Des effets durables
Les bénéfices tiennent, et grandissent souvent après la fin. Pour qui a déjà fait plusieurs thérapies brèves dont l’effet s’est évanoui, c’est un argument sérieux.
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Il y a deux façons malhonnêtes de parler de la psychanalyse : dire qu’elle n’a jamais été évaluée, et dire qu’elle marche pour tout. Les deux sont fausses. Cette page rassemble ce que la recherche a réellement montré, avec ses chiffres et leurs limites, ce que la psychanalyse fait particulièrement bien, ce qu’elle fait moins bien, et comment choisir un praticien sérieux.
Pour savoir si une psychothérapie aide, les chercheurs comparent des groupes de patients : les uns la reçoivent, les autres reçoivent un autre traitement ou attendent. Le tirage au sort décide qui va où ; c’est l’essai randomisé. Quand plusieurs essais existent, une méta-analyse les regroupe pour obtenir un résultat plus solide.
Le résultat s’exprime souvent en taille d’effet, un nombre qui dit de combien le groupe traité va mieux que l’autre. Les repères habituels, proposés par le statisticien Jacob Cohen, sont simples : autour de 0,2, l’effet est petit ; autour de 0,5, moyen ; à partir de 0,8, grand. À titre de comparaison, l’ensemble des psychothérapies, toutes écoles confondues, tourne autour de 0,85 dans une grande synthèse citée par Shedler.
Pendant longtemps, une grande partie du monde psychanalytique a refusé l’évaluation, au nom de la singularité de chaque cure. Ce refus lui a coûté cher. Depuis les années 1990, une recherche sérieuse s’est développée, souvent menée par des équipes qui ne craignaient pas de publier des résultats décevants. Voici les jalons principaux.
Trois séries de chiffres, choisies parce qu’elles sont solides et parlantes. Chacune est accompagnée de sa source.
Dans le tableau de Shedler (2010), la méta-analyse Cochrane d’Abbass et coll. (2006) sur les thérapies psychodynamiques brèves donne un effet de 0,97 sur les symptômes en fin de traitement, et de 1,51 lors des suivis à plus de neuf mois. Pour situer, Shedler cite un effet médian de 0,62 pour la TCC dans une autre synthèse, et de 0,85 pour l’ensemble des psychothérapies. Les barres sont rapportées à un effet de 2.
Shedler lui-même précise que ces méta-analyses ne sont pas directement comparables entre elles. Elles montrent un ordre de grandeur, pas un classement. Les comparaisons directes, comme celle de Steinert en 2017, concluent plutôt à l’équivalence entre approches.
129 personnes dont la dépression avait résisté à au moins deux traitements (près de quatre en moyenne) ont reçu soit dix-huit mois de psychothérapie psychanalytique hebdomadaire (soixante séances de cinquante minutes) en plus des soins habituels, soit les soins habituels seuls. Voici la part de patients en rémission au moins partielle (Fonagy et coll., World Psychiatry, 2015).
En fin de traitement, la différence n’était pas significative. Elle le devient ensuite, et s’accroît. La rémission complète restait rare dans les deux groupes : ces patients étaient très gravement atteints.
326 patients anxieux ou déprimés ont été répartis au hasard entre une thérapie psychodynamique longue (environ 240 séances), une brève (environ 20) et une thérapie brève centrée sur les solutions (environ 12). Part des patients en rémission dix ans après (Knekt et coll., Psychological Medicine, 2016) :
Les patients de la thérapie longue ont aussi eu moins souvent besoin de traitements complémentaires. Mais elle coûte plus cher, et ses auteurs jugent son avantage « plutôt petit » à dix ans. Un résultat honnête, qui ne fait ni triompher ni désespérer.
C’est peut-être le résultat le plus intéressant pour un patient. Dans beaucoup d’études, les bénéfices des thérapies psychodynamiques ne s’arrêtent pas avec la dernière séance : ils se maintiennent, et souvent ils augmentent. Les Anglo-Saxons parlent de sleeper effect, l’effet dormant.
Les exemples se répondent. Dans la méta-analyse d’Abbass (2006), l’effet passe de 0,97 à 1,51 entre la fin et le suivi. Dans l’étude de la Tavistock, l’écart entre les groupes est plus grand à quarante-deux mois qu’à la fin du traitement. À Munich, les effets de la psychanalyse sont plus durables à trois ans. À Stockholm, les bénéfices augmentent avec la « dose », c’est-à-dire la durée multipliée par la fréquence.
