurs une catastrophe : un enfant élevé sans la moindre frustration n’apprendrait jamais à attendre, à râler, et à découvrir que ses parents survivent à sa colère. Vos ratés sont pédagogiques. Inutile toutefois d’en faire exprès.
Le burn-out parental
Ce n’est pas une fatigue ordinaire. Les chercheuses de l’UCLouvain qui l’ont décrit le définissent par quatre traits : un épuisement lié au rôle de parent, une distance émotionnelle avec ses enfants (on fait le nécessaire, sans plus y mettre de cœur), une perte de plaisir et d’efficacité, et un contraste douloureux avec le parent qu’on était avant. Dans une étude publiée en 2021 dans la revue Affective Science, l’équipe de l’UCLouvain (Roskam et coll.) a interrogé 17 409 parents dans 42 pays. La fréquence du burn-out parental y varie de presque rien à près de 8 % selon les pays, et elle est nettement plus élevée dans les sociétés individualistes, où l’on attend beaucoup d’un parent seul. La France et la Belgique figurent parmi les pays les plus touchés ; pour la France, l’équipe avance une estimation de l’ordre de 5 % des parents.
Ce n’est pas un défaut d’amour, mais un déséquilibre durable entre ce qui pèse (exigences, isolement, conflit de couple, enfant en difficulté, perfectionnisme) et ce qui ressource (aide, temps pour soi, reconnaissance). Cela se soigne : en allégeant ce qui pèse, en retrouvant des appuis, et en travaillant, si besoin, ce que ce rôle réveille de sa propre enfance.
La guidance parentale
Ni cours d’éducation ni tribunal : ce sont des entretiens avec les parents, parfois sans l’enfant, pour comprendre ce qui entretient le symptôme sans qu’on le veuille et inventer d’autres réponses. On y parle de limites, de sommeil, d’écrans, mais aussi de l’histoire de chacun : on éduque souvent avec les mots et les peurs de ses propres parents, ou contre eux. Il arrive que la guidance suffise.
Quand les parents se séparent
Une séparation n’abîme pas un enfant par elle-même. Ce qui l’abîme, c’est d’être pris dans le conflit : messager, juge, confident, ou contraint de choisir. Quand le conflit s’installe et qu’un enfant en vient à rejeter un parent, un accompagnement spécifique est nécessaire, coordonné avec les autres professionnels. Le cabinet en a une pratique particulière, décrite dans la page pédopsychologie.
Au cabinet
Un parent peut consulter seul, pour lui, sans que l’enfant soit vu : un parent qui respire mieux change déjà le climat de la maison. Selon la situation, nous proposons un suivi individuel, une guidance parentale, une thérapie de couple ou une thérapie familiale, que les deux cliniciens du cabinet, un homme et une femme, peuvent conduire ensemble.
Auto-questionnaire : l’épuisement parental
Dix questions pour faire le point sur votre fatigue de parent au cours du dernier mois. Ce questionnaire a été écrit pour cette page, à partir des quatre dimensions décrites par la recherche ; ce n’est pas une échelle validée, et il ne pose aucun diagnostic. Il sert à mettre des mots sur ce que vous vivez, et éventuellement à en parler. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Pourquoi consulte-t-on ?
Les parents hésitent souvent longtemps : « ça va passer », « c’est l’âge ». Voici les motifs que nous entendons le plus souvent, avec ce qui distingue l’ordinaire de ce qui mérite un avis.
Le sommeil et les peurs du soir
Très fréquents entre deux et six ans. On consulte quand cela dure, épuise la famille ou suit un événement précis. Voir aussi le sommeil de l’enfant.
Les colères et l’opposition
Normales à deux ans et à l’adolescence, elles inquiètent quand elles deviennent le seul mode de relation. Derrière, souvent une angoisse, une jalousie, une tristesse qui ne se dit pas.
L’école qui fait peur
Le refus scolaire anxieux n’est pas un caprice et appelle une réponse rapide, avec l’école. Les TCC y sont une approche de référence ; l’écoute analytique aide à comprendre ce qui se joue.
Apprendre, se concentrer
Distinguer un trouble des apprentissages ou un TDAH d’une anxiété ou d’un trauma : c’est le rôle des bilans. Voir le guide des dys et TDAH ou traumatisme ?
Les copains, le harcèlement
L’enfant en parle rarement, par honte ou pour protéger ses parents. Un changement brusque d’humeur doit faire poser la question, doucement.
Le corps qui parle
Pipi au lit tardif, propreté qui recule, maux de ventre sans cause, difficultés alimentaires. Toujours un avis médical d’abord ; ensuite, écouter ce que le corps dit à sa façon.
