« Je n’ai rien fait »
Sous la terreur, beaucoup de corps se figent. La personne ne crie pas, ne se débat pas, et se le reproche ensuite pendant des années, comme si elle avait choisi cette immobilité.
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Après une agression, beaucoup de personnes font des gestes qu’elles n’expliqueront à personne : laver trois fois un vêtement avant de le jeter, changer de trajet pour ne plus passer devant un café, effacer toute une conversation du téléphone, détourner les yeux dans l’ascenseur. Et presque toutes décrivent la même brûlure, qui ne correspond à rien de ce qu’elles ont fait : la honte. Voici pourquoi elle se dépose si souvent sur celui ou celle qui a subi, ce que la recherche et la clinique en ont compris, et comment, en thérapie, on la rend peu à peu à qui elle appartient.
C’est l’une des choses les plus déroutantes que l’on puisse ressentir, et l’une des plus fréquentes. La personne qui a frappé, forcé, menacé ou manipulé rentre chez elle, dîne, dort parfois très bien. La personne qui a subi, elle, baisse les yeux le lendemain devant la boulangère, comme si cela se voyait sur son visage. La morale voudrait que la honte soit du côté de l’auteur ; la psychologie humaine, hélas, l’envoie très souvent dans l’autre sens.
Pour comprendre ce renversement, il faut revenir à la distinction que June Tangney et Ronda Dearing ont si bien décrite (Tangney et Dearing, 2002) : la culpabilité porte sur un acte, la honte sur la personne entière. Or après une violence, l’esprit cherche moins à juger un acte qu’à répondre à une question vertigineuse : pourquoi moi ? Et la réponse la plus immédiate, la plus injuste aussi, est souvent : « parce que quelque chose cloche en moi ».
La psychologue américaine Ronnie Janoff-Bulman l’avait remarqué dès la fin des années 1970 en écoutant des femmes victimes de viol (Janoff-Bulman, 1979). Elle distinguait deux manières de se reprocher l’événement. La première vise un comportement : « j’ai accepté de monter chez lui, ce soir-là ». La seconde vise le caractère : « je suis le genre de personne à qui ces choses arrivent ». La première ressemble à de la culpabilité, la seconde à de la honte, et c’est elle qui accompagnait le plus nettement la dépression. Nous retrouvons cette pente en séance : on commence par se reprocher une soirée, on finit par se reprocher d’exister.
Sonya Norman, qui a construit une thérapie entièrement consacrée à la culpabilité liée au trauma, note que cette culpabilité va rarement sans honte, et que l’une glisse vers l’autre au moment où la personne se met à se juger foncièrement mauvaise (Norman, 2022). C’est ce glissement que nous cherchons à repérer, puis à défaire.
La honte d’une victime n’apparaît pas par hasard. Elle se fabrique, avec des ingrédients que l’on retrouve d’une histoire à l’autre, qu’il s’agisse d’une agression dans la rue, d’un viol, de coups au sein du couple ou de violences subies dans l’enfance. Les connaître ne suffit pas à les désamorcer, mais cela permet déjà de les regarder de l’extérieur.
Sous la terreur, beaucoup de corps se figent. La personne ne crie pas, ne se débat pas, et se le reproche ensuite pendant des années, comme si elle avait choisi cette immobilité.
Sourire, rester poli, dire oui pour que cela finisse vite : ces réponses d’apaisement protègent sur le moment. Après coup, elles deviennent des pièces à charge que l’on retourne contre soi.
L’agresseur parle souvent, avant ou après : « tu en avais envie », « c’est notre secret », « personne ne te croira ». Ces phrases sont faites pour déplacer la faute, et elles y parviennent.
Une question maladroite d’un proche, un haussement de sourcils, un « tu es sûre ? » : il suffit parfois d’une réaction pour que la personne se taise pour longtemps, et conclue que c’était bien de sa faute.
Se croire responsable laisse l’illusion d’un contrôle : « si c’est ma faute, je peux éviter que cela recommence ». Reconnaître qu’on n’y pouvait rien oblige à admettre que le monde peut être dangereux sans prévenir.
Plus une chose reste tue, plus elle semble inavouable. Le silence imposé ou choisi finit par ressembler à une preuve : « si je ne l’ai jamais dit, c’est qu’il y avait quelque chose de honteux ».
Le septième mécanisme est plus souterrain, et c’est un psychanalyste hongrois qui l’a décrit le premier, il y a près d’un siècle : la victime avale littéralement la culpabilité de celui qui l’a abîmée. Nous y revenons un peu plus bas.
