Pervers narcissique : comprendre l’emprise, s’en dégager et se reconstruire
Comprendre, accompagner, transmettre : quelques repères de psychopédagogie, nourris de notre pratique et de notre passion, à partager avec nos patients.
Vous vous excusez sans savoir de quoi. Vous relisez vos messages trois fois avant de les envoyer. Vous ne savez plus très bien si ce dont vous vous souvenez s’est vraiment passé comme cela. Et pourtant, au début, c’était merveilleux. Ce dossier s’adresse d’abord aux personnes qui vivent, ou ont vécu, une relation d’emprise : avec un conjoint, un parent, un collègue, un supérieur. Il explique comment la manipulation s’installe, pourquoi il est si difficile d’en sortir, ce qu’elle laisse dans le corps et dans la pensée, et comment on s’en reconstruit. Sans chercher à coller une étiquette sur quelqu’un : en prenant au sérieux ce que vous avez traversé.
Mise à jour le 25 octobre 2026 · Lecture : environ 24 minutes
Une petite scène animée montre ici une personne prise dans des fils qui se resserrent, entre des moments de lumière et des moments de froid ; peu à peu, elle remarque les fils, les dénoue un à un et retrouve sa propre couleur.
L’expression « pervers narcissique » est partout : dans les magazines, sur les réseaux sociaux, dans les conversations entre amis. Elle a un immense mérite : elle a permis à beaucoup de personnes de comprendre qu’elles n’étaient pas folles, et que ce qu’elles vivaient avait une forme. Elle a aussi un inconvénient : à force d’être employée pour tout, pour un ex qui a mal rompu comme pour un patron qui crie, elle finit par ne plus rien dire de précis.
Dans ce dossier, nous partons de ce que vivent les personnes, et non de l’étiquette. Ce qu’elles décrivent porte un nom plus large et plus utile : l’emprise. Une relation d’emprise est une relation où l’un des deux prend peu à peu possession de la pensée, des émotions et de la liberté de l’autre, par une suite de petites manœuvres plutôt que par un coup d’éclat. On ne se réveille pas un matin sous emprise. On y glisse, souvent par la porte la plus douce qui soit : l’impression d’avoir enfin trouvé quelqu’un qui vous comprend.
Le mot « perversion narcissique » vient d’un psychiatre et psychanalyste français, Paul-Claude Racamier, qui l’a proposé en 1986. Il désignait ainsi un mouvement psychique précis : se protéger de sa propre souffrance intérieure, de ses doutes, de ses deuils, en la faisant porter à quelqu’un d’autre, et se valoriser aux dépens de cet autre. La psychiatre Marie-France Hirigoyen a ensuite fait connaître ces mécanismes au grand public en 1998, en décrivant le harcèlement moral dans le couple, la famille et le travail. La page d’où vient la notion raconte cette histoire en détail.
À retenir
« Pervers narcissique » est une notion issue de la psychanalyse française, pas un diagnostic médical : elle ne figure ni dans le DSM-5-TR ni dans la CIM-11.
Ce qui compte pour vous, ce n’est pas de savoir comment qualifier l’autre, mais de reconnaître ce que la relation vous a fait : la peur, le doute, la culpabilité, l’isolement, la fatigue.
L’emprise s’installe progressivement et alterne moments merveilleux et moments glaçants. C’est justement cette alternance qui rend la sortie si difficile.
Ses effets peuvent ressembler à ceux d’un traumatisme : souvenirs qui reviennent, alerte permanente, honte, perte de confiance en soi. Ils se soignent.
Ce dossier ne cherche donc pas à vous aider à « démasquer » quelqu’un. Il cherche à vous aider à retrouver votre propre regard : sur ce qui s’est passé, sur vous-même, sur ce dont vous avez besoin maintenant. Il complète la page consacrée à Racamier dans notre guide de la psychanalyse et le témoignage filmé d’une patiente qui raconte ce que quelques séances d’EMDR ont changé pour elle.
Emprise, manipulation, harcèlement moral : quelle différence ?
