Qu’est-ce que je veux quitter ?
La personne, le couple tel qu’il est devenu, ou une vie qui ne me convient plus ? Les trois ne se confondent pas, et la réponse oriente beaucoup la suite.
Cette page n'est pas encore publique. Entrez le mot de passe pour la consulter.
Il y a le moment où l’on se demande si l’on va rester, celui où l’on se le dit, et tout ce qui vient après : les enfants à qui il faut l’annoncer, les deux maisons, les week-ends, les fêtes à réorganiser, la colère qui déborde parfois sur les échanges. Une séparation est l’une des épreuves les plus éprouvantes d’une vie, et l’une des plus courantes. Cette page aide à traverser la décision, à parler aux enfants, à les tenir à l’écart du conflit, à inventer une coparentalité qui tienne, et à reconnaître le moment où un enfant se met à rejeter l’un de ses parents.
Rares sont les séparations décidées en un jour. Le plus souvent, l’idée fait son chemin pendant des mois, parfois des années : on y pense après une dispute, on la chasse, elle revient. Il est fréquent que les deux partenaires n’en soient pas au même point. L’un est déjà à moitié parti dans sa tête, il a commencé son deuil en silence ; l’autre découvre la gravité de la situation et voudrait tout faire pour sauver le couple. Ce décalage est l’une des grandes sources de douleur des séparations : l’un se sent abandonné du jour au lendemain, alors que l’autre a le sentiment d’avoir prévenu cent fois.
Il est rarement judicieux de décider au plus fort d’une crise, sous le coup de la colère, d’une découverte ou de l’épuisement. Ce que l’on veut vraiment se voit mieux quand la tempête est un peu retombée. Prendre le temps de comprendre ce qui ne va plus, ce qui a été essayé, ce qui pourrait encore changer, ne veut pas dire repousser indéfiniment : cela veut dire que la décision, quelle qu’elle soit, sera prise en conscience, et donc mieux vécue, par soi, par l’autre et par les enfants.
La personne, le couple tel qu’il est devenu, ou une vie qui ne me convient plus ? Les trois ne se confondent pas, et la réponse oriente beaucoup la suite.
Avons-nous vraiment essayé de nous parler autrement, ou seulement de nous convaincre ? Un changement est-il encore possible, et le souhaitons-nous l’un et l’autre ?
L’amour, les enfants, la peur de la solitude, la culpabilité, le regard des autres, la crainte de ne pas y arriver seul ? Toutes ces raisons sont humaines ; elles n’ont pas le même poids.
Si la séparation a lieu, que voudrais-je pouvoir raconter à mes enfants dans dix ans ? Cette question aide souvent à choisir la manière, autant que la décision.
Une thérapie de couple peut accompagner ce temps de la décision. Elle ne pousse ni à rester ni à partir : elle aide chacun à dire ce qu’il vit, à entendre l’autre, et à choisir. Pour certains couples, elle débouche sur une relation renouvelée ; pour d’autres, sur une séparation préparée et apaisée. Se quitter en paix est un résultat à part entière. Et si votre partenaire ne veut pas venir, vous pouvez commencer seul, pour y voir plus clair.
C’est une raison profondément respectable, et beaucoup de parents la vivent. La question est de savoir dans quel climat les enfants grandissent. Un couple qui reste ensemble sans conflit ouvert, avec du respect mutuel, peut leur offrir un cadre sécurisant. Un couple qui reste ensemble dans la guerre, les silences glacés ou le mépris, beaucoup moins. Ce n’est pas la séparation en elle-même qui abîme les enfants, c’est l’exposition durable à un conflit intense.
Une séparation n’est pas un événement, c’est un processus, qui s’étale sur des mois, parfois sur des années. Chacun le traverse à son rythme, et les deux partenaires sont rarement à la même étape en même temps.
C’est souvent le moment le plus redouté. Il n’existe pas de façon parfaite, mais quelques repères, issus de la clinique et de la recherche, aident beaucoup les enfants à traverser ce moment.
Chaque âge vit la séparation à sa façon. Choisissez un âge.
Le tout-petit ne comprend pas les mots, mais il sent les tensions, les changements de rythme et l’état émotionnel de ses parents. Il peut réagir par le corps : sommeil perturbé, pleurs, appétit, retour en arrière dans la propreté. Ce qui l’aide le plus est la régularité (des repères stables dans chaque maison, des objets qui voyagent avec lui) et des parents qui se sentent suffisamment apaisés pour être disponibles.
