L’enfant qui harcèle
Il n’est pas toujours celui que l’on croit : parfois populaire et habile, parfois lui-même malmené ailleurs. Comprendre ce qu’il cherche n’excuse rien, mais aide à faire cesser. Lire la page.
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Comprendre, accompagner, transmettre : quelques repères de psychopédagogie, nourris de notre pratique et de notre passion, à partager avec nos patients.
Un surnom qui colle à la peau depuis la rentrée. Une table de cantine où, curieusement, il n’y a jamais de place. Un groupe de classe dont on a été retiré sans un mot, et des rires dans le couloir qui s’arrêtent quand on passe. Le harcèlement entre enfants ne fait pas toujours de bruit : il s’installe souvent par petites touches, dans les angles morts de la journée, et ceux qui le subissent se taisent longtemps. D’autres enfants, sans être harcelés, restent simplement seuls, et en souffrent. Ce dossier aide à reconnaître ces situations, à comprendre ce qui se joue dans le groupe, à savoir quoi dire et quoi faire, et à soigner ce qui reste.
Une petite scène animée montre ici une cour de récréation : un enfant reste à l’écart pendant que des groupes se forment et que des bulles de moqueries circulent ; puis un camarade s’approche, un adulte remarque la scène, et le cercle s’ouvre pour lui faire une place.
Le mot est devenu courant, au point que l’on s’en sert parfois pour toute dispute entre enfants. Les chercheurs lui donnent pourtant un sens précis. Le psychologue scandinave Dan Olweus, qui a étudié les violences entre élèves dès les années 1970, en a proposé une définition qui sert encore de référence. Un enfant est harcelé quand il est exposé, de manière répétée et dans la durée, à des actes destinés à le blesser ou à l’humilier, de la part d’un ou de plusieurs camarades, dans une relation où il a du mal à se défendre, parce que le rapport de force est déséquilibré.
Ces trois ingrédients changent tout. Une bagarre entre deux enfants de force égale, une brouille entre amies, une moquerie qui tombe un jour et ne revient pas sont des moments pénibles de la vie en groupe ; ils font partie de ce que les enfants apprennent en grandissant, et ils se règlent le plus souvent. Le harcèlement, lui, enferme. Il se répète parce que celui qui le subit ne parvient pas à l’arrêter, et il s’aggrave parce que le groupe s’y habitue. Le déséquilibre peut tenir à la force physique, à l’âge, au nombre (plusieurs contre un), à la popularité, ou simplement au fait que l’enfant visé est seul.
Le harcèlement peut prendre la forme de coups, mais il passe bien plus souvent par les mots, les regards, les rires, l’exclusion, les rumeurs, et désormais les écrans. Il commence parfois dès l’école maternelle, culmine souvent entre la fin de l’école primaire et le début du collège, puis change de forme à l’adolescence, où il devient plus discret et plus souvent numérique. Il touche des enfants de tous les milieux, de tous les caractères, et il n’est jamais la faute de celui qui le subit.
Dans un conflit, les deux enfants sont à peu près à égalité : chacun peut répondre, et la dispute porte sur quelque chose (un jeu, une place, une parole). Elle finit par s’éteindre, ou par une réconciliation. Dans le harcèlement, c’est toujours le même enfant qui est visé, il n’arrive pas à se défendre, et ce qui est attaqué, c’est lui-même : son corps, sa voix, sa famille, sa différence. Une bonne question à se poser : « est-ce que cela s’arrêterait s’il le demandait ? ». Si la réponse est non, il faut regarder la situation de plus près. La page reconnaître le harcèlement détaille ces repères.
Non. Cette idée a longtemps empêché les adultes d’intervenir. Les enfants harcelés ne ressortent pas « plus forts » de cette épreuve : les études qui les ont suivis pendant des années montrent au contraire plus d’anxiété, de tristesse et de difficultés relationnelles, parfois jusqu’à l’âge adulte. Ce qui aide un enfant à grandir, ce sont les conflits qu’il apprend à régler, pas l’humiliation qu’il subit sans pouvoir y échapper.
