Violence : comprendre ce que vous subissez, réagir, vous reconstruire
Une gifle un soir de dispute, des mots qui rabaissent depuis des années, un rapport sexuel que l’on n’a pas voulu, un compte en banque que l’on ne contrôle plus, un coup de matraque en manifestation, une cellule de garde à vue, une salle de concert un soir de novembre. La violence n’a pas une seule forme, et les personnes qui la subissent n’ont pas un seul visage. Ce dossier a été écrit par les deux cliniciens du cabinet, dont une grande part de la pratique consiste à recevoir des personnes victimes de violences : conjugales, familiales, sexuelles, au travail, policières en manifestation ou en garde à vue, et des victimes d’attentats. Notre psychothérapeute est formé au trauma, à la dissociation et à l’addictologie ; il pratique l’EMDR en séances de 80 minutes.
On peut consulter pour une violence qui se produit en ce moment, pour une violence ancienne dont on ne s’est jamais occupé, pour une violence que l’on a subie ou dont on a été témoin. Deux idées traversent les soixante-six pages : toute relation difficile n’est pas violente, et une violence n’a pas besoin d’être répétée pour être grave. Vous trouverez ici une jauge pour mesurer ce que la situation vous coûte aujourd’hui, des cartes qui décrivent les formes, un vrai ou faux, un quiz qui vous conduit à la page la plus utile, et la liste complète du dossier.
Ce que nous appelons violence : des actes, une contrainte, une peur, des effets
Nous ne définissons pas la violence par la personnalité de celui ou celle qui l’exerce, ni par la fréquence des faits, ni par les traces qu’elle laisse sur la peau. Nous la définissons par quatre éléments qui reviennent, sous une forme ou une autre, dans presque tout ce que l’on nous raconte. Des actes, d’abord : frapper, pousser, insulter, humilier, imposer un geste sexuel, confisquer une carte bancaire, cacher un passeport, casser un objet aimé, laisser un enfant ou une personne dépendante sans ce dont ils ont besoin. Une contrainte, ensuite : l’acte retire à la personne une part de sa liberté de choisir, de dire, de partir, de se protéger. Une peur, souvent : non pas la colère d’un moment, mais une appréhension qui s’installe, qui fait guetter l’humeur de l’autre, choisir ses mots, éviter certains sujets. Des effets, enfin : sur le corps, le sommeil, l’estime de soi, la liberté de mouvement, les liens avec les autres.
Cette façon de regarder a une conséquence pratique que nous tenons pour essentielle : elle permet de reconnaître une violence sans avoir à poser un diagnostic sur l’auteur. Beaucoup de personnes se perdent pendant des mois dans la question « est-ce que c’est un pervers, un malade, quelqu’un qui a souffert ? », alors que la question qui compte pour elles est autre : « qu’est-ce qu’il m’a fait, qu’est-ce que cela me fait, et qu’est-ce que je peux faire ? ». Décrire les actes et leurs effets rend la parole plus solide, en séance comme ailleurs. Le dossier consacré au pervers narcissique existe sur le site pour qui veut comprendre une personnalité ; celui-ci s’attache à ce que vit la personne qui subit.
Deux précisions encadrent tout le dossier. La première : toute relation difficile n’est pas violente. Un couple qui se dispute fort, un parent exigeant, un supérieur sec, un frère avec qui l’on ne s’entend pas, ne relèvent pas forcément de la violence. Ce qui fait la différence, ce n’est pas le volume de la voix, c’est la présence de la contrainte et de la peur, et la dissymétrie : dans un conflit, les deux peuvent répondre, négocier, s’éloigner ; dans une violence, l’un des deux ne peut plus. La seconde : une violence n’a pas besoin d’être répétée pour être grave. Une seule agression, un seul rapport imposé, une seule nuit de garde à vue, une seule scène de coups devant les enfants peuvent laisser des traces durables. La répétition aggrave et piège ; elle n’est pas une condition.
À retenir
La violence se reconnaît à des actes, à une contrainte, à une peur et à des effets, pas à la personnalité de son auteur ni à la présence d’une marque.
