Deuil : traverser la perte d’un proche, à son rythme
« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. » Lamartine a écrit ce vers en 1820. Nous l’entendons encore presque chaque semaine, dit avec des mots plus ordinaires : « la maison est devenue trop grande », « je mets toujours deux tasses sur la table », « je compose son numéro, et puis je raccroche avant la première sonnerie ».
Ces pages s’adressent à celles et ceux qui viennent de perdre quelqu’un, à ceux dont le deuil a des années et qui s’étonnent qu’il morde encore, et aux proches qui cherchent quoi dire. On y trouvera ce que la perte fait au corps et au temps, ce que la psychanalyse a compris du travail du deuil, ce qui se passe quand il se fige, les deuils qui ont leur couleur propre (une mort brutale, un bébé, un enfant, un conjoint), et la manière dont nous recevons les personnes endeuillées.
Une petite scène animée montre ici une bougie au bord de l’eau : la peine revient par vagues, de plus en plus espacées, et entre elles des souvenirs s’allument comme de petites lumières.
Six phrases des premiers mois, et ce que nous y entendons
Les mots du deuil se ressemblent d’une personne à l’autre, à quelques détails près, et ce sont souvent les détails qui disent tout. Voici des phrases que les personnes endeuillées prononcent très souvent en séance. Nous les avons réécrites pour qu’aucune ne soit reconnaissable ; leur sens, lui, est resté intact.
« Je n’arrive pas à effacer son numéro. »
Le répertoire du téléphone devient, avec les années, un petit cimetière que personne n’ose entretenir. Garder le numéro, réécouter le message d’accueil de sa messagerie pour entendre la voix, relire la dernière conversation : ce sont des façons de garder un fil pendant que le reste se défait. Rien ne presse. Le jour où l’on efface, si ce jour vient, on le choisit.
« Tout le monde est reparti, et c’est maintenant que ça commence. »
Les jours qui entourent les obsèques sont pleins : des coups de fil, des démarches, de la famille dans la cuisine, des plats que les voisins déposent. Puis chacun retourne à sa vie, et le vrai face-à-face avec l’absence a lieu un mardi soir ordinaire, quand le silence de l’appartement devient assourdissant. Beaucoup de personnes nous disent que la deuxième ou la troisième semaine a été plus dure que la première.
« Je l’ai aperçu dans la rue, de dos. Mon cœur s’est arrêté. »
Une silhouette, une démarche, un manteau de la même couleur. Le cerveau a passé des années à guetter cette personne, à reconnaître son pas dans l’escalier ; il continue à la chercher bien après qu’on sait, avec la tête, qu’elle ne viendra plus. Le psychiatre John Bowlby voyait dans cette recherche un mouvement très ancien de l’attachement. Ce n’est pas le signe qu’on perd la raison.
« J’ai ri devant une série, et je m’en suis voulu toute la nuit. »
Le rire est arrivé sans permission, et avec lui l’impression d’avoir trahi. Nous l’entendons autrement : un deuil qui avance fait alterner la peine et des instants de répit, et ce rire en était un. La balance plus bas montre ce va-et-vient.
« Je devrais aller mieux, depuis le temps. »
Depuis combien de temps, et selon qui ? Le calendrier est souvent fixé par l’entourage, par l’employeur, parfois par une petite voix intérieure très sévère. La question utile n’est pas de savoir si le deuil est « fini », mais s’il bouge encore : si la peine change de forme, de fréquence, de couleur. Pour démêler les deux, lisez quand le deuil ne passe pas.
« Je lui parle encore, le soir. C’est grave ? »
Non. Parler à la personne disparue, lui raconter sa journée, lui demander son avis devant une décision, tout cela est extrêmement répandu, et beaucoup le cachent par peur de passer pour fous. Le lien avec un mort ne s’arrête pas net : il se transforme. On s’en inquiète seulement si ce lien empêche de vivre avec les vivants.
Le mot « deuil » descend du latin populaire dolus, la douleur, lui-même issu du verbe dolere, souffrir. Il a gardé trois sens qui s’emboîtent. Le deuil, c’est la peine qu’on éprouve. C’est aussi un temps, celui qu’on « porte ». Et c’était autrefois un ensemble de signes visibles : vêtements sombres, brassard, crêpe noir sur le chapeau, papier à lettres bordé de noir. Des codes assez précis fixaient même la durée et les couleurs du deuil selon le degré de parenté.