Entre la petite dispute de récréation et le harcèlement installé, il y a toute une gamme de situations. Les adultes ont parfois du mal à savoir où placer ce qu’on leur raconte. Le curseur ci-dessous parcourt cette gamme, avec pour chaque étape ce qui la caractérise et ce qui aide. Ce n’est pas une grille de diagnostic, seulement une carte pour y voir plus clair.
Une situation peut glisser d’une étape à l’autre en quelques semaines. Ce qui fait la différence, ce n’est pas la gravité d’un acte isolé, mais sa répétition, et l’impuissance de l’enfant face à elle. Un coup isolé peut être moins destructeur qu’un mois de silences calculés. C’est pourquoi il vaut la peine de demander à l’enfant non seulement « qu’est-ce qui s’est passé ? », mais aussi « est-ce que c’est déjà arrivé ? » et « est-ce que ça arrive à d’autres moments ? ».
Le harcèlement ne se résume pas aux coups. Retournez les cartes : chacune décrit une forme, avec ce qui la rend difficile à repérer. Elles se combinent souvent. La page reconnaître le harcèlement les détaille avec les signes à observer selon l’âge.
Les filles et les garçons sont touchés presque autant, mais pas tout à fait de la même façon : les garçons rapportent un peu plus de violences physiques, les filles un peu plus d’exclusion, de rumeurs et de harcèlement en ligne. Ces tendances moyennes ne disent rien d’un enfant en particulier. Ce qui compte, c’est ce que vit le vôtre, et le fait que les formes discrètes ne soient pas prises moins au sérieux que les coups.
Il n’y a pas de « profil de victime ». Les enfants harcelés sont souvent ceux qui, à un moment donné, sont un peu plus seuls, un peu différents ou un peu moins protégés par un groupe : nouveau dans l’école, plus petit, plus rond, plus timide, très bon élève, en difficulté scolaire, porteur d’un handicap, d’un TDAH, d’un fonctionnement autistique, d’un accent, d’une famille qui ne ressemble pas aux autres. Ces différences ne causent pas le harcèlement : elles servent de prétexte à un groupe qui cherche une cible. Le changer, lui, n’est donc jamais la solution principale ; c’est le fonctionnement du groupe qu’il faut faire bouger.
Combien d’enfants sont harcelés ? Les chiffres varient beaucoup selon les pays, l’âge des élèves, la période sur laquelle on les interroge et la définition retenue. Les grandes enquêtes européennes menées sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé retrouvent qu’environ un adolescent sur dix dit avoir été harcelé à l’école au cours des derniers mois, et une proportion un peu plus élevée en ligne. Les situations les plus graves, répétées chaque semaine, concernent une minorité d’élèves, mais une minorité qui se compte, dans chaque établissement, en dizaines d’enfants.
Les études d’observation, où des chercheurs filment ou enregistrent ce qui se passe dans les cours de récréation, ont appris une chose essentielle : le harcèlement a presque toujours un public. Dans une étude canadienne devenue classique, des camarades étaient présents dans la grande majorité des épisodes, mais n’intervenaient que dans un cas sur cinq environ. Et quand ils le faisaient, l’épisode s’arrêtait souvent en quelques secondes. Nous y revenons dans la page auteurs et témoins.
Il est difficile de le dire, parce que l’on en parle beaucoup plus qu’avant, que les enfants le signalent davantage et que les enquêtes ont changé de méthode. Le harcèlement à l’école semble plutôt stable, voire en légère baisse dans certains pays qui ont investi dans la prévention. Le harcèlement en ligne, lui, a progressé avec l’équipement des enfants en téléphones de plus en plus jeunes. Il ne remplace pas le harcèlement à l’école : il le prolonge, le plus souvent entre les mêmes enfants.
La plupart des enfants harcelés n’en parlent pas, ou très tard, et souvent à moitié. Les parents qui le découvrent se demandent alors, avec douleur : « pourquoi ne m’a-t-il rien dit ? ». La réponse n’est presque jamais un manque de confiance. Le silence a ses raisons, et les connaître aide à ouvrir la porte. Touchez les cartes.