La manipulation désigne une façon d’obtenir quelque chose de quelqu’un sans le lui demander franchement, en jouant sur ses émotions, sa culpabilité ou ses doutes. Tout le monde manipule un peu, de temps en temps. Le harcèlement moral, au sens d’Hirigoyen, désigne des agissements hostiles répétés qui dégradent une personne. L’emprise désigne l’état dans lequel ces manœuvres finissent par placer la personne visée : elle ne pense plus librement, elle anticipe sans cesse les réactions de l’autre, elle a perdu une partie de sa liberté intérieure. La manipulation est un moyen ; l’emprise est un résultat.
Est-ce seulement une affaire de couple ?
Non. Le couple est la situation la plus souvent décrite, mais l’emprise peut naître avec un parent, un frère ou une sœur, un ami, un collègue, un supérieur, un responsable de groupe. Les mécanismes se ressemblent beaucoup ; ce qui change, c’est ce qui retient la personne : l’amour, la loyauté familiale, la peur de perdre son emploi, le besoin d’appartenir à un groupe. La page famille et travail décrit ces situations.
Cinq mécanismes qui reviennent
Les personnes qui sortent d’une relation d’emprise racontent des histoires toutes différentes. Pourtant, quand on les écoute, les mêmes ressorts reviennent. Aucun, pris isolément, ne prouve qu’il s’agit d’emprise : tout le monde peut être injuste un soir, bouder, se montrer jaloux. Ce qui alerte, c’est la répétition, l’asymétrie (c’est toujours dans le même sens) et l’effet sur vous. Retournez les cartes.
Ces mécanismes ont un point commun : ils n’attaquent pas seulement l’estime de soi, ils attaquent la capacité de penser. C’est ce que Racamier avait remarqué avec une grande finesse : dans ces relations, la personne visée ne sait plus très bien ce qu’elle sent, ce qu’elle veut, ce qui est vrai. Elle a l’impression de devenir confuse, parfois de « devenir folle ». Ce n’est pas une faiblesse de sa part : c’est l’effet attendu d’un brouillage répété. La page reconnaître la manipulation décrit chaque mécanisme avec des exemples, un jeu et un quiz pédagogique.
Et si je me reconnais aussi dans certains de ces comportements ?
C’est fréquent, et c’est plutôt bon signe : la capacité de se remettre en question est justement ce qui manque dans les fonctionnements les plus rigides. Chacun peut avoir, un jour de grande détresse, des réactions de mauvaise foi ou de manipulation. Racamier parlait alors de « mouvement » pervers, passager, à distinguer d’une « organisation » durable. Par ailleurs, après des mois d’emprise, beaucoup de personnes finissent par crier, menacer, fouiller un téléphone : ce sont souvent des réactions d’épuisement, pas une preuve qu’elles seraient « le vrai problème ». Si la question vous travaille, elle mérite d’être posée tranquillement lors d’un rendez-vous.
Quelques repères
1986année où Racamier publie le terme de « perversion narcissique »
1998année où Hirigoyen fait connaître le harcèlement moral au grand public
0classification médicale (DSM-5-TR, CIM-11) qui contienne le diagnostic de « pervers narcissique »
4 tempsdans le cycle souvent décrit : tension, crise, excuses, accalmie
Il n’existe pas de chiffre fiable du nombre de « pervers narcissiques », et pour cause : ce n’est pas une catégorie que l’on mesure dans les enquêtes. Ce que la recherche étudie, ce sont d’un côté des traits de personnalité, comme le narcissisme pathologique (le DSM-5-TR estime la fréquence du trouble de la personnalité narcissique entre 0 et 6 % de la population générale selon les études), et de l’autre les violences psychologiques subies, dans le couple ou au travail. Ces violences sont fréquentes, souvent invisibles de l’extérieur, et des travaux nombreux montrent qu’elles peuvent laisser, même sans aucun coup, des symptômes de stress post-traumatique, d’anxiété et de dépression.
Autrement dit, la question « combien de pervers narcissiques ? » est moins utile que celle-ci : combien de personnes vivent aujourd’hui dans une relation qui les abîme, sans parvenir à le dire ? Pour elles, la réponse n’est pas une étiquette, c’est une aide.
Les hommes et les femmes sont-ils concernés de la même façon ?
