EMDR et psychanalyse : deux approches qui se parlent
On les oppose souvent, comme si l'on devait choisir son camp. Pourtant l'EMDR et la psychanalyse partent d'une même intuition : un passé mal digéré continue d'agir au présent, dans le corps, les liens et les choix de vie. L'EMDR retraite les souvenirs qui restent à vif, la psychanalyse écoute ce qui se répète et cherche à lui donner sens. Cette page raconte leur histoire commune, leurs désaccords réels et la façon dont, au cabinet, elles peuvent se préparer l'une l'autre.
Lecture : environ 15 minutes, avec un quiz interactif en fin de page.
EMDR et psychanalyse : pourquoi les mettre côte à côte ?
Quand une personne arrive en consultation après un événement qui l'a marquée, ou parce qu'elle répète des scénarios qui la font souffrir sans savoir pourquoi, elle ne demande pas une école de pensée. Elle demande que ça change. Les praticiens, eux, ont été formés dans des traditions qui se sont longtemps regardées de loin. La psychanalyse s'est construite à partir de la fin du XIXe siècle autour de la parole et de l'inconscient. L'EMDR est née à la fin des années 1980, dans un cadre de pensée plutôt comportemental, autour du traitement des souvenirs traumatiques.
Ces deux approches ne se recouvrent pas, et les confondre serait une erreur. Elles partagent pourtant des questions de fond : comment un souvenir peut-il rester actif des années plus tard ? Pourquoi certaines expériences se rejouent-elles dans les relations ? Que se passe-t-il quand on laisse venir les pensées sans les trier ? Depuis la fin des années 1990, des cliniciens de culture analytique ont publié sur ce dialogue : la Bibliothèque Héritage Francine Shapiro, qui recense les publications sur l'EMDR, en garde plusieurs traces, des communications de congrès aux livres.
L'EMDR
Une psychothérapie structurée en huit phases, qui associe l'évocation d'un souvenir perturbant à des stimulations bilatérales alternées (mouvements des yeux, sons ou tapotements) pour aider la mémoire à le retraiter.
La psychanalyse
Une méthode d'écoute fondée sur la parole libre, attentive au rêve, au lapsus, à la répétition et à ce qui se rejoue dans la relation avec l'analyste, pour faire apparaître le sens caché d'une souffrance.
Leur articulation
Une pratique où l'on choisit l'outil selon le moment : comprendre ce qui se répète, retraiter un souvenir resté figé, puis reprendre le fil du sens. C'est le cœur de l'approche intégrative.
Une histoire commune, de Janet et Freud à Francine Shapiro
L'histoire de la psychothérapie du trauma ne commence pas avec l'EMDR. Bien avant les stimulations bilatérales, des médecins européens observaient déjà que certains souvenirs, restés à l'écart de la conscience ordinaire, entretenaient des symptômes. Les sources francophones de l'EMDR citent d'ailleurs volontiers Pierre Janet, et l'Institut Français d'EMDR présente la méthode comme héritière à la fois de la psychanalyse, des thérapies cognitives et comportementales, de l'hypnose éricksonienne, de la systémie et des travaux de Janet.
- 1889Pierre Janet publie L'automatisme psychologique. Il y décrit des souvenirs traumatiques qui restent isolés, en fragments, hors de l'histoire que la personne se raconte. Le modèle de l'EMDR se réfère encore à cette idée de souvenirs non intégrés.
- 1895Sigmund Freud et Josef Breuer publient les Études sur l'hystérie. Leur méthode, dite cathartique, cherche à soulager les symptômes en ramenant à la parole le souvenir et l'émotion qui lui reste attachée.
- Vers 1896Freud délaisse peu à peu l'hypnose au profit de l'association libre : dire ce qui vient, sans trier. Cette règle devient le socle de la cure analytique.
- 1987Francine Shapiro remarque, au cours d'une promenade, que des pensées pénibles perdent de leur force pendant que ses yeux font des allers-retours spontanés. Elle reproduit ensuite volontairement ces mouvements.