À cet âge, la pensée est encore magique : l’enfant peut croire que la séparation est arrivée à cause d’une bêtise qu’il a faite, ou qu’il peut réconcilier ses parents s’il est très sage. Il peut avoir peur que l’un des parents disparaisse. Des explications simples, répétées, et des rituels de passage d’une maison à l’autre l’aident à se sentir en sécurité.
L’enfant comprend mieux, et il souffre souvent davantage du conflit de loyauté : aimer l’un, c’est trahir l’autre. Il peut cacher sa tristesse pour ne pas peiner un parent, prendre parti, ou s’effondrer à l’école. Il a besoin d’entendre qu’il a le droit d’aimer ses deux parents, et de ne jamais avoir à choisir.
L’adolescent peut réagir par la colère, le retrait, un jugement très dur envers l’un des parents, ou au contraire en se faisant le confident de l’un. Il a besoin d’être tenu au courant de ce qui le concerne, d’être consulté sur l’organisation sans porter la décision, et surtout de ne pas devenir l’allié d’un parent contre l’autre. Ses propres débuts amoureux peuvent être colorés par ce qu’il voit.
On croit souvent que les grands enfants « sont assez grands pour comprendre ». La séparation de leurs parents peut pourtant les bouleverser : elle réécrit l’histoire de leur enfance (« c’était donc faux ? »), et ils sont plus facilement pris à témoin. Ils ont besoin, eux aussi, de ne pas devenir les confidents ou les arbitres de leurs parents.
Pour aller plus loin sur l’enfant lui-même, la page séparation parentale décrit comment nous accompagnons l’enfant, que la séparation se passe sans conflit majeur ou dans un conflit installé. Quand un enfant reste très affecté des mois après, avec de l’anxiété, de la tristesse ou des difficultés à l’école, il est utile d’en parler.
Des décennies de recherche sur les enfants de parents séparés ont abouti à un constat rassurant et exigeant à la fois. Rassurant : la grande majorité des enfants de parents séparés vont bien quelques années après, et ne gardent pas de difficultés durables. Exigeant : ce qui fait la différence n’est pas tant la séparation elle-même que ce qui l’entoure, et d’abord le niveau de conflit entre les parents, sa durée, et la place que l’enfant y occupe. Un enfant exposé à des disputes violentes, à des dénigrements répétés, ou pris au milieu des échanges, souffre davantage, que ses parents vivent ensemble ou séparés.
Il y a des rôles que l’on confie à l’enfant sans s’en rendre compte, dans la douleur ou la colère. Retournez les cartes : ce sont six places que l’enfant ne devrait jamais avoir à tenir.
Aucun parent n’échappe complètement à ces glissements, surtout dans les premiers mois. L’important est de s’en rendre compte et de rectifier. Dire simplement à l’enfant « je n’aurais pas dû te demander ça, ce sont des affaires de grands » répare beaucoup. Et se donner, à soi, un espace pour déposer sa colère et sa peine, ailleurs que sur ses enfants.
Le couple conjugal se sépare ; le couple parental, lui, continue, souvent pour de longues années. C’est l’une des grandes difficultés de la séparation : continuer à coopérer avec quelqu’un dont on vient de se séparer, parfois dans la colère ou le chagrin. Les spécialistes distinguent deux grandes façons de faire.
Les parents se parlent régulièrement, se concertent sur les grandes décisions, partagent les informations sur l’enfant, assouplissent l’organisation quand il le faut. C’est l’idéal, quand le conflit est suffisamment apaisé.
Chaque parent gère sa maison à sa façon, avec un minimum de contacts, organisés et prévisibles, souvent par écrit. Moins chaleureux, mais beaucoup plus protecteur pour l’enfant qu’une coopération qui tourne à la dispute à chaque échange.
Quand les échanges déraillent souvent, quelques règles de communication aident à les rendre plus sûrs. Elles paraissent froides ; elles protègent d’abord les enfants, et aussi les parents.
On ne peut pas contrôler l’autre, seulement sa propre part. Répondre brièvement, factuellement et courtoisement, même à un message agressif, finit souvent par faire baisser la température, ou au moins par éviter que l’escalade ne dépende de vous. Quand le conflit est très installé, qu’il envahit la vie des enfants ou qu’un enfant commence à rejeter l’un de ses parents, il est important d’en parler sans attendre.