Les deux peuvent exercer une emprise, et les deux peuvent la subir, dans des couples hétérosexuels comme homosexuels, en famille comme au travail. Dans le couple, les violences les plus graves, celles qui s’accompagnent de peur pour sa vie et de violences physiques ou sexuelles, sont plus souvent exercées par des hommes sur des femmes. Les hommes qui subissent une emprise en parlent souvent encore moins, par honte ou par peur de ne pas être crus. Ce dossier s’adresse à tous, et nous recevons tout le monde.
« Est-ce que j’exagère ? » : le doute fait partie du tableau
Une phrase revient chez presque toutes les personnes qui se demandent si elles ont vécu une emprise : « Je ne sais pas si j’exagère. » Il n’y a souvent rien à montrer. Pas de bleu, pas de témoin, pas de scène spectaculaire. Seulement une accumulation de petites choses, dont chacune, racontée seule, paraît dérisoire. Et une voix intérieure, parfois la voix de l’autre devenue la sienne, qui murmure : « Tu es trop sensible. Tout le monde se dispute. Il a aussi ses bons côtés. »
Ce doute n’est pas une preuve que rien ne s’est passé. Il est, au contraire, l’un des effets les plus constants de l’emprise. Quand quelqu’un a passé des mois ou des années à contester vos perceptions, à réécrire vos souvenirs et à vous rendre responsable de ses colères, il est logique que vous ne fassiez plus confiance à votre propre jugement. Le doute est la trace de ce travail de sape, pas la mesure de votre sensibilité.
Lever ce doute est souvent la première étape du soin. Cela peut passer par la parole, par la mise en mots d’une chronologie, par un regard extérieur. Cela peut aussi passer par un bilan psycho-traumatique, réalisé au cabinet par le psychothérapeute, qui évalue avec des outils étalonnés ce que la relation a laissé. Dans un témoignage publié sur la page des bilans, une patiente sortie d’une relation sous emprise raconte qu’elle était venue avec cette question exacte, « est-ce que j’exagère ? », et qu’à la lecture du rapport, le doute est tombé, emportant avec lui une grande partie de sa culpabilité.
Exemple fictif
Exemple fictif : Inès, 38 ans, a quitté son compagnon il y a quatre mois. Il ne l’a jamais frappée. Mais pendant six ans, elle a demandé la permission avant de voir ses amies, appris à deviner ses humeurs au bruit de ses clés dans la serrure, et entendu qu’elle était « incapable » dès qu’elle prenait une initiative. Aujourd’hui, elle sursaute quand son téléphone vibre, dort mal, et se demande si elle n’a pas « tout dramatisé ». Une amie lui dit qu’elle devrait « passer à autre chose ».
Qu’est-ce qui serait le plus utile pour Inès maintenant ?
Pourquoi est-ce que je repense sans cesse aux bons moments ?
Parce que les bons moments ont existé, et qu’ils ont été intenses. Dans une relation où la tendresse alterne avec la froideur, le cerveau apprend à attendre la récompense avec une force particulière : c’est le principe du renforcement intermittent, bien connu en psychologie. Les souvenirs heureux deviennent alors une sorte d’aimant, qui pousse à revenir ou à se demander si l’on n’a pas tout gâché. Ce n’est ni de la bêtise ni de la faiblesse. La page comprendre l’emprise explique ce mécanisme, que les chercheurs appellent aussi « lien traumatique ».
Ce que l’emprise laisse
On croit souvent qu’une fois la relation terminée, tout va rentrer dans l’ordre. C’est parfois le cas. Mais beaucoup de personnes découvrent au contraire que le plus difficile commence après : quand l’adrénaline retombe, quand il n’y a plus besoin de tenir. Les traces se logent à plusieurs endroits à la fois. Parcourez les onglets.
Un corps resté longtemps en alerte s’en souvient : sommeil haché, réveils en sursaut, tensions dans la nuque et la mâchoire, maux de ventre, fatigue écrasante qui ne cède pas au repos. Certaines personnes perdent ou prennent du poids, tombent malades dès qu’elles s’arrêtent. Ce n’est pas imaginaire : le stress prolongé a des effets physiologiques réels, et ils s’atténuent quand la sécurité revient.
Difficulté à se concentrer, trous de mémoire, impression d’avoir « le cerveau en coton », incapacité à prendre une décision simple sans demander l’avis de quelqu’un. Ruminations sans fin : on rejoue les disputes, on prépare des réponses, on cherche à comprendre. Ces difficultés inquiètent beaucoup ; elles sont fréquentes après un stress chronique et s’améliorent le plus souvent quand la vie s’apaise.