C’est pourquoi le repérage repose beaucoup sur l’observation. Ce qui doit alerter, chez un enfant, c’est surtout un changement par rapport à son fonctionnement habituel : des maux de ventre qui reviennent les jours d’école et disparaissent pendant les vacances, des affaires abîmées, un enfant qui ne parle plus de ses copains, qui veut qu’on l’accompagne alors qu’il allait seul, qui sursaute aux notifications, qui devient irritable au retour de l’école ou très silencieux. Aucun de ces signes ne prouve quoi que ce soit. Plusieurs ensemble justifient une conversation, calme et sans interrogatoire. La page parents : que faire propose des phrases pour l’ouvrir.
Exemple fictif
Exemple fictif : Léonie, 10 ans, en CM2, adorait l’école. Depuis la Toussaint, elle a mal au ventre presque tous les matins, demande à manger à la maison le midi, et a cessé de parler de ses deux meilleures amies. Quand sa mère lui demande si tout va bien, elle répond « oui » très vite, puis s’enferme dans sa chambre. Un soir, elle laisse échapper : « De toute façon, personne ne veut être avec moi. »
Quelle réaction vous paraît la plus utile ?
On se représente souvent le harcèlement comme un face-à-face entre un « méchant » et sa « victime ». La recherche, en particulier les travaux de la psychologue finlandaise Christina Salmivalli, a montré que c’est presque toujours une affaire de groupe. Autour de l’enfant qui mène, il y a ceux qui l’aident ou l’imitent, ceux qui rient et encouragent, ceux, nombreux, qui voient et se taisent, et parfois quelques-uns qui défendent. Chacun de ces rôles nourrit ou freine le harcèlement.
Ce regard change la façon d’agir. Si le harcèlement était seulement le fait d’un enfant cruel, il suffirait de le punir. Mais l’enfant qui harcèle cherche souvent quelque chose dans le regard des autres : une place, du pouvoir, de la popularité, le soulagement de ne pas être lui-même la cible. Quand les rires s’arrêtent et que le public se retourne, le harcèlement perd ce qui le faisait vivre. C’est pourquoi les programmes de prévention évalués dans les écoles travaillent avec toute la classe, et notamment avec les témoins.
Il n’est pas toujours celui que l’on croit : parfois populaire et habile, parfois lui-même malmené ailleurs. Comprendre ce qu’il cherche n’excuse rien, mais aide à faire cesser. Lire la page.
Ils ont peur de devenir la cible, pensent que ce n’est pas leur rôle, ou croient que les autres trouvent ça drôle. Ils sont pourtant la clé. Lire la page.
Il a besoin d’être cru, protégé et soutenu, sans qu’on lui demande de se transformer pour que cela cesse. Lire la page.
Oui, et ce n’est pas rare. Certains enfants, malmenés dans un groupe, s’en prennent à plus faible qu’eux dans un autre ; d’autres répondent par l’agressivité à des années de moqueries. Les chercheurs les appellent parfois « victimes-agresseurs ». Ce sont souvent les enfants qui vont le moins bien : ils cumulent la souffrance des deux positions, et sont fréquemment punis sans que l’on voie ce qu’ils subissent. Ils ont besoin, eux aussi, d’être accompagnés.
Tous les enfants isolés ne sont pas harcelés, et le titre de ce dossier parle aussi d’eux. Certains enfants aiment la solitude, lisent à la récréation, ont un seul ami et s’en portent très bien : c’est un tempérament, pas un problème. D’autres restent seuls sans l’avoir choisi. Ils voudraient jouer, mais ne savent pas comment entrer dans un groupe, n’osent pas, ou se font gentiment ignorer. Ils ne sont pas rejetés violemment ; ils sont oubliés. Et cela fait mal aussi.
