Types de traumatisme : ce que disent la CIM-11 et le DSM-5-TR, et un test pour vous situer
Un accident, des années de tension à la maison, une enfance passée à se débrouiller seul, un deuil qui ne passe pas : chacun de ces vécus peut laisser une trace, mais jamais exactement la même. Connaître les différents types de traumatisme aide à mettre des mots justes sur ce qui s’est passé et sur ce qui en reste aujourd’hui.
Cette page présente les catégories officielles de la classification de l’OMS (CIM-11) et du manuel américain (DSM-5-TR), les notions que les cliniciens utilisent au quotidien, puis un test d’orientation de 18 questions qui dessine votre profil sous forme de jauges.
- TSPT
- TSPT complexe
- Stress aigu
- Deuil prolongé
- Attachement
- Type I et type II
- Petits t, grands T
Pourquoi distinguer les types de traumatisme ?
Le mot « trauma » sert aujourd’hui à tout dire, du choc d’un accident à une remarque blessante entendue à l’école. Cette inflation brouille les repères. Deux personnes qui traversent le même événement n’en garderont pas les mêmes séquelles, et deux histoires très différentes peuvent produire des difficultés qui se ressemblent.
Les classifications médicales ne classent donc pas des événements, mais des façons de souffrir après un événement : quels symptômes, depuis combien de temps, avec quel poids sur la vie quotidienne. La CIM-11 le dit clairement pour tout son groupe de troubles liés au stress : un facteur de stress identifiable est nécessaire, mais il ne suffit jamais à lui seul.
Pour la personne concernée, savoir de quoi l’on parle change beaucoup de choses. On comprend mieux pourquoi un souvenir précis revient en boucle, pourquoi la confiance en soi a été atteinte, ou pourquoi le chagrin ne s’apaise pas. Pour le thérapeute, ce repérage guide le rythme du soin. En EMDR, la préparation est ajustée à chacun : elle peut être brève quand le vécu est circonscrit, plus longue quand l’instabilité émotionnelle ou la dissociation le demandent.
À retenir
Un type de traumatisme n’est pas une étiquette collée sur une personne. C’est une manière d’organiser la compréhension de ce qui s’est passé, pour choisir un soin adapté. Seul un professionnel peut poser un diagnostic, après un entretien clinique.
CIM-11 et DSM-5-TR : deux façons de classer les traumatismes
Deux références dominent la psychiatrie. La CIM-11 est la classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé. Adoptée par l’Assemblée mondiale de la santé en mai 2019, elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Les troubles mentaux y occupent le chapitre 6, et les troubles liés au trauma forment un bloc appelé, en traduction usuelle, « troubles spécifiquement associés au stress » (codes 6B40 à 6B45).
Le DSM-5-TR est la version révisée, publiée en 2022 par l’Association américaine de psychiatrie, du manuel diagnostique paru en 2013. Il regroupe ces tableaux dans un chapitre consacré aux troubles liés aux traumatismes et au stress.
Leur philosophie diffère. La CIM-11 a choisi des définitions courtes, centrées sur quelques signes essentiels, et elle sépare le TSPT du TSPT complexe. Le DSM-5-TR garde un seul TSPT, décrit de façon beaucoup plus large, qui englobe une partie des difficultés propres aux traumas répétés.
Les intitulés français cités ici sont des traductions courantes. Les critères du DSM-5-TR sont résumés à partir de sources secondaires reconnues, le texte intégral du manuel étant payant.
Le trouble de stress post-traumatique, premier des types de traumatisme reconnus
Le TSPT est le tableau le plus connu, et celui pour lequel l’EMDR a été le plus étudiée. Il suppose un événement d’une gravité particulière, puis des symptômes qui s’installent dans la durée.
Dans la CIM-11 (6B40)
L’OMS parle d’un événement ou d’une série d’événements extrêmement menaçants ou horribles. Trois éléments doivent être présents ensemble :
- Revivre au présent : souvenirs qui s’imposent avec une grande netteté, retours en arrière (flashbacks), cauchemars, souvent accompagnés d’une peur intense et de sensations physiques fortes.
- Éviter : tenir à distance les pensées, les lieux, les personnes ou les activités qui rappellent ce qui s’est passé.
- Rester en alerte : sentiment persistant d’une menace actuelle, vigilance permanente, sursauts au moindre bruit.