- 1989Premières publications de la méthode, alors appelée EMD (désensibilisation par les mouvements oculaires), dont une étude auprès de 22 personnes marquées par des souvenirs traumatiques, parmi lesquelles des vétérans de la guerre du Vietnam.
- 1991Le « R » de retraitement s'ajoute : l'EMD devient EMDR, dans un article paru dans une revue de thérapie comportementale. Voir EMD, EMDr, EMDR : trois pratiques.
- 1994Première formation à l'EMDR organisée en France.
- 1999Au congrès international de l'EMDR, Paul L. Wachtel compare l'EMDR et la thérapie psychanalytique et s'interroge sur ce que chacune pourrait apporter à l'autre.
- 2001Au congrès européen de l'EMDR, Phil Mollon présente des perspectives psychanalytiques sur l'EMDR.
- 2007Jennifer Leighton décrit, dans la revue Psychoanalytic Perspectives, l'intégration de l'EMDR dans une pratique analytique inspirée de la psychologie du self et de l'intersubjectivité.
- 2016Parution en français de Trois approches du soin psychique en dialogue : TCC, EMDR et psychanalyse (J. Palazzolo, A. Quaderi, J.-M. Vives).
- 2017Hemda Arad publie un ouvrage qui relie psychanalyse relationnelle, attachement, neurosciences et EMDR, avec de nombreux exemples cliniques.
- 2026Dans Frontiers in Psychology, G. Bedeschi et A. Onofri proposent un cadre théorique qui associe une lecture psychodynamique de la relation et l'EMDR dans les traumatismes d'attachement.
Francine Shapiro a reçu le prix international Sigmund Freud pour sa contribution à la psychothérapie. La fondatrice d'une méthode née hors du champ analytique a donc été distinguée par un prix qui porte le nom du père de la psychanalyse.
Freud et le trauma : un chemin sinueux
Freud a d'abord pensé que des traumatismes réels de l'enfance expliquaient les névroses, puis, à partir de 1897, il a donné une place centrale au fantasme et au conflit psychique. Cette inflexion a longtemps orienté la psychanalyse vers le monde interne plus que vers l'événement. Elle n'a jamais effacé la question du trauma : l'expérience des névroses de guerre a conduit Freud, en 1920, à réfléchir dans Au-delà du principe de plaisir à ces rêves qui ramènent sans cesse à la scène de l'accident, et à la compulsion de répétition. Sándor Ferenczi, proche de Freud, a de son côté insisté, au début des années 1930, sur la réalité des abus subis par les enfants et sur le silence dont les adultes les entourent, qui aggrave la blessure.
Aujourd'hui, de nombreux analystes travaillent avec des personnes traumatisées, et l'idée qu'un événement réel peut désorganiser durablement le psychisme fait partie du paysage commun des deux approches.
Pierre Janet, l'ancêtre que les deux approches se partagent
Contemporain de Freud, Pierre Janet a décrit la dissociation comme une « désagrégation psychologique » après des événements trop violents pour être intégrés. Il a aussi proposé une progression du soin en plusieurs temps : stabiliser, travailler les souvenirs, puis réintégrer la personne dans sa vie. Ce modèle par phases inspire encore aujourd'hui la façon dont l'EMDR s'adapte aux personnes très dissociées, avec une longue préparation avant tout retraitement. En France, un diplôme universitaire d'EMDR a d'ailleurs été ouvert en 2010 à l'Université de Lorraine, en lien avec le Centre Pierre Janet. Pour aller plus loin, voir la page EMDR et dissociation.