L’autisme : ce que nous faisons et ne faisons pas
La Haute Autorité de santé ne recommande pas la psychanalyse pour traiter les troubles du spectre de l’autisme : elle la classait dès 2012 parmi les interventions « non consensuelles », et ses recommandations de février 2026 la rangent parmi les approches non recommandées. Le cabinet suit ces recommandations : évaluation par des outils standardisés et orientation vers les interventions développementales et comportementales recommandées. L’écoute analytique peut soutenir les parents, la fratrie ou l’enfant face à une anxiété associée, sans jamais prétendre « traiter » l’autisme.
Au cabinet
Le cabinet reçoit bébés et parents, enfants, adolescents, parents seuls et familles, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche, et en téléconsultation pour les adolescents et les parents. Un premier parcours, le plus souvent :
Le premier rendez-vousLes parents viennent, avec ou sans l’enfant selon son âge. On écoute ce qui inquiète, depuis quand, ce qui a été tenté, et l’on recueille l’histoire : grossesse, premières années, école, événements familiaux.
La rencontre avec l’enfantOn lui propose de quoi jouer et dessiner, selon son âge : figurines, feutres, papier, pâte à modeler. L’enfant choisit. On lui explique simplement pourquoi il est là, avec des mots à lui. Le plus souvent, il dessine ou joue pendant qu’on parle, et c’est très bien ainsi.
Un bilan, si nécessaireQuand une question se pose sur les apprentissages, l’attention, le développement ou la personnalité, un bilan psychologique ou neuropsychologique permet de ne pas se tromper de piste. Le compte rendu est restitué aux parents, et à l’enfant à sa mesure. Les bilans psychologiques
Le choix du cadrePsychothérapie d’inspiration analytique pour l’enfant, guidance parentale, TCC pour une phobie ou un refus scolaire, EMDR pour un événement traumatique, thérapie familiale : on choisit ensemble ce qui convient, et cela peut évoluer. EMDR et psychanalyse
Le travail dans la duréeSéances régulières, entretiens réguliers avec les parents, lien avec l’école ou les autres soignants avec l’accord de la famille. Et l’on sait s’arrêter quand l’enfant n’a plus besoin de venir.
Ce que nous apportons
Un regard qui ne choisit pas entre comprendre et agir : l’écoute analytique pour entendre le symptôme, les bilans pour mesurer, les TCC et l’EMDR quand une souffrance précise demande une réponse rapide. Et le souci de ne faire porter ni à l’enfant ce qui appartient aux adultes, ni aux parents une culpabilité inutile. L’écoute analytique dans toutes nos pratiques
Quiz : enfants et psychanalyse
Sept questions pour vérifier ce que vous avez retenu, avec la réponse expliquée à chaque fois. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Questions fréquentes
À partir de quel âge un enfant peut-il consulter ?
Dès la naissance, en présence des parents. Les consultations parents-bébé s’adressent aux difficultés des premiers mois. Un enfant de trois ou quatre ans peut être reçu seul une partie de la séance, s’il le souhaite ; l’essentiel passe alors par le jeu et le dessin.
Est-ce que je vais être jugé comme parent ?
Non. Le travail ne consiste pas à trouver un coupable, mais à comprendre ce qui se répète et ce qui peut changer. La plupart des parents qui consultent sont des parents attentifs, inquiets, qui ont déjà beaucoup essayé. Leur demande d’aide est une ressource, pas un aveu.
Combien de temps dure une thérapie d’enfant ?
C’est très variable : quelques consultations suffisent parfois à débloquer une situation, notamment avec une guidance parentale ; d’autres fois, un suivi de plusieurs mois ou plus est utile. Le rythme est le plus souvent hebdomadaire. On fait le point régulièrement avec les parents, et l’on ne promet jamais une durée fixe.
La psychanalyse soigne-t-elle l’autisme ?
Non. La Haute Autorité de santé ne la recommande pas pour traiter le trouble du spectre de l’autisme et préconise des interventions développementales et comportementales. Le cabinet suit ces recommandations. L’écoute analytique peut aider les parents ou la fratrie à traverser l’annonce et le quotidien.
Le burn-out parental, est-ce une vraie maladie ?
Ce n’est pas un diagnostic des classifications officielles, mais c’est un syndrome décrit et étudié par la recherche, notamment à l’UCLouvain, dans une étude portant sur plus de dix-sept mille parents de 42 pays. Il se reconnaît à l’épuisement, à la distance émotionnelle, à la perte de plaisir et au contraste avec avant. Il se soigne, et il est plus fréquent qu’on ne le croit.
Un enfant vous inquiète, ou vous vous inquiétez pour vous ?
Un premier rendez-vous permet de poser l’inquiétude, de raconter l’histoire et de décider ensemble de ce qui convient : consultation avec l’enfant, entretiens avec les parents, bilan, ou simplement un temps pour y voir plus clair. Le cabinet reçoit à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, et en téléconsultation pour les adolescents et les parents.
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.