Ces signes durent au moins plusieurs semaines et pèsent nettement sur la vie personnelle, familiale, sociale, scolaire ou professionnelle.
Dans le DSM-5-TR
Le manuel américain précise davantage ce qu’il entend par événement traumatique : une mort réelle ou une menace de mort, une blessure grave ou des violences sexuelles. On peut y être confronté de quatre façons : le vivre soi-même, en être témoin direct, apprendre qu’un proche l’a subi de façon violente ou accidentelle, ou être exposé de manière répétée à des détails pénibles dans le cadre de son métier. Les images vues dans les médias ne comptent que dans ce cadre professionnel.
Les symptômes se répartissent en quatre groupes, soit vingt symptômes au total, et doivent durer plus d’un mois.
Les quatre groupes de symptômes du DSM-5-TR, en langage courant
- Les intrusions (au moins un symptôme sur cinq) : souvenirs envahissants, cauchemars, impression que la scène se rejoue, détresse ou réactions physiques face à ce qui la rappelle.
- L’évitement (au moins un sur deux) : fuir les souvenirs et les pensées, ou les rappels extérieurs.
- Les changements dans les pensées et l’humeur (au moins deux sur sept) : trous de mémoire sur une partie de l’événement, croyances très négatives sur soi ou le monde, culpabilité, émotions négatives durables, perte d’intérêt, sentiment de détachement, difficulté à ressentir de la joie.
- Les changements de l’éveil et des réactions (au moins deux sur six) : irritabilité, prises de risque, hypervigilance, sursauts, difficultés de concentration, troubles du sommeil.
Deux précisions possibles : forme dissociative et expression retardée
Le DSM-5-TR permet d’ajouter la mention « avec symptômes dissociatifs » lorsque la personne vit, de façon persistante ou répétée, une impression d’être détachée d’elle-même ou que le monde devient irréel. Ce sujet est développé sur la page déréalisation et dépersonnalisation.
La mention « à expression retardée » s’applique quand le tableau complet n’apparaît qu’au moins six mois après l’événement. Un trauma peut donc se manifester bien après coup.
Chez les enfants de six ans et moins, le manuel prévoit des critères distincts, mieux adaptés à leur façon d’exprimer la peur, souvent par le jeu ou le comportement. Voir la page EMDR chez l’enfant et l’adolescent.
Combien de personnes sont concernées ? Aux États-Unis, le Manuel MSD estime qu’environ 6 à 7 % des adultes connaîtront un TSPT au cours de leur vie. Aucun chiffre français comparable n’est cité ici, faute de source vérifiée.
Trauma complexe et TSPT complexe : quand les blessures se répètent
En 1992, la psychiatre américaine Judith Herman a proposé de distinguer le trauma « simple », lié à un événement circonscrit, du trauma « complexe », né d’une emprise prolongée dont on ne peut pas s’échapper. Près de trente ans plus tard, l’OMS a fait entrer une partie de cette idée dans la CIM-11.
Le TSPT complexe dans la CIM-11 (6B41)
Il apparaît le plus souvent après des événements extrêmement menaçants, prolongés ou répétés, dont la fuite était difficile ou impossible. L’OMS cite par exemple la torture, l’esclavage, les violences conjugales prolongées ou les maltraitances physiques ou sexuelles répétées dans l’enfance.
Pour le reconnaître, tous les éléments du TSPT doivent être présents. S’y ajoutent trois difficultés durables, regroupées sous le nom de perturbations de l’organisation de soi :
Les émotions
Une grande difficulté à les réguler : elles montent très vite et très fort, ou s’éteignent jusqu’à l’engourdissement.
L’image de soi
Se sentir diminué, vaincu ou sans valeur, avec une honte ou une culpabilité liées à ce qui a été vécu.
Les relations
Des difficultés persistantes à nouer et garder des liens, à se sentir proche des autres.
La CIM-11 ne pose pas les deux diagnostics à la fois : c’est soit un TSPT, soit un TSPT complexe. Le type d’histoire vécue est un facteur de risque, pas une condition stricte. Des travaux de chercheurs britanniques et irlandais rappellent qu’une personne exposée à des traumas répétés peut développer un TSPT simple, et qu’un événement unique peut, plus rarement, conduire à un tableau complexe.
Une étude menée en 2019 sur un échantillon représentatif d’adultes américains, avec les critères de la CIM-11, retrouvait 3,4 % de TSPT et 3,8 % de TSPT complexe. Les traumatismes cumulés dans l’enfance étaient davantage associés à la forme complexe.
