Couple : disputes, crises, rupture, se retrouver ou se quitter en paix
Comprendre, accompagner, transmettre : quelques repères de psychopédagogie, nourris de notre pratique et de notre passion, à partager avec nos patients.
Au début, tout paraissait simple : on se comprenait sans parler. Puis sont venus le travail, les enfants peut-être, la fatigue, les belles-familles, l’argent, les écrans, et ces disputes qui recommencent toujours au même endroit, comme un disque rayé. Parfois c’est une jalousie qui ronge, une infidélité qui fait tout vaciller, ou une rupture qui laisse sans voix. Ce dossier explique ce qui se joue entre deux personnes qui s’aiment, ou qui se sont aimées, pourquoi les mêmes scènes se répètent, comment on peut se retrouver, et comment on peut aussi se quitter sans se détruire. Il dit enfin comment nous accompagnons, au cabinet ou en téléconsultation, les couples et les personnes qui viennent seules parler de leur couple.
Mise à jour le 25 octobre 2026 · Lecture : environ 26 minutes
Une petite scène animée montre ici deux personnes : la distance se creuse entre elles quand les reproches et les silences s’accumulent, puis le lien se retisse peu à peu quand chacune peut dire ce qu’elle ressent et entendre l’autre.
Un couple, ce n’est pas seulement deux personnes qui vivent ensemble ou qui s’aiment. C’est aussi ce qui naît entre elles : des habitudes, un langage, des blagues que personne d’autre ne comprend, des sujets que l’on évite, une façon bien à soi de se fâcher et de se réconcilier. Beaucoup de cliniciens décrivent le couple comme un troisième, une entité qui a sa propre histoire, ses propres règles et parfois ses propres symptômes. Deux personnes parfaitement aimables peuvent former ensemble un couple qui souffre ; deux personnes en difficulté peuvent former un couple qui les soutient.
Cette façon de voir change beaucoup de choses. Elle évite de chercher un coupable (« c’est lui », « c’est elle ») et invite à regarder ce qui se passe entre les deux : qui fait quoi, quand, et ce que la réaction de l’un déclenche chez l’autre. Elle n’efface pas pour autant l’histoire de chacun. Chacun arrive dans le couple avec son enfance, ses blessures, ce qu’il a vu de l’amour chez ses parents, ses attentes conscientes et celles qu’il ignore. Le couple est le lieu où ces histoires se rencontrent, se complètent, et parfois se heurtent.
Le couple traverse aussi des crises, et c’est normal. Une crise n’est pas forcément le signe que l’histoire est finie : c’est souvent le moment où l’ancien équilibre ne tient plus, parce que la vie a changé (un enfant, un deuil, un déménagement, un chômage, les enfants qui partent) ou parce que l’un des deux a changé. Elle peut conduire à un nouvel équilibre, plus juste pour les deux, ou à une séparation. Dans les deux cas, elle se traverse mieux quand on comprend ce qui se joue.
À retenir
Les couples qui durent ne sont pas ceux qui ne se disputent jamais : ce sont ceux qui savent revenir l’un vers l’autre après une dispute.
Le sujet d’une dispute (la vaisselle, l’argent, la belle-mère) cache souvent une question plus profonde : « est-ce que je compte pour toi ? »
Les mêmes scènes qui se répètent forment un cercle, que les deux entretiennent sans le vouloir. Ce cercle se repère, et il se défait.
Une thérapie de couple peut aider à s’aimer à nouveau, à valider un projet d’union, ou à se quitter en paix. Et l’on peut commencer seul.
À partir de quand parle-t-on de « crise de couple » ?
Il n’existe pas de définition officielle. On parle de crise quand les tensions ne sont plus ponctuelles, qu’elles occupent une grande place dans la vie commune, et que les façons habituelles de se réconcilier ne fonctionnent plus. Certains couples la vivent bruyamment, avec des disputes fréquentes ; d’autres en silence, chacun vivant à côté de l’autre. Ce qui compte n’est pas l’étiquette, mais la souffrance : si l’un des deux souffre durablement de la relation, il y a matière à en parler.
Ce dossier concerne-t-il tous les couples ?
