Valider un projet d’union
Avant de se marier, de s’installer ensemble, d’avoir un enfant ou de former une famille recomposée, faire le point sur ce que chacun apporte, attend et redoute, pour s’engager en connaissance de cause.
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Dans un couple, il y a deux personnes, et il y a ce qui naît entre elles : une façon de s’aimer, de se disputer, de se rassurer, de s’éviter. Un bilan psychologique classique évalue une personne. Le bilan psychologique du couple évalue les deux partenaires, puis croise leurs évaluations pour faire ressortir le profil de ce troisième, le couple lui-même. Cette page explique à quoi sert ce bilan, dans quelles situations il est utile, ce que l’analyse croisée peut faire apparaître, et ce qu’il n’est pas.
Un couple n’est pas la simple addition de deux personnes. Deux personnes calmes peuvent former un couple très conflictuel ; deux personnes anxieuses peuvent s’apaiser mutuellement, ou au contraire s’affoler l’une l’autre. Les cliniciens qui travaillent avec les couples, qu’ils viennent de la psychanalyse ou de l’approche systémique, décrivent souvent la relation comme une entité à part entière, un troisième qui a son histoire, ses règles implicites, ses forces et ses fragilités. On pourrait dire, en forçant à peine le trait, qu’en amour un plus un font trois.
C’est ce troisième que le bilan psychologique du couple cherche à rendre visible. Le psychothérapeute évalue chacun des deux partenaires, puis réalise une analyse croisée de leurs évaluations. L’enjeu n’est pas de comparer deux personnes pour savoir laquelle va le mieux, mais de comprendre comment leurs fonctionnements se rencontrent : où ils s’accordent, où ils se heurtent, où ils se renforcent, et ce qui en résulte pour la relation.
C’est une évaluation globale du fonctionnement psychique d’une personne : ce qui se joue sur le plan émotionnel, relationnel et cognitif, croisé avec son histoire. Au cabinet, les bilans psychologiques sont réalisés par le psychothérapeute-psychanalyste. Le bilan du couple applique cette démarche aux deux partenaires, et y ajoute une étape propre : le croisement des deux évaluations. Les modalités pratiques des bilans sont décrites sur la page des bilans psychologiques.
Un bilan de couple n’est pas une étape obligatoire avant une thérapie de couple. Il est utile dans certaines situations, quand le besoin de comprendre en profondeur est au premier plan, ou quand une décision importante se prépare.
Avant de se marier, de s’installer ensemble, d’avoir un enfant ou de former une famille recomposée, faire le point sur ce que chacun apporte, attend et redoute, pour s’engager en connaissance de cause.
Quand les mêmes disputes reviennent depuis des années sans que l’on comprenne pourquoi, et que chacun est persuadé que le problème vient de l’autre.
Quand l’un ou les deux se demandent s’ils veulent rester, après une infidélité, un long éloignement, ou simplement l’usure, et qu’ils souhaitent décider sur des bases plus solides que la colère ou l’épuisement.
Quand l’anxiété, la tristesse, l’irritabilité ou les difficultés de l’un pèsent sur la relation, et que l’on ne sait plus ce qui revient à la personne, à la relation, ou aux deux.
Ces situations correspondent aux trois grandes issues que peut viser une thérapie de couple au cabinet : s’aimer à nouveau, se quitter en paix, ou valider un projet d’union. Le bilan n’en préjuge pas : il aide à voir plus clair avant de choisir.
Chaque bilan est construit selon la demande du couple et les questions qui se posent. Il s’intéresse à chacun des deux partenaires, dans son fonctionnement émotionnel et relationnel, et à ce qui se joue entre eux. La thérapie de couple du cabinet s’appuie déjà sur de nombreuses évaluations : les comportements qui, selon les travaux de John Gottman, abîment ou protègent un couple, les modes d’attachement, les capacités d’empathie. Retournez les cartes pour découvrir quelques-uns des grands domaines qu’un bilan de couple peut éclairer.
À cela s’ajoute ce qu’un bilan psychologique éclaire pour toute personne : la présence éventuelle d’une anxiété, d’une humeur dépressive, de traces de traumatisme ou d’autres souffrances qui pèsent sur la vie à deux sans être toujours reconnues. Une dépression non identifiée, par exemple, peut ressembler de l’extérieur à un désamour ; un état de stress post-traumatique, à une froideur ou à une irritabilité « de caractère ». Les repérer change souvent le regard que chacun porte sur l’autre.
