Honte et culpabilité : l’EMDR et les TCC, deux voies qui se complètent
Il y a la scène, que l’on revoit avec la même brûlure vingt ans après : la salle de classe, la voix du père, la chambre d’hôtel. Et il y a la petite phrase intérieure, qui ne date d’aucun jour précis et qui revient à chaque contrariété : « tu es vraiment nul », « c’est toujours ta faute ». La honte vit souvent à ces deux adresses à la fois. L’EMDR s’occupe surtout de la première, les thérapies cognitives et comportementales surtout de la seconde. Voici comment chacune procède, ce qu’en dit la recherche, références à l’appui, et pourquoi nous les associons si souvent.
L’idée en deux phrases : le souvenir d’un côté, la pensée d’aujourd’hui de l’autre
Notre psychothérapeute résume souvent les choses ainsi. L’EMDR cherche avant tout à retraiter les souvenirs, et les réseaux de mémoire qui leur sont reliés, dans lesquels la honte s’est installée un jour ; les TCC cherchent avant tout à transformer ce qui la fait durer maintenant : les pensées, les croyances, les comportements et les schémas qui la nourrissent au quotidien. Les deux se complètent, et cela se voit particulièrement quand une honte s’appuie à la fois sur des souvenirs encore brûlants et sur une autocritique qui ne lâche pas.
Une image aide parfois les patients. La honte ressemble à un feu de cheminée : il y a la braise, enfouie sous la cendre, qui date d’une scène précise ; et il y a le soufflet, qui ranime la flamme chaque jour, sous la forme de pensées, d’évitements, de petites phrases. Éteindre la braise sans ranger le soufflet laisse un risque de reprise ; ranger le soufflet sans toucher à la braise laisse une chaleur qui couve. Ce n’est qu’une image, mais elle dit bien pourquoi nous ne choisissons pas toujours entre les deux.
À garder en tête
L’EMDR travaille surtout la mémoire : les scènes qui ont installé la honte.
Les TCC travaillent surtout le présent : les pensées et les conduites qui l’entretiennent.
Les deux familles de thérapie réduisent la culpabilité et la honte liées au trauma, surtout quand elles en font une cible explicite.
Ce que montrent les études, sources à l’appui
Pendant longtemps, la culpabilité et la honte ont été traitées comme des passagères clandestines du stress post-traumatique : on soignait la peur, et l’on espérait qu’elles suivraient. Les travaux récents invitent à les regarder en face.
Wells et ses collègues (2026) signent dans le Journal of Traumatic Stress une synthèse destinée aux cliniciens. Ils y examinent trois traitements du trauma : deux venus des TCC, l’exposition prolongée (on revient sur le souvenir, encore et encore, jusqu’à ce qu’il fasse moins peur) et la thérapie du traitement cognitif (on interroge les conclusions que l’on a tirées de l’événement), puis l’EMDR. Côté TCC, ils rappellent un essai déjà ancien de Patricia Resick (Resick et al., 2002) où ces deux méthodes faisaient mieux reculer la culpabilité qu’une simple attente. Côté EMDR, ils s’appuient sur l’étude de Boterhoven de Haan (2020), présentée juste en dessous. Leur message central mérite d’être retenu tel quel : pour que la culpabilité et la honte cèdent, il vaut mieux les viser expressément, au lieu d’attendre qu’elles suivent la peur. Ils observent encore que chez une partie des patients, stress post-traumatique ou blessure morale, ce sont elles qui dominent le tableau, et ils conseillent d’en suivre l’intensité séance après séance. Une formule, enfin, à propos de la thérapie cognitive : la culpabilité et la honte y apparaissent volontiers comme « manufactured », c’est-à-dire produites par des pensées restées coincées.
Cet article ne teste pas l’association de l’EMDR et des TCC. Il montre que chacune des deux familles peut atteindre la culpabilité et la honte, par sa propre voie. C’est sur cette base, et sur notre expérience clinique, que nous les associons.
Boterhoven de Haan et son équipe (2020) ont réparti par tirage au sort des adultes chez qui des violences subies enfant avaient laissé un stress post-traumatique, pour leur proposer soit l’EMDR, soit la réécriture en imagination. Cette seconde technique fait revivre une scène en pensée pour en modifier le déroulement, par exemple en y faisant entrer un adulte qui protège. Dans les deux groupes, la culpabilité comme la honte ont diminué.