Oui. Couples mariés ou non, jeunes ou installés depuis quarante ans, hétérosexuels ou de même sexe, vivant ensemble ou non, avec ou sans enfants, familles recomposées : les mécanismes décrits ici se retrouvent partout. Nous recevons tous les couples, quelles que soient leur configuration et leur orientation, au cabinet ou en téléconsultation.
Les saisons d’un couple
La vie d’un couple n’est pas une ligne droite. Elle traverse des saisons, et chaque passage d’une saison à l’autre bouscule l’équilibre. Le savoir permet de ne pas conclure trop vite que « ça ne va plus », et de reconnaître les moments où il vaut la peine de se parler un peu plus, ou de se faire aider.
La rencontre et la passionPensées tournées vers l’autre, idéalisation, sommeil raccourci : les premiers mois ressemblent à un état à part. Les chercheurs y retrouvent une forte activation des circuits cérébraux de la récompense. Cet état n’est pas fait pour durer, et c’est tant mieux. Le passage de la passion à l’attachement est souvent vécu, à tort, comme une perte d’amour.
L’installationOn découvre l’autre au quotidien : ses horaires, ses manies, sa façon de ranger ou de ne pas ranger, sa famille. Les premières négociations apparaissent : qui fait quoi, quel temps pour soi, quel temps pour nous. C’est là que se fixent souvent les règles implicites qui pèseront plus tard.
L’arrivée d’un enfantFatigue, corps qui change, nouvelle répartition des rôles, sexualité en veille : la naissance est l’une des périodes où la satisfaction conjugale baisse le plus nettement dans les études, même chez les couples heureux. Voir enfants, famille et couple.
Les années chargéesTravail, enfants, parents qui vieillissent, crédit, déménagements : le couple passe après tout le reste. On devient une très bonne équipe logistique, et l’on oublie parfois d’être deux. Préserver des moments à deux devient un choix actif, plus une évidence.
Le milieu de la vieBilan, envies de changement, parfois une rencontre, une maladie, un deuil. Certains se demandent s’ils ont choisi la bonne vie, et le couple en reçoit les secousses. Voir l’infidélité et quand l’un des deux souffre.
Le nid vide et la retraiteLes enfants partent, le travail s’arrête, on se retrouve face à face. Certains couples redécouvrent le plaisir d’être ensemble ; d’autres découvrent qu’ils ne se connaissent plus. Il n’est jamais trop tard pour se retrouver, ni pour se séparer sereinement.
Est-ce normal que la passion des débuts disparaisse ?
Oui. L’état amoureux intense des premiers mois s’atténue chez presque tout le monde, en général au bout de quelques mois à deux ou trois ans. Il laisse place, dans le meilleur des cas, à un attachement plus calme et plus profond, qui n’exclut ni le désir ni la tendresse. Ce qui fait souffrir, ce n’est pas tant la fin de la passion que l’impression de ne plus être vu, désiré ou écouté. Cela, en revanche, se travaille.
Six signaux qui disent que le lien souffre
Aucun de ces signaux, pris isolément, ne condamne un couple. Mais quand plusieurs s’installent et durent, ils indiquent que le lien a besoin d’attention. Retournez les cartes.
Ces signaux décrivent un lien abîmé, pas des personnes mauvaises. Ils apparaissent souvent chez des couples épuisés, qui ont traversé beaucoup d’épreuves sans prendre le temps de se parler de ce qu’ils vivaient. Les reconnaître tôt est une chance : plus un cercle est récent, plus il se défait facilement. La page disputes et communication les décrit en détail, et la page émotions et couple du guide des émotions explore les émotions qui se cachent dessous.
Je reconnais plusieurs signaux : notre couple est-il fichu ?
Non. Ces signaux disent que le couple souffre, pas qu’il est condamné. Beaucoup de couples qui arrivent en thérapie en cochent plusieurs, et certains retrouvent une relation plus vivante qu’avant la crise. D’autres décident, en connaissance de cause, de se séparer. La question n’est pas de savoir si votre couple est « sauvable » en théorie, mais ce que chacun de vous souhaite, et ce qui est encore possible entre vous.
