Différence entre EMD, EMDr et EMDR : trois lettres, trois pratiques
Une lettre de plus ou de moins, et ce n’est plus tout à fait le même travail. Comprendre la différence entre EMD et EMDR, et la place de l’EMDr entre les deux, aide à savoir ce que l’on vous propose réellement en séance. Ces trois sigles ne désignent pas trois méthodes concurrentes : ils décrivent jusqu’où le praticien laisse s’ouvrir le retraitement d’un souvenir, du plus contenu au plus libre.
Cette page reprend l’histoire de ces appellations, explique pourquoi un praticien choisit parfois un cadre plus serré, et vous donne des repères simples pour reconnaître un protocole EMDR complet. Avec, en chemin, des cartes à retourner et un petit jeu pour vérifier ce que vous avez retenu.
Différence entre EMD et EMDR : d’où vient la confusion ?
Dans les conversations, sur les forums et même dans certains articles, « EMD », « EMDr » et « EMDR » sont employés comme s’il s’agissait de la même chose écrite de trois façons. L’Institut Français d’EMDR (IFEMDR) rappelle au contraire que ces sigles correspondent à trois manières distinctes de travailler avec un souvenir qui fait souffrir. Ce qui les distingue tient surtout à la place laissée aux associations qui surgissent pendant les stimulations.
Pour un patient, l’enjeu est concret. Savoir si l’on travaille sur un seul souvenir de façon ciblée, ou si l’on s’engage dans une thérapie qui revisite toute une histoire, change la manière de se préparer, ce que l’on peut attendre d’une séance et la façon d’en parler avec son praticien. Cela évite aussi un malentendu fréquent : croire que l’on reçoit une « version au rabais » quand le praticien choisit délibérément un cadre plus contenu pour vous protéger.
Si vous découvrez tout juste cette thérapie, la page Qu’est-ce que l’EMDR ? pose les bases. Ici, on entre un peu plus dans la mécanique des protocoles.
À retenir
EMD, EMDr et EMDR se rangent sur une même ligne. Ce qui change de l’une à l’autre, c’est l’ouverture du retraitement : très ciblée, partiellement ouverte ou pleinement libre.
Une histoire en quelques dates
Ces trois appellations ne sont pas nées en même temps. Elles racontent l’évolution d’une méthode, puis la réflexion des cliniciens sur la façon de l’adapter à chaque personne.
- Fin des années 1980Francine Shapiro décrit une procédure qu’elle nomme EMD, pour Eye Movement Desensitization : une désensibilisation par les mouvements oculaires.
- 1989Deux articles fondateurs paraissent, l’un dans le Journal of Traumatic Stress, l’autre dans le Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry.
- 1991Dans The Behavior Therapist, Shapiro ajoute le « R » de Reprocessing : l’EMD devient l’EMDR, parce que le souvenir ne fait pas que perdre sa charge, il se réorganise.
- 2008 et 2009Elan Shapiro et Brurit Laub publient leurs travaux sur l’intervention EMDR précoce et le protocole R-TEP, pensé pour les événements récents.
- 2015Au congrès annuel d’EMDR Canada, à Vancouver, Roy Kiessling présente son modèle de continuum de traitement, dans lequel s’inscrit l’EMDr.
- 2018Troisième édition du manuel de référence de Francine Shapiro.
- 2021Un groupe de travail du Council of Scholars publie une définition consensuelle de la thérapie EMDR dans le Journal of EMDR Practice and Research.
EMD, EMDr, EMDR : les trois pratiques en détail
EMD, la cible unique
Faire baisser l’intensité d’un souvenir précis et la netteté des images qui lui sont attachées. Le praticien ramène souvent l’attention vers ce souvenir de départ.
EMDr, l’ouverture mesurée
Les associations sont accueillies, mais le retour vers la cible se fait plus tôt que dans le protocole standard. Le « r » minuscule signale un retraitement plus modeste.
EMDR, la thérapie complète
Une psychothérapie en huit phases, guidée par le modèle du traitement adaptatif de l’information. La personne suit librement ses chaînes d’associations jusqu’à ce que le réseau de souvenirs se réorganise.
L’EMD : désensibiliser un souvenir précis
L’EMD est la procédure des débuts. Son ambition est volontairement limitée : diminuer la charge émotionnelle d’un souvenir donné. Pendant les séries de stimulations bilatérales alternées, les pensées qui s’éloignent de la cible ne sont pas suivies très loin. Le praticien revient régulièrement au souvenir de départ, vérifie où en est la perturbation, puis relance.