Ces codes ont presque disparu, et nous ne les regrettons pas tous. Mais leur disparition a emporté un repère précieux. Aujourd’hui, rien ne signale aux autres que vous êtes en deuil. La collègue qui vous demande si vos vacances se sont bien passées ne sait pas. Le boulanger non plus. Et l’on attend souvent de vous, au bout de quelques semaines, que vous soyez « revenu ». Une part de la solitude des endeuillés vient de là : la perte est immense à l’intérieur, et invisible à l’extérieur.
Le philosophe Vladimir Jankélévitch distinguait la mort « en troisième personne », celle dont on parle dans les journaux, la mort « en première personne », la sienne, que personne ne peut vraiment penser, et la mort « en deuxième personne » : celle du toi, du proche, de celui à qui l’on disait tu. C’est celle-là qui fait le deuil. Elle n’arrive pas à « quelqu’un » ; elle arrive à un lien, et elle nous ampute d’une partie de notre propre vie, celle que nous vivions avec cette personne et que personne d’autre ne connaît aussi bien.
Le deuil n’est pas une maladie. C’est la réponse normale, et souvent violente, d’un être humain qui perd quelqu’un auquel il tenait. La plupart des personnes le traversent avec leurs proches, leurs rites et le temps. Certaines s’y épuisent, d’autres s’y figent, d’autres encore le portent seules parce que la perte n’est pas reconnue par l’entourage. C’est pour elles aussi que ce dossier existe. Pour les émotions du deuil (colère, culpabilité, soulagement), une page leur est déjà consacrée : deuil et émotions.
Ce qu’il faut garder en tête
Le deuil touche un lien, pas seulement une personne : on perd aussi la part de soi qui vivait avec elle.
La peine ne suit pas d’ordre imposé ; ce qui compte, c’est qu’elle continue à changer de forme.
L’entourage se retire souvent au moment où l’absence devient la plus réelle, quelques semaines après les obsèques.
Parler au disparu, rêver de lui, le chercher dans la foule : ces expériences sont fréquentes et ne signent pas une folie.
La balance du double mouvement : entre la perte et la vie qui continue
À la fin des années 1990, deux chercheurs néerlandais, Margaret Stroebe et Henk Schut, ont proposé une image qui a changé la façon dont nous parlons du deuil avec nos patients. Celui qui perd quelqu’un a deux chantiers en même temps. Le premier est tourné vers la perte : penser à la personne, la pleurer, se souvenir, chercher à comprendre. Le second est tourné vers ce qu’ils appellent la restauration : faire face à tout ce que la mort a changé dans la vie concrète, apprendre ce que l’autre faisait, prendre de nouveaux rôles, trouver une identité sans lui.
Leur idée forte est l’oscillation. On ne fait pas l’un puis l’autre ; on passe de l’un à l’autre, plusieurs fois par jour parfois, et l’on s’accorde aussi des pauses où l’on ne pense ni à la perte ni aux changements : une émission idiote, une partie de cartes, une sieste. Ces pauses ne sont pas une fuite. Elles permettent de tenir. Ce qui inquiète davantage, c’est quand l’un des deux mouvements disparaît : la personne qui ne vit plus que dans le souvenir, ou celle qui s’active du matin au soir pour ne jamais rencontrer la peine.
Cochez ce qui ressemble à votre semaine. La balance penche du côté le plus chargé. Il ne s’agit ni d’un test ni d’un score à atteindre : seulement d’une image pour voir où vous en êtes en ce moment. Rien n’est enregistré.
Tourné vers la perte
Tourné vers la vie qui continue
Stroebe et Schut ont aussi remarqué que les façons d’osciller varient : certaines personnes passent par la parole et les larmes, d’autres par l’action et les mains. Dans un couple ou une fratrie endeuillés, ces différences créent parfois des malentendus (« tu ne ressens rien », « tu ne fais que pleurer ») alors que chacun fait son deuil à sa manière.
Ce que les écrivains savaient avant les psychologues
Bien avant les théories, les écrivains ont décrit le deuil avec une précision que nous retrouvons chaque jour en consultation. Lu au bon moment, l’un de ces textes n’apporte pas de leçon ; il apprend surtout au lecteur endeuillé que quelqu’un, quelque part, a éprouvé exactement ce qu’il éprouve. Parcourez les onglets.