Ce que chacune regarde dans la souffrance
Pour comprendre ce qui rapproche et distingue l'EMDR et la psychanalyse, le plus simple est de les comparer point par point. Ce tableau ne cherche pas à désigner une gagnante. Il montre que les deux approches ne posent pas tout à fait la même question au symptôme.
| Dimension | EMDR | Approche psychanalytique |
|---|---|---|
| Point de départ | Des souvenirs insuffisamment traités, restés chargés d'émotions, d'images et de sensations, selon le modèle du traitement adaptatif de l'information. | Le conflit psychique, le désir, les fantasmes et ce qui se répète dans la vie et les liens. |
| Cadre | Un protocole en huit phases, avec des cibles choisies ensemble et des mesures régulières de la perturbation. | Un cadre régulier et ouvert : pas de programme, la séance suit ce qui vient. |
| Rôle de la parole | Courte entre les séries de stimulations : on note ce qui vient sans le commenter longuement. Il n'est pas nécessaire de raconter l'événement en détail. | Centrale : c'est en parlant librement que les liens apparaissent et se transforment. |
| Place du corps | Les sensations corporelles sont observées et font partie du retraitement. | Le corps parle surtout à travers le symptôme et ce qui s'en dit. |
| Relation thérapeutique | Une alliance sécurisante, un accordage qui permet de rester dans une zone émotionnelle supportable. | Le transfert est un outil : ce qui se rejoue avec l'analyste est entendu et travaillé. |
| Durée | Variable. L'association EMDR France évoque souvent 3 à 15 séances, davantage quand les traumatismes sont multiples ou que la dissociation est importante. | Souvent plus longue, sans durée fixée à l'avance. |
| Ce qu'on vise | Que le souvenir ne soit plus vécu comme une menace actuelle et qu'il se relie à des croyances plus justes sur soi. | Une transformation de la position subjective : comprendre d'où l'on parle, ce que l'on répète, ce que l'on désire. |
En 1999, Paul Wachtel décrivait déjà cet écart : l'EMDR, marquée par la pensée cognitive et comportementale, suit des protocoles précis centrés sur des troubles, quand la psychanalyse s'intéresse au caractère, aux relations et aux structures psychiques. Sa présentation avançait aussi que les idées analytiques pourraient enrichir la pratique de l'EMDR, et que les outils de l'EMDR pourraient élargir la palette des cliniciens analystes.
Associations libres et retraitement EMDR : la vraie différence de technique
C'est souvent la surprise des analystes qui découvrent l'EMDR. Pendant le retraitement, après chaque série de stimulations, le praticien demande simplement ce qui vient. Et il vient beaucoup de choses : une autre image, une sensation dans la gorge, un souvenir d'enfance qui semble sans rapport, une phrase entendue autrefois. L'Institut Français d'EMDR souligne que ces chaînes d'associations spontanées distinguent l'EMDR d'une simple exposition, qui ne les fait pas surgir.
La ressemblance avec l'association libre est frappante, mais le cadre diffère. En cure analytique, la personne parle et l'analyste écoute, relance, parfois interprète ; le chemin est laissé ouvert. En EMDR, les associations sont accueillies sans interprétation, puis le praticien revient régulièrement à la cible de départ pour vérifier où en est la perturbation. Le processus est libre à l'intérieur d'un cadre.
Un curseur entre le plus cadré et le plus ouvert
On peut se représenter les pratiques sur une même ligne, selon la liberté laissée aux associations. Déplacez le curseur pour découvrir chaque position.
Ce curseur est une représentation proposée sur cette page pour aider à comprendre, pas une classification officielle.
La métaphore de la digestion, partagée par les deux camps
En 2001, Phil Mollon rappelait que le psychanalyste Wilfred Bion comparait l'esprit à un organe qui digère l'expérience émotionnelle. Les sources de l'EMDR parlent elles aussi de souvenirs « mal digérés » que le retraitement aide à intégrer. Mollon en tirait l'idée que les deux méthodes, malgré des techniques très différentes, s'appuient peut-être sur des processus naturels de guérison psychique qui leur sont communs. C'est une hypothèse de clinicien, pas une démonstration.
Pourquoi on ne raconte pas tout en EMDR
Francine Shapiro insistait sur un point qui étonne souvent : en EMDR, il n'est pas obligatoire de décrire l'événement en détail. Pour des personnes qui ne trouvent pas les mots, ou qui ont honte, cela peut rendre le travail possible là où la parole seule bloquait. Le travail analytique peut ensuite accueillir ce qui devient dicible. Pour comprendre la place de la double attention et des stimulations, voir la page sur la stimulation bilatérale alternée.
