« Le deuil, ce n’est pas une maladie. »
C’est exact, et nous ne le traiterons pas comme tel. Ce que l’on vient chercher, c’est un endroit pour dire la perte jusqu’au bout, et un appui là où elle blesse le plus.
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Personne ne vient au cabinet pour qu’on lui rende celui qu’il a perdu, ni pour qu’on lui apprenne à l’oublier. On vient parce que la peine déborde, parce que des images ne laissent plus dormir, parce que plus rien ne bouge, ou simplement parce qu’on a besoin d’un endroit où l’on puisse parler du disparu sans voir les autres baisser les yeux. Cette page décrit ce que nous proposons aux personnes endeuillées : le premier rendez-vous, nos deux axes de travail, les bilans quand ils sont utiles, et la façon dont nous ajustons le rythme à chacun.
Certaines personnes nous appellent la semaine des obsèques. D’autres viennent un an plus tard, quand l’entourage s’est retiré. D’autres encore trente ans après, parce qu’une naissance, une retraite ou une autre mort a rouvert une perte d’enfance dont elles n’avaient jamais parlé. Il n’y a pas de bon moment, ni de moment trop tardif. Nous recevons tout le monde, à tout âge, pour toute perte, y compris celles que l’entourage ne prend pas au sérieux.
Ce qui retient de consulter tient souvent en quelques phrases, que nous entendons au téléphone ou dès la première séance. Elles méritent une réponse.
C’est exact, et nous ne le traiterons pas comme tel. Ce que l’on vient chercher, c’est un endroit pour dire la perte jusqu’au bout, et un appui là où elle blesse le plus.
Beaucoup de personnes pleurent en séance, d’autres pas du tout, et c’est très bien ainsi. Les larmes ne sont ni un objectif ni un échec. Vous choisissez ce que vous dites, et le moment où vous le dites.
Ce n’est pas notre travail. Au contraire, il s’agit souvent de retrouver la personne disparue dans toute son épaisseur, au-delà des images de sa mort, et de lui faire une place durable.
Les proches sont précieux. Mais on les ménage, on ne veut pas les inquiéter, et ils ont parfois leur propre deuil à porter. En séance, vous n’avez à protéger personne.
Cette première rencontre sert à faire connaissance et à raconter, autant que vous le souhaitez : qui était la personne, comment elle est morte, ce que vous vivez depuis. Il ne vous engage à rien. À la fin, nous réfléchissons ensemble à ce qui pourrait être utile : quelques séances, un travail plus long, un bilan, ou rien de plus pour l’instant si c’est ce qui convient.
Elle peut avoir lieu dans l’un de nos trois cabinets, Colombes, Pavillons-sous-Bois et l’Ardèche, ou bien par écran. Ce dernier choix aide beaucoup de personnes endeuillées dans les premiers mois, quand sortir de chez soi demande une énergie qu’on n’a plus, ou quand on habite loin. On peut aussi venir à plusieurs : un couple qui a perdu un enfant, des frères et sœurs après la mort d’un parent, une famille entière. Quand vous venez à plusieurs, la séance s’étend sur 80 minutes : chacun doit pouvoir prendre la parole.
Au Cabinet Bouche & Chmura, nous accompagnons le deuil avec deux axes principaux, l’écoute analytique et l’EMDR, que nous associons ou faisons se succéder selon ce que la personne nous apporte. Des outils des TCC et la TCD viennent en complément quand ils sont utiles.
Elle s’appuie sur plusieurs grands psychanalystes et laisse venir ce que la perte remue : l’histoire du lien, ce qui n’a pas été dit, l’ambivalence, les rêves, les deuils plus anciens que celui-ci réveille. Elle est particulièrement précieuse quand le deuil touche à l’identité (« sans elle, je ne sais plus qui je suis ») ou quand il se répète d’une génération à l’autre. Voir le travail du deuil.
Quand des scènes font écran à la peine (l’appel, la chambre d’hôpital, le corps, les derniers mots), l’EMDR permet de les retraiter pour que d’autres souvenirs de la personne puissent revenir. Elle aide aussi à desserrer une culpabilité figée, et à préparer une date redoutée grâce au scénario du futur. Le trauma est la spécialité du psychothérapeute, et chaque séance d’EMDR s’étend sur 80 minutes. Voir le déroulement d’une séance.