À retenir
« Trauma complexe » décrit une histoire de vie. « TSPT complexe » est un diagnostic précis, qui n’existe que dans la CIM-11 : le DSM-5-TR ne l’a pas retenu.
Et le DSM-5-TR, comment traite-t-il ces situations ?
L’Association américaine de psychiatrie n’a pas créé de catégorie séparée. Son TSPT, plus large que celui de l’OMS, inclut déjà des croyances négatives sur soi, de la culpabilité, un détachement des autres. Une partie des personnes qui relèveraient d’un TSPT complexe selon la CIM-11 reçoivent donc, aux États-Unis, un diagnostic de TSPT, parfois associé à d’autres troubles.
Choc récent, trouble de stress aigu et trouble de l’adaptation
Tout le monde ne réagit pas à un choc par un TSPT. Dans les jours qui suivent, beaucoup de personnes ressentent une agitation, une sidération, des images qui reviennent. Les deux classifications ne rangent pas ces réactions au même endroit.
Le trouble de stress aigu (DSM-5-TR)
Le DSM-5-TR décrit un trouble de stress aigu lorsque, après un événement du même type que pour le TSPT, au moins neuf symptômes sur quatorze sont présents, répartis entre intrusions, humeur négative, dissociation (impression d’irréalité, trou de mémoire sur une partie de la scène), évitement et état d’alerte. Il se situe entre trois jours et un mois après les faits. Au-delà, on discute d’un TSPT.
La réaction aiguë de stress (CIM-11)
L’OMS a fait un choix différent : la réaction aiguë de stress (code QE84) n’est plus classée parmi les troubles mentaux. Elle figure parmi les facteurs qui influencent l’état de santé. Le message est rassurant : une réaction intense dans les premiers jours est considérée comme une réponse attendue face à l’anormal, pas comme une maladie. Si elle ne s’apaise pas, un avis professionnel reste utile. La page EMD, EMDr, EMDR présente les façons de travailler après un événement récent.
Le trouble de l’adaptation (CIM-11 6B43 et DSM-5-TR)
Ici, nul besoin d’un événement extrême. Une séparation, une maladie, des difficultés financières, un conflit au travail ou en famille peuvent suffire à faire vaciller. La personne reste préoccupée par ce qui lui arrive, rumine, s’inquiète, et n’arrive plus à fonctionner comme avant.
- Selon la CIM-11, les difficultés débutent en général dans le mois qui suit et se résolvent le plus souvent en six mois, sauf si la source de stress dure.
- Selon le DSM-5-TR, elles apparaissent dans les trois mois et ne se prolongent pas plus de six mois après la fin du facteur de stress. Le manuel distingue des formes à dominante dépressive, anxieuse, comportementale ou mixte.
Quand l’inquiétude prend toute la place, la page EMDR et anxiété détaille ce que l’on sait aujourd’hui.
Le deuil prolongé, un trouble lié au stress à part entière
Le chagrin après la mort d’un proche n’est pas une maladie. Il peut être long, il peut revenir par vagues, et chaque culture a ses rythmes. Pourtant, chez certaines personnes, la douleur reste figée au même niveau, comme si le temps ne faisait plus son travail. Les deux classifications reconnaissent désormais ce tableau.
Manque intense de la personne disparue ou pensées constamment tournées vers elle, avec une douleur émotionnelle forte : tristesse, culpabilité, colère, difficulté à accepter la mort, impression d’avoir perdu une part de soi, engourdissement. Au moins six mois après le décès, et nettement au-delà de ce qu’attendent la culture et le milieu de la personne.
Au moins douze mois après le décès chez l’adulte, six mois chez l’enfant et l’adolescent. Le manque ou la préoccupation sont présents presque chaque jour depuis au moins un mois, avec au moins trois signes sur huit, comme un sentiment d’identité bouleversée, l’incrédulité, une vie qui paraît vide de sens ou une solitude intense.
Un deuil long mais conforme aux usages de sa culture reste un deuil normal. Les cliniciens parlent aussi de deuil traumatique lorsque la mort a été brutale ou violente : le choc des circonstances s’ajoute alors à la perte. Ces situations sont abordées sur la page EMDR, phobies, deuil et douleur.