L'EMDR touche-t-elle à l'inconscient ?
La question revient souvent, et la réponse honnête dépend de ce que l'on appelle inconscient. Le modèle de l'EMDR parle de souvenirs stockés de façon fragmentée, dans une mémoire implicite, sans avoir été reliés au reste de l'histoire personnelle. Ces souvenirs agissent en dehors de la conscience : une odeur, un ton de voix ou une posture suffisent à les réveiller. En ce sens large, oui, l'EMDR travaille avec des contenus qui échappent à la volonté.
L'inconscient freudien est autre chose : un lieu de désirs et de représentations écartés de la conscience parce qu'ils sont en conflit avec le reste du moi. Il ne se laisse pas réduire à une mémoire mal rangée. Aucune étude ne permet d'affirmer que l'EMDR « accède à l'inconscient » au sens analytique. Des auteurs comme Phil Mollon ou Darra Murphy estiment toutefois que ce qu'on observe en séance d'EMDR, notamment les processus physiologiques et associatifs qui se déroulent sans contrôle conscient, mérite l'attention des analystes. Murphy rapproche même ces observations des premiers travaux neuroscientifiques de Freud.
- L'EMDR et la psychanalyse travaillent toutes deux avec ce qui échappe à la conscience, mais avec des modèles différents.
- Le modèle de l'EMDR reste une théorie de travail : le mécanisme exact des stimulations bilatérales est encore discuté (voir la page sur le traitement adaptatif de l'information).
- Comparer les deux approches suppose de respecter le vocabulaire de chacune, sans les fondre l'une dans l'autre.
Les controverses, sans langue de bois
Le dialogue entre EMDR et psychanalyse n'a rien d'un long fleuve tranquille. Les objections existent dans les deux sens, et il est plus utile de les connaître que de les taire.
Ce que des analystes reprochent parfois à l'EMDR
Une technique protocolisée peut sembler aller trop vite et ne pas laisser au symptôme le temps de dire ce qu'il signifie. Certains craignent qu'en apaisant un souvenir, on passe à côté du sens qu'il porte dans l'histoire du sujet. D'autres s'interrogent sur la part de suggestion dans une méthode où le praticien guide le mouvement. Ces réserves sont des positions théoriques, et non des résultats d'études : elles rappellent surtout qu'un retraitement réussi n'épuise pas toujours la question du sens.
Ce que les défenseurs de l'EMDR répondent
Pour le stress post-traumatique, l'EMDR figure parmi les traitements recommandés par plusieurs instances officielles. En France, le guide de la Haute Autorité de santé de 2007 sur les troubles anxieux graves présente la TCC centrée sur le trauma ou l'EMDR comme traitement de choix de l'état de stress post-traumatique. L'Organisation mondiale de la santé recommande également l'EMDR, au même titre que la TCC centrée sur le trauma, pour ce trouble. L'expertise collective de l'Inserm de 2004 retenait quant à elle une efficacité possible des thérapies psychodynamiques brèves dans le stress post-traumatique. Voir la page EMDR reconnue.
Les limites de l'EMDR, dites franchement
Le rôle propre des mouvements oculaires reste débattu. Une méta-analyse de Cuijpers et ses collègues (2020) a montré un effet net face à l'absence de traitement, mais un avantage plus modeste face aux autres thérapies, qui disparaît dans les études à faible risque de biais. Les auteurs jugeaient d'ailleurs la qualité des études trop faible pour conclure de façon définitive. En dehors du stress post-traumatique, les données restent limitées. L'EMDR n'est pas une réponse à tout, et elle n'est pas indiquée de la même manière pour chacun : quand aucun souvenir fondateur n'apparaît, d'autres outils sont souvent plus adaptés. Voir indications et limites de l'EMDR.