Derrière cette solitude subie, il y a des histoires très différentes : une timidité marquée, une anxiété sociale qui transforme chaque récréation en épreuve, un fonctionnement autistique qui rend les codes du groupe difficiles à décrypter, un TDAH qui fait couper la parole et lasser les copains, un haut potentiel qui donne des centres d’intérêt décalés, un déménagement, un deuil, une tristesse qui s’installe. Comprendre de quoi il s’agit change la façon d’aider. La page isolement et amitiés explore ces chemins et propose un quiz pédagogique pour s’y retrouver.
Ce que l’on voit : un enfant qui observe longtemps avant d’entrer dans le jeu, préfère les petits groupes, rougit quand on l’interroge. Ce qui aide : du temps, des situations à deux plutôt qu’à dix, ne pas le présenter comme « le timide ». La plupart des enfants timides se font des amis, à leur rythme. Voir timidité, trac et anxiété sociale.
Ce que l’on voit : une peur intense d’être jugé, de dire une bêtise, d’être regardé ; des évitements qui s’étendent (ne plus lever la main, ne plus aller à la cantine, refuser les anniversaires). Ce qui aide : une anxiété sociale se soigne bien, et les outils des TCC y ont une place de premier plan. La page anxiété de l’enfant et de l’adolescent développe ce point.
Ce que l’on voit : un enfant qui veut des amis mais ne comprend pas toujours l’implicite, prend les blagues au pied de la lettre, s’épuise à imiter les autres ou préfère ses passions. Les enfants autistes sont plus exposés au harcèlement. Ce qui aide : comprendre son fonctionnement, expliquer les codes, chercher des amis qui partagent ses intérêts. Voir autisme, communication et relations.
Ce que l’on voit : un enfant enthousiaste qui coupe la parole, change les règles du jeu, réagit fort aux provocations, et finit par être mis de côté. Ce qui aide : entraîner concrètement les compétences sociales, l’aider à réguler ses réactions, ne pas le désigner comme seul responsable des bagarres. Voir TDAH et relations sociales et TDAH et harcèlement.
Ce que l’on voit : des intérêts et un vocabulaire décalés, l’impression de ne pas être sur la même longueur d’onde, parfois l’envie de cacher ses capacités pour être accepté. Ce qui aide : des lieux où il rencontre des enfants qui lui ressemblent, et la reconnaissance de sa façon d’être. Le cabinet s’est spécialisé dans l’accompagnement du HPI. Voir le haut potentiel chez l’enfant.
Un enfant harcelé vit dans une alerte permanente. Il guette les moments dangereux, anticipe les phrases blessantes, se fait petit. À la longue, ce climat laisse des traces, qui ne sont pas les mêmes chez tous. Certains enfants ont surtout mal au corps (ventre, tête, sommeil), d’autres deviennent anxieux au point de ne plus pouvoir franchir la porte de l’école, d’autres encore s’éteignent, se mettent à croire ce qu’on leur répète (« je suis nul », « personne ne m’aimera »), ou se mettent en colère contre tout le monde. Des souvenirs précis peuvent revenir sans prévenir, comme dans un traumatisme.
Les études qui ont suivi des enfants pendant de longues années montrent que ces traces peuvent durer : davantage d’anxiété, de dépression, de solitude et de difficultés de confiance chez les jeunes adultes qui ont été harcelés, en particulier quand le harcèlement a été long et que personne ne les a aidés. Elles montrent aussi l’inverse : le soutien d’un adulte, un ami, la fin rapide du harcèlement et un accompagnement adapté protègent beaucoup. Rien n’est écrit d’avance. La page les conséquences du harcèlement détaille ces traces, et ce qui aide à les apaiser, y compris des années plus tard.
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Oui, c’est fréquent. Beaucoup d’adultes gardent en mémoire des scènes précises, des visages, des surnoms, et sentent encore la honte ou la peur monter dans certaines situations : entrer dans une salle pleine, prendre la parole, être le dernier choisi. Ces souvenirs ne sont pas un signe de faiblesse : ils sont restés « en suspens », sans avoir été digérés. Ils peuvent être travaillés, notamment en EMDR et par l’écoute analytique, même vingt ou trente ans après. Voir les conséquences du harcèlement.