Pour retrouver un sommeil plus régulier, s’approcher progressivement des lieux, des objets ou des dates qu’on évite, remettre un peu de structure dans des journées qui s’effilochent. Ils ne remplacent pas le travail de parole ; ils l’accompagnent. Voir les TCC.
Quand le chagrin ou la colère deviennent si violents qu’ils font peur, ou qu’ils poussent à des gestes dangereux, la thérapie comportementale dialectique offre des techniques précises pour franchir les crises ; nous la pratiquons au complet, en individuel, en groupe, avec un soutien possible entre deux séances. Voir la TCD.
Ce qui nous frappe souvent, c’est à quel point ces approches se répondent. Une séance d’EMDR sur l’annonce d’un décès fait parfois remonter, en fin de séance, un souvenir d’enfance avec la personne disparue, qui ouvre un tout autre travail de parole. Et une séance d’écoute peut révéler une image restée bloquée, qui deviendra la cible d’une séance d’EMDR.
Affirmation 1
Non. L’EMDR travaille sur les images douloureuses qui font écran (la scène, l’annonce), pas sur le lien. Beaucoup de personnes disent au contraire retrouver, après ce travail, des souvenirs heureux qu’elles ne parvenaient plus à atteindre.
Affirmation 2
Aucune règle ne l’impose. On peut venir dès les premières semaines, surtout si la mort a été brutale, si l’on ne dort plus, ou si l’on se sent seul avec sa peine. On peut aussi venir bien plus tard.
Affirmation 3
Oui. Une mort de l’enfance qu’on n’a jamais pu pleurer, un secret de famille, une perte ancienne réveillée par un événement récent : ces deuils se reprennent très bien, à tout âge.
Affirmation 4
Le mot laisse croire qu’il faudrait un jour trouver la perte acceptable. Ce que nous visons est plus modeste et plus juste : que la peine redevienne vivable, que la personne disparue trouve une place, et que la vie puisse reprendre une direction.
Affirmation 5
Cela dépend entièrement de la situation. Certaines personnes ont besoin de quelques séances pour traverser un moment précis ; d’autres d’un travail plus long, surtout quand le deuil réveille une histoire ancienne. Nous vérifions ensemble, de temps à autre, si le chemin parcouru vous convient.
La plupart des accompagnements de deuil n’ont besoin d’aucun bilan. Dans certaines situations, pourtant, une évaluation éclaire la suite. Avant tout bilan, un rendez-vous préliminaire a lieu ; il débouche sur un compte rendu écrit, et nous prenons une séance pour vous l’expliquer en détail.
| Le bilan | Qui le réalise, où | Quand y penser après un deuil |
|---|---|---|
| Bilan psychologique | Le psychothérapeute, au cabinet ou en téléconsultation | Quand il faut distinguer un deuil prolongé, une dépression, un stress post-traumatique, ou comprendre pourquoi une perte en réveille d’autres |
| Bilan psycho-traumatique, voire dissociatif | Le psychothérapeute | Avant un travail d’EMDR, surtout après une mort brutale, violente ou découverte dans des conditions choquantes, ou quand on se sent coupé de soi-même |
| Bilan neuropsychologique | La neuropsychologue du cabinet, sur place | Quand des plaintes de mémoire persistent longtemps après une mort traumatique, ou, après 60 ans, quand le doute s’installe sur la mémoire et la concentration |
Parfois, les deux cliniciens travaillent ensemble : le psychothérapeute invite alors la neuropsychologue à se joindre au suivi. Pour en savoir plus sur chacun de ces bilans : le bilan psychologique et les bilans du cabinet.
Ces six questions ont un but pédagogique : elles ne constituent pas un test validé, ne posent aucun diagnostic, et vos réponses ne sont conservées nulle part. Elles désignent la partie de notre travail la plus proche de votre situation actuelle. Le résultat ouvre une piste ; il ne décide de rien à votre place.
Ces trois histoires sont inventées. Aucune ne décrit une personne réelle ; elles montrent comment le travail se modèle selon les situations.
Yasmina, 34 ans
Exemple fictif · elle a trouvé son père
Son père est mort d’une chute dans l’escalier, et c’est elle qui l’a trouvé. Depuis huit mois, elle revoit la scène chaque soir et ne peut plus penser à lui autrement. Après un bilan psycho-traumatique, quelques séances d’EMDR ciblent cette image et le moment où elle a appelé les secours.