Attachement et trauma développemental : les blessures de l’enfance
Deux diagnostics stricts, réservés à l’enfant
La CIM-11 et le DSM-5-TR contiennent deux troubles de l’attachement, réservés à des situations de carence de soins grave : négligence sévère, maltraitance, changements répétés de figure de référence, placement en institution.
- Le trouble réactionnel de l’attachement (CIM-11 6B44) : l’enfant recherche peu ou pas le réconfort, même lorsqu’un adulte attentif est présent, et y répond peu.
- Le trouble de l’engagement social désinhibé (CIM-11 6B45) : l’enfant va vers des inconnus sans réserve, se montre trop familier, peut partir avec un étranger sans hésiter.
Les signes apparaissent avant cinq ans. Ces diagnostics ne se posent pas avant un âge de développement d’environ neuf mois. Le trouble réactionnel de l’attachement, en particulier, est écarté en cas de trouble du spectre de l’autisme.
Le traumatisme d’attachement, une notion clinique
Bien plus fréquemment, les cliniciens rencontrent des enfants et des adultes dont les blessures sont nées dans une relation dont ils dépendaient, sans aller jusqu’à ces troubles. On parle alors de traumatisme d’attachement : négligence, violences, exposition aux disputes violentes entre adultes, soins médicaux lourds très tôt, séparations ou placements. Ce n’est pas un code de classification, mais une façon de penser la clinique, que des autrices américaines ont articulée avec l’EMDR et la thérapie familiale. La page traumatisme d’attachement et EMDR lui est consacrée.
Enfant qui rejette un parent
Aucune classification ne contient de diagnostic d’« aliénation parentale », et le rejet d’un parent après une séparation ne doit pas être confondu avec les troubles de l’attachement ci-dessus. La souffrance de l’enfant pris dans un conflit de loyauté est pourtant bien réelle. Elle est abordée sur la page rejet d’un parent et blessures du lien et dans la rubrique parents en conflit et rejet d’un parent.
Le trouble traumatique du développement
En 2009, le psychiatre Bessel van der Kolk et le réseau américain consacré au stress traumatique de l’enfant ont proposé un « trouble traumatique du développement », pour décrire les effets des violences relationnelles chroniques sur un enfant qui grandit. Cette proposition n’a été retenue ni dans le DSM-5 ni dans le DSM-5-TR, faute de consensus, et elle n’existe pas comme telle dans la CIM-11. Elle reste une référence utile pour comprendre certaines trajectoires.
Type I, type II, petits t et grands T : les types de traumatisme vus par les cliniciens
À côté des classifications officielles, des notions plus anciennes ou propres à certaines écoles aident à penser la clinique. Aucune n’a valeur de diagnostic.
Type I et type II
La psychiatre Lenore Terr a décrit en 1991 deux grandes formes de traumas de l’enfance. Le type I correspond à un événement unique, soudain et limité dans le temps. Le type II désigne des événements répétés ou prolongés dont l’enfant ne peut pas s’échapper, comme des violences intrafamiliales, qui mobilisent des défenses plus massives : déni, engourdissement psychique, dissociation.
Type III
Moins répandue, cette catégorie proposée par Solomon et Heide en 1999 décrit des événements multiples, violents et envahissants survenus très tôt dans la vie.
Grands T
Dans le modèle de Francine Shapiro, les « grands T » sont les événements traumatiques majeurs au sens des classifications : menace vitale, violence physique ou sexuelle, catastrophe.
Petits t
Les « petits t » sont des expériences plus ordinaires, moqueries, critiques répétées, humiliations, qui peuvent rester mal digérées par la mémoire et nourrir des croyances comme « je ne vaux rien ». Ils ne remplissent pas le critère d’événement du TSPT.
Pourquoi les petits t comptent-ils autant en EMDR ?
Le modèle du traitement adaptatif de l’information part de l’idée que certains souvenirs restent stockés de façon isolée, avec les émotions et les sensations du moment. Peu importe alors que l’événement ait été spectaculaire ou non : c’est la façon dont il a été enregistré qui entretient la difficulté actuelle. Ce modèle guide la pratique clinique ; son mécanisme cérébral n’est pas encore établi de façon définitive. Les liens entre petits t et estime de soi sont développés sur une page dédiée.