Le cinquième point mérite un mot de plus. Janoff-Bulman a montré, dans un livre devenu classique sur les « croyances brisées » (Shattered Assumptions, 1992), que nous vivons tous adossés à quelques certitudes silencieuses : le monde est plutôt bienveillant, il a un sens, et je mérite qu’il m’arrive des choses bonnes. Une violence pulvérise ces trois appuis à la fois. Se croire fautif est une manière désespérée d’en sauver un morceau : le monde redevient logique, au prix de sa propre valeur.
La honte prend des couleurs différentes selon la violence subie. Choisissez l’onglet qui vous concerne, ou lisez-les tous : il arrive qu’une histoire en traverse plusieurs.
Un vol avec violence, des coups, une attaque dans la rue. La honte s’y mêle à la peur. On a honte d’avoir eu peur, d’avoir donné son téléphone sans résister, d’avoir pleuré devant les policiers. Chez beaucoup d’hommes s’ajoute la honte de ne pas s’être « défendu comme un homme », vieux reste d’une éducation qui confond courage et absence de peur. Il y a aussi la honte d’avoir été humilié devant témoins, qui revient chaque fois que l’on repasse au même endroit.
Viol, agression sexuelle, attouchements, exhibition imposée. Ici la honte touche le plus intime : le corps, le désir, la sexualité future. Beaucoup de personnes décrivent un sentiment d’être « sales », que les douches ne lavent pas. D’autres doutent de leur propre récit, surtout quand l’auteur était un proche, un conjoint, un ami, ce qui est le cas le plus fréquent. Le corps peut avoir réagi physiquement sans qu’il y ait eu le moindre consentement, et cette réaction devient une source de honte redoutable. Les hommes victimes, eux, parlent souvent plus tard encore, quand ils parlent, parce que la honte se double de la peur de ne pas être pris au sérieux. La page honte du corps et de la sexualité prolonge ces questions.
Violences conjugales, emprise, harcèlement moral. La honte la plus souvent entendue ici n’est pas celle des coups, mais celle d’être resté : « comment ai-je pu supporter cela si longtemps ? », « mes amis m’avaient prévenue ». S’y ajoutent la honte d’aimer encore, parfois, la personne qui a fait du mal, et celle d’avoir soi-même crié, menti ou cédé pour avoir la paix. L’emprise fonctionne justement en retournant le regard de la victime contre elle-même ; la page sur l’emprise en décrit les étapes, et se reconstruire après en raconte la sortie.
Maltraitance, inceste, violences répétées dans l’enfance. Un enfant ne peut pas se dire que l’adulte dont il dépend est dangereux : ce serait trop terrifiant. Il préfère, sans le savoir, se croire mauvais, car un enfant mauvais peut encore espérer devenir sage et être aimé. Cette solution de survie devient une honte de fond, qui accompagne l’adulte bien après la fin des violences, souvent sans qu’il fasse le lien. Le trauma complexe décrit ce qui s’installe quand le danger venait de ceux qui devaient protéger.
Avoir dû faire, laisser faire ou voir faire ce que l’on réprouve. Le psychiatre américain Jonathan Shay, qui soignait des vétérans du Vietnam, a popularisé l’expression de « blessure morale » ; des chercheurs l’ont ensuite élargie à toute situation où l’on commet, où l’on n’empêche pas ou où l’on voit commettre un acte qui heurte profondément ses propres valeurs. Elle touche les soldats, mais aussi les soignants qui ont dû choisir qui soigner en premier, les policiers, les pompiers, les témoins impuissants. Ici la personne a parfois réellement agi, et la honte se mêle à une culpabilité qui a un objet. Wells et ses collègues notent que, pour certaines personnes souffrant d’un stress post-traumatique ou d’une blessure morale, la culpabilité et la honte sont les émotions principales, avant même la peur (Wells et al., 2026). La page culpabilité du survivant en explore un versant voisin.
Face à un danger, on connaît la fuite et le combat. On connaît moins bien les deux autres réponses, pourtant très fréquentes : le figement, où le corps se paralyse, et la soumission, où l’on obéit pour limiter les dégâts. Elles ne se décident pas. Elles sont déclenchées par des régions très anciennes du cerveau, plus rapides que la pensée, qui évaluent en une fraction de seconde que se débattre serait plus dangereux que ne rien faire.