La honte, souvent la plus lourde : « comment ai-je pu accepter ça ? ». La culpabilité, installée par des années de reproches. La peur, qui reste là même quand l’autre est loin. Et parfois, plus tard, une grande colère, qui surprend et qui fait peur. Toutes ces émotions ont un sens. La colère, en particulier, signale souvent que l’on commence à sortir du déni et à reconnaître le tort subi.
Un entourage qui s’est éloigné, parfois parce que l’autre l’a écarté, parfois parce qu’il n’a pas compris. Une méfiance envers toute nouvelle relation, ou au contraire la peur de retomber dans le même piège sans le voir venir. Une difficulté à dire non, à demander, à se faire confiance avec les autres. Retisser des liens fait partie de la reconstruction.
Des scènes qui reviennent en images, des cauchemars, un sursaut au son d’une voix ou d’une sonnerie, l’évitement des lieux et des personnes liés à la relation, une alerte qui ne retombe jamais : ce sont des signes de stress post-traumatique. Quand l’emprise a duré longtemps, s’y ajoutent parfois une image de soi très abîmée et une grande difficulté à réguler ses émotions, ce que la CIM-11 décrit comme un trouble de stress post-traumatique complexe. Voir le dossier stress post-traumatique.
Ces traces ne disent rien d’une fragilité particulière de votre part. Elles disent qu’un système d’alarme a fonctionné longtemps, à plein régime, pour vous permettre de tenir. La bonne nouvelle, c’est qu’il peut apprendre à se calmer. La page se reconstruire après l’emprise décrit les étapes habituelles de ce chemin, et ce qui aide à chacune.
Si vous êtes en danger
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Vrai ou faux : six idées reçues sur l’emprise
Ces affirmations circulent beaucoup. Répondez, l’explication s’affiche aussitôt.
Affirmation 1
« Seules les personnes fragiles tombent sous emprise. »
L’emprise touche des personnes de tous profils, y compris très solides, brillantes, entourées. Elle s’appuie moins sur une faiblesse que sur des qualités : l’empathie, la loyauté, le sens de l’engagement, le désir de réparer. Certaines périodes de vie (un deuil, un déménagement, une naissance, une maladie) rendent simplement plus disponible à quelqu’un qui se présente comme un sauveur.
Affirmation 2
« S’il n’y a pas de coups, ce n’est pas si grave. »
Les violences psychologiques répétées peuvent laisser des traces aussi profondes que des violences physiques : stress post-traumatique, dépression, perte de l’estime de soi. Beaucoup de personnes disent d’ailleurs que les mots et les silences leur ont fait plus de mal que le reste.
Affirmation 3
« On peut aimer quelqu’un qui nous fait du mal. »
Oui, et c’est même l’un des ressorts de l’emprise. L’attachement ne disparaît pas parce qu’on est maltraité ; il peut même se renforcer quand la tendresse revient après la crise. Comprendre cela aide à se juger moins durement.
Affirmation 4
« Un psy peut dire, d’après mon récit, si mon ex est un pervers narcissique. »
Aucun clinicien sérieux ne pose d’étiquette sur une personne qu’il n’a jamais rencontrée. Ce que nous pouvons faire, en revanche, c’est vous aider à comprendre ce que vous avez vécu, à reconnaître les mécanismes à l’œuvre et à soigner leurs effets sur vous.
Affirmation 5
« Il suffit de partir pour aller mieux. »
Partir est souvent indispensable, et c’est parfois un immense soulagement. Mais l’emprise ne s’arrête pas toujours à la porte : les souvenirs, la peur, le manque, la culpabilité continuent d’agir. Et quand il y a des enfants ou un emploi en commun, le contact ne cesse pas tout à fait. La reconstruction prend du temps, et elle se fait mieux accompagnée.
Affirmation 6
« Ce que j’ai vécu peut se soigner, même des années après. »
Oui. Des souvenirs vieux de dix ou vingt ans peuvent encore être retraités, des croyances sur soi peuvent changer, une confiance peut se reconstruire. Il n’est jamais trop tard pour commencer, et il n’est pas nécessaire d’avoir « tout compris » avant de venir.
