Qu’est-ce que l’EMDR ? Six choses à savoir sur cette thérapie
EMDR, c’est quoi au juste ? Derrière ces quatre lettres se trouve une psychothérapie structurée, née d’une observation faite en 1987, qui aide à remettre à sa place un souvenir resté trop vif. Les mouvements des yeux, les sons ou les tapotements alternés n’en sont que la partie visible. Voici l’essentiel en six points, puis un vrai/faux pour tester vos idées reçues.
Une lecture d’environ quinze minutes, avec des passages à déplier si vous voulez aller plus loin.
1. EMDR, c’est quoi ? La définition en clair
EMDR est un sigle anglais : Eye Movement Desensitization and Reprocessing. En français, on parle de désensibilisation et de retraitement par les mouvements oculaires. Le nom dit déjà beaucoup. Il s’agit d’abord de faire baisser la charge émotionnelle d’un souvenir pénible (la désensibilisation), puis d’aider ce souvenir à se relier autrement à ce que l’on pense de soi (le retraitement).
L’EMDR est une psychothérapie à part entière, et non un simple geste technique. Elle associe une conduite clinique très structurée à des stimulations bilatérales alternées, que l’on désigne souvent par l’abréviation SBA. Ces stimulations sollicitent tour à tour le côté gauche et le côté droit du corps, par l’un des trois canaux suivants, seul ou combiné.
La vue
Le regard suit la main du thérapeute ou un point lumineux qui va et vient sur une barre.
L’ouïe
Un son est envoyé alternativement dans l’oreille gauche puis dans l’oreille droite, au casque.
Le toucher
Des tapotements sur les mains ou les genoux, ou de petits vibreurs tenus dans chaque main.
Une définition actualisée, fruit de deux années de travail au sein de la communauté EMDR européenne et relayée en France par l’IFEMDR en 2023, décrit l’EMDR comme une approche intégrative et centrée sur la personne, destinée aux difficultés de vie liées à des expériences perturbantes. Autrement dit, ce n’est pas une méthode « à part » posée sur le patient : elle s’inscrit dans une relation thérapeutique et dans un projet de soin construit ensemble.
À retenir
- EMDR signifie désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires.
- C’est une psychothérapie complète, pas seulement une technique de mouvements des yeux.
- Les stimulations peuvent être visuelles, sonores ou tactiles.
Pourquoi parle-t-on aujourd’hui de « stimulation bilatérale alternée » ?
Le vocabulaire a évolué au fil des ouvrages de Francine Shapiro. Elle a d’abord parlé de stimulation bilatérale, puis de stimulation à double attention, avant que les deux idées ne soient réunies dans l’expression de stimulation bilatérale alternée. Ces changements de mots traduisent une idée simple : plusieurs mécanismes sont probablement à l’œuvre, et les yeux ne sont pas le seul chemin possible.
Un exemple parlant : à la fin des années 1990, après un ouragan sur la côte pacifique du Mexique, une équipe a mis au point le « câlin du papillon » (Butterfly Hug). Bras croisés sur la poitrine, la personne tapote elle-même ses épaules, l’une après l’autre. Cette forme de stimulation a été pensée pour que des enfants puissent l’utiliser seuls. Pour tout savoir sur les différentes formes de stimulation, voyez notre page sur la stimulation bilatérale alternée.
2. L’EMDR, une découverte de 1987 devenue méthode internationale
L’histoire commence par une observation personnelle. En 1987, au cours d’une marche en Californie, la chercheuse américaine Francine Shapiro s’aperçoit que certaines pensées douloureuses s’atténuent tandis que son regard balaie rapidement l’espace, sans qu’elle l’ait décidé. Elle refait ensuite ces mouvements exprès et retrouve le même apaisement. Pendant plusieurs mois, elle affine une procédure auprès d’environ soixante-dix volontaires.
La méthode s’appelle alors EMD, pour désensibilisation par les mouvements oculaires. Le premier article qui la décrit paraît en 1989. Le « R » de retraitement apparaît en 1991, et le manuel de référence publié en 1995 installe durablement le nom d’EMDR. Cette lettre de plus a un sens : la méthode cherche désormais à transformer le lien entre le souvenir et l’image que l’on a de soi, et plus seulement à apaiser une émotion.
- 1987Première observation et mise au point de la procédure, en Californie.