Tableau comparatif des types de traumatisme : CIM-11 et DSM-5-TR
| Tableau | CIM-11 (OMS) | DSM-5-TR (APA) |
|---|---|---|
| TSPT | 6B40. Trois éléments : revivre, éviter, alerte. Au moins plusieurs semaines. | Présent. Quatre groupes, 20 symptômes. Plus d’un mois. Mentions possibles « dissociatif » et « retardé ». |
| TSPT complexe | 6B41. TSPT et perturbations de l’organisation de soi (émotions, image de soi, relations). | Absent. Une partie de ces difficultés entre dans le TSPT. |
| Réaction ou trouble de stress aigu | Réaction aiguë de stress, QE84, hors troubles mentaux. | Trouble de stress aigu : de 3 jours à 1 mois, 9 symptômes sur 14. |
| Deuil prolongé | 6B42. Au moins 6 mois après le décès. | Ajouté en 2022. 12 mois chez l’adulte, 6 mois chez l’enfant. |
| Trouble de l’adaptation | 6B43. Début en général dans le mois, résolution habituelle en 6 mois. | Début dans les 3 mois, pas plus de 6 mois après la fin du stress. |
| Trouble réactionnel de l’attachement | 6B44. Carence de soins grave, avant 5 ans. | Présent, critères proches. |
| Engagement social désinhibé | 6B45. Familiarité sans réserve avec les inconnus. | Présent, critères proches. |
| Trauma complexe, type I et II, petits t | Notions cliniques, absentes des deux classifications comme diagnostics. | |
Sur petit écran, faites glisser le tableau horizontalement.
Test d’orientation : quel type de traumatisme ressemble à votre vécu ?
Ces 18 questions originales, réparties en quatre thèmes, dessinent un profil : elles indiquent la famille de vécus dont votre histoire se rapproche le plus. Répondez spontanément, en pensant au dernier mois pour ce qui concerne le présent.
Ce test n’est pas un diagnostic
Il s’agit d’un outil d’orientation et de réflexion, qui ne remplace pas une évaluation par un professionnel. Aucune réponse n’est enregistrée ni envoyée : tout reste dans votre navigateur et disparaît quand vous quittez la page. Si certaines questions réveillent une détresse forte, vous pouvez arrêter à tout moment.
L’EMDR selon les types de traumatisme : ce que l’on sait
L’EMDR n’est pas un soin unique appliqué à tous de la même manière. Le niveau de preuve varie beaucoup selon le tableau, et il vaut mieux le dire franchement.
TSPT : les données les plus solides
Pour le TSPT de l’adulte, l’EMDR figure parmi les psychothérapies recommandées par l’OMS (2013), par la Société internationale d’étude du stress traumatique (ISTSS, 2019, recommandation forte) et par l’institut britannique NICE (2018, avec une réserve pour les traumas liés au combat). Chez l’enfant, l’ISTSS formule aussi une recommandation forte en 2019, mais les études restent moins nombreuses que chez l’adulte. La page EMDR, une thérapie reconnue fait le point sur ces textes.
TSPT complexe : une préparation ajustée
Aucune recommandation officielle propre à l’EMDR dans le TSPT complexe n’a été trouvée à ce jour ; l’ISTSS a annoncé de nouveaux textes. Un essai néerlandais publié en 2024, mené auprès de 135 personnes souffrant d’un TSPT lié à des abus répétés dans l’enfance, n’a pas montré de différence d’efficacité entre un EMDR commencé directement et un EMDR précédé d’un programme de stabilisation. La stabilisation longue n’est donc pas nécessaire pour tout le monde. Le repérage d’un éventuel trouble dissociatif reste en revanche indispensable avant de travailler sur les souvenirs, comme l’explique la page EMDR et dissociation.
Deuil prolongé, adaptation, petits t : des pistes encore à confirmer
Pour le deuil, les premiers essais sont encourageants, surtout après une mort brutale, mais aucun n’a encore porté sur des personnes ayant reçu un diagnostic de trouble du deuil prolongé. Une thérapie spécifique du deuil compliqué dispose aujourd’hui d’appuis plus solides. Pour le trouble de l’adaptation et les petits t, les données sont limitées : l’EMDR y est utilisée en pratique clinique, à partir du modèle du traitement adaptatif de l’information, sans le même niveau de preuve que pour le TSPT. Les précautions sont détaillées sur la page indications et limites de l’EMDR.
