Des maux qui reviennent
Maux de ventre ou de tête le matin, surtout le dimanche soir et les jours d’école, qui disparaissent pendant les vacances.
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Les enfants et adolescents TDAH sont plus souvent victimes de harcèlement que leurs camarades, et parfois, aussi, auteurs. Leur impulsivité, leur différence visible et leurs réactions vives en font des cibles faciles, tandis que la honte et la peur d’être grondés les poussent souvent à se taire. Cette page aide les parents et les enseignants à repérer les signes, à réagir avec justesse et à soigner les blessures.
Une dispute, une bousculade ou une moquerie isolée ne sont pas du harcèlement. On parle de harcèlement quand trois éléments se combinent : des violences qui se répètent, une intention de blesser ou d’humilier, et un déséquilibre de force entre l’enfant visé et celui ou ceux qui l’attaquent. Ce déséquilibre peut être physique, social (un groupe contre un seul) ou psychologique. En France, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit, et les établissements ont l’obligation d’agir.
Les mots qui blessent. Surnoms, moqueries sur la façon de parler, de bouger, de répondre, imitations de ses tics ou de son agitation, insultes, menaces. Pour un enfant TDAH, les moqueries portent souvent sur ce qu’il ne peut pas contrôler : « l’excité », « le bizarre », « celle qui est toujours dans la lune ».
Les coups et les objets. Bousculades répétées, croche-pieds, coups, affaires cachées, volées ou abîmées, racket. Chez un enfant qui perd déjà souvent ses affaires, les objets disparus passent facilement inaperçus : il faut savoir poser la question.
L’exclusion organisée. « Tu ne joues pas avec nous », rumeurs, mise à l’écart systématique, rires quand il prend la parole, consignes données au groupe de l’ignorer. Ce harcèlement silencieux, fréquent chez les filles, laisse peu de traces visibles mais beaucoup de souffrance.
Le cyberharcèlement. Messages humiliants, groupes de discussion créés pour se moquer, photos ou vidéos diffusées, faux profils. Il ne s’arrête pas à la sortie de l’école : il entre dans la chambre, la nuit, sur le téléphone. Les adolescents TDAH, plus impulsifs dans leurs publications, peuvent aussi être piégés par un message envoyé trop vite.
Les études sont nombreuses et concordantes : les enfants et adolescents TDAH sont plus souvent victimes de harcèlement. Ils sont aussi un peu plus souvent auteurs, et surtout plus souvent dans la double position de victime et d’auteur. Rien de tout cela n’est leur faute. Plusieurs mécanismes se combinent.
Un enfant TDAH harcelé finit souvent par exploser : il frappe, insulte, jette sa trousse. C’est cette réaction, visible, que l’adulte voit, et c’est lui qui est sanctionné. Les provocations discrètes qui ont précédé passent inaperçues. Quand un enfant TDAH est souvent « impliqué dans des bagarres », il faut toujours se demander s’il n’est pas d’abord une victime.
La plupart des enfants harcelés ne le disent pas, par honte, par peur des représailles, par crainte d’inquiéter leurs parents ou d’être grondés. Il faut donc apprendre à lire les signaux indirects. Chez un enfant TDAH, le repère essentiel est le changement : il perd déjà ses affaires et dort parfois mal, mais si cela s’aggrave nettement ou change de nature, il faut s’interroger.
Maux de ventre ou de tête le matin, surtout le dimanche soir et les jours d’école, qui disparaissent pendant les vacances.
Refus, retards inhabituels, trajets modifiés, résultats qui chutent brusquement, envie de changer d’école.
Vêtements déchirés, matériel cassé ou disparu plus que d’habitude, argent de poche qui s’évapore, demandes d’argent.
Plus d’invitations, plus de copains cités, des récréations passées seul ou près des adultes, plus d’envie de sortir.
Irritabilité au retour de l’école, crises plus fréquentes, larmes, repli, phrases comme « personne ne m’aime ».
Il cache son téléphone, sursaute aux notifications, supprime des comptes, ou au contraire ne le lâche plus, la nuit compris.
Si votre enfant parle de mourir, de disparaître, se fait du mal, porte des traces de coups ou refuse totalement de retourner à l’école, prenez-le très au sérieux : protégez-le, parlez-en le jour même avec l’établissement et consultez rapidement votre médecin. Ne le laissez pas seul s’il semble en danger.
Ce questionnaire a été rédigé pour ce guide. Il ne prouve rien et ne remplace pas la parole de votre enfant. Il vous aide à faire le point sur ce que vous observez depuis quelques semaines, en le comparant à son comportement habituel, pour décider s’il est temps d’en parler avec lui et avec l’école.
Quand un enfant ose enfin parler, la réaction des adultes compte énormément. Trop minimiser (« ce n’est rien, ignore-les ») le pousse à se taire ; trop dramatiser (« je vais aller voir ces petits voyous ! ») peut l’effrayer et aggraver la situation. Voici un chemin, étape par étape.