En 1563, Montaigne perd son ami Étienne de La Boétie, emporté en quelques jours par la maladie. Des années plus tard, dans le chapitre des Essais consacré à l’amitié, il tente de dire ce que fut ce lien, et ce qu’est devenue sa vie depuis :
Depuis le jour que je le perdis, je ne fais que traîner languissant ; et les plaisirs mêmes qui s’offrent à moi, au lieu de me consoler, me redoublent le regret de sa perte.
Deux choses nous frappent dans ces lignes. D’abord, c’est un ami que Montaigne pleure, et non un parent ou une épouse : un deuil que l’entourage reconnaît mal, aujourd’hui encore, alors qu’il peut être immense. Ensuite, ces plaisirs qui « redoublent le regret » : un bon repas, un beau paysage, une conversation brillante rappellent qu’on ne peut plus les partager avec celui qui manque. Beaucoup de personnes endeuillées s’étonnent que la joie fasse mal. Montaigne l’avait noté il y a plus de quatre siècles.
En 1963, Simone de Beauvoir accompagne sa mère pendant ses dernières semaines : hospitalisée après une chute, elle se révèle atteinte d’un cancer. Elle en tire un récit bref et bouleversant, Une mort très douce. Elle y avoue sa surprise : cette mère avec laquelle elle avait des relations difficiles, et dont la mort était attendue à son âge, la laisse dévastée. Le livre se termine ainsi :
Il n’y a pas de mort naturelle : rien de ce qui arrive à l’homme n’est jamais naturel puisque sa présence met le monde en question. Tous les hommes sont mortels : mais pour chaque homme sa mort est un accident et, même s’il la connaît et y consent, une violence indue.
Nous pensons à ce passage chaque fois qu’une personne s’excuse d’être si touchée par la mort d’un parent âgé (« il avait quatre-vingt-dix ans, c’était dans l’ordre des choses »). L’âge ne rend pas la perte légère, et une relation compliquée ne protège pas du chagrin : elle l’alourdit souvent de regrets.
Au lendemain de la mort de sa mère, en octobre 1977, Roland Barthes commence à noter sur des fiches ce qu’il traverse. Ces notes ont été publiées bien après sa mort, sous le titre Journal de deuil. On y lit cette protestation :
Ne pas dire Deuil. C’est trop psychanalytique. Je ne suis pas en deuil. J’ai du chagrin.
Nous aimons cette phrase parce qu’elle nous rappelle à l’ordre. Les mots savants (le « travail du deuil », les « étapes ») peuvent sonner comme une confiscation : la personne endeuillée n’a pas un processus, elle a du chagrin, et ce chagrin a le visage d’une seule personne. Barthes note aussi combien ce chagrin est discontinu, fait d’assauts imprévisibles plutôt que d’une tristesse égale, comme le décrit la page ce que le deuil fait vivre. Dans La Chambre claire, il cherchera longtemps, parmi les photographies, celle où il reconnaît vraiment sa mère, et la trouvera dans un cliché d’elle enfant, dans un jardin d’hiver, qu’il ne montrera jamais au lecteur.
Quand sa mère meurt, en 1986, après plusieurs années de maladie, Annie Ernaux commence, quelques semaines plus tard, à écrire sur elle. Le petit livre qui en sort, Une femme, refuse le sentimentalisme et cherche à rendre la vérité d’une vie. Il se clôt sur ces lignes :
Je n’entendrai plus sa voix. C’est elle, et ses paroles, ses mains, ses gestes, sa manière de rire et de marcher, qui unissaient la femme que je suis à l’enfant que j’ai été.
Tout est dit de ce que l’on perd avec un parent : pas seulement une personne, mais le dernier témoin de son enfance, le fil qui reliait l’adulte d’aujourd’hui au petit enfant d’autrefois. C’est pour cela que la mort d’un père ou d’une mère fait si souvent vaciller l’identité, même chez des adultes solides. La page le travail du deuil montre comment Melanie Klein et Jacques Lacan ont pensé cette perte d’une part de soi.
Six idées sur le deuil, à l’épreuve
Idée 1
« Mieux vaut éviter de prononcer son prénom devant moi. »
C’est souvent l’inverse. La plupart des personnes endeuillées souffrent davantage du silence qui s’installe autour du disparu que des larmes qu’un souvenir fait monter. Entendre un ami dire « ton père aurait adoré ce restaurant » est un cadeau : la personne existe encore dans la bouche des autres.