Quelques repères tirés de la recherche
69 %des désaccords d’un couple seraient « perpétuels », selon les travaux de John Gottman : ils tiennent aux différences entre les deux et ne se règlent jamais tout à fait
5 pour 1le rapport entre moments positifs et moments négatifs que l’on retrouve, en moyenne, dans les couples stables observés par ces mêmes travaux
6 ansle temps que de nombreux couples laisseraient passer entre les premières difficultés sérieuses et la première demande d’aide
80 minla durée d’une séance de couple au cabinet : le temps que les deux voix puissent exister
Ces chiffres viennent de travaux souvent cités, et ils sont à lire comme des ordres de grandeur plutôt que comme des lois. Ils disent pourtant trois choses utiles. D’abord, il est illusoire d’attendre d’un couple qu’il se mette d’accord sur tout : la plupart des désaccords se gèrent, ils ne se résolvent pas, et ce qui compte est la façon d’en parler. Ensuite, la qualité du quotidien (les petits gestes, l’attention, l’humour) pèse plus lourd qu’on ne le croit quand vient la tempête. Enfin, beaucoup de couples consultent tard, quand le ressentiment s’est accumulé pendant des années. Plus tôt on demande de l’aide, plus le chemin est court.
Les thérapies de couple ont été étudiées depuis plusieurs décennies. Les synthèses de recherche montrent qu’en moyenne, les couples accompagnés vont nettement mieux que ceux qui attendent sans aide, et que plusieurs approches ont fait leurs preuves, en particulier la thérapie centrée sur les émotions et les thérapies comportementales de couple. Aucune approche ne garantit un résultat, et aucun thérapeute ne peut décider à la place d’un couple de son avenir. Mais l’idée qu’« on ne peut rien y faire » est démentie par les faits.
D’où vient ce chiffre de « 69 % de problèmes perpétuels » ?
Il vient des observations du psychologue américain John Gottman et de ses collègues, qui ont suivi pendant des années des couples filmés en train de discuter de leurs désaccords. Ils ont constaté que la majorité des désaccords revenaient, sous une forme ou une autre, des années plus tard : ils tiennent à des différences de tempérament, de besoins ou de valeurs (l’un aime l’ordre, l’autre la spontanéité ; l’un dépense, l’autre épargne). Les couples heureux ne les avaient pas résolus : ils avaient appris à en parler avec humour et tendresse, sans en faire un champ de bataille.
Où en est votre couple ? Une carte, pas un test
Faites glisser le curseur : il parcourt les grandes situations que traversent les couples, des désaccords ordinaires à la relation où l’on a peur. Ce n’est pas un test, seulement une carte pour situer ce que vous vivez et trouver la page qui vous parle.
désaccords ordinairescercle installérupture du lien
Quand il y a de la peur dans le couple
Un conflit, même vif, se passe entre deux personnes qui peuvent l’une et l’autre dire non. Quand l’un a peur de l’autre, subit des coups, des menaces, des humiliations répétées, un contrôle de ses sorties, de son téléphone ou de son argent, la priorité n’est pas d’améliorer la communication : c’est la sécurité. En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Les couples se disputent à peu près tous sur les mêmes sujets : les tâches ménagères, l’argent, l’éducation des enfants, la belle-famille, la sexualité, le temps passé sur les écrans ou au travail. Ces sujets sont bien réels, et il faut parfois les régler très concrètement. Mais leur charge émotionnelle vient souvent d’ailleurs. Choisissez un sujet pour voir ce qui se cache fréquemment dessous.
« Tu ne vois jamais rien », « tu ne fais jamais les courses » : derrière la vaisselle, il y a souvent la charge mentale, c’est-à-dire le fait de penser à tout, et le sentiment de porter seul le quotidien. La question cachée est celle de la justice et de la reconnaissance : « est-ce que tu vois ce que je fais pour nous ? ». Répartir les tâches aide, mais ne suffit pas toujours tant que ce sentiment n’a pas été entendu.
Dépenser ou épargner, compte commun ou comptes séparés, qui gagne plus, qui décide : l’argent touche à la sécurité, à la liberté, au pouvoir dans le couple et à ce que l’on a appris dans sa famille. Une dispute sur un achat peut cacher une peur ancienne du manque, ou le sentiment d’être contrôlé. L’argent dans le couple a sa page.