Une notion pour penser, pas une insulte
Le psychothérapeute du cabinet a travaillé l’œuvre de Racamier dans des cartels, ces petits groupes d’étude où l’on lit un auteur ensemble pendant des mois. Ce que l’on y découvre est plus fin, et plus utile, que ce qu’en ont retenu les magazines. Chez Racamier, la perversion narcissique décrit d’abord un mouvement : une manière d’échapper à sa propre douleur en la déposant chez un autre, qui se met alors à porter à sa place la culpabilité, la confusion, le doute. Ce mouvement peut être passager. Il peut aussi, dans certains cas, devenir une organisation durable de la personnalité, où l’autre n’est plus qu’un instrument au service de sa propre valeur.
Cette distinction a des conséquences très concrètes pour les personnes qui consultent. D’abord, elle déplace la question. Il ne s’agit plus de prononcer un verdict sur quelqu’un, mais de comprendre ce qui s’est joué entre vous, et surtout ce qui a été déposé en vous qui ne vous appartient pas. Ensuite, elle protège de deux pièges symétriques : celui de tout minimiser (« ce n’était qu’un conflit ») et celui de tout expliquer par l’autre, au point de rester enfermé dans son histoire. Enfin, elle rend la parole possible : on peut dire ce que l’on a vécu sans avoir à prouver quoi que ce soit sur la personnalité de l’autre.
Ce que c’est
Une notion clinique
Issue de la psychanalyse française, précise et exigeante. Elle décrit un fonctionnement relationnel et ses effets sur la personne visée.
Ce que ce n’est pas
Un diagnostic médical
Absente du DSM-5-TR et de la CIM-11. Ces classifications décrivent un trouble de la personnalité narcissique, qui recoupe en partie la notion sans s’y superposer.
Ce qui compte
Votre vécu
La peur, la confusion, la honte, la perte de soi. Ces effets sont réels, et ils se soignent, quel que soit le nom que l’on donne à l’autre.
Pour l’histoire complète de la notion, de la « pulsion d’emprise » de Freud aux classifications actuelles en passant par Ferenczi, Racamier et Hirigoyen, voyez la page d’où vient la notion de pervers narcissique.
Pourquoi le mot fait-il parfois polémique ?
Parce qu’il est passé, en quelques années, du vocabulaire des cliniciens à celui de la vie courante, et qu’il a été employé pour à peu près tout. Les spécialistes eux-mêmes rappellent que les organisations perverses narcissiques durables sont beaucoup plus rares que l’usage du mot ne le laisse croire. Cela n’enlève rien à la réalité de ce que vivent les personnes sous emprise. C’est pourquoi nous préférons partir de leur expérience, et parler d’emprise et de manipulation, plutôt que d’enfermer quiconque dans un mot.
Notre façon d’accompagner après une emprise
Au Cabinet Bouche & Chmura, les deux axes principaux de notre psychothérapie sont l’EMDR et l’écoute analytique ; les outils des thérapies cognitives et comportementales viennent en complément. Le psychothérapeute-psychanalyste est formé au trauma et à la dissociation, et réalise les bilans psychologiques et psycho-traumatiques. La neuropsychologue apporte, quand c’est utile, un regard précis sur l’attention et la mémoire. Ces regards se complètent ; ils ne s’imposent pas tous à la fois.
Apaiser
L’EMDR
Les scènes qui reviennent, la peur au son d’une voix, les phrases restées collées (« je suis nulle », « c’est ma faute »), la prochaine rencontre redoutée. L’EMDR travaille le passé, les déclencheurs d’aujourd’hui et les situations à venir. Voir l’EMDR au cabinet.
Comprendre
L’écoute analytique
Retrouver sa propre pensée, démêler ce qui vous appartient de ce qui a été déposé en vous, comprendre ce qui s’est noué et parfois ce qui se répète, traverser le deuil. Voir la psychanalyse au cabinet.
Se protéger
Des outils concrets
Poser des limites, répondre sans se laisser entraîner, apaiser les ruminations, retrouver le sommeil, sortir de l’isolement. Des outils issus des TCC et de la thérapie comportementale dialectique (TCD), proposée au cabinet dans sa forme complète.