L’intérêt d’une approche intégrative
Plus l’histoire est longue et relationnelle, plus il est précieux de ne pas réduire le soin à une technique. L’écoute analytique aide à comprendre ce que le trauma est venu toucher dans l’histoire du sujet et dans ses liens. Les outils des thérapies cognitives et comportementales apportent des repères concrets pour réguler l’angoisse et reprendre pied. L’EMDR permet de retraiter les souvenirs qui restent à vif. Au cabinet, ces trois regards se complètent selon ce que chaque personne apporte. Voir l’approche intégrative, EMDR et psychanalyse et EMDR et TCC, ainsi que les pages générales psychanalyse et thérapies cognitives et comportementales.
Comment se passe un premier rendez-vous quand on pense avoir vécu un trauma ?
Le premier temps sert à faire connaissance et à retracer l’histoire, sans obligation de tout raconter en détail. Le thérapeute évalue ce qui domine aujourd’hui, les ressources disponibles, la présence éventuelle de dissociation, et propose un plan de travail. Un bilan psychologique peut compléter ce repérage lorsque la situation le demande. Le déroulé complet est décrit sur la page déroulement d’une séance EMDR.
Questions fréquentes sur les types de traumatisme
Quels sont les différents types de traumatismes ?
Les classifications décrivent surtout des troubles : TSPT, TSPT complexe (CIM-11 seulement), trouble de stress aigu (DSM-5-TR), deuil prolongé, trouble de l’adaptation et deux troubles de l’attachement chez l’enfant. Les cliniciens utilisent aussi des notions non officielles : trauma de type I (un événement) et de type II (des événements répétés), trauma complexe, petits t et grands T.
Quelle différence entre trauma simple et trauma complexe ?
Le trauma simple renvoie à un événement circonscrit, comme un accident ou une agression. Le trauma complexe désigne des violences répétées ou prolongées, souvent dans une relation dont on dépend, dont on ne peut pas s’échapper. Il touche plus souvent la régulation des émotions, l’image de soi et les relations.
Qu’est-ce que le TSPT complexe dans la CIM-11 ?
C’est le code 6B41 de la classification de l’OMS. Il réunit tous les éléments du TSPT et trois difficultés durables : régulation des émotions, image de soi abîmée, difficultés relationnelles. Le DSM-5-TR américain ne contient pas ce diagnostic.
Comment savoir si l’on souffre d’un traumatisme ?
Des souvenirs qui s’imposent, l’évitement de ce qui rappelle l’événement, un état d’alerte permanent, ou encore une honte et des difficultés relationnelles persistantes peuvent alerter. Un questionnaire d’orientation aide à réfléchir, mais seul un entretien avec un professionnel permet de poser un diagnostic.
Un trauma peut-il se manifester des années après ?
Oui. Le DSM-5-TR prévoit une forme « à expression retardée », lorsque le tableau complet apparaît au moins six mois après l’événement.
Le deuil prolongé fait-il partie des troubles liés au trauma ?
Oui, dans les deux classifications. La CIM-11 le range parmi les troubles spécifiquement associés au stress (6B42, au moins six mois après le décès). Le DSM-5-TR l’a ajouté en 2022 à son chapitre des troubles liés aux traumatismes et au stress, avec un délai de douze mois chez l’adulte.
Faut-il avoir vécu un « grand T » pour consulter en EMDR ?
Non. L’EMDR est aussi utilisée pour des souvenirs plus ordinaires qui continuent de peser, ce que l’on appelle des petits t. Les preuves scientifiques sont solides surtout pour le TSPT et plus limitées pour ces autres situations : le thérapeute en discute avec vous.
Besoin d’aide maintenant
Si vous êtes en danger ou si vos pensées deviennent trop lourdes, n’attendez pas un rendez-vous.
- 3114Numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, pour les personnes en détresse et leurs proches.
- 15 ou 112Urgence médicale (Samu) ou numéro d’urgence européen, en cas de danger immédiat.
- 119Allô Enfance en danger, gratuit, 24 h sur 24, pour un enfant victime ou témoin de violences ou de négligence.
- 3919Écoute des femmes victimes de violences, gratuite et anonyme, 7 jours sur 7 (de 9 h à 22 h en semaine, de 9 h à 18 h le week-end et les jours fériés).
- 114Numéro d’urgence pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Mettre des mots sur votre histoire
Que votre vécu tienne en un événement ou en des années, un premier entretien permet de faire le point, à votre rythme, et de construire un accompagnement qui associe, si besoin, l’EMDR, l’écoute analytique et les outils des TCC.
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