Un conflit est symétrique et négociable ; une violence ne l’est pas. Toute relation difficile n’est pas violente.
Une seule violence peut être grave ; la répétition aggrave, elle n’est pas une condition.
Le cabinet reçoit beaucoup de personnes victimes, pour des faits actuels ou anciens, subis ou vus ; tout peut se faire en téléconsultation.
Notre expérience des personnes victimes de violences
Il faut le dire simplement, parce que cela compte pour celui ou celle qui hésite à prendre rendez-vous : recevoir des personnes victimes de violences est une part importante de notre travail, pas une spécialité de façade. Chaque semaine, notre psychothérapeute écoute des femmes et des hommes qui subissent ou ont subi des violences dans leur couple, des adultes qui ont été des enfants maltraités, des personnes agressées sexuellement, des salariés humiliés ou menacés, des manifestants blessés ou brutalisés par la police, des personnes qui sortent d’une garde à vue avec une honte qu’elles ne comprennent pas, des victimes et des proches de victimes d’attentats. Cette expérience ne nous rend pas insensibles ; elle nous rend attentifs à des détails que l’on apprend à entendre : la phrase qui minimise, le silence au moment d’une date, le sursaut à un bruit dans le couloir.
Notre psychothérapeute est formé au trauma, à la dissociation et à l’addictologie, trois domaines qui se rencontrent sans cesse quand il est question de violence. Il pratique l’EMDR, en séances de 80 minutes, pour retraiter les souvenirs qui continuent d’agir ; il ne commence jamais par là. Avant de rouvrir une scène, il s’assure que la personne est en sécurité, dehors comme dedans. Un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, est souvent utile avant l’EMDR, pour savoir où l’on en est et choisir le rythme ; chaque bilan donne lieu à un compte rendu écrit qui appartient à la personne. Notre neuropsychologue intervient quand l’attention, la mémoire ou les apprentissages sont touchés, par exemple chez un enfant exposé ou chez un adulte qui ne retrouve plus ses capacités après des années d’emprise.
Tout ce qui est décrit dans ce dossier peut se faire au cabinet, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois ou en Ardèche, et en téléconsultation, y compris l’EMDR et les séances de couple ou de famille. Le premier rendez-vous n’engage à rien, et l’on peut venir accompagné. Si une plainte est en cours ou envisagée, nous ne l’organisons pas : c’est une démarche judiciaire. Nous sommes là avant, pendant et après, et ce que nous écrivons, après un bilan appuyé sur des entretiens et des évaluations, pèse pour les proches comme pour ceux qui auront à lire le dossier. La page notre approche des violences détaille tout cela ; la page la loi et la plainte réunit les textes vérifiés.
66pages dans ce dossier, des repères aux chemins de la reconstruction
80 minla durée d’une séance d’EMDR, de couple ou de famille au cabinet
3lieux de consultation, et la téléconsultation pour tout, EMDR comprise
1seul numéro d’urgence sur ce site : le 15, en cas de danger immédiat
Ce que cela vous coûte aujourd’hui
Avant de chercher à qualifier ce que vous vivez, regardez ce que cela vous prend. C’est souvent par là que nous commençons en consultation, parce que le coût se voit plus facilement que la cause, et parce qu’il ne demande pas de trancher la question « est-ce vraiment de la violence ? ». Cinq curseurs, de 0 à 10, en pensant au mois écoulé. Rien de ce que vous réglez ne quitte votre appareil.
Quand les prochaines heures sont en jeu
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Cette jauge est un repère de lecture, écrit par les cliniciens du cabinet ; elle ne mesure rien d’officiel.
Les formes de violence, en huit cartes
Classer les violences en formes aide à les voir, surtout celles qui ne laissent pas de trace. Ce sont des repères, pas des diagnostics : dans la réalité, les formes se mélangent, et une personne qui subit l’une d’elles en subit souvent plusieurs. Retournez les huit cartes ; chacune mène à la page qui la détaille.