Ce cadre serré a une vertu : il limite le risque de voir surgir, en cascade, d’autres souvenirs douloureux que la personne n’est pas encore prête à accueillir. C’est pourquoi il reste utile aujourd’hui, en particulier quand la marge émotionnelle est étroite ou quand le contexte impose de la prudence.
Pour aller plus loin : pourquoi Shapiro a-t-elle changé de nom ?
En observant les effets de la procédure, Francine Shapiro a constaté que le changement allait au-delà d’un simple apaisement. Le souvenir ne devenait pas seulement moins douloureux : il prenait un autre sens, se reliait à des informations plus justes (« c’est fini », « j’ai fait ce que je pouvais ») et changeait de place dans l’histoire de la personne. Le mot « désensibilisation » ne suffisait plus. Le « R » de retraitement a été ajouté pour nommer ce travail de réorganisation de la mémoire.
Le vocabulaire de la stimulation a lui aussi évolué au fil des éditions de son manuel, jusqu’à l’expression « stimulation bilatérale alternée » employée aujourd’hui. Ce changement de mots accompagne une idée que Shapiro défendait elle-même : plusieurs mécanismes sont probablement à l’œuvre. Les mouvements des yeux ne sont d’ailleurs qu’une des formes possibles, à côté des sons et des tapotements. La page stimulation bilatérale alternée y est consacrée.
L’EMDR : retraiter et réorganiser la mémoire
L’EMDR, pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing, est le protocole standard, celui que la plupart des praticiens connaissent. Elle s’appuie sur le modèle du traitement adaptatif de l’information : certaines expériences très difficiles resteraient stockées de façon brute, sans être reliées au reste de la mémoire, et continueraient d’alimenter des réactions disproportionnées dans le présent.
Pendant le retraitement, la personne laisse venir ce qui se présente : une image, une émotion, une sensation dans le corps, un autre souvenir. Le praticien suit le mouvement sans le diriger, tant que le processus avance. Il arrive que des émotions intenses traversent la séance ; elles font partie du travail et le praticien est là pour les contenir. La thérapie se déroule en huit phases et couvre trois temps : les souvenirs passés à l’origine des difficultés, les déclencheurs actuels, puis les situations à venir, avec le scénario du futur.
- Histoire de vie et plan de traitement
- Préparation et stabilisation
- Évaluation de la cible
- Désensibilisation
- Installation de la croyance positive
- Scan corporel
- Clôture de la séance
- Réévaluation à la séance suivante
Les phases 3 à 7, encadrées en or, forment le cœur du retraitement. Pour obtenir l’accréditation auprès d’EMDR France, le futur praticien doit d’ailleurs montrer à un superviseur une séance réelle qui couvre ces cinq phases. Le détail de chaque étape se trouve sur la page déroulement d’une séance d’EMDR.
L’EMDr : un retraitement partiellement ouvert
L’EMDr est une notion proposée par Roy Kiessling dans son modèle de continuum de traitement. Le petit « r » n’est pas une coquille : il signale un retraitement plus modeste que dans l’EMDR complète. La personne peut associer, laisser venir d’autres images ou d’autres émotions, mais le praticien la ramène vers la cible plus tôt qu’il ne le ferait dans le protocole standard.
Ce réglage intermédiaire n’est pas figé. Il s’ajuste au fil de la séance, selon ce que la personne peut traverser. Dans la formation qu’il consacre au passage de l’EMD à l’EMDR, l’IFEMDR rattache aussi à cette réflexion la notion de traitement « télescopique » d’Elan Shapiro et Brurit Laub, liée à leurs travaux sur l’intervention précoce.
Un exemple pédagogique, volontairement générique
Imaginons une personne qui travaille sur le souvenir d’une chute de vélo. En cours de séance lui reviennent d’autres moments où elle s’est sentie seule face à un danger. En EMDR complète, le praticien pourrait laisser ces souvenirs se déployer s’ils avancent. En EMDr, il les accueille un moment, puis propose de revenir à la chute pour voir où en est la perturbation. En EMD, il reviendrait plus vite encore à la chute, en gardant la séance centrée sur ce seul épisode.
Aucun de ces choix n’est « meilleur » dans l’absolu. Le bon réglage dépend de la stabilité de la personne, du moment de la thérapie et de l’objectif fixé ensemble.