Les dimanches chez les parents, les remarques de la belle-mère, le frère qu’on aide toujours : derrière, il y a la question de la loyauté. « Qui passe en premier, ta famille ou moi ? » Former un couple, c’est créer une nouvelle frontière autour de deux personnes, sans rompre avec ses origines. Ce n’est simple pour personne. Voir enfants, famille et couple.
« Tu n’as jamais envie », « tu ne penses qu’à ça » : l’écart de désir est la difficulté sexuelle la plus fréquente des couples. Derrière les reproches, on trouve souvent la peur de ne plus être désiré, la fatigue, une colère jamais dite, ou une blessure ancienne. Voir sexualité et couple, et le dossier sexologie.
Le téléphone au dîner, les séries jusqu’à minuit, le jeu vidéo qui dure : les écrans prennent du temps et de l’attention au couple. Mais la dispute sur l’écran parle souvent de solitude (« je suis là, et tu n’es pas là ») ou, de l’autre côté, d’un besoin de souffler que l’on n’arrive pas à dire. Voir écrans, couple et relations.
Repérer la question cachée ne règle pas tout, mais change la conversation. On ne se dispute plus pour savoir qui a raison sur la vaisselle : on peut se dire « j’ai besoin de sentir que tu vois ce que je fais », et l’autre peut l’entendre sans se sentir accusé. C’est l’un des fils de la thérapie centrée sur les émotions, qui cherche, sous la colère ou le silence, l’émotion plus vulnérable que chacun n’ose pas montrer.
Exemple fictif
Exemple fictif : Inès et Karim, ensemble depuis neuf ans, deux enfants. Chaque soir, la même scène : Inès rentre, voit le lave-vaisselle plein, et lance « évidemment, personne n’y a pensé ». Karim répond qu’il a fait les devoirs avec les enfants, monte le ton, puis s’enferme dans le bureau. Ils ne se parlent plus de la soirée. Tous deux disent qu’ils « ne se supportent plus ».
Selon vous, quel est le cœur du problème ?
Vrai ou faux : six idées reçues sur le couple
Répondez : l’explication s’affiche aussitôt.
Affirmation 1
« Les couples heureux ne se disputent pas. »
Les couples heureux se disputent à peu près autant que les autres, et souvent sur les mêmes sujets. Ce qui les distingue, c’est la façon de se disputer (sans mépris, en parlant de soi plutôt qu’en accusant) et surtout la capacité à réparer ensuite. Un couple qui ne se dispute jamais peut aussi être un couple qui ne se dit plus rien.
Affirmation 2
« Une thérapie de couple, c’est pour sauver le couple à tout prix. »
Elle aide souvent à se retrouver, mais elle peut aussi aider à valider un projet d’union, ou à se quitter en paix, en particulier quand il y a des enfants. Le thérapeute ne décide pas de l’avenir du couple : il aide chacun à y voir clair et à se parler autrement.
Affirmation 3
« On peut travailler sur son couple en venant seul. »
Oui. Si votre partenaire ne souhaite pas venir, consulter de votre côté vous aide à comprendre ce qui se joue, à changer votre part du cercle, et modifie souvent la dynamique du couple. Il arrive qu’en voyant l’autre aller mieux, le partenaire finisse par vouloir venir aussi.
Affirmation 4
« Pour les enfants, mieux vaut rester ensemble. »
C’est plus nuancé. Les recherches montrent que ce qui abîme le plus les enfants n’est pas la séparation en elle-même, mais l’exposition à un conflit intense et durable, qu’il ait lieu dans un couple uni ou séparé. Rester ensemble dans la guerre ne les protège pas ; se séparer dans la guerre non plus. Voir la séparation.
Affirmation 5
« Après une infidélité, c’est forcément fini. »
Beaucoup de couples restent ensemble après une infidélité, et certains disent en être sortis avec une relation plus honnête qu’avant. D’autres se séparent. Rien n’est écrit d’avance : cela dépend de ce que l’infidélité vient dire, de ce que chacun souhaite et du travail possible. Voir l’infidélité.
Affirmation 6
« Si l’on s’aime vraiment, on se comprend sans avoir besoin de parler. »
C’est l’un des mythes les plus coûteux. Même ceux qui nous aiment ne lisent pas dans nos pensées. Attendre que l’autre devine, puis lui en vouloir de ne pas avoir deviné, est une source inépuisable de malentendus. Dire ses besoins n’est pas un aveu de manque d’amour : c’est ce qui permet à l’autre d’y répondre.