Répondez : l’explication s’affiche aussitôt.
Affirmation 1
Le harcèlement repose justement sur un rapport de force où l’enfant n’arrive pas à se défendre. Lui demander de « répondre » ou de « rendre les coups » revient à lui faire porter la solution, et c’est souvent lui qui se fait punir pour sa réaction. Apprendre à s’affirmer aide, mais l’arrêt du harcèlement dépend d’abord des adultes et du groupe.
Affirmation 2
Oui. L’exclusion organisée, le silence, les regards, les rires, les rumeurs suffisent à rendre la vie d’un enfant insupportable. Ces formes sont fréquentes, surtout à partir de la fin du primaire, et passent facilement inaperçues.
Affirmation 3
La peur des représailles est réelle et doit être prise en compte, mais le silence laisse le harcèlement continuer. C’est la façon d’en parler qui compte : avec l’accord de l’enfant sur la manière de faire, des faits précis, et en demandant ce qui sera mis en place pour le protéger. Voir parents : que faire.
Affirmation 4
Oui. Les observations montrent que lorsqu’un camarade intervient, même par un simple « arrête, ce n’est pas drôle », l’épisode s’arrête souvent rapidement. Ne pas rire, ne pas partager, rejoindre l’enfant isolé après coup sont des gestes puissants. Voir auteurs et témoins.
Affirmation 5
Pas vraiment. Les messages continuent à circuler sans lui, et l’enfant, coupé de ses amis, apprend surtout qu’il vaut mieux ne rien dire la prochaine fois. Mieux vaut l’aider à garder les preuves, bloquer, signaler, et organiser ensemble des temps sans écran. Voir le cyberharcèlement.
Affirmation 6
C’est plus nuancé. Un changement d’établissement est parfois nécessaire et peut offrir un vrai nouveau départ. Mais fait dans l’urgence, sans que le harcèlement ait été traité ni ses traces soignées, il peut laisser l’enfant avec l’idée qu’il est le problème, et la peur qui l’accompagne dans la nouvelle classe.
Affirmation 7
Oui. Les souvenirs humiliants, la honte, les croyances sur soi et la peur du regard des autres peuvent être travaillés à tout âge. L’EMDR s’intéresse précisément à ces souvenirs qui pèsent encore, et l’écoute analytique à ce qu’ils ont laissé dans la façon de se lier aux autres.
Au Cabinet Bouche & Chmura, nous travaillons avec les enfants et les adolescents sur les relations avec leurs camarades, le harcèlement et le repli sur soi. Nous recevons l’enfant harcelé, ses parents, mais aussi l’enfant qui a harcelé, le témoin qui n’arrive pas à oublier ce qu’il a vu, et l’adulte qui porte encore les traces d’une enfance malmenée. Tout le monde est reçu. Les deux axes principaux de notre psychothérapie sont l’EMDR et l’écoute analytique ; des outils issus des thérapies cognitives et comportementales viennent en complément, et le regard de la neuropsychologue éclaire, quand c’est utile, le fonctionnement de l’enfant.
Les scènes humiliantes qui reviennent, les déclencheurs d’aujourd’hui (la cour, la sonnerie, une notification), les croyances comme « c’est ma faute » ou « je ne vaux rien », et le retour en classe, préparé en scénario du futur. Voir l’EMDR chez l’enfant et l’adolescent.
Ce que l’humiliation a touché, la honte, la colère, la place que l’enfant occupe dans les groupes, ce qui se répète d’une classe à l’autre ou d’une génération à l’autre. Voir la psychanalyse au cabinet.
Trouver ses mots et sa posture face à une moquerie, oser demander de l’aide, réapprivoiser peu à peu les situations redoutées, desserrer les pensées comme « tout le monde me déteste ». Voir les TCC au cabinet.
Des séances familiales, en séances longues de 80 minutes, quand le harcèlement bouleverse toute la maison, et un espace pour les parents eux-mêmes, qui ont souvent besoin d’être soutenus. Voir la pédopsychologie au cabinet.