Huit questions sur les dernières semaines, à remplir honnêtement, pour soi. Plus le score est élevé, plus vos enfants semblent exposés au conflit entre adultes. Il s’agit d’un quiz pédagogique : ce n’est ni un test validé ni un diagnostic, et il ne juge pas votre qualité de parent.
Il arrive que, dans un conflit de séparation installé, un enfant se mette à refuser de voir l’un de ses parents, à le dénigrer, à le traiter en ennemi, parfois avec une dureté qui ne lui ressemble pas. Le parent rejeté vit alors une douleur immense, souvent doublée d’impuissance : plus il insiste, plus l’enfant se ferme. Le parent « préféré » peut, de son côté, se sentir conforté, inquiet, ou pris lui-même dans une dynamique qu’il ne maîtrise pas.
Un refus de contact peut avoir plusieurs origines, et elles se mêlent souvent : un conflit de loyauté devenu insupportable, un enfant qui choisit un camp pour ne plus être déchiré, une alliance avec le parent qu’il sent le plus fragile, une peur réelle ou des événements qui méritent d’être entendus, des maladresses du parent rejeté. Chaque situation demande donc d’être comprise avec soin, sans conclusion hâtive. Ce qui est sûr, c’est que le temps joue rarement en faveur du lien : plus le rejet s’installe, plus il est difficile à défaire.
Lorsque la séparation s’inscrit dans un conflit installé et que l’enfant en vient à rejeter un parent devenu « l’ennemi », nous menons un travail nourri par la recherche universitaire sur l’aliénation parentale, en coordination avec les professionnels concernés, pour restaurer progressivement le lien. Dans les situations les plus sévères, un accompagnement intensif ponctuel peut être envisagé. La page séparation parentale le présente, avec un témoignage, et un site est entièrement consacré à cette question : alienation-parentale.info.
Forcer brutalement renforce souvent le refus, mais céder entièrement le laisse s’installer. Entre les deux, il y a un travail patient sur la dynamique familiale, qui implique les adultes autant que l’enfant, et qui doit être pensé au cas par cas. Le parent rejeté a souvent besoin d’aide pour ne pas réagir par la colère ou l’insistance, qui confirment l’image négative que l’enfant s’est construite.
Répondez : l’explication s’affiche aussitôt.
Affirmation 1
La grande majorité des enfants de parents séparés vont bien quelques années après. Ce qui pèse le plus est le conflit entre les parents, la perte de lien avec l’un d’eux et l’état psychique des adultes, bien plus que la séparation elle-même.
Affirmation 2
Les tout-petits ne comprennent pas les mots, mais ils perçoivent très bien les tensions, les ruptures de rythme et l’état émotionnel de leurs parents. Ils réagissent souvent par le corps : sommeil, appétit, pleurs.
Affirmation 3
Oui. Beaucoup d’enfants se sentent responsables sans oser le dire, surtout les plus jeunes. Le dire clairement, et le répéter, les soulage d’un poids qu’ils n’ont pas à porter.
Affirmation 4
C’est plus nuancé. L’avis d’un enfant, surtout d’un adolescent, compte et mérite d’être entendu. Mais lui faire porter le choix le place en position d’arbitre entre ses parents, avec une culpabilité qui n’est pas la sienne. On peut le consulter sans le faire décider.
Affirmation 5
Pas forcément. Certains enfants cachent leur tristesse pour protéger un parent qu’ils sentent fragile, ou parce qu’ils ne savent pas comment la dire. Elle peut ressortir plus tard, à l’école, dans le corps ou à l’adolescence. Rester disponible, sans forcer, est la meilleure attitude.
On parle beaucoup des enfants, et à juste titre. Mais les parents traversent eux aussi une épreuve majeure : la perte du couple, de la vie de famille telle qu’on l’avait rêvée, parfois de la maison, des amis communs, d’une partie de la belle-famille. Il y a les premiers week-ends sans les enfants, l’appartement trop calme, les fêtes à passer seul une année sur deux. Il y a la colère contre l’autre, la culpabilité envers les enfants, le doute sur soi.