La question que nous entendons le plus souvent au premier rendez-vous n’est pas « comment en sortir ? » mais « est-ce que j’exagère ? ». Elle vient de personnes qui décrivent, dans la même heure, des faits que n’importe quel témoin extérieur qualifierait sans hésiter. Ce décalage n’est pas un manque de lucidité. Il tient à plusieurs mécanismes qui se renforcent, et que nous préférons expliquer plutôt que combattre.
Mécanisme 1
La comparaison vers le pire
« Il ne m’a jamais frappée », « ce n’est pas comme dans les reportages », « d’autres vivent bien pire ». On mesure ce que l’on subit à l’aune d’une violence spectaculaire, et tout ce qui est en dessous paraît ne pas compter. Or la gravité ne se mesure pas aux marques.
Mécanisme 2
La loyauté
Nommer la violence d’un parent, d’un conjoint, d’un collègue que l’on a estimé, d’une institution à laquelle on a cru, c’est aussi perdre quelque chose : une image, une histoire, parfois une famille. Le silence protège ce lien, au prix de soi.
Mécanisme 3
L’habitude
Quand les faits sont fréquents, ils deviennent le décor. On ne remarque plus que l’on choisit ses mots, que l’on cache un achat, que l’on prévient les enfants de ne pas faire de bruit. Ce qui est devenu normal ne se voit plus.
Mécanisme 4
La parole retournée
« Tu dramatises », « tu as mal compris », « c’est toi qui m’as poussé à bout ». Quand la version des faits est contestée chaque jour, on finit par douter de sa propre perception. C’est l’un des effets les plus profonds de la violence psychologique.
À ces mécanismes s’ajoute la honte, qui fait taire : honte d’avoir subi, honte de ne pas être parti, honte d’avoir « laissé faire ». Nous y consacrons une page entière, culpabilité et honte après une violence, et le dossier voisin propose la honte qui n’est pas la sienne. Quand quelqu’un qui a l’habitude d’écouter, d’évaluer et de conclure dit « je vous crois », puis l’écrit, quelque chose se remet en place. Ce « je te crois » du psy n’est pas une gentillesse : il s’appuie sur des entretiens et des évaluations, et il pèse pour les proches, pour l’école quand il s’agit d’un enfant, et pour la justice si une procédure est engagée. C’est par là que commence, dans ce dossier, la série consacrée à la reconstruction : nommer les faits, sortir du silence, être cru.
Ce que la violence fait, et ce qu’elle ne fait pas
Face au danger, le corps réagit avant la pensée : il fuit, il lutte ou il se fige. La sidération, ce moment où l’on ne peut plus bouger ni parler, est une réponse de survie que décrivait déjà Pierre Janet à la fin du dix-neuvième siècle sous le nom de dissociation ; elle n’est ni une faiblesse ni un consentement. Après coup viennent souvent les images qui s’imposent, les cauchemars, les sursauts, l’évitement de ce qui rappelle les faits, une vigilance qui ne redescend plus. C’est ce que la médecine appelle le stress post-traumatique, simple ou complexe quand les violences ont duré, décrit par la psychiatre Judith Herman dans Trauma and Recovery en 1992. Le corps garde aussi la violence autrement : douleurs, fatigue, troubles du sommeil, de la digestion, de la sexualité. Ces symptômes sont réels et méritent un examen médical ; nous travaillons en lien avec le médecin.
La violence atteint également l’image de soi. On se sent sale, faible, indigne, responsable. Le sentiment de culpabilité est l’un des plus fréquents et des plus trompeurs : se sentir coupable ne signifie pas l’être. Certaines personnes cherchent à atténuer la souffrance par l’alcool, les médicaments, la nourriture, les écrans, les conduites à risque ; d’autres se retournent contre elles-mêmes, jusqu’aux idées de mort. D’autres encore sont habitées par une colère qui les effraie, parce qu’elles craignent de ressembler à celui qui les a blessées.