Quand on se demande si un TDAH, un fonctionnement autistique ou un haut potentiel rend les relations plus difficiles, un bilan neuropsychologique aide à comprendre l’enfant et à ajuster l’aide. Voir les bilans.
Ces approches ne s’appliquent pas en bloc. Au début, l’essentiel est souvent de permettre à l’enfant de dire ce qu’il vit, d’être cru, et de retrouver un peu de sécurité. Viennent ensuite le temps de soulager ce qui reste à vif, de reprendre confiance, et de retrouver le chemin des autres. Nous en parlons en détail dans notre approche du harcèlement, avec les signes qui justifient de consulter et ce qu’un bilan psychologique, réalisé par le psychothérapeute, peut aider à comprendre.
Le cabinet reçoit enfants, adolescents, parents et familles, au cabinet ou en téléconsultation. Un parent peut venir seul, d’abord, pour faire le point sur ce qu’il observe. Les séances à plusieurs et les séances d’EMDR sont des séances longues de 80 minutes. Le premier rendez-vous n’engage à rien : il sert à entendre la situation et à choisir ensemble la suite.
Cinq questions suffisent pour trouver la page du dossier qui répond le mieux à votre situation. Quiz pédagogique : ce n’est ni un test validé ni un diagnostic, et il ne dit pas si un enfant est harcelé. Aucune réponse n’est enregistrée.
Pour un adolescent plus âgé ou un adulte qui veut faire le point sur l’estime de soi, le cabinet met en ligne l’échelle d’estime de soi de Rosenberg, un questionnaire de repérage validé. Il ne pose pas de diagnostic, et ses résultats se discutent utilement en consultation.
Chaque page propose des explications, des exemples fictifs, des jeux interactifs et une foire aux questions. Les pages des autres dossiers prolongent la lecture quand une question particulière se pose.
Le plus souvent, il ne le dit pas. Ce sont les changements qui alertent : maux de ventre ou de tête les jours d’école, sommeil perturbé, affaires abîmées ou perdues, copains dont il ne parle plus, envie de ne plus aller en classe, irritabilité ou tristesse au retour, peur de son téléphone. Plusieurs signes ensemble justifient une conversation calme, sans interrogatoire, en lui disant ce que vous avez remarqué.
Un conflit oppose des enfants à peu près à égalité, qui peuvent tous répondre, et il finit par s’éteindre. Le harcèlement vise toujours le même enfant, se répète, cherche à le blesser ou à l’humilier, et s’appuie sur un rapport de force qui l’empêche de se défendre. Il se joue presque toujours devant un public.
Le laisser raconter sans l’interrompre, lui montrer que vous le croyez, saluer son courage et lui répéter qu’il n’y est pour rien. Ne pas promettre de garder le secret, mais décider avec lui de la façon d’agir. Noter les faits, en parler avec l’établissement, et prendre soin de ce qu’il ressent. Un rendez-vous au cabinet peut l’aider, et vous aider.
Oui, chez certaines personnes : anxiété, tristesse, difficulté à faire confiance, peur du regard des autres, souvenirs qui reviennent. Ces traces ne sont pas une fatalité. Elles se travaillent à tout âge, notamment en EMDR et par l’écoute analytique.
Nous partons de ce qu’il vit. L’EMDR aide à apaiser les souvenirs humiliants et les déclencheurs, et à préparer le retour vers les autres ; l’écoute analytique à comprendre ce que le harcèlement a touché ; les outils des TCC à s’affirmer et à reprendre confiance. Les parents sont accompagnés, des séances familiales sont possibles, et la neuropsychologue réalise un bilan quand une question de fonctionnement se pose.
Si vous pensez que votre enfant est harcelé, s’il reste seul et en souffre, s’il a été mêlé à un harcèlement ou si vous portez vous-même les traces d’une enfance malmenée, un premier rendez-vous permet de faire le point et de choisir ensemble la suite.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.