- 1989Premier article scientifique consacré à la méthode, encore appelée EMD.
- 1991Le « R » de retraitement est ajouté : l’EMD devient l’EMDR.
- 1993Première formation organisée en Europe, à Amsterdam.
- 1995Parution du manuel de référence de Francine Shapiro.
- 1999Naissance de l’association EMDR Europe.
- 2002Création de l’association EMDR France.
- 2007Lancement d’une revue scientifique dédiée, le Journal of EMDR Practice and Research.
- 2013L’Organisation mondiale de la santé cite l’EMDR parmi les psychothérapies recommandées pour le stress post-traumatique.
- 2023Mise à jour des recommandations de l’OMS, qui maintient l’EMDR parmi les options pour l’enfant, l’adolescent et l’adulte.
Francine Shapiro est décédée en 2019. Une bibliothèque en ligne porte son nom et recense aujourd’hui plusieurs milliers de références consacrées à l’EMDR, ce qui donne une idée du volume de recherche accumulé en un peu plus de trente ans.
EMD, EMDr, EMDR : trois sigles, trois façons de travailler
Les trois sigles existent encore. L’EMD désigne un travail centré sur un seul souvenir, sans laisser les associations s’étendre. L’EMDr, avec un « r » minuscule, correspond à un retraitement plus limité. L’EMDR complet laisse les associations circuler librement d’un souvenir à l’autre. Le choix dépend de la situation, de la stabilité de la personne et du moment du soin. Tout est expliqué sur notre page EMD, EMDr, EMDR : trois lettres, trois pratiques.
3. Le principe de l’EMDR : aider un souvenir bloqué à reprendre sa place
L’EMDR repose sur un modèle théorique appelé traitement adaptatif de l’information, ou TAI. L’idée est assez intuitive. La plupart du temps, nous « digérons » les expériences difficiles : avec le temps, le sommeil, la parole, elles deviennent des souvenirs parmi d’autres. Mais quand un événement est trop intense, ou qu’il survient trop tôt dans la vie, ce travail naturel peut se bloquer. Le souvenir reste alors stocké avec sa charge d’origine, ses images, ses sensations, ses émotions, et il se réactive presque à l’identique quand quelque chose le rappelle.
Selon ce modèle, une partie des difficultés présentes prendrait racine dans ces souvenirs insuffisamment traités. La thérapie cherche donc à relancer le travail de digestion, pour que le souvenir se range enfin dans le passé et se distingue clairement du présent.
Une précision rassure souvent : l’EMDR ne modifie pas les faits. On n’efface rien et on ne réécrit pas son histoire. Le souvenir reste disponible, mais il perd son caractère brûlant et cesse d’envahir le présent. On pourrait dire qu’il passe du « vécu » au « raconté ».
Pour comprendre ce modèle en détail, avec ses forces et ses limites, lisez notre page consacrée au traitement adaptatif de l’information.
Comment agissent les mouvements oculaires ? Ce que l’on sait, ce que l’on ignore
Aucune explication du mécanisme n’est aujourd’hui démontrée de façon définitive. Plusieurs hypothèses sont à l’étude.
- La mémoire de travail. Penser au souvenir tout en suivant une tâche extérieure occupe une partie de nos capacités d’attention. Le souvenir deviendrait alors moins net et moins chargé émotionnellement. C’est l’une des pistes les mieux soutenues par les études de laboratoire.
- La réaction d’orientation. La stimulation déclencherait une réaction d’attention et de détente qui viendrait contrebalancer l’alarme liée au souvenir.
- Le sommeil paradoxal. Certains chercheurs rapprochent les mouvements des yeux de ceux du sommeil paradoxal, une phase associée à la consolidation de la mémoire.
Ces pistes ne s’excluent pas. La synthèse publiée par l’Inserm en 2023 rappelle d’ailleurs que le rôle exact des mouvements oculaires reste à l’étude. L’efficacité observée dans le stress post-traumatique, elle, repose sur les essais cliniques, indépendamment de cette question.
4. Comment se déroule une thérapie EMDR ? Huit phases, trois temps
Une idée reçue tenace voudrait que l’on arrive à la première séance et que l’on commence aussitôt les mouvements des yeux. C’est l’inverse. La thérapie EMDR suit un protocole standard en huit phases, et les premiers rendez-vous servent à faire connaissance, à comprendre l’histoire de la personne et à vérifier que l’EMDR est bien indiquée.