Sonya Norman (2022) a construit la TrIGR, une thérapie courte inspirée des TCC et tout entière tournée vers la culpabilité et la honte nées d’un trauma ou d’une blessure morale. Six rendez-vous : les deux premiers expliquent pourquoi ces émotions s’emballent quand elles ne servent plus ; les deux suivants reprennent la part que la personne a réellement eue dans l’événement ; les deux derniers l’aident à renouer avec les valeurs atteintes et à les traduire en actes. On l’a évaluée chez 144 anciens combattants revenus d’Irak ou d’Afghanistan, en la comparant à une thérapie de soutien : la culpabilité a beaucoup baissé, le stress post-traumatique aussi, et la dépression un peu. L’article ne dit rien de l’EMDR.
6séances dans la TrIGR de Sonya Norman, centrée sur la culpabilité liée au trauma
50 %des vétérans traités par TrIGR ne remplissaient plus les critères du stress post-traumatique, contre 14 % après la thérapie de soutien
0,92taille de l’effet sur la culpabilité, un effet considéré comme important (Norman, 2022)
Reste la boussole, que l’on doit à June Tangney et Ronda Dearing (2002). La culpabilité vise un geste précis et donne envie de le réparer ; la honte vise la personne tout entière et donne envie de disparaître, de se replier ou de mordre. Repérer laquelle mène la danse aide déjà à choisir par où commencer.
La voie de l’EMDR : retraiter la scène qui a installé la honte
L’EMDR part d’une idée simple : certains souvenirs, vécus dans un état de détresse trop grand, restent stockés tels quels, avec les images, les sensations et le jugement sur soi du moment. Quand ils se réactivent, ce n’est pas un souvenir que l’on évoque, c’est la scène qui revient, avec sa honte intacte. Le traitement vise à remettre ce souvenir en mouvement pour qu’il rejoigne le reste de la mémoire. Voici comment cela se passe, une fois la préparation faite.
Choisir la cible. Une scène précise, souvent la plus ancienne ou la plus chargée : le moment où le professeur a lu la copie à voix haute, le regard du père sur le seuil.
Nommer la phrase sur soi. Ce que la scène dit de vous, aujourd’hui encore : « je suis ridicule », « je ne vaux rien », « je suis une moins que rien ». C’est la cognition négative, et en matière de honte elle est souvent la plus difficile à prononcer.
Choisir la phrase souhaitée. « Je suis quelqu’un de valable », « je peux me montrer », « ce jour-là, j’ai fait comme j’ai pu ». On évalue à quel point elle semble vraie, de 1 à 7.
Mesurer la perturbation. Une note de 0 à 10, et l’endroit où le corps la signale : joues brûlantes, gorge nouée, ventre creux.
Retraiter. Pendant que vous gardez la scène à l’esprit, vous suivez des yeux la main du thérapeute, ou vous écoutez des sons, ou vous sentez des tapotements, d’un côté puis de l’autre, par courtes séries. Entre deux séries, vous dites simplement ce qui vient. Le souvenir change, d’autres souvenirs se relient, la honte se déplace.
Tisser quand cela bloque. Si le retraitement tourne en rond, le thérapeute glisse une question : « Qui était l’adulte, dans cette pièce ? », « Que diriez-vous à un enfant de neuf ans qui vous raconterait cela ? ». C’est le tissage cognitif, un moment où l’EMDR emprunte presque la voix d’une thérapie cognitive.
Installer et vérifier. Quand la perturbation est retombée, on renforce la phrase souhaitée, on vérifie que le corps est calme, et l’on regarde, aux séances suivantes, si la scène est restée apaisée.
Ce qui frappe souvent, en fin de retraitement, c’est un changement de point de vue. La personne ne se voit plus du dedans de la scène, mais de l’extérieur, à sa vraie taille : un enfant, un adolescent, une jeune femme seule face à quelqu’un de plus fort. Et la honte, qui disait « je suis mauvais », laisse place à une tristesse, parfois à une colère, qui disent « on m’a fait du mal ». La page déroulement d’une séance d’EMDR décrit le cadre complet, et EMDR, estime et confiance en soi son usage pour les croyances négatives sur soi.
Honte ou culpabilité ? Ce que révèlent les phrases sur soi en EMDR
Dans le protocole classique de Francine Shapiro, les phrases négatives sur soi sont rangées en grandes familles. Deux d’entre elles recoupent presque exactement la distinction de Tangney et Dearing, ce qui en fait un outil de repérage précieux. Parcourez les onglets.
Responsabilité, du côté de l’être : le territoire de la honte. « Je suis mauvais », « je suis souillé », « je suis nul », « personne ne peut m’aimer tel que je suis », « je suis de trop ». La phrase porte sur ce que l’on est. Phrases souhaitées typiques : « je suis quelqu’un de bien », « je mérite le respect », « j’ai ma place ». C’est là que le retraitement des souvenirs fait souvent le plus de différence, parce que ces phrases ont été apprises dans des scènes, rarement par raisonnement.