Peu à peu, d’autres souvenirs reviennent : les dimanches au marché, sa façon de siffler en cuisinant. Elle souhaite alors parler de leur relation, longtemps difficile, et le travail se poursuit en écoute analytique.
Gérard, 68 ans
Exemple fictif · « je perds la tête »
Sa femme est morte il y a un an. Il oublie ses rendez-vous, cherche ses mots, et il est persuadé de commencer une maladie de la mémoire, comme sa mère avant lui. Il est reçu au cabinet le plus proche de chez lui.
La neuropsychologue évalue sa mémoire et son attention, pour distinguer ce qui revient au chagrin, au sommeil et à l’isolement. En parallèle, des séances lui offrent un lieu pour parler de quarante ans de vie commune, et de la peur, très ancienne, de finir comme sa mère.
La famille de Léo
Exemple fictif · un père mort subitement
Après la mort du père, la mère et ses deux enfants, 12 et 16 ans, ne se parlent plus : chacun protège les autres en se taisant. Des séances familiales de 80 minutes permettent de remettre des mots en commun et de raconter ensemble ce qui s’est passé.
Léo, 16 ans, dispose aussi d’un temps seul avec le psychothérapeute, et sa mère est reçue à d’autres moments. Pour les plus jeunes, voir l’enfant et l’adolescent en deuil.
Un deuil ne suit pas un calendrier, et l’accompagnement non plus. La fréquence des séances se règle sur vous : plus rapprochée quand la peine déborde ou autour d’une date difficile, plus espacé quand les choses se stabilisent. À intervalles réguliers, nous prenons un moment pour regarder ensemble ce qui a changé, et nous ajustons si nécessaire.
Avec les médecins et les autres soignants qui vous suivent, nous restons en contact lorsque c’est utile, et jamais sans votre accord. C’est particulièrement précieux quand le deuil s’accompagne de soucis de santé, d’un traitement, ou quand un enfant de la famille est suivi par ailleurs.
En bref : une première rencontre, sans obligation de continuer ; Colombes, Pavillons-sous-Bois, l’Ardèche, ou l’écran ; 80 minutes pour l’EMDR comme pour les séances en famille ; un bilan psychologique réalisable à distance, un bilan neuropsychologique sur place, et toujours un compte rendu écrit.
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
À tout moment, si vous en ressentez le besoin. C’est particulièrement utile quand la mort a été brutale ou violente, quand des images reviennent, quand la culpabilité ou la colère ne lâchent pas, quand rien ne bouge après de longs mois, quand le deuil réveille d’anciennes pertes, ou quand vous vous sentez seul avec votre peine.
Oui, surtout quand des images de la mort ou de l’annonce font écran au chagrin, ou quand une culpabilité s’est figée. L’EMDR retraite ces souvenirs douloureux sans effacer le lien avec la personne disparue ; beaucoup de personnes retrouvent ensuite des souvenirs plus apaisés. On la prépare volontiers par un bilan psycho-traumatique, et chaque séance dure 80 minutes.
Oui. Le premier rendez-vous comme les séances suivantes peuvent se faire en téléconsultation, ce qui aide beaucoup de personnes quand sortir de chez soi est devenu difficile. Même le bilan psychologique peut avoir lieu à distance ; seul le bilan neuropsychologique demande de venir sur place.
Oui. Un couple, une fratrie ou une famille entière peuvent être reçus ensemble, en séances longues de 80 minutes. Un adolescent peut aussi avoir un temps seul, et les parents être reçus à d’autres moments. Chacun peut ainsi trouver sa place dans un deuil partagé.
Il n’y a pas de nombre fixé à l’avance. Certaines personnes viennent pour traverser un moment précis, d’autres pour un travail plus long, surtout quand la perte réveille une histoire ancienne. La fréquence s’ajuste à chacun, et nous faisons des points d’étape pour choisir ensemble la suite.
Un deuil récent ou ancien, une peine qui déborde, des images qui reviennent, ou seulement le besoin d’un lieu pour en parler : venez nous rencontrer une première fois, sans engagement, pour imaginer avec nous la suite. Dans nos cabinets ou en ligne.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.