Notre façon d’accompagner les couples
Au Cabinet Bouche & Chmura, la thérapie de couple est conduite par le psychothérapeute-psychanalyste. C’est une avancée structurée, au long cours, et volontairement intégrative : elle ne repose pas sur une seule école, car, comme on dit, celui qui n’a qu’un marteau voit tout comme un clou. Elle articule plusieurs approches, choisies selon ce que chaque couple vit et demande. Elle est pratiquée au cabinet depuis une douzaine d’années.
Le lien
Centrée sur les émotions
La thérapie centrée sur les émotions (EFT) aide à renforcer la connexion affective et à sécuriser le lien amoureux, en repérant le cercle dans lequel le couple est pris et les émotions vulnérables cachées sous la colère ou le silence.
Les comportements
Les travaux de Gottman
Des évaluations inspirées des travaux de John Gottman sur les comportements qui prédisent la séparation, et sur ceux qui protègent le couple, complétées par l’analyse des modes d’attachement et de l’empathie de chacun.
L’enfance
L’approche Imago
Des repères relationnels pour comprendre comment les blessures de l’enfance mettent le couple sous tension, et pourquoi l’on choisit souvent, sans le savoir, quelqu’un qui les ravive. Voir ce qui se rejoue.
Le concret
Les outils des TCC
L’étude des comportements problématiques et des pensées qui enferment : jalousies, conflits de valeurs, comportements blessants, communication appauvrie, respect oublié. Avec des exercices à essayer entre les séances.
Les répétitions
Le regard systémique
Le décryptage des scénarios qui se répètent, y compris ceux hérités des familles d’origine et ceux qui se jouent autour des enfants, dans le couple parental.
L’histoire
L’écoute analytique
La découverte des projections du passé : ce que l’on attend de l’autre sans le savoir, ce que l’on rejoue avec lui, ce qui se répète d’une histoire d’amour à l’autre. Voir la psychanalyse au cabinet.
Quand la sexualité est touchée, le travail peut aussi porter sur les blocages et les peurs qui l’entravent. Quand un événement précis bloque le couple (une infidélité, un deuil, une violence passée), des séances individuelles d’EMDR peuvent être proposées à l’un des partenaires, en parallèle, pour apaiser ce qui reste chargé. Il arrive aussi que le psychothérapeute demande à la neuropsychologue du cabinet de participer. La page notre approche de la thérapie de couple détaille ce travail, et la page bilan psychologique du couple explique comment une évaluation des deux partenaires peut éclairer le « troisième ».
Au cabinet
Les séances de couple sont des séances longues de 80 minutes, pour que chacun ait le temps de parler et d’être entendu. Nous recevons tous les couples, quelles que soient leur configuration et leur orientation, au cabinet ou en téléconsultation. Que le but soit de s’aimer à nouveau, de valider un projet d’union ou de se quitter en paix, le premier rendez-vous sert à entendre ce que vous vivez et à choisir ensemble la suite.
Le thérapeute prend-il parti ?
Non. Le travail ne consiste pas à désigner celui qui a raison, mais à comprendre ce qui se passe entre vous. Chacun doit pouvoir se sentir entendu, y compris quand il dit des choses difficiles à entendre pour l’autre. Cela n’empêche pas de nommer clairement un comportement qui blesse : la neutralité n’est pas l’indifférence.
Venir seul pour avancer à deux
Il arrive très souvent que l’un des deux souhaite consulter et que l’autre refuse : « on n’a pas besoin d’un psy », « c’est toi qui as un problème », « ça ne sert à rien de parler ». Ce refus n’est pas une impasse. Si votre partenaire ne souhaite pas s’engager avec vous, vous pouvez consulter de votre côté pour parler de vos difficultés de couple et y voir plus clair. Cet accompagnement vous fait du bien, et il vous permet d’explorer et de résoudre ce qui vous entrave.
Un couple est un système : quand l’un des deux change sa façon de réagir, l’ensemble bouge. Celui qui cessait de poursuivre l’autre avec des reproches et apprend à dire ce qu’il ressent, celui qui cessait de se fermer et apprend à rester présent dans la dispute, modifie le cercle à lui seul. Et qui sait ? Votre partenaire, en vous voyant aller mieux, sera peut-être tenté de vous rejoindre un jour dans ce travail.