Il faut dire aussi ce que la violence ne fait pas. Elle ne transforme pas automatiquement une victime en auteur : avoir subi n’est ni un destin ni une excuse, et la plupart des personnes qui ont connu la violence ne la reproduisent pas. Elle n’efface pas la mémoire au point qu’un trou de mémoire suffise à conclure qu’un traumatisme a été oublié : des troubles de la mémoire ont beaucoup de causes, et nous ne concluons jamais à partir d’eux seuls. Elle ne condamne pas au silence : le travail de reconstruction, que le dossier détaille page par page, commence par la sécurité et par le fait d’être cru, et il n’est jamais trop tard pour l’entreprendre. Les pages psychotraumatisme après une violence, sidération et dissociation, le corps après la violence et ce que la violence fait au cerveau détaillent ces mécanismes ; le dossier trauma du site les complète.
Vrai ou faux : six phrases que l’on entend sur la violence
Ces phrases circulent dans les familles, les commissariats, les bureaux et parfois les cabinets. Répondez d’instinct ; l’explication apparaît aussitôt. Douze idées reçues sur la reconstruction sont passées au crible dans la page résilience : douze idées reçues.
Phrase 1
« Sans coup, ce n’est pas vraiment de la violence. »
Faux. Les violences psychologiques, verbales, économiques, administratives abîment la santé et la liberté sans qu’un seul coup soit porté, et la loi française les réprime comme telles. Ce sont même celles que les personnes mettent le plus de temps à reconnaître, parce que rien ne se voit.
Phrase 2
« Si elle ne s’est pas défendue, c’est qu’elle était d’accord. »
Faux. La sidération est une réponse de survie : le corps se fige, la voix ne sort plus, l’esprit se met à distance. Ne pas résister ne signifie pas consentir, et c’est l’une des choses que nous expliquons le plus souvent à des personnes qui se reprochent de n’avoir « rien fait ».
Phrase 3
« Il faut que ce soit répété pour que ce soit grave. »
C’est plus nuancé. La répétition piège et aggrave, et certaines infractions, comme le harcèlement, se définissent par elle. Mais une violence unique peut être grave et laisser des traces durables : une agression, un rapport imposé, une scène de coups devant un enfant. Il ne faut pas attendre la deuxième fois.
Phrase 4
« Les enfants qui ont vu la violence deviendront violents. »
Faux. Les travaux d’Albert Bandura sur l’apprentissage par observation montrent qu’un enfant peut reproduire un geste vu ; ils ne disent pas qu’il le fera, ni qu’il le fera toute sa vie. La majorité des enfants exposés ne deviennent pas des adultes violents, surtout quand un adulte les protège et leur explique.
Phrase 5
« On peut consulter pour une violence qui date de vingt ans. »
Vrai. Beaucoup de personnes que nous recevons parlent pour la première fois de faits anciens, souvent déclenchés par un événement récent, une naissance, un film, une date. Le travail thérapeutique ne dépend d’aucun délai, et l’EMDR agit sur des souvenirs anciens comme sur des récents.
Phrase 6
« Un psy ne peut rien faire tant que la personne n’a pas quitté la situation. »
Faux. On peut consulter pendant. Le travail commence alors par la sécurité, par la compréhension de ce qui se passe et par le soutien à la décision, quelle qu’elle soit. Nous n’attendons pas que la personne soit partie pour l’écouter, et nous ne décidons pas à sa place.
Marie, 38 ans, « je viens pour le sommeil »
Marie est un nom fictif, choisi pour préserver l’anonymat d’une ancienne patiente.
Marie prend rendez-vous pour des insomnies. Elle est infirmière, mère de deux enfants, mariée depuis onze ans. Son médecin a prescrit un bilan, normal, et lui a conseillé de parler à quelqu’un. Au premier entretien, elle décrit ses nuits, sa fatigue, une irritabilité qu’elle ne se reconnaît pas. Il faut une demi-heure pour qu’elle évoque, en passant, que son mari « a un caractère ». Nous demandons à quoi ressemble une soirée ordinaire, presque minute par minute. Elle raconte qu’elle vérifie l’heure en sortant du travail pour ne pas rentrer en retard, qu’elle fait manger les enfants avant qu’il arrive pour que la cuisine soit propre, qu’elle a cessé de voir son amie d’enfance parce qu’il « ne l’aime pas », qu’il consulte ses relevés de compte et lui demande des explications pour un café. Il a cassé son téléphone une fois, « mais il l’a remplacé le lendemain ». Il ne l’a jamais frappée.