Responsabilité, du côté de l’acte : le territoire de la culpabilité. « J’aurais dû faire quelque chose », « c’est ma faute », « j’ai fait quelque chose de mal ». La phrase porte sur un acte ou une absence d’acte. Phrases souhaitées : « j’ai fait de mon mieux », « je n’y pouvais rien à ce moment-là », « j’en tire une leçon ». C’est le terrain où les questions de la TrIGR (savoir après coup, options réelles, contexte, intention) s’invitent volontiers, sous forme de tissage cognitif ou en séance de TCC.
Sécurité et vulnérabilité. « Il peut m’arriver quelque chose à tout moment », « on ne peut se fier à personne ». Ces phrases accompagnent souvent la honte après des violences : on a honte d’avoir été vulnérable, et l’on se croit encore exposé. Elles se travaillent souvent en premier, car on ne retraite pas la honte d’une scène tant que le corps croit qu’elle est encore en cours.
Contrôle et choix. « Je suis impuissant », « je n’ai pas le choix », « je suis faible ». Proches de la honte, elles touchent la capacité d’agir. Elles sont fréquentes chez les personnes qui se sont figées pendant une agression ou qui ont vécu une emprise. Phrases souhaitées : « j’ai le choix maintenant », « je peux me protéger ».
Il arrive qu’une même scène porte deux phrases, l’une de culpabilité (« j’aurais dû l’arrêter »), l’autre de honte (« je suis faible »). On choisit alors celle qui « brûle » le plus, et l’on constate souvent que la seconde se défait en même temps que la première, ou peu après.
La voie des TCC : défaire ce qui entretient la honte aujourd’hui
Les thérapies cognitives et comportementales s’intéressent moins à l’origine de la honte qu’à son fonctionnement présent. Une honte installée tourne en boucle : elle produit des pensées (« ils vont voir qui je suis »), qui commandent des conduites (se taire, éviter, s’excuser, tout contrôler), qui privent la personne des expériences capables de la démentir, ce qui confirme la honte. Les TCC cherchent à couper cette boucle à plusieurs endroits.
Pensées
Repérer les points de blocage
Dans la thérapie du traitement cognitif, on cherche les phrases figées qui fabriquent la culpabilité et la honte : « j’aurais dû savoir », « si j’avais été plus fort, rien ne serait arrivé ». On les examine comme des hypothèses, pas comme des vérités.
Responsabilité
Les quatre questions de la TrIGR
Ce que l’on savait à l’instant même, et pas ce qu’on a appris depuis ; les options dont je disposais réellement ; le contexte et la pression du moment ; mon intention. Les quatre ensemble redonnent sa juste taille à une culpabilité qui avait tout envahi.
Voix intérieure
Changer de ton avec soi-même
Le psychologue britannique Paul Gilbert a conçu la thérapie centrée sur la compassion pour les personnes très honteuses et très autocritiques. On y apprend à parler à soi-même sur le ton qu’on prendrait pour un ami, ce qui paraît simple et se révèle souvent bouleversant.
Conduites
L’action opposée
Issue de la TCD de Marsha Linehan : quand la honte n’est justifiée par aucun acte, faire le contraire de ce qu’elle commande. Se montrer, redresser les épaules, se confier à une personne bienveillante, retourner là où l’on n’osait plus aller.
Réparer
Quand la culpabilité est fondée
Si l’on a réellement fait du tort, la TCC ne cherche pas à effacer la culpabilité, mais à la rendre utile : reconnaître, s’excuser, réparer ce qui peut l’être, et agir à l’avenir selon ses valeurs.
Mesurer
Suivre l’évolution
Donner une note à sa honte, chaque semaine, dans les moments où elle surgit. Wells et ses collègues recommandent ce suivi : il montre ce qui bouge, même quand on a l’impression que rien ne change.
Autre outil, très simple : il nous arrive de vous proposer de reprendre un épisode à la loupe, minute après minute : la soirée où vous avez tout annulé, le moment exact où la honte est montée en réunion. Cette lenteur volontaire fait apparaître ce que le récit habituel écrase, la pensée qui a précédé l’émotion, le geste qui l’a suivie, l’endroit où l’on aurait pu bifurquer. C’est un outil très concret, aussi utile pour préparer une cible d’EMDR que pour un travail cognitif. Pour une présentation générale, voir les TCC au cabinet et la TCD.