Deux idées différentes de la preuve
Wachtel le notait dès 1999 : les deux traditions ne définissent pas de la même façon ce qu'est une validation. L'EMDR s'est construite dans la culture des essais contrôlés, avec des mesures de symptômes. La psychanalyse s'appuie davantage sur l'étude approfondie de cas et sur des changements difficiles à chiffrer, comme la manière d'aimer, de travailler ou de se situer dans sa vie. Comparer leurs résultats sans tenir compte de cet écart revient souvent à comparer des choses qui ne se mesurent pas avec la même règle.
Quand l'une prépare l'autre : six situations types
Les situations ci-dessous sont des exemples généraux, construits pour illustrer le raisonnement clinique. Elles ne décrivent aucune personne réelle.
Un souvenir qui revient sans se transformer
Le travail de parole avance, la personne comprend beaucoup de choses sur elle, mais une scène précise revient en cauchemar ou en flashback, avec la même intensité. Un temps d'EMDR centré sur ce souvenir peut faire baisser sa charge. Le travail analytique reprend ensuite avec ce qui s'est dégagé.
Des associations qui mènent loin
Pendant un retraitement, les associations quittent l'accident récent et filent vers l'enfance, une loyauté familiale, une place occupée depuis toujours. L'EMDR apaise, mais ces contenus demandent un espace pour être pensés. L'écoute analytique leur offre ce temps.
Un retraitement qui tourne en boucle
Les séries se succèdent et rien ne bouge. Ce qui se joue dans la relation thérapeutique, comme une méfiance ou une peur de décevoir, peut expliquer ce blocage. Des auteurs proposent, à titre d'hypothèse, d'attendre que ces attentes relationnelles deviennent visibles avant de choisir la cible, notamment dans les traumatismes d'attachement.
Une scène impossible à raconter
La honte ou la sidération empêchent de décrire ce qui s'est passé. L'EMDR n'exige pas de récit détaillé. Une fois la charge apaisée, la parole devient souvent plus libre, et le travail sur le sens peut s'ouvrir.
Une dissociation importante
Absences, impression d'irréalité, parties de soi qui semblent étrangères : le retraitement attend. On commence par une longue phase de stabilisation et de compréhension, où l'écoute et la relation tiennent une grande place. Voir déréalisation et dépersonnalisation.
Une question de sens sans événement marquant
Un malaise diffus, des choix de vie qui semblent ne pas nous appartenir, aucun souvenir pénible identifiable. Ici, l'approche analytique est souvent la première indication. L'EMDR pourra trouver sa place plus tard si une cible apparaît.
Dans les situations d'anxiété, la même logique s'applique : quand un souvenir fondateur existe, l'EMDR peut le cibler ; quand l'anxiété est entretenue par l'évitement, les outils des TCC font référence ; quand elle prend sens dans l'histoire et les liens, l'écoute analytique éclaire ce qui se répète. Voir la page EMDR et anxiété.
Au cabinet : une pratique vivante, qui s'ajuste à la personne
Au cabinet, la démarche part d'une évaluation attentive : l'histoire de la personne, ce qui l'amène aujourd'hui, ses ressources, les éventuels signes de dissociation. Ensuite, la séance se construit avec elle. Un temps d'écoute, un retraitement EMDR, une parole qui reprend ce que le retraitement a fait remonter, puis de nouveau de l'EMDR : tout cela s'enchaîne naturellement, au rythme de la personne, sans qu'on ait besoin d'annoncer à chaque instant l'outil que l'on utilise.
Cette façon de travailler repose sur la formation et l'expérience du thérapeute, qui connaît bien chacun de ces outils et sait passer de l'un à l'autre quand la situation l'appelle. Elle s'appuie sur une pratique qui croise depuis longtemps la psychanalyse, les thérapies cognitives et comportementales et l'EMDR, et qui s'adresse aux adultes comme aux enfants, aux couples et aux familles. Pour la place des proches, voir EMDR et thérapie familiale ; pour l'enfant, EMDR chez l'enfant et l'adolescent.
- L'EMDR apaise des souvenirs restés à vif ; l'écoute analytique aide à comprendre ce qu'ils ont organisé dans une vie.
- Les deux peuvent se succéder, s'alterner ou se compléter, selon le moment et selon la personne.