Marie ne vient pas pour de la violence. Elle vient pour le sommeil, et elle est sincère : dans son esprit, la violence, c’est autre chose. Nous ne lui disons pas ce qu’elle vit. Nous lui demandons de décrire, et nous nommons ce qu’elle décrit : du contrôle des horaires, de l’isolement, une surveillance de l’argent, un objet détruit, une peur qui organise ses soirées. En l’entendant dit à voix haute, sans adjectif sur son mari, elle pleure, puis elle dit que c’est la première fois que quelqu’un met ces choses ensemble.
Le travail commence par la sécurité et par le sommeil, avec les outils de la TCC : comprendre pourquoi son corps ne débranche plus, retrouver un rituel du soir, repérer ce qui déclenche la vigilance. Puis vient la compréhension de ce qui se joue, à son rythme : Marie ne veut pas, pour l’instant, parler de séparation, et nous ne la poussons pas. Un bilan psycho-traumatique met en évidence une hypervigilance et des signes dissociatifs discrets, que le compte rendu décrit noir sur blanc. Plus tard, en EMDR, nous retraiterons la scène du téléphone brisé, dont l’image revenait chaque fois qu’il élevait la voix. Et en écoute analytique, elle mettra des mots sur une place très ancienne : la fille qui calme, qui arrange, qui ne dérange pas. La suite lui appartient. Ce que nous savons, c’est qu’elle dort, et qu’elle a revu son amie.
Par où commencer ? Le quiz d’orientation
Soixante-six pages, c’est un dossier qu’on ne lit pas d’une traite. Six questions pour trouver celle qui vous concerne le plus aujourd’hui. C’est un repère de lecture, écrit par les cliniciens du cabinet : il ne mesure rien et n’étiquette personne.
Soixante-six pages, réparties en neuf familles. Chacune a ses outils à essayer, un exemple fictif, une foire aux questions et ses références. Elles se lisent dans l’ordre que vous voulez ; les familles suivent le mouvement du dossier, des repères à la reconstruction.
Qu’est-ce qui distingue une violence d’un conflit ?
Dans un conflit, les deux personnes peuvent répondre, se fâcher, négocier, s’éloigner et revenir : il est symétrique, même quand il est bruyant. Dans une violence, l’une des deux ne peut plus faire ces choses sans risque : elle a peur, elle se tait, elle organise sa vie autour de l’humeur de l’autre. Les repères qui aident sont la peur, la contrainte, l’asymétrie de pouvoir, l’atteinte au corps ou à la dignité, et l’effet sur la liberté. La page est-ce de la violence ? les détaille avec un spectre à curseur qui va de la dispute à la violence.
Une violence qui n’a eu lieu qu’une fois peut-elle être grave ?
Oui. La gravité d’une violence ne dépend pas de sa répétition : une agression, un rapport sexuel imposé, un étranglement, une scène de coups devant un enfant, une nuit de garde à vue peuvent laisser des traces durables après une seule occurrence. La répétition ajoute autre chose : elle piège, elle use, elle fait douter de soi, et certaines infractions comme le harcèlement se définissent par elle. Mais attendre « la deuxième fois » pour prendre les faits au sérieux est une erreur fréquente, chez les proches comme chez les personnes concernées.
Pourquoi n’ai-je pas réagi au moment des faits ?
Parce que face au danger, le corps choisit avant vous. Il peut fuir, lutter ou se figer ; la sidération, où l’on ne bouge plus et ne parle plus, est une réponse de survie que l’on retrouve dans toutes les espèces. Elle s’accompagne souvent d’une mise à distance, comme si l’on regardait la scène de l’extérieur : c’est la dissociation. Ne pas avoir résisté ne signifie pas avoir consenti, et ne pas avoir crié ne signifie pas ne pas avoir souffert. La page comment réagit-on face à la violence décrit toutes les réactions possibles et explique pourquoi aucune n’est une faute.