L’EMDR et les TCC côte à côte, appliquées à la honte
EMDR
TCC
Point de départ
Une scène du passé, souvent la plus ancienne ou la plus vive
Une situation actuelle où la honte se déclenche
Ce que l’on cherche
Retraiter le souvenir pour qu’il cesse de « dire » quelque chose de vous
Repérer et assouplir les pensées, croyances et conduites qui entretiennent la honte
Ce qui se passe en séance
On garde la scène à l’esprit pendant des stimulations bilatérales, on dit ce qui vient
On examine des pensées, on fait des exercices, on prépare des expériences à vivre entre les séances
Ce que cela demande
Assez de stabilité pour approcher le souvenir : d’où l’intérêt d’un bilan et d’une préparation
Un peu de régularité, et l’envie d’essayer des choses nouvelles entre les séances
Signe que cela avance
La scène pèse moins ; la phrase « je suis mauvais » sonne faux
On évite moins, on se parle autrement, la honte retombe plus vite
Particulièrement utile quand
Elle colle à des scènes nettes, encore brûlantes
La honte vit surtout dans une autocritique quotidienne et des évitements
Pour une comparaison plus générale des deux méthodes, hors du champ de la honte, la page EMDR et TCC en décrit les différences et les points communs.
Quiz pédagogique : où loge surtout votre honte ?
Ces questions aident à repérer si votre honte est plutôt accrochée à des souvenirs, plutôt entretenue par des pensées d’aujourd’hui, ou plutôt prisonnière de conduites d’évitement. Quiz pédagogique, ni test validé ni diagnostic : rien n’est enregistré. Le résultat sert à préparer une discussion, pas à choisir une thérapie seul.
Un parcours, deux voies : exemple fictif de Julien, 45 ans, ambulancier
Exemple fictif. Julien est ambulancier depuis vingt ans. Une nuit d’hiver, son équipage arrive sur un accident où un enfant ne survivra pas. Il a fait tout ce qui était possible, mais il s’en veut d’avoir pris la route la plus longue, à cause de travaux qu’il connaissait mal. Depuis, il revoit la scène chaque nuit, ne supporte plus les félicitations de ses collègues, et se répète qu’il est « un incapable ». Voici, en raccourci, comment les deux voies peuvent s’enchaîner.
Au débutUn premier rendez-vous, puis un bilan psycho-traumatique, pour mesurer ce qui pèse le plus : les images de la nuit, l’insomnie, la phrase « je suis un incapable », une consommation d’alcool qui augmente.On note l’intensité de la culpabilité et de la honte, pour pouvoir suivre leur évolution.
EnsuiteQuelques séances pour stabiliser : mieux dormir, savoir faire redescendre une vague d’images, retrouver un appui chez un collègue de confiance.Sans cette préparation, approcher la scène serait trop brutal.
Le travail cognitifJulien raconte la nuit minute par minute. On examine la route choisie avec les quatre questions de la TrIGR : que savait-il des travaux à 2 h du matin, quelles options avait-il réellement, sous quelle pression, avec quelle intention. La culpabilité retrouve une taille humaine : une décision prise en quelques secondes, avec ce qu’il savait.La honte, elle, résiste : « même si ce n’était pas ma faute, je suis un incapable ».
Le retraitement en EMDRSur la scène de l’arrivée, avec la phrase « je suis un incapable » et la phrase souhaitée « j’ai fait tout ce qui était humainement possible ». Des séances de 80 minutes. Peu à peu, l’image perd sa violence ; Julien pleure pour la première fois, de tristesse, et non plus de honte.Un tissage cognitif l’aide à un moment : « Qu’auriez-vous dit à un collègue qui aurait pris cette route ? »
Revenir parmi les autresJulien accepte de reparler de cette nuit avec son équipe, ce qu’il évitait. Il décide d’honorer la mémoire de l’enfant à sa manière, en formant les nouveaux équipiers aux itinéraires de nuit.Une action conforme à ses valeurs, comme le propose la dernière étape de la TrIGR.
Ce récit est simplifié : dans la réalité, les étapes se chevauchent, reviennent, s’inversent parfois. Il montre néanmoins ce qui arrive souvent quand la culpabilité et la honte coexistent : le travail cognitif apaise la première, et le retraitement du souvenir dénoue la seconde. La page culpabilité du survivant et la page avant de me blâmer prolongent cet exemple.
Au cabinet : la scène et la petite phrase, chacune son tour
Nous commençons toujours par comprendre. Un premier rendez-vous, sans engagement, sert à entendre ce qui vous amène ; vous pouvez venir accompagné, ou commencer en téléconsultation. Quand la honte ou la culpabilité sont liées à des événements traumatiques, un bilan psycho-traumatique, et parfois dissociatif, précède le travail en EMDR : il permet de choisir les bonnes cibles et le bon moment. Notre psychothérapeute est spécialisé dans le trauma ; les séances d’EMDR durent 80 minutes.