Une équipe suédoise, conduite par Anna Möller, a interrogé des femmes reçues dans un centre d’urgence quelques semaines après un viol (Möller et al., 2017). Environ sept sur dix décrivaient une paralysie importante pendant l’agression, ce que les chercheurs appellent l’immobilité tonique, et près de la moitié une paralysie extrême. Ces femmes présentaient ensuite plus souvent un stress post-traumatique et une dépression sévère. Autrement dit, la réaction dont les victimes ont le plus honte est aussi l’une des plus répandues, et l’une des plus lourdes de conséquences quand elle reste un secret.
Il en va de même pour les réactions physiologiques du corps pendant une agression sexuelle : une excitation, une lubrification, parfois un orgasme peuvent survenir sans désir et sans accord, parce que le corps répond mécaniquement à certaines stimulations. Ces réactions ne disent rien du consentement. Elles sont pourtant, en séance, parmi les choses que l’on confie en dernier, souvent la voix cassée, après des mois.
Affirmation 1
Faux. Se figer ne se décide pas : c’est le corps qui tranche, en une fraction de seconde, pour survivre. Il survient d’autant plus souvent que la menace semble écrasante ou que l’agresseur est un proche dont on dépend.
Affirmation 2
Faux. Ces réactions sont des réflexes physiologiques. Elles peuvent survenir sans désir, contre la volonté, et n’ont aucune valeur de consentement.
Affirmation 3
Vrai. Sous l’effet d’un stress extrême, la mémoire enregistre des fragments très vifs (une odeur, un bruit, un détail du plafond) et peine à les ranger dans l’ordre. Un récit morcelé n’est pas un récit inventé. La page trauma et mémoire l’explique.
Affirmation 4
Vrai. Apaiser l’agresseur pour qu’il ne devienne pas plus violent est une réponse fréquente, surtout chez les personnes qui ont appris très tôt à calmer un adulte imprévisible.
Affirmation 5
C’est plus nuancé. Comprendre soulage, et c’est un premier appui. Mais la honte est inscrite dans des souvenirs et dans le corps ; elle demande souvent un travail sur ces souvenirs eux-mêmes pour se dissoudre vraiment.
En septembre 1932, au congrès de psychanalyse de Wiesbaden, Sándor Ferenczi lit un texte qui fera scandale parmi ses collègues et qui reste, aujourd’hui encore, l’un des plus justes jamais écrits sur les violences faites aux enfants : Confusion de langue entre les adultes et l’enfant. Il y décrit l’enfant abusé, terrifié, qui ne peut ni fuir ni protester, et qui se soumet à la volonté de l’adulte au point de s’identifier à lui. Ferenczi parle d’identification à l’agresseur, et d’un mouvement plus étonnant encore : l’enfant introjecte le sentiment de culpabilité de l’adulte. La faute que l’agresseur devrait ressentir passe dans l’enfant, qui se sent désormais coupable à sa place.
Ferenczi ajoutait un second temps, souvent décisif : le désaveu. L’enfant se tourne vers un autre adulte, qui ne le croit pas, minimise ou se fâche. C’est souvent ce second temps qui fixe la honte, plus encore que l’agression elle-même. Nous l’entendons chez des adultes qui racontent moins la scène que la réaction de leur mère, ce soir-là, dans la cuisine.
À quoi cela sert-il, concrètement, aujourd’hui ? À une question toute simple, que propose aussi la fiche de travail de TherapistAssist sur la honte et la culpabilité : dans la voix de qui est la phrase « je suis mauvais » ? Quand une patiente remarque, après un long silence, que « tu l’as bien cherché » est une phrase de son oncle et non la sienne, quelque chose bouge. La honte ne disparaît pas d’un coup, mais elle commence à avoir un propriétaire.
La honte d’une victime est souvent une honte en dépôt : elle a été confiée de force, elle peut être rendue.
Pour les autres apports de la psychanalyse sur la culpabilité et la honte, de Freud à Lacan en passant par Sartre, voir ce que la psychanalyse en a compris.
Ces phrases, nous les entendons sous des formes très proches d’une histoire à l’autre. Retournez chaque carte : au dos, une réponse possible, non pour faire taire la honte de force, mais pour lui opposer un autre regard.
Pour aller plus loin dans cet examen, vous trouverez dans avant de me blâmer une grille à cocher, d’après la fiche de Diana Giorgetti, et les quatre questions de la thérapie de Sonya Norman.