Éclairer
Les bilans
Un bilan psycho-traumatique par le psychothérapeute, pour mesurer ce que la relation a laissé ; un bilan neuropsychologique par la neuropsychologue, quand les plaintes de mémoire ou de concentration persistent. Toujours après un rendez-vous préliminaire. Voir les bilans.
Nous ne commençons jamais par une méthode. Nous commençons par vous écouter : où vous en êtes, ce qui presse, ce qui vous protège déjà. Selon les cas, le travail commence par la sécurité et le quotidien, par la mise en mots de l’histoire, ou par les souvenirs les plus envahissants. La page notre approche après une emprise décrit concrètement ce que chaque approche permet de travailler, et ce que l’on sait de leur efficacité.
Au cabinet
Nous recevons tout le monde : adultes, adolescents, couples, familles, au cabinet ou en téléconsultation. Les séances d’EMDR, comme les séances de couple ou de famille, sont des séances longues de 80 minutes. Lors du premier rendez-vous, nous écoutons votre histoire, puis nous décidons avec vous de la suite à donner.
Par où commencer ? Le petit quiz d’orientation
Cinq questions pour trouver la page du dossier qui vous sera la plus utile aujourd’hui. Quiz pédagogique : ce n’est ni un test validé ni un diagnostic, il ne dit rien de la personnalité de qui que ce soit. Aucune réponse n’est enregistrée ni envoyée.
Si vous souhaitez un outil de repérage validé, et non un quiz pédagogique, vous pouvez remplir le questionnaire de repérage validé PCL-5, qui porte sur les symptômes de stress post-traumatique, ou l’échelle d’estime de soi de Rosenberg. Leurs résultats ne remplacent pas un entretien, mais ils peuvent nourrir un premier rendez-vous.
Tout le dossier
Huit pages, chacune avec ses explications, ses exemples fictifs, ses jeux et sa foire aux questions. Les dossiers voisins du site prolongent la lecture.
Non. C’est une notion proposée en 1986 par le psychanalyste Paul-Claude Racamier pour décrire un fonctionnement psychique et relationnel. Elle ne figure ni dans le DSM-5-TR ni dans la CIM-11, qui décrivent en revanche un trouble de la personnalité narcissique. Ce qui compte pour la personne qui consulte, ce sont les effets de la relation sur elle, et ils peuvent être soignés.
Comment savoir si je suis sous emprise ?
Quelques signes doivent alerter : vous doutez de plus en plus de vos perceptions, vous vous sentez coupable en permanence, vous avez peur des réactions de l’autre, vous avez perdu le contact avec vos proches, vous ne vous reconnaissez plus. Aucun quiz ne peut trancher à votre place ; un rendez-vous permet de faire le point calmement.
Pourquoi n’arrive-t-on pas à partir ?
Parce que l’emprise s’installe progressivement, qu’elle alterne tendresse et dureté, qu’elle isole et qu’elle fait douter de soi. S’y ajoutent l’attachement, l’espoir que les bons moments reviennent, la peur, les enfants, les contraintes matérielles. Rester n’est pas un manque de volonté : c’est la conséquence logique de ces mécanismes.
Peut-on se remettre d’une relation avec un pervers narcissique ?
Oui. Les souvenirs envahissants, la peur, la honte et la perte de confiance en soi peuvent s’apaiser, parfois bien plus vite qu’on ne l’imagine. L’EMDR, l’écoute analytique et des outils concrets pour le quotidien y aident. Il n’est jamais trop tard pour commencer.
Le cabinet accompagne-t-il les personnes qui ont vécu une emprise ?
Oui, au cabinet ou en téléconsultation. Nous partons de ce que vous avez vécu, sans poser d’étiquette sur une personne absente, avec l’EMDR et l’écoute analytique comme axes principaux, des outils des TCC en complément et, si besoin, un bilan psycho-traumatique réalisé par le psychothérapeute.
Que vous soyez encore dans la relation, que vous veniez d’en sortir ou qu’elle soit loin derrière vous mais pèse encore, un premier rendez-vous permet de déposer votre histoire, d’y voir plus clair et de choisir la suite : un accompagnement, un bilan, ou simplement quelques repères. Au cabinet ou en téléconsultation.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.