Le tableau comparatif des trois pratiques
| Repère | EMD | EMDr | EMDR |
|---|---|---|---|
| Sens du sigle | Désensibilisation par les mouvements oculaires | Désensibilisation avec un retraitement modeste (r minuscule) | Désensibilisation et retraitement |
| Objectif | Apaiser un souvenir précis | Apaiser la cible en laissant une part d’associations | Réorganiser tout le réseau de souvenirs lié à la difficulté |
| Associations | Peu suivies, retour fréquent à la cible | Accueillies, retour à la cible plus précoce | Suivies librement tant que le processus avance |
| Situations qui y orientent | Fragilité, marge émotionnelle étroite, urgence, plan pas encore construit | Situation intermédiaire, réglage au cas par cas | Personne stabilisée, souvenirs bien repérés |
| Cadre | Procédure ciblée | Variante de réglage | Psychothérapie en huit phases, passé, présent et futur |
Protocoles EMDR : un continuum, pas trois écoles
L’idée la plus utile de l’article de l’IFEMDR tient en une image : une ligne sur laquelle on place un curseur. À une extrémité, la désensibilisation la plus contenue ; à l’autre, le retraitement le plus ouvert ; au milieu, l’EMDr. La question clinique n’est donc pas « quel sigle choisir ? » mais « jusqu’où ouvrir le travail, pour cette personne, maintenant ? ».
Faites glisser le curseur ci-dessous pour voir comment s’élargit le champ des associations.
Ce qui oriente le réglage
D’après l’IFEMDR, plusieurs situations invitent à plus de contenance : une personne fragile, une fenêtre de tolérance étroite (c’est-à-dire une faible marge avant d’être débordé par l’émotion), un contexte d’urgence, ou un plan de traitement encore en construction. À l’inverse, une personne stabilisée, dont les souvenirs liés à la difficulté sont bien identifiés, peut aller vers un travail beaucoup plus ouvert.
Ce réglage fin fait partie du savoir-faire du clinicien. Il n’a rien d’un jugement sur la personne. On commence prudemment quand la situation l’exige, et l’on ouvre davantage quand les ressources sont là. Pour les personnes qui vivent une dissociation importante ou un traumatisme complexe, les formations françaises décrivent un travail par paliers, ajusté au rythme de chacun.
Et la définition consensuelle de 2021 ?
En 2021, un groupe de chercheurs et de cliniciens réunis au sein du Council of Scholars a proposé une définition commune de la thérapie EMDR. Ce texte distingue trois niveaux : la psychothérapie EMDR, qui considère la personne dans son ensemble ; les protocoles EMDR, construits pour un problème précis ; et les techniques dérivées, formes raccourcies utilisées en intervention brève ou en complément d’un autre travail.
Cette distinction éclaire bien le trio EMD, EMDr, EMDR, même si le texte ne les relie pas explicitement. Le groupe a aussi cherché à cerner les éléments fondamentaux qui permettent de dire qu’une pratique relève bien de l’EMDR.
À retenir
Un cadre plus contenu n’est pas une thérapie au rabais. C’est un choix clinique pour respecter ce que vous pouvez traverser, et il peut évoluer au fil des séances.
Cartes à retourner : le vocabulaire des protocoles
Touchez ou cliquez une carte (ou utilisez la touche Entrée) pour la retourner et découvrir sa définition.
Jeu : quelle pratique est décrite ?
Neuf descriptions, trois réponses possibles. Pour chacune, choisissez la pratique qui correspond le mieux selon les définitions de cette page. Les situations sont des exemples pédagogiques génériques. Rien n’est enregistré ni envoyé.
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Ce jeu sert à réviser des notions. Il ne dit rien de votre situation et ne remplace pas une évaluation par un professionnel.
EMDR après un événement récent : la place des protocoles précoces
Après un accident, une agression, un deuil brutal ou une catastrophe, le souvenir n’a pas encore eu le temps de se stabiliser. Les réactions sont souvent intenses, changeantes, et la personne n’a pas toujours le recul nécessaire pour retraverser son histoire. C’est dans ce contexte que la réflexion sur les degrés d’ouverture prend tout son sens.
Elan Shapiro et Brurit Laub ont conçu le R-TEP, pour Recent Traumatic Episode Protocol, comme une approche intégrative de l’intervention EMDR précoce. D’après la notice de la Bibliothèque Héritage Francine Shapiro, il vise la période qui suit de près l’événement, avant que le souvenir ne se consolide, et ménage une transition entre les protocoles de type EMD et le protocole standard. Dans son dossier consacré au deuil, l’IFEMDR le cite parmi les protocoles employés, notamment pendant la pandémie de Covid-19.