Une explication possible, cohérente avec la théorie : la thérapie ne vise pas seulement à faire disparaître un symptôme, mais à développer des capacités, comme penser ses émotions, repérer ses répétitions, supporter un conflit. Une fois acquises, ces capacités continuent de servir. C’est une hypothèse, pas une certitude : les études de longue durée restent peu nombreuses.
Une thérapie qui continue d’agir quand on a cessé de la payer : il fallait bien que la psychanalyse ait au moins un argument économique.
Voici ce que la psychanalyse et les psychothérapies qui en dérivent font particulièrement bien, au vu des études et de l’expérience clinique.
Les bénéfices tiennent, et grandissent souvent après la fin. Pour qui a déjà fait plusieurs thérapies brèves dont l’effet s’est évanoui, c’est un argument sérieux.
Dès 2004, l’Inserm retenait l’efficacité des thérapies psychodynamiques dans le trouble borderline, avec des suivis de dix-huit mois à quatre ans. La revue de 2023 juge les preuves modérées. Des approches dérivées, comme la thérapie fondée sur la mentalisation, y sont très utilisées.
Pour les dépressions chroniques ou résistantes, l’étude de la Tavistock montre un bénéfice qui se creuse avec le temps. La revue de 2023 classe les preuves pour la dépression parmi les plus solides.
Relations, capacité de travail, fonctionnement social, traits de personnalité : les études de Munich, d’Helsinki et de la Tavistock mesurent des progrès sur ces dimensions, que beaucoup de patients jugent plus importantes que le symptôme lui-même.
Dans les comparaisons directes, menées avec des chercheurs des deux camps, les thérapies psychodynamiques font jeu égal avec les traitements établis pour la dépression, l’anxiété, les troubles de la personnalité ou les troubles alimentaires (Steinert, 2017).
Pas de protocole identique pour tous : la cure part de ce que la personne dit, de son histoire, de ses mots. L’Inserm le reconnaissait en 2004 : la relation singulière entre une personne et son thérapeute « reste un élément déterminant ».
Un dernier point, souvent oublié : l’Inserm notait en 2004 qu’aucune étude n’avait relevé de « substitution de symptômes », quelle que soit la thérapie. La crainte, ancienne, qu’un symptôme traité trop vite en fasse naître un autre n’est donc pas confirmée : c’est une raison de plus pour ne pas opposer les approches.
Aimer la psychanalyse oblige à dire ses limites. Ce sont celles que reconnaissent aussi les chercheurs qui la défendent.
Une analyse se compte en années, une psychothérapie analytique souvent en mois. C’est cohérent avec ses objectifs, mais c’est long quand on souffre. Pour un symptôme précis et invalidant (une phobie, des attaques de panique, un trauma récent), d’autres approches agissent plus vite, et nous les proposons. L’étude d’Amsterdam rappelle à l’inverse qu’une thérapie trop courte ne suffit pas à beaucoup de patients déprimés : la bonne durée se discute au cas par cas.
Une séance chez un psychanalyste qui n’est ni médecin ni psychologue conventionné n’est pas remboursée par l’Assurance maladie, et les tarifs sont libres. Une analyse à plusieurs séances par semaine représente donc un budget important. Il existe des portes d’entrée remboursées ou gratuites (psychiatre, CMP, CMPP pour les enfants), souvent avec des délais. Les honoraires du cabinet sont indiqués sur la page lieux et tarifs, et la page psychanalyse et argent explique pourquoi le paiement fait partie du cadre.
Il existe peu d’essais randomisés sur la cure type au divan : on ne tire pas facilement au sort des gens pour quatre ans d’analyse. Les études longues sont rares, coûteuses, avec de petits effectifs. Certaines méta-analyses favorables ont été critiquées pour leur méthode, comme celle de 2008, dont l’effet spectaculaire a été revu à la baisse en 2011. Et les objectifs les plus analytiques (le rapport au désir, la liberté intérieure) se mesurent mal. Ce n’est pas une excuse, c’est un chantier.
Pour la schizophrénie, l’Inserm ne trouvait en 2004 aucune efficacité des thérapies psychodynamiques seules : le traitement repose sur la psychiatrie, les médicaments et la réhabilitation, et une écoute analytique ne peut venir qu’en complément. Pour un TOC sévère ou une phobie isolée, les TCC sont mieux étayées. Pour un trouble de stress post-traumatique, les recommandations placent en première ligne les TCC centrées sur le trauma et l’EMDR. Pour quelles souffrances ?