Exemple fictif
Samir consulte pour des crises d’angoisse et une irritabilité qui inquiète sa compagne. Au troisième rendez-vous, il dit, en regardant la fenêtre, qu’à quinze ans son entraîneur de club « a fait des choses » pendant les stages. Il n’en a jamais parlé. Ce qui le ronge le plus, dit-il, c’est d’y être retourné tous les week-ends pendant deux saisons, et d’avoir été fier quand l’entraîneur le sélectionnait. Il ajoute : « Si quelqu’un l’apprend, on va penser que j’étais d’accord, ou pire. »
Qu’est-ce qui aiderait le plus Samir à ce stade ?
Ce que Samir découvrira peut-être en chemin : sa colère, si mal vécue par son entourage, est aussi une honte retournée. Quand la honte commence à reculer, il arrive que la colère se tourne enfin vers celui à qui elle revient. C’est souvent un moment difficile pour les proches, et un très bon signe pour la thérapie.
La formule « il faut que la honte change de camp » s’est beaucoup répandue ces dernières années, et elle est juste. Mais, en thérapie, on sait qu’un slogan ne suffit pas à déplacer une émotion installée depuis des années dans le corps et dans les souvenirs. Voici, sans ordre obligatoire, les étapes que nous voyons le plus souvent se succéder.
Écrire à l’auteur des violences une lettre que vous ne lui enverrez jamais. Commencez par ce qu’il a fait, en termes simples et exacts. Puis ce que cela vous a coûté. Puis ce que vous lui rendez : « je te rends ta honte », « je te rends ton secret ». Rien ne vous oblige à la relire, ni à la montrer. Certaines personnes l’apportent en séance, d’autres la brûlent, d’autres la gardent dans un tiroir. Si l’écriture fait remonter trop d’images, arrêtez-vous : c’est un signe que ce travail mérite d’être accompagné.
Des années après, beaucoup de personnes découvrent que la loi a des mots précis pour ce qui leur est arrivé, et qu’elle ne demande à une victime ni de s’être défendue ni d’avoir crié. Voici quelques textes ; il n’y a rien à retenir, seulement de quoi se situer.
Article 222-22 du code pénal. Depuis la loi du 6 novembre 2025, ce texte définit le consentement : il est libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable, et s’apprécie au regard des circonstances. Il ne peut pas se déduire du seul silence ni de la seule absence de réaction de la victime, et il n’y en a pas lorsque l’acte est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise. Être resté figé, n’avoir ni dit non ni résisté, ne suffit donc pas à conclure que l’on était d’accord. C’est la loi elle-même qui le dit, et c’est une réponse à la question qui tourne souvent en boucle : « pourquoi n’ai-je rien fait ? »
Articles 222-22, 222-23, 222-24 et 222-27 du code pénal. Toute agression sexuelle est un acte sexuel non consenti, et le texte vaut quelle que soit la relation entre l’auteur et la victime, y compris entre époux. Le viol est un acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou un acte bucco-génital ou bucco-anal, commis par violence, contrainte, menace ou surprise : il est puni de quinze ans de réclusion criminelle. Les autres agressions sexuelles sont punies d’au moins cinq ans d’emprisonnement. La loi prévoit des peines plus lourdes dans les situations qu’elle énumère, par exemple lorsque l’auteur est le conjoint ou le concubin de la victime, ou lorsque celle-ci a moins de quinze ans.
Articles 15-3 et 7 du code de procédure pénale. Un service de police ou de gendarmerie ne peut pas écarter votre plainte parce que les faits ont eu lieu ailleurs : elle est enregistrée, un récépissé vous est remis sur-le-champ, et le service la transmet à celui qui est compétent. Ce récépissé rappelle les délais de prescription, c’est-à-dire le temps pendant lequel des poursuites restent possibles. Pour un viol commis sur une personne majeure, il est de vingt ans à compter des faits ; pour un viol commis sur un mineur, de trente ans à compter de sa majorité. Il varie selon la qualification des faits et se précise au moment de la plainte. Rien ne vous oblige à en déposer une, et la thérapie n’en dépend pas.
Une refonte du code de procédure pénale est annoncée pour le 1er janvier 2029 : les numéros d’articles ci-dessus seront alors remplacés.
Articles 226-13 et 226-14 du code pénal. L’article 226-13 sanctionne la révélation d’une information confidentielle par ceux qui y sont tenus du fait de leur profession ; l’article 226-14 y apporte des exceptions limitées. Pour une victime majeure, un médecin ou un autre professionnel de santé ne peut s’adresser au procureur de la République qu’avec son accord. La seule dérogation prévue vise le danger immédiat pour la vie d’une personne qui, sous l’emprise de son conjoint, ne peut pas se protéger. Pour un mineur, ou pour une personne que son âge ou une incapacité physique ou psychique empêche de se protéger, la loi autorise à informer les autorités de violences, y compris sexuelles, sans cet accord. Pour une victime majeure, la règle est donc que c’est elle qui décide de ce qu’un soignant porte à la justice.