Une seule séance peut-elle suffire après un choc ?
La question revient souvent. Un mémoire de master soutenu en 2026 à l’université de Cardiff, et recensé par la Bibliothèque Shapiro, a passé en revue les études sur l’EMDR en une seule séance. Il rapporte une baisse des symptômes chez des adultes après un événement traumatique, y compris en intervention précoce. L’autrice reste prudente : peu d’études, petits effectifs, méthodes fragiles, suivi limité. Ces résultats sont préliminaires et ne permettent pas de promettre qu’une séance suffira.
Au cabinet, le nombre de séances n’est jamais fixé à l’avance : il dépend de l’histoire de chacun, de l’objectif et de ce qui se passe en séance.
Faut-il attendre avant de consulter après un événement choquant ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre que « ça passe » pour demander un avis. Une partie des personnes exposées à un événement difficile retrouvent leur équilibre d’elles-mêmes, d’autres non. Un premier entretien permet de faire le point, de proposer des outils de stabilisation et, si c’est pertinent, un travail ciblé. Si vous vous sentez en danger, appelez sans attendre les numéros indiqués plus bas.
Comment reconnaître un protocole EMDR complet ?
Le mot « EMDR » est aujourd’hui très répandu, et EMDR France invite le public à la prudence dans un marché en forte croissance. Quelques repères permettent de savoir si le travail proposé suit bien la structure du protocole standard, ou s’il s’agit d’une intervention plus ciblée. Les deux peuvent être légitimes : l’important est que ce choix soit expliqué.
Les ingrédients d’un protocole standard
- Un temps consacré à votre histoire et à la construction d’un plan de traitement, avant tout retraitement.
- Une phase de préparation : explications, mise en place de repères de sécurité et d’outils pour se calmer entre les séances.
- Le choix d’une cible précise, avec une image, la croyance négative sur soi qui l’accompagne et la croyance que vous aimeriez pouvoir penser à la place.
- Des séries de stimulations bilatérales alternées (mouvements des yeux, sons ou tapotements), entrecoupées de brefs retours sur ce qui vient.
- Des mesures régulières de la perturbation et de la force de la croyance positive.
- Un temps d’écoute du corps, une clôture qui vous permet de repartir stable, puis une réévaluation à la séance suivante.
- Un travail qui ne s’arrête pas au passé : déclencheurs actuels et situations futures.
Petit repère interactif : où en est votre parcours ?
Si vous êtes déjà en thérapie EMDR, cochez ce que vous reconnaissez. La jauge montre la part du protocole standard que vous avez déjà rencontrée. Un score partiel peut simplement refléter un début de thérapie ou un choix délibéré de cadre plus contenu.
Cochez les éléments que vous reconnaissez.
Repère indicatif, sans valeur d’évaluation. Rien n’est enregistré. Pour toute question, parlez-en directement avec votre praticien.
Des questions simples à poser à votre praticien
- Travaillons-nous sur un souvenir précis ou sur l’ensemble de mon histoire ?
- Pourquoi ce choix, et pourra-t-il évoluer ?
- Combien de temps prévoyez-vous pour la préparation ?
- Aborderons-nous aussi les déclencheurs actuels et les situations à venir ?
Un praticien formé répond volontiers à ces questions. EMDR France met par ailleurs à la disposition du public un annuaire de praticiens accrédités, et explique sur son site ce que recouvre l’accréditation EMDR Europe. Pour d’autres repères, consultez la page bien choisir son thérapeute EMDR.
Combien de temps dure la préparation ?
EMDR France donne un ordre d’idée de deux à quatre séances environ pour la préparation, le temps de créer la confiance, de fixer un objectif et d’apprendre à se stabiliser. Cette durée varie beaucoup. Un essai mené aux Pays-Bas auprès de 135 personnes souffrant d’un stress post-traumatique lié à des abus répétés dans l’enfance (thèse de doctorat publiée en 2024) a trouvé des résultats équivalents, que l’EMDR soit précédée ou non d’un programme de stabilisation. De quoi ajuster la préparation à chacun plutôt que de l’allonger par principe. Les formations françaises insistent en revanche sur le repérage préalable d’une dissociation importante, qui demande un travail adapté.
EMD, EMDr, EMDR : ce que l’on sait, ce qui reste à étudier
La thérapie EMDR dans sa forme standard est reconnue comme traitement fondé sur des preuves du trouble de stress post-traumatique, et plusieurs organismes l’ont recommandée. La page EMDR, une thérapie reconnue détaille ces recommandations et leurs dates. Pour d’autres difficultés, comme l’anxiété, les phobies ou le deuil, les données existent mais sont plus limitées : voir EMDR et anxiété et indications et limites de l’EMDR.