Le travail se construit ensuite à partir de ce que nous entendons : parfois l’EMDR d’abord, parfois les outils des TCC d’abord, souvent une alternance. L’écoute analytique reste le fond sur lequel tout cela s’inscrit, car une honte a toujours une histoire, et cette histoire mérite d’être entendue pour elle-même, pas seulement traitée. Quand les émotions sont très intenses, la TCD complète, que nous proposons au complet (travail individuel, groupe, aide possible entre deux rendez-vous), prend le relais.
Ce que nous faisons à chaque étape
Nous faisons le point avec vous, régulièrement, sur l’intensité de la honte et de la culpabilité, pour vérifier que le travail porte ses fruits.
Nous adaptons le rythme : on n’approche une scène que lorsque vous avez assez d’appuis pour la traverser.
Après un bilan, vous recevez un compte rendu écrit ; une séance permet de vous l’expliquer.
Colombes, l’Ardèche, Pavillons-sous-Bois : trois adresses, et la téléconsultation pour tout le reste, EMDR incluse.
Oui, la recherche va dans ce sens : dans l’essai de Boterhoven de Haan (2020), mené auprès d’adultes traumatisés dans leur enfance, l’EMDR a fait baisser la honte et la culpabilité, tout comme la réécriture en imagination. Elle le fait en retraitant les scènes où la honte a pris racine.
Quelle est la différence entre l’EMDR et la TCC pour la culpabilité ?
L’EMDR travaille surtout les souvenirs qui ont installé la culpabilité ou la honte ; la TCC travaille surtout les pensées, croyances et comportements qui les entretiennent aujourd’hui. On gagne souvent à les associer lorsque la honte combine des scènes encore vives et une voix intérieure qui juge sans relâche.
Qu’est-ce que la TrIGR ?
La TrIGR (Trauma-Informed Guilt Reduction) est une thérapie brève de six séances, d’inspiration cognitive et comportementale, conçue par Sonya Norman pour la culpabilité et la honte liées au trauma et à la blessure morale. Elle examine le rôle de la personne dans l’événement à travers quatre questions, puis l’aide à agir selon ses valeurs.
Faut-il choisir entre EMDR et TCC ?
Pas forcément. Le choix dépend de l’endroit où la honte loge surtout : dans des souvenirs précis, dans une voix critique d’aujourd’hui, ou dans des évitements. Au cabinet, nous associons souvent les deux, dans un ordre décidé avec vous.
Combien de temps dure une séance d’EMDR au cabinet ?
Les séances d’EMDR durent 80 minutes. Elles sont précédées d’un bilan psycho-traumatique, et parfois dissociatif, quand la honte est liée à un trauma. On peut les suivre en présentiel ou par écran.
Références citées
Wells, S. Y., Davis, B. C., Wachen, J. S., Silva, M. E., et Norman, S. B. (2026). « Optimizing Trauma-Focused Treatments to Address Guilt and Shame: Clinical Considerations and Strategies ». Journal of Traumatic Stress. doi:10.1002/jts.70081 · texte intégral (PMC)
Norman, S. (2022). « Trauma-Informed Guilt Reduction Therapy: Overview of the Treatment and Research ». Current Treatment Options in Psychiatry, 9(3), 115–125. doi:10.1007/s40501-022-00261-7 · texte intégral (PMC)
Boterhoven de Haan, K. L., Lee, C. W., Fassbinder, E., et al. (2020). « Imagery rescripting and eye movement desensitisation and reprocessing as treatment for adults with post-traumatic stress disorder from childhood trauma: randomised clinical trial ». The British Journal of Psychiatry, 217(5), 609–615. doi:10.1192/bjp.2020.158
Tangney, J. P., et Dearing, R. L. (2002). Shame and Guilt. New York : Guilford Press.
Resick, P. A., Nishith, P., Weaver, T. L., Astin, M. C., et Feuer, C. A. (2002). « A comparison of cognitive-processing therapy with prolonged exposure and a waiting condition for the treatment of chronic posttraumatic stress disorder in female rape victims ». Journal of Consulting and Clinical Psychology, 70(4), 867–879. Cité par Wells et al. (2026).
Une scène qui vous brûle encore, une voix intérieure qui ne vous laisse pas en paix, ou les deux : un premier rendez-vous suffit pour décider ensemble par où commencer.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.