C’est la blessure la plus vive. En 2012, la Haute Autorité de santé a classé les approches psychanalytiques parmi les interventions « non consensuelles » dans l’autisme, faute de données sur leur efficacité ; ses recommandations de février 2026 la rangent explicitement parmi les approches non recommandées. Des familles ont été culpabilisées par des théories qui imputaient l’autisme à la relation mère-enfant. Le cabinet suit les recommandations de la HAS : la psychanalyse ne traite pas l’autisme, elle peut au mieux soutenir les proches.
En France, le titre de psychanalyste n’a aucun statut légal : n’importe qui peut l’inscrire sur sa plaque, comme le rappelle l’Onisep. Les titres de psychiatre, de psychologue et de psychothérapeute, eux, sont réglementés. Comme toute relation fondée sur la confiance et le transfert, l’analyse peut aussi donner lieu à des abus : emprise, dépendance entretenue, isolement de la famille, demandes d’argent injustifiées. Le cadre, la supervision et la déontologie existent pour l’empêcher ; ils ne fonctionnent que si on les respecte. En cas de doute sur une dérive sectaire, la Miviludes peut être saisie.
Les forces et les limites ne pèsent pas pareil pour tout le monde. Tout dépend de ce que vous venez chercher. Faites glisser le curseur, de la demande la plus ciblée à la plus large, et regardez de quel côté penche la balance.
Puisque le titre n’est pas protégé, c’est à vous de vérifier. Aucun praticien sérieux ne s’offusquera de ces questions ; au contraire, la façon dont il y répond est déjà une information.
Méfiez-vous si le praticien promet une guérison ou une durée précise ; vous déconseille de voir un médecin ou d’arrêter un traitement prescrit ; vous pousse à couper les liens avec votre famille ou vos amis ; augmente la fréquence ou le prix sans explication ; propose une relation en dehors des séances (amicale, professionnelle, a fortiori intime) ; refuse de dire son titre ou sa formation ; ou vous fait sentir que vous ne pourrez jamais partir. Vous avez toujours le droit d’arrêter, et de demander un autre avis.
Au cabinet, les psychanalyses sont conduites par un praticien qui porte le titre réglementé de psychothérapeute, a suivi une formation analytique longue et plusieurs tranches d’analyse personnelle, et travaille sous contrôle individuel et en supervision collective. Nous travaillons en lien avec les médecins et psychiatres de nos patients, et nous proposons d’autres approches (TCC, EMDR, bilans) quand elles sont plus indiquées. C’est le sens de notre pratique intégrative.
Huit questions pour vérifier ce que vous avez retenu, avec l’explication à chaque fois. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Les psychothérapies psychodynamiques, qui en dérivent, ont fait l’objet de nombreux essais randomisés : elles sont efficaces dans la dépression, l’anxiété et les troubles de la personnalité, avec des effets durables, et équivalentes aux autres traitements établis. La cure type au divan a été beaucoup moins étudiée, pour des raisons pratiques.
Ni plus ni moins, en moyenne : les comparaisons directes concluent à l’équivalence. Mais certaines difficultés répondent mieux à l’une ou à l’autre : les TCC pour une phobie ou un TOC, les approches psychodynamiques pour des répétitions relationnelles ou des troubles de la personnalité. Le cabinet pratique les deux.
Il jugeait les TCC mieux validées que la psychanalyse pour la plupart des troubles étudiés. Des psychanalystes ont contesté ses critères, jugés inadaptés aux objectifs de la cure, et le ministre de la Santé l’a retiré du site du ministère en 2005, sans contre-expertise. Le rapport reste consultable sur le site de l’Inserm.
Souvent, un soulagement apparaît dans les premiers mois, simplement parce qu’on a un lieu pour parler. Les changements plus profonds demandent plus de temps, et les études montrent qu’ils peuvent se poursuivre après la fin. Il est légitime de faire le point régulièrement avec son praticien.
Demandez son titre réglementé, sa formation, s’il est supervisé et rattaché à une association, et comment fonctionne le cadre. Méfiez-vous des promesses de guérison, de l’isolement, ou du découragement à voir un médecin.
Comme toute psychothérapie, oui, quand le cadre n’est pas respecté : emprise, dépendance entretenue, ou retard à proposer un soin plus adapté. Elle peut aussi être pénible par moments, ce qui n’est pas un mauvais signe en soi. Le droit d’arrêter et de demander un autre avis est toujours entier.
Un premier rendez-vous permet de poser votre demande et de choisir ensemble, honnêtement, l’approche la plus indiquée : psychanalyse, psychothérapie analytique, TCC, EMDR, bilan, ou plusieurs à la fois. Le cabinet reçoit à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.