La distinction entre EMD, EMDr et EMDR relève surtout de la pratique clinique et de la formation des praticiens. Les sources consultées pour cette page ne présentent pas d’études qui compareraient directement ces trois degrés d’ouverture entre eux. Il faut donc les comprendre comme des outils de réglage au service de la sécurité du patient ; aucune n’a été démontrée supérieure aux autres.
Le mécanisme précis de l’EMDR reste, lui aussi, discuté. Plusieurs hypothèses sont étudiées, notamment le rôle de la mémoire de travail et celui du réflexe d’orientation. Elles sont présentées sur la page consacrée au modèle TAI.
À retenir
Les preuves solides portent sur l’EMDR dans le stress post-traumatique. L’EMD et l’EMDr sont des choix de réglage décrits par les cliniciens et les organismes de formation, à comprendre comme tels.
Et dans une approche intégrative ?
Au cabinet, l’EMDR s’inscrit dans une écoute plus large, nourrie par la psychanalyse et les thérapies cognitives et comportementales. Ce regard aide justement à choisir le bon degré d’ouverture : comprendre ce qu’un souvenir représente dans une histoire, repérer les pensées qui entretiennent la peur, puis décider jusqu’où aller. Pour en savoir plus, voyez l’approche intégrative, EMDR et psychanalyse et EMDR et TCC.
Questions fréquentes sur l’EMD, l’EMDr et l’EMDR
Quelle différence entre EMD, EMDr et EMDR ?
L’EMD vise à apaiser un souvenir précis en ramenant souvent l’attention vers lui. L’EMDR est la thérapie complète en huit phases, où les associations sont suivies librement pour réorganiser l’ensemble des souvenirs liés à la difficulté. L’EMDr, proposée par Roy Kiessling, se situe entre les deux : les associations sont accueillies, mais le retour à la cible se fait plus tôt.
À quoi sert un protocole centré sur un seul souvenir ?
Il permet de travailler un souvenir douloureux tout en limitant le risque de voir surgir d’autres souvenirs difficiles en cascade. Il est utile quand la personne est fragile, quand sa marge émotionnelle est étroite, en situation d’urgence, ou quand le plan de traitement n’est pas encore construit.
Peut-on faire de l’EMDR peu après un événement choquant ?
Oui, des protocoles d’intervention précoce existent, comme le R-TEP d’Elan Shapiro et Brurit Laub, conçu pour les événements récents. Le praticien adapte alors le cadre, souvent de façon plus contenue. Les données sur les interventions très brèves restent préliminaires : aucun nombre de séances ne peut être promis.
Le protocole est-il le même pour tout le monde ?
Non. La structure générale reste la même, mais l’ouverture du retraitement, la durée de la préparation et le rythme se règlent selon la stabilité de la personne, son histoire et le moment de la thérapie. Avec les enfants, ou en cas de dissociation importante ou de traumatisme complexe, le travail fait l’objet d’adaptations spécifiques.
Qui décide du protocole utilisé ?
Le praticien propose un cadre à partir de l’évaluation clinique, et en parle avec vous. Ce choix peut évoluer d’une séance à l’autre. Vous pouvez toujours demander pourquoi tel réglage a été retenu.
Ces trois pratiques sont-elles encore utilisées aujourd’hui ?
Oui. L’EMDR est le protocole standard le plus répandu. L’EMD et l’EMDr restent employées comme réglages plus contenus, et l’IFEMDR consacre une formation à ce passage de l’EMD à l’EMDR. Elles gardent toute leur place parmi les options cliniques.
Comment savoir si l’on me propose un protocole EMDR complet ?
Un protocole complet comprend un recueil de votre histoire, une préparation, le choix d’une cible avec image et croyances, des séries de stimulations bilatérales, des mesures régulières, un temps d’écoute du corps, une clôture et une réévaluation, ainsi qu’un travail sur le présent et le futur. N’hésitez pas à poser la question directement à votre praticien.
Pour continuer votre lecture
Envie d’explorer d’autres outils ? Les tests en ligne et les vidéos sur l’EMDR complètent cette lecture.
En parler lors d’un premier rendez-vous
Vous vous demandez quel type de travail conviendrait à votre situation ? Un premier entretien permet d’écouter votre histoire, d’expliquer les options possibles et de choisir ensemble un cadre adapté, à votre rythme.
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