C’est l’étape qui fait la singularité du bilan de couple. Une fois chacun des deux partenaires évalué, le psychothérapeute met les deux évaluations en regard. Ce croisement fait apparaître des choses qu’aucune des deux évaluations, prise seule, ne montrait.
Ce que les deux partagent : des valeurs, des besoins, des façons de faire. Ce sont souvent des ressources que le couple ne voit plus au milieu de la crise.
Comment chacun se voit, et comment l’autre le voit. Un écart important entre les deux regards est souvent au cœur des malentendus : « je suis très présent » contre « tu n’es jamais là ».
Deux fonctionnements qui, en se rencontrant, se renforcent l’un l’autre : le besoin de proximité de l’un active le besoin de distance de l’autre, et inversement.
Une souffrance de l’un passée inaperçue, une blessure ancienne que l’autre réveille sans le savoir, un rôle figé que les deux entretiennent.
Le profil du couple qui en ressort n’est ni la somme ni la moyenne des deux profils. C’est une description de la relation elle-même : ce qu’elle permet à chacun, ce qu’elle l’empêche d’être, et les points d’appui sur lesquels un travail peut s’engager. Ce troisième-là, une fois rendu visible, devient plus facile à comprendre, et souvent à transformer.
Exemple fictif, inventé pour cette page : Hugo, 38 ans, et Mélanie, 36 ans, ensemble depuis dix ans, hésitent à avoir un deuxième enfant. Ils se disputent de plus en plus souvent et se demandent s’ils doivent continuer. Voici, de façon très simplifiée, ce qu’un croisement pourrait faire apparaître. Choisissez un onglet.
Hugo se décrit comme calme et patient. Son évaluation montre une difficulté à reconnaître et à dire ses émotions, une tendance à se retirer quand la tension monte, et une fatigue importante liée à son travail. Il pense qu’il « fait tout pour éviter les disputes ».
Mélanie se décrit comme « celle qui porte tout ». Son évaluation montre une anxiété marquée depuis la naissance de leur fille, un fort besoin d’être rassurée sur le lien, et une grande capacité d’empathie, qu’elle a de plus en plus de mal à exercer envers Hugo. Elle pense qu’il « s’en fiche ».
Croisées, les deux évaluations dessinent un cercle : plus Mélanie, anxieuse, cherche le contact et la réassurance, plus Hugo, débordé, se retire pour « ne pas aggraver » ; plus il se retire, plus elle s’inquiète. Le croisement montre aussi un écart de regard (Hugo se voit présent, Mélanie le voit absent) et des valeurs communes très fortes sur la famille. Le problème n’est ni Hugo ni Mélanie : c’est ce cercle, dans lequel ils sont pris tous les deux.
Ce qui ressort du bilan sert de point d’appui pour la suite : une thérapie de couple centrée sur ce cercle, un travail individuel de Mélanie sur son anxiété, peut-être une attention à la fatigue d’Hugo. La décision d’avoir un deuxième enfant pourra être reprise plus tard, sur des bases plus claires. Le bilan n’a rien décidé à leur place : il leur a permis de se voir autrement.
Le bilan de couple suit, dans ses grandes lignes, le même chemin que les autres bilans du cabinet. Les détails pratiques sont donnés sur la page des bilans psychologiques.
Un bilan de couple suppose que les deux partenaires y participent, puisqu’il croise leurs deux évaluations. Si l’un des deux refuse, l’autre peut tout à fait commencer de son côté : un accompagnement individuel, ou un bilan psychologique personnel, aide à y voir plus clair sur sa propre place dans la relation. Et il arrive que le partenaire réticent change d’avis plus tard.
Sept questions pour savoir si un bilan de couple répond à ce que vous cherchez, ou s’il vaut mieux commencer autrement. Il s’agit d’un quiz pédagogique : ce n’est ni un test validé ni un diagnostic, et il ne remplace pas le rendez-vous préliminaire.
Pour explorer dès maintenant votre façon de vivre l’attachement amoureux, le cabinet met en ligne le questionnaire ECR-R, un questionnaire validé qui situe la peur de l’abandon et l’évitement de l’intimité. Il oriente sans poser de diagnostic, et ses résultats peuvent nourrir utilement une première conversation au cabinet.
Un bilan peut faire peur : on craint d’être jugé, comparé, ou que le résultat décide de l’avenir du couple. Ces craintes sont compréhensibles, et largement infondées. Répondez par vrai ou faux.
Affirmation 1
Le bilan ne désigne ni coupable ni gagnant. Il décrit une dynamique, à laquelle les deux participent. C’est précisément ce qui le rend utile : il sort le couple de la question « à qui la faute ? ».