Peut-on consulter pour une violence ancienne, ou dont on a seulement été témoin ?
Oui, dans les deux cas. Beaucoup de personnes que nous recevons parlent pour la première fois de faits qui datent de dix, vingt ou trente ans, souvent parce qu’un événement récent les a réveillés. Le travail thérapeutique ne dépend d’aucun délai. Être témoin d’une violence, l’avoir vue, entendue ou découverte, laisse aussi des traces : culpabilité de n’avoir rien pu faire, images, peur. Les témoins, enfants ou adultes, sont reçus pour eux-mêmes. Voir être témoin d’une violence et enfants exposés aux violences dans le couple.
Comment se passe un premier rendez-vous pour des violences ?
Il commence par ce que vous voulez bien dire, à votre rythme, sans que l’on vous demande de tout raconter. Nous nous assurons d’abord que vous êtes en sécurité, puis nous cherchons à comprendre ce que la situation vous coûte et ce que vous attendez. Il n’y a aucun engagement, vous pouvez venir accompagné, et tout peut se faire en téléconsultation. Un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, peut être proposé ensuite, avec un compte rendu écrit qui vous appartient. La page quand consulter décrit ce premier rendez-vous en détail.
Le cabinet aide-t-il à porter plainte ?
Porter plainte est une démarche judiciaire, que nous n’organisons pas et dont la thérapie ne dépend pas. Nous accompagnons la personne avant, pendant et après : préparer ce que l’on va dire, tenir pendant la procédure, traverser les expertises, encaisser une décision. Le compte rendu d’un bilan appuyé sur des entretiens cliniques et des évaluations psychométriques est remis à la personne, qui en fait l’usage qu’elle juge utile. La page la loi et la plainte réunit les textes vérifiés qui protègent les victimes et explique ce que change le « je te crois » écrit du psy.
Avoir subi des violences rend-il violent à son tour ?
Non, pas automatiquement, et c’est une crainte que nous entendons souvent, en particulier chez des parents qui ont été des enfants maltraités. Les travaux sur l’apprentissage par observation montrent qu’un enfant peut reproduire un geste vu ; ils ne disent pas qu’il le fera. La majorité des personnes qui ont subi des violences n’en commettent pas. Avoir subi n’est ni un destin ni une excuse. Quand une colère inquiète, elle se travaille : voir la colère après la violence et la poupée Bobo et ses limites.
Références
Livres, articles et liensQuelques références de cette page…
Les travaux et les documents sur lesquels s’appuie cette page d’accueil. Chaque page du dossier a ses propres références.
Organisation mondiale de la santé, aide-mémoire « Injuries and violence » (définitions et typologie de la violence).
Ministère de la Justice, Guide des violences conjugales, édition de 2023, pour la description des formes de violence dans le couple.
Centre national de ressources et de résilience (Cn2r), dossier « Violences sexuelles », 2024, sur la sidération, la mémoire traumatique et l’accueil de la parole.
Judith Herman, Trauma and Recovery, 1992.
Evan Stark, Coercive Control. How Men Entrap Women in Personal Life, 2007, pour la notion de contrôle coercitif.
Lenore Walker, The Battered Woman, 1979.
Marie-France Hirigoyen, Femmes sous emprise. Les ressorts de la violence dans le couple, 2005, pour l’emprise et ses étapes.
Pierre Janet, L’Automatisme psychologique, 1889.
Albert Bandura, Dorothea Ross et Sheila Ross, « Transmission of aggression through imitation of aggressive models », 1961.
Vous n’avez pas à savoir si « c’est de la violence » pour prendre rendez-vous. Vous pouvez venir avec un doute, une fatigue, une scène qui revient, ou pour quelqu’un d’autre. Nous commençons par la sécurité et par ce que vous voulez bien dire. Sur place ou à distance, seul ou avec quelqu’un de confiance, et sans rien devoir décider ce jour-là.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.