Prendre soin de soi n’est pas égoïste : c’est ce qui permet de rester un parent disponible. Un parent épuisé, déprimé ou envahi par la colère protège moins bien ses enfants du conflit. Se faire entourer, garder un rythme, reprendre peu à peu des activités, s’autoriser la tristesse, et parler de ce que l’on vit à des adultes plutôt qu’aux enfants : ce sont les fondations de la suite. Quand une nouvelle relation arrive, prendre le temps avant de la présenter aux enfants, et ne pas leur demander de l’accueillir comme un parent, évite beaucoup de blessures.
Une séparation peut s’accompagner de menaces, de violences, ou d’un désespoir tel que l’on pense à mourir. Dans ces situations, la sécurité passe avant tout le reste. En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
La page rupture amoureuse décrit en détail les mouvements de la peine et ce qui aide à s’en remettre. Quand la séparation fait suite à une relation d’emprise, le dossier sur la reconstruction après l’emprise donne des repères spécifiques.
Selon le moment et la situation, l’accompagnement peut prendre plusieurs formes, qui se combinent souvent.
La thérapie de couple peut aider à s’aimer à nouveau, à valider un projet d’union, ou à se quitter en paix : se dire ce qui doit être dit, préparer l’annonce aux enfants, poser les bases d’une coparentalité. Voir la thérapie de couple.
Nous accompagnons souvent des familles confrontées à des séparations et à des recompositions familiales. Il nous arrive de pratiquer la co-thérapie : les deux cliniciens du cabinet, un homme et une femme, conduisent alors ensemble les séances. Voir la thérapie familiale.
L’aider à traverser le changement et à trouver ses repères dans la nouvelle organisation, en lien avec les deux parents ; ou, dans un conflit installé, restaurer le lien avec un parent rejeté. Voir la séparation parentale.
Pour traverser la décision, la colère, la culpabilité, la solitude ; apaiser en EMDR ce qui reste chargé (une annonce, une scène violente, une découverte) ; comprendre en écoute analytique ce qui se rejoue. Voir l’EMDR et la psychanalyse.
Les séances de couple et de famille sont des séances longues de 80 minutes, au cabinet ou en téléconsultation. Nous recevons tous les couples et toutes les familles, quelle que soit leur configuration. Le premier rendez-vous sert à entendre la situation et à choisir ensemble la forme d’accompagnement la plus utile.
Si possible ensemble, avec des mots simples et vrais, sans détails sur les conflits d’adultes. Dites-leur que ce n’est pas leur faute, que vos deux amours pour eux ne changent pas, et expliquez concrètement ce qui va changer et ce qui reste. Accueillez leurs réactions, quelles qu’elles soient, et revenez sur le sujet : une seule conversation ne suffit pas.
Elle est presque toujours une épreuve, mais elle n’est pas forcément traumatisante. La grande majorité des enfants vont bien quelques années après. Ce qui les abîme le plus est l’exposition durable à un conflit intense entre leurs parents, le fait d’être pris au milieu, et la perte de lien avec l’un des parents.
Oui. Elle aide à s’aimer à nouveau, à valider un projet d’union, ou à se quitter en paix. Se séparer en s’étant parlé permet souvent de préserver le respect mutuel, de préparer l’annonce aux enfants et de poser les bases de la coparentalité. Au cabinet, les séances de couple durent 80 minutes.
Ne pas laisser la situation s’installer, sans pour autant forcer brutalement. Un refus de contact peut avoir plusieurs origines, qu’il faut comprendre avec soin. Quand il s’inscrit dans un conflit de séparation installé, nous menons un travail nourri par la recherche sur l’aliénation parentale, en coordination avec les professionnels concernés, pour restaurer progressivement le lien.
En gardant des messages brefs, factuels, courtois et centrés sur l’enfant, de préférence par écrit, et en relisant avant d’envoyer quand on est en colère. Quand le conflit reste vif, une coparentalité parallèle, avec peu de contacts mais bien organisés, protège mieux les enfants qu’une coopération qui dérape à chaque échange.
Si vous hésitez à vous séparer, si la séparation est en cours et que le conflit déborde, ou si un enfant commence à rejeter l’un de ses parents, un premier rendez-vous permet de faire le point, seul, à deux ou en famille. Pour une séance de couple ou de famille, choisissez la séance longue de 80 minutes.
Prendre rendez-vous L’enfant et la séparation La thérapie familiale
Cliquer sur la photo ou utiliser + et − pour zoomer. Échap pour fermer.
Chargement de l'article…
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.