Idée 2
« Vider ses armoires rapidement aide à tourner la page. »
Cela dépend. Certains ont besoin de libérer la place très vite, d’autres de laisser les vêtements sur les cintres pendant des mois. Ce qui est souvent regretté, ce sont les décisions prises dans l’urgence ou sous la pression des autres. Le bon moment est celui où vous pouvez choisir ce que vous gardez.
Idée 3
« Rêver souvent de la personne disparue est mauvais signe. »
Les rêves de deuil sont fréquents et font partie du travail psychique : on y revoit la personne vivante, malade, parfois fâchée, parfois paisible. Ils évoluent souvent avec le temps. Seuls des cauchemars répétés, qui rejouent une scène de mort, signalent un choc qui mérite d’être soigné.
Idée 4
« Un deuil peut se réveiller des années après, pour un détail. »
Oui. Une odeur, une chanson, un geste, l’âge qu’avait la personne quand elle est morte et que l’on atteint à son tour. Ces retours ne veulent pas dire qu’on n’a « pas fait son deuil » ; ils disent que le lien est toujours vivant.
Idée 5
« Les enfants sont trop jeunes pour vivre un deuil. »
Un enfant ressent l’absence dès les premiers mois de la vie, et il comprend la mort de mieux en mieux en grandissant. Il fait son deuil par morceaux, entre deux jeux, et il a besoin de mots vrais. Voir l’enfant et l’adolescent en deuil.
Idée 6
« Consulter pour un deuil, c’est en faire une maladie. »
Le but n’est pas d’obtenir un diagnostic. Il s’agit de disposer d’un espace où tout de la perte peut se raconter, sans avoir à épargner qui que ce soit. Beaucoup de personnes protègent leurs proches de leur peine ; en séance, elles n’ont plus à le faire.
Exemple fictif : Martine et la porte du garage
Exemple fictif
Martine, 62 ans, a perdu son mari il y a huit mois, d’un cancer. Elle a tout géré : l’hôpital, les obsèques, le notaire (qui a l’art de convoquer les familles un mardi à neuf heures). Elle a repris son mi-temps, voit ses amies, garde ses petits-enfants le mercredi. Elle pleure très peu. Une seule chose lui est impossible : ouvrir la porte du garage, où il passait ses samedis à bricoler. Sa fille s’inquiète : « Maman, tu ne fais pas ton deuil. »
Que penser de la situation de Martine ?
Quand une aide devient précieuse
On peut venir en parler à n’importe quel moment : quelques jours après un décès, au bout d’un an, vingt ans plus tard. Il n’y a pas de seuil à franchir pour avoir le droit de consulter. Certaines situations rendent pourtant un accompagnement particulièrement utile, et nous préférons les nommer clairement.
La mort a été brutale, violente ou volontaire, et des images reviennent : l’appel, la scène, l’hôpital. Voir le deuil traumatique.
Des mois ont passé et rien ne bouge : la douleur est aussi vive qu’au premier jour, la vie s’est arrêtée. Voir quand le deuil ne passe pas.
La culpabilité tourne en boucle (« j’aurais dû voir », « j’aurais dû être là »), ou une colère ne retombe pas.
Le deuil a réveillé d’autres pertes, plus anciennes, dont on n’avait jamais vraiment parlé.
Vous perdez le sommeil, l’appétit, l’envie de tout, et vous vous reconnaissez dans les signes d’une dépression.
Un enfant ou un adolescent de la famille va mal, et vous ne savez pas comment lui parler.
Vous avez envie de rejoindre la personne disparue, ou de ne plus vous réveiller.
Si vous allez très mal
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Beaucoup d’endeuillés ont, dans les premiers temps, envie de rejoindre le mort, souvent sous une forme passive (« si je ne me réveillais pas, ce ne serait pas grave »). Cette pensée mérite toujours d’être dite, même quand elle fait peur. Pour trouver les mots, pour soi ou pour un proche, voyez ce que nous écrivons des idées suicidaires.
Notre façon d’accompagner les personnes en deuil
Nous ne cherchons pas à faire « avancer » un deuil plus vite qu’il ne peut aller, ni à en effacer la peine. Notre travail consiste d’abord à offrir un lieu où la personne disparue peut être racontée telle qu’elle était, agaçante parfois, merveilleuse souvent, et où la perte peut être dite sans précautions. Ce qui nous frappe souvent, c’est le soulagement de patients qui découvrent qu’ils peuvent parler de leur mère pendant toute une séance sans que personne ne change de sujet.