- Les données scientifiques sur cette association sont surtout cliniques : articles théoriques, études de cas, ouvrages de praticiens. Elle se pratique et se décrit plus qu'elle ne s'évalue par des essais contrôlés.
Vous souhaitez en savoir plus sur la psychanalyse elle-même ? Consultez la page psychanalyse du site, ou les vidéos consacrées à l'EMDR.
Quiz : ce que chaque approche entend
Douze situations, trois réponses possibles : plutôt EMDR, plutôt approche analytique, ou les deux. Pour chacune, une lecture clinique vous est proposée. Il n'existe pas de réponse unique, et c'est tout l'intérêt du jeu : voir comment chaque approche écoute la même souffrance.
Ce quiz est un jeu de réflexion. Il ne remplace pas une évaluation par un professionnel et ne pose aucun diagnostic. Aucune réponse n'est enregistrée ni envoyée : tout reste dans votre navigateur et s'efface quand vous quittez la page.
Questions fréquentes sur l'EMDR et la psychanalyse
L'EMDR est-elle compatible avec la psychanalyse ?
Oui, de nombreux cliniciens de culture analytique utilisent l'EMDR et ont publié sur cette articulation depuis la fin des années 1990. Dans la pratique, les deux se complètent naturellement : au fil d'une même séance, on peut passer de l'une à l'autre selon ce qui se présente, sans rupture, au rythme de la personne.
Quelle différence entre EMDR et psychanalyse ?
L'EMDR suit un protocole en huit phases et utilise des stimulations bilatérales pour retraiter des souvenirs perturbants ciblés. La psychanalyse repose sur la parole libre et l'écoute de ce qui se répète, sans programme défini, pour faire émerger le sens d'une souffrance.
L'EMDR touche-t-elle à l'inconscient ?
Elle travaille avec des souvenirs et des réactions qui échappent à la conscience, mais son modèle parle de mémoire non intégrée plutôt que d'inconscient au sens freudien. Aucune étude ne permet d'affirmer qu'elle accède à l'inconscient tel que la psychanalyse le conçoit.
Peut-on suivre une psychanalyse et une thérapie EMDR en même temps ?
C'est possible, avec un même thérapeute qui pratique les deux ou avec deux praticiens qui se coordonnent. L'essentiel est que la personne ne soit pas débordée et que chacun sache ce qui se travaille ailleurs. On en parle dès le premier entretien.
Quel intérêt à associer EMDR et approche analytique ?
L'EMDR peut apaiser un souvenir resté à vif là où la parole seule tourne en rond. L'écoute analytique aide à comprendre ce que ce souvenir a organisé dans la vie et les relations, et à travailler ce que le retraitement fait apparaître. Les données sur cette association restent surtout cliniques.
Que deviennent les associations libres pendant l'EMDR ?
Elles existent, mais dans un cadre. Après chaque série de stimulations, la personne dit brièvement ce qui vient, sans interprétation, puis le praticien revient régulièrement au souvenir cible pour vérifier où en est la perturbation.
Un psychanalyste peut-il pratiquer l'EMDR ?
Oui, à condition d'avoir suivi une formation spécifique à l'EMDR. L'association EMDR France décrit le parcours de formation et d'accréditation, et tient un annuaire qui permet de vérifier la formation d'un praticien.
L'EMDR est-elle plus reconnue que la psychanalyse pour le trauma ?
Pour le stress post-traumatique, oui : la HAS (2007) et l'OMS citent l'EMDR, avec la TCC centrée sur le trauma, parmi les traitements recommandés. La psychanalyse est surtout évaluée par d'autres méthodes et répond aussi à d'autres questions que la seule baisse des symptômes.
Parler, retraiter, comprendre : par où commencer ?
Un premier entretien permet de faire le point sur ce qui vous amène, sur votre histoire et sur vos attentes, puis de voir ensemble quel chemin semble le plus juste : une écoute analytique, un travail en EMDR, ou une articulation des deux. Pour bien choisir, la page choisir son thérapeute EMDR rassemble les questions utiles.
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