Comprendre votre part du cercleNon pour vous en accuser, mais parce que c’est la seule part sur laquelle vous avez vraiment prise.
Démêler ce qui vous appartientCe qui vient de votre histoire, ce que la relation réveille, ce qui revient à l’autre.
Essayer d’autres réponsesDire autrement, se taire autrement, poser une limite, faire un pas vers l’autre : et observer ce que cela change.
Clarifier ce que vous voulezRester, partir, attendre : décider en connaissance de cause, et non dans la colère ou l’épuisement.
Et si, à force de venir seul, je découvre que je veux partir ?
Cela arrive. Un accompagnement individuel ne pousse ni à rester ni à partir : il aide à y voir clair. Certaines personnes découvrent qu’elles tiennent à leur couple plus qu’elles ne le pensaient, et trouvent l’énergie de le réinventer. D’autres comprennent qu’elles restaient par peur, par culpabilité ou par habitude. Dans tous les cas, une décision prise en conscience se vit mieux, pour soi, pour l’autre et pour les enfants, qu’une décision prise sur un coup de colère.
Par où commencer ? Le petit quiz d’orientation
Cinq questions suffisent à ce petit jeu pour vous suggérer une première page à lire. Quiz pédagogique : ce n’est ni un test validé ni un diagnostic, et il ne mesure pas la santé de votre couple. Aucune réponse n’est enregistrée.
Pour explorer votre façon de vivre l’attachement amoureux avec un outil reconnu, le cabinet met en ligne le questionnaire ECR-R, un questionnaire validé qui explore la peur de l’abandon et l’évitement de l’intimité. Il éclaire sans poser de diagnostic, et ses résultats se discutent utilement en consultation.
Tout le dossier
Quatorze pages, chacune avec des explications, des exemples fictifs, des jeux interactifs et une foire aux questions. D’autres pages du site prolongent la lecture.
Comment savoir si notre couple a besoin d’une thérapie ?
Quand les mêmes disputes reviennent sans jamais se régler, quand vous ne vous parlez plus vraiment, quand la confiance a été abîmée, quand la vie intime s’est éteinte et que cela fait souffrir l’un des deux, ou quand vous vous demandez si vous voulez rester ensemble. Il n’est pas nécessaire d’être au bord de la rupture : plus on consulte tôt, plus le travail est simple.
Mon partenaire refuse de consulter : que faire ?
Vous pouvez venir seul. Parler de votre couple de votre côté vous aide à y voir plus clair, à comprendre votre part de ce qui se répète et à essayer d’autres façons de réagir. Quand l’un des deux change, la dynamique du couple bouge, et il arrive que le partenaire finisse par vouloir venir aussi.
Combien de temps dure une séance de couple au cabinet ?
Les séances de couple sont des séances longues de 80 minutes, pour que chacun des deux ait le temps de parler, d’être entendu, et que la séance ne s’arrête pas au moment où quelque chose d’important commence à se dire. Elles ont lieu au cabinet ou en téléconsultation.
Une thérapie de couple peut-elle aider à se séparer ?
Oui. La thérapie de couple ne sert pas seulement à rester ensemble : elle peut aider à s’aimer à nouveau, à valider un projet d’union, ou à se quitter en paix. Se séparer en se parlant, plutôt qu’en se faisant la guerre, protège chacun des deux, et protège les enfants quand il y en a.
Quelles approches utilisez-vous en thérapie de couple ?
Une approche intégrative : la thérapie centrée sur les émotions pour sécuriser le lien, des évaluations inspirées des travaux de Gottman et l’analyse des modes d’attachement, l’approche Imago pour comprendre ce que les blessures de l’enfance réveillent, les outils des TCC pour les comportements et les pensées qui enferment, le regard systémique sur ce qui se répète, et l’écoute analytique pour entendre les projections du passé.
Si les disputes reviennent toujours au même endroit, si le silence s’est installé, si la confiance a été blessée ou si vous ne savez plus si vous voulez rester, un premier rendez-vous permet d’en parler, à deux ou seul. Pour une séance de couple, choisissez la séance longue de 80 minutes, au cabinet ou en téléconsultation.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.