Déposer plainte relève de la justice et non du cabinet. Ce qui nous revient, c’est le reste : être là avant la démarche, pendant et après, avec l’écoute, l’EMDR et des outils des TCC, en séance ou en téléconsultation. Que vous déposiez plainte, que vous y renonciez ou que vous n’y songiez pas, le travail sur la honte reste possible. Entendre un « je te crois » de la part d’un psy, puis le lire dans le compte rendu d’un bilan appuyé sur des entretiens cliniques et des évaluations psychométriques, est une raison de plus de consulter, et nous y attachons une grande importance.
Ces questions ne mesurent ni un trouble ni la gravité de ce que vous avez vécu ; elles aident seulement à voir jusqu’où la honte s’est étendue dans votre vie d’aujourd’hui. Quiz pédagogique, ni test validé ni diagnostic : rien n’est enregistré. Répondez en pensant aux deux ou trois dernières semaines.
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Beaucoup de personnes repoussent le premier rendez-vous parce qu’elles imaginent devoir tout raconter d’emblée, à un inconnu, dans le détail. Ce n’est pas ainsi que nous travaillons. Le premier rendez-vous est sans engagement ; il sert à faire connaissance, à dire ce qui vous amène avec les mots que vous voulez, et à décider ensemble de la suite. Vous pouvez venir accompagné, si la présence d’un proche vous aide à franchir la porte. Vous pouvez aussi commencer en téléconsultation, depuis chez vous.
Le trauma est la spécialité de notre psychothérapeute. On ne touche pas aux souvenirs à l’aveugle : nous commençons par un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, qui éclaire ce que les violences ont laissé et indique quand il devient possible d’y revenir. Chaque séance d’EMDR dure 80 minutes : on a le temps d’ouvrir un souvenir, de le traverser, puis de refermer avant de repartir. Le travail associe souvent l’écoute analytique, qui laisse une place à toute l’histoire, et des outils des TCC pour examiner les pensées de honte ; et quand les émotions débordent, le cabinet propose aussi la TCD complète : travail individuel, groupes, et soutien possible d’une séance à l’autre. Si des plaintes de mémoire persistent après un trauma ou une emprise, un bilan neuropsychologique avec la neuropsychologue du cabinet peut y voir plus clair.
Pour la manière dont l’EMDR et les TCC s’articulent sur la honte, voir l’EMDR et les TCC, deux voies qui se complètent ; pour l’ensemble de notre façon de travailler, notre approche de la culpabilité et de la honte.
Parce que la honte ne suit pas la logique de la responsabilité. Après une violence, l’esprit cherche un sens et conclut souvent que quelque chose cloche en soi ; les paroles de l’agresseur, le silence imposé et certaines réactions de l’entourage renforcent ce sentiment. Il est très fréquent et il se travaille en thérapie.
Oui. Le figement et la soumission sont des réponses automatiques de survie, aussi fréquentes que la fuite ou le combat. Chez les victimes de viol, une paralysie importante est décrite dans une large majorité des cas. Elle ne signifie ni accord ni faiblesse.
Non, pas d’emblée, et jamais sous la contrainte. Le récit se construit à votre rythme. En EMDR, on peut travailler un souvenir sans le décrire longuement à voix haute. Ce qui compte est que vous vous sentiez en sécurité pour avancer.
Elle peut beaucoup diminuer, et souvent laisser place à de la colère, puis à de l’apaisement. La recherche montre que des thérapies centrées sur le trauma, dont l’EMDR, réduisent la culpabilité et la honte, surtout quand celles-ci sont travaillées comme des cibles à part entière.
Oui. La thérapie ne dépend d’aucune démarche. Vous pouvez consulter des mois ou des dizaines d’années après les faits, que vous ayez parlé à quelqu’un ou non, et décider plus tard, si vous le souhaitez, de ce que vous voulez faire du reste.
Oui. Si la présence d’un proche vous aide à venir, il peut vous accompagner au premier rendez-vous. Nous verrons ensuite avec vous s’il est préférable de continuer seul. La téléconsultation est aussi possible pour commencer.
Vous n’avez pas besoin d’être prêt à tout dire pour prendre rendez-vous. Il suffit de vouloir que ce poids ne soit plus porté seul. Côté lieux : Colombes, l’Ardèche, Pavillons-sous-Bois, ou votre propre salon grâce à la téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.