L’écoute analytique (plusieurs grands psychanalystes sont nos repères) accueille ce que la perte réveille : les mots qui n’ont pas été dits, l’ambivalence, les rêves, les deuils anciens qui remontent. L’EMDR est précieuse quand des images font écran au chagrin (l’annonce, la chambre d’hôpital, la scène d’un accident) ou quand une culpabilité s’est figée ; c’est un terrain que le psychothérapeute connaît bien, puisque le trauma est sa spécialité, et un bilan psycho-traumatique permet souvent de bien préparer ces séances. Pour le sommeil, les lieux ou les objets qu’on n’ose plus approcher, la reprise de petites habitudes, nous ajoutons quelques outils des TCC. Et si le chagrin devient une tempête qui fait peur, la TCD est disponible au cabinet dans sa version complète : travail en individuel, en groupe, et soutien entre les séances.
Au cabinet
Nous recevons chacun, enfant, adulte ou personne âgée, pour une perte récente ou lointaine, dans nos trois lieux de Colombes, de Pavillons-sous-Bois et d’Ardèche, ou par écran. Rien ne vous lie après la première rencontre : on y raconte, et l’on décide ensemble de la suite. Comptez 80 minutes pour une séance d’EMDR, et autant pour une séance réunissant plusieurs membres d’une famille en deuil. Pour tout savoir, lisez la page consacrée à l’accompagnement.
Par quelle page commencer ?
Petit quiz d’orientation, à visée pédagogique : il ne s’agit pas d’un test validé, il ne pose aucun diagnostic et vos réponses restent sur votre écran. Cinq questions, et le dossier vous indique par où entrer.
Le dossier en entier
Chaque page a été écrite pour une question précise. Elles se répondent, mais vous pouvez les lire dans l’ordre qui vous convient, ou n’en lire qu’une.
Aucune durée ne se prévoit, et la question elle-même est un peu piégée : un deuil ne « finit » pas comme un rhume. La douleur aiguë s’adoucit en général au fil des mois, avec des retours aux dates importantes. Ce qui compte n’est pas la durée mais le mouvement : une peine qui change de forme et laisse peu à peu de la place à la vie. Quand, au bout de longs mois, rien ne bouge, une aide est utile.
Est-ce normal d’aller assez bien, assez vite, après un décès ?
Oui, cela arrive souvent. Le psychologue américain George Bonanno a montré que beaucoup de personnes endeuillées traversent la perte sans s’effondrer : elles ont de la peine, elles continuent à fonctionner, et cela ne veut dire ni qu’elles aimaient moins, ni qu’elles refoulent. Il n’y a de souci que si l’on se sent coupé de toute émotion, ou si la peine revient plus tard avec une force inattendue.
Faut-il consulter après la mort d’un proche ?
Ce n’est pas une obligation. Beaucoup de deuils se traversent avec les proches, les rites et le temps. Un accompagnement prend tout son sens après une mort brutale, quand des scènes reviennent la nuit, quand on ne cesse de s’accuser ou d’en vouloir à quelqu’un, quand d’anciennes pertes refont surface, ou quand, au fil des mois, rien ne change. On peut aussi venir simplement pour avoir un lieu où en parler.
Comment aider un ami qui vient de perdre quelqu’un ?
Être là, et le rester après les obsèques, quand les autres repartent. Prononcer le prénom du disparu, raconter un souvenir, se souvenir des dates difficiles. Proposer des choses concrètes (un repas, une course, une promenade) plutôt qu’un vague « appelle-moi si tu as besoin ». Supporter les larmes sans chercher à les arrêter, et éviter les phrases qui pressent (« il faut tourner la page »).
Le cabinet reçoit-il pour un deuil ancien ?
Oui. Il arrive qu’un deuil de l’enfance, une mort dont on n’a jamais parlé ou une perte vieille de vingt ans reviennent au premier plan, à l’occasion d’une naissance, d’un nouvel âge ou d’une autre perte. Ce n’est jamais trop tard pour en parler. Une première séance, libre de toute suite, permet déjà de voir ce qui vous conviendrait.
Vous venez de perdre quelqu’un, ou une perte ancienne pèse encore ? Lors d’un premier rendez-vous, vous racontez à votre rythme, et nous cherchons avec vous ce qui soulagerait, sur place ou par téléconsultation.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.