Affirmation 2
Aucun bilan ne prédit l’avenir d’un couple. Il éclaire ce qui se joue aujourd’hui, les ressources et les points de fragilité. Ce que le couple en fera dépend des deux partenaires, et le travail qui suit peut changer beaucoup de choses.
Affirmation 3
Oui. Le DSM-5-TR et la CIM-11, les deux classifications internationales, rangent les difficultés relationnelles du couple parmi les situations qui peuvent motiver une consultation, et non parmi les troubles mentaux. Un couple qui souffre n’est pas un couple « malade ».
Affirmation 4
Non. Beaucoup de thérapies de couple commencent sans bilan. Le bilan est utile dans certaines situations, quand le besoin de comprendre en profondeur ou de préparer une décision est au premier plan.
Affirmation 5
C’est plus nuancé. Le bilan évalue d’abord chacun des deux partenaires, puis croise leurs évaluations. Il peut donc faire apparaître une souffrance individuelle, une anxiété ou une dépression par exemple, qui mérite d’être prise en compte pour elle-même.
Il arrive que le bilan de couple, ou les premières séances, fassent apparaître une question qui concerne surtout l’un des partenaires. Un autre bilan, plus ciblé, peut alors être utile. Chacun est réalisé par le clinicien du cabinet compétent pour ce bilan, et toujours après un rendez-vous préliminaire.
Oublis, distraction, impulsivité, ou au contraire grande difficulté à décoder les attentes implicites de l’autre : quand la question d’un TDAH ou d’un trouble du spectre de l’autisme se pose, la neuropsychologue réalise ces bilans. Voir le bilan TDAH et le bilan TSA.
Quand des événements passés laissent des traces qui retentissent sur la vie à deux (hypervigilance, évitement, irritabilité, intimité difficile), le psychothérapeute réalise le bilan psycho-traumatique. Voir le bilan psycho-traumatique.
Décalage, intensité, besoin de stimulation ou de profondeur dans l’échange : le cabinet est spécialisé dans l’accompagnement du haut potentiel. Voir l’évaluation du haut potentiel et le dossier HPI.
Il arrive aussi que le psychothérapeute demande à la neuropsychologue de participer au travail avec le couple. Comprendre, par exemple, qu’une attention qui flotte relève d’un TDAH et non d’un désintérêt change souvent beaucoup le climat de la relation. La page quand l’un des deux souffre développe ces situations, et la page notre approche décrit la thérapie de couple qui peut suivre le bilan.
Le bilan psychologique du couple est réalisé par le psychothérapeute-psychanalyste, après un rendez-vous préliminaire, pour tous les couples, quelles que soient leur configuration et leur orientation. Le cabinet reçoit au cabinet ou en téléconsultation. Pour prendre rendez-vous à deux, choisissez la séance longue de 80 minutes.
C’est une évaluation des deux partenaires, suivie d’une analyse croisée de leurs évaluations, pour faire ressortir le profil du couple lui-même, ce « troisième » qui naît entre deux personnes. Il éclaire la façon dont leurs fonctionnements se rencontrent, s’accordent ou se heurtent, et oriente la suite de l’accompagnement.
Le psychothérapeute-psychanalyste, qui réalise les bilans psychologiques du cabinet et conduit les thérapies de couple. Il débute, comme chaque bilan du cabinet, par un rendez-vous préliminaire. Quand une question de TDAH ou de TSA se pose chez l’un des partenaires, la neuropsychologue réalise ces bilans spécifiques.
Avant un engagement important (vie commune, mariage, enfant, famille recomposée), quand les mêmes difficultés se répètent depuis longtemps sans que l’on comprenne pourquoi, quand on hésite à rester ensemble, ou quand la souffrance de l’un pèse sur la relation sans que l’on sache ce qui revient à qui.
Non. Aucun bilan ne décide de l’avenir d’un couple ni ne le prédit. Il éclaire ce qui se joue, les ressources et les fragilités, pour que les deux partenaires puissent décider eux-mêmes, en connaissance de cause : s’aimer à nouveau, se quitter en paix, ou valider un projet d’union.
Non, ce n’est pas obligatoire. Beaucoup de thérapies de couple commencent directement. Le bilan est utile quand le besoin de comprendre en profondeur ou de préparer une décision est au premier plan. Le rendez-vous préliminaire permet de choisir ce qui convient le mieux à votre situation.
Si vous vous posez une question importante sur votre avenir à deux, ou si vous voulez comprendre en profondeur ce qui se joue entre vous, un rendez-vous préliminaire permet de voir si un bilan de couple est la bonne réponse, au cabinet ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.