C’est une découverte douloureuse pour les parents, mais elle arrive. Certains enfants TDAH harcèlent un camarade : par impulsivité, sans mesurer la portée de leurs mots ; pour faire rire un groupe dont ils veulent faire partie ; par revanche, après avoir été eux-mêmes moqués ; ou parce qu’ils ont du mal à percevoir la souffrance de l’autre dans le feu de l’action. Beaucoup sont, en réalité, à la fois victimes et auteurs.
Ces explications ne sont pas des excuses : le harcèlement doit cesser, et l’enfant doit en mesurer les conséquences. Mais comprendre ce qu’il cherche (appartenir, se venger, se défouler, exister) permet d’agir sur les causes, pas seulement sur les symptômes.
Situation
Yanis, 11 ans, TDAH, est convoqué avec ses parents : depuis des semaines, il imite un camarade qui bégaie, sous les rires de la classe. À la maison, il dit : « C’était pour rigoler, tout le monde le fait. » Lui-même a été très moqué en CM1.
Quelle est la meilleure réaction des parents ?
On ne peut pas rendre un enfant invulnérable, mais on peut multiplier ce qui le protège. Le facteur le plus puissant est sans doute l’amitié : un seul ami fidèle réduit beaucoup le risque d’être pris pour cible.
Le travail sur les compétences sociales et la régulation émotionnelle, en individuel ou en groupe, aide aussi beaucoup : comprendre les codes implicites, repérer une moquerie, réagir sans exploser. Voir TDAH et émotions et TDAH et TCC.
Même quand le harcèlement a cessé, il peut laisser des traces durables : peur d’aller à l’école, anxiété sociale, tristesse, perte de confiance, cauchemars, souvenirs qui reviennent, sentiment d’être en danger au milieu des autres. Ces séquelles ressemblent parfois à un traumatisme, et elles peuvent aggraver ou mimer des difficultés d’attention. Elles méritent d’être soignées pour elles-mêmes.
Le psychothérapeute accompagne les enfants et adolescents après un harcèlement, notamment avec l’EMDR, qui aide à apaiser les souvenirs douloureux, et les thérapies cognitives et comportementales, pour reprendre confiance et retourner progressivement vers les autres. La neuropsychologue peut évaluer l’attention et les fonctions exécutives quand on se demande ce qui relève du TDAH et ce qui relève du choc vécu. Voir aussi TDAH et trauma et relations, harcèlement et isolement.
Oui, parfois. Un enfant harcelé vit dans l’alerte permanente : il sursaute, se concentre mal, dort mal, s’agite, s’énerve vite. Ces signes peuvent ressembler à un TDAH, ou aggraver un TDAH existant. C’est l’une des raisons pour lesquelles une évaluation sérieuse explore toujours l’histoire de l’enfant et les événements récents. Voir TDAH ou traumatisme.
Oui. Les études montrent que les enfants et adolescents TDAH sont plus souvent victimes de harcèlement que leurs camarades, en raison de leur différence visible, de difficultés avec les codes sociaux, de réactions vives aux provocations et d’un réseau d’amis souvent plus réduit. Ils sont aussi plus souvent à la fois victimes et auteurs.
Les signes les plus fréquents sont des maux de ventre ou de tête les jours d’école, l’envie de ne plus y aller, des affaires abîmées ou disparues, un isolement, une tristesse ou une irritabilité nouvelles, des troubles du sommeil et une anxiété liée au téléphone. Chez un enfant TDAH, c’est surtout le changement par rapport à d’habitude qui doit alerter.
L’écouter et le croire, lui dire que ce n’est pas sa faute, noter les faits, prévenir l’établissement par écrit et demander quelles mesures seront prises, prendre soin de lui avec l’aide d’un professionnel, et faire le point régulièrement. Si la situation ne change pas, vous pouvez vous adresser aux autorités académiques.
Dire clairement que c’est inacceptable, l’aider à comprendre ce que ressent l’autre, l’associer à une réparation avec l’école, et chercher avec un professionnel ce qui le pousse à agir ainsi : impulsivité, besoin d’appartenance, revanche après avoir été lui-même moqué. Fermeté et compréhension vont ensemble.
Ce n’est pas la première étape : l’établissement a l’obligation d’agir, et changer d’école sans traiter la situation ne répare pas la blessure. Mais quand la situation ne s’améliore pas ou que l’enfant ne peut plus y retourner, un changement peut être une protection nécessaire, idéalement préparé avec lui.
Qu’il soit victime, auteur ou les deux, un enfant impliqué dans un harcèlement a besoin d’être aidé. Un premier rendez-vous permet de l’écouter, d’évaluer ce qu’il vit et de construire avec vous un accompagnement. Le cabinet reçoit à Colombes, à Pavillons-sous-Bois, en Ardèche et en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.