Le protocole s’organise aussi en trois temps. On traite d’abord les souvenirs anciens qui nourrissent la difficulté, puis les déclencheurs actuels, ces situations du quotidien qui réactivent la détresse. On termine par les scénarios du futur : on se prépare, en imagination, à affronter une situation à venir avec de nouvelles ressources. Ce dernier temps est détaillé sur notre page EMDR et scénario du futur.
Les huit phases du protocole standard
Histoire de vie et plan de traitement
Le thérapeute recueille l’histoire de la personne, sa demande, ses ressources. Ensemble, ils repèrent les souvenirs qui semblent liés aux difficultés actuelles et construisent un plan de traitement.
Préparation
On explique le fonctionnement de la méthode, on établit la confiance et on apprend des techniques pour se calmer, en séance comme à la maison. Selon EMDR France, cette étape prend souvent deux à quatre séances, plus si nécessaire.
Évaluation de la cible
On choisit le souvenir à traiter. On précise l’image la plus marquante, la pensée négative sur soi qui s’y attache, la pensée positive souhaitée, l’émotion et l’endroit où elle se loge dans le corps. Deux échelles servent de repères : le niveau de perturbation, noté de 0 à 10, et la crédibilité de la pensée positive, notée de 1 à 7.
Désensibilisation
La personne pense au souvenir et suit des séries de stimulations. Entre deux séries, elle dit brièvement ce qui lui vient. Les associations s’enchaînent à leur rythme, et le thérapeute accompagne sans diriger.
Installation de la pensée positive
Quand la charge émotionnelle a baissé, on renforce la pensée positive choisie, en l’associant au souvenir.
Exploration du corps
On parcourt mentalement le corps pour vérifier qu’aucune tension liée au souvenir ne subsiste. S’il en reste, on la traite à son tour.
Clôture
Chaque séance se termine dans le calme, même si le travail n’est pas achevé. On utilise si besoin les techniques apprises pendant la préparation.
Réévaluation
À la séance suivante, on fait le point sur ce qui a changé et on décide de la suite.
Durée des séances et nombre de rendez-vous
Il convient de sélectionner séance de 80 minutes sur Doctolib pour pratiquer l’EMDR au cabinet. Chez l’enfant, elle est plus courte. Le nombre total de séances est impossible à prédire à l’avance. EMDR France donne une fourchette indicative de trois à quinze séances, davantage en cas de traumatismes multiples ou de dissociation importante. Pour le stress post-traumatique de l’adulte, les recommandations britanniques du NICE évoquent huit à douze séances, plus si nécessaire. EMDR France résume l’esprit en quelques mots : aussi court que possible, aussi long que nécessaire.
Vous voulez savoir à quoi ressemble concrètement un rendez-vous ? Notre page déroulement d’une séance d’EMDR le décrit pas à pas.
5. L’EMDR, pour qui ? Une indication solide, d’autres en cours d’étude
L’indication la mieux établie de l’EMDR est le trouble de stress post-traumatique, qui peut suivre un accident, une agression, un attentat, des violences ou un deuil brutal. Pour ce trouble, l’EMDR figure parmi les psychothérapies recommandées par de grandes instances : l’Organisation mondiale de la santé (2013, puis 2023, chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte), la Haute Autorité de santé dans son guide de 2007 sur les troubles anxieux graves de l’adulte, le NICE britannique (2018) ou encore la société internationale d’étude du stress traumatique, l’ISTSS (2018). La synthèse de l’Inserm parue en 2023 juge son efficacité dans ce trouble comparable à celle des thérapies cognitives et comportementales centrées sur le trauma.
Toutes les recommandations ne disent pas exactement la même chose. L’association américaine de psychologie, par exemple, ne lui accorde en 2017 qu’une recommandation conditionnelle chez l’adulte, et sa mise à jour de 2025 la place encore au second rang, une position discutée par d’autres chercheurs. Le NICE la réserve chez l’enfant de 7 à 17 ans aux situations où la thérapie cognitive centrée sur le trauma n’a pas suffi. Ces nuances sont détaillées sur notre page l’EMDR, une thérapie reconnue.
Niveau de preuve selon les difficultés
Au-delà du stress post-traumatique, l’EMDR est utilisée et étudiée dans de nombreuses situations, surtout quand un souvenir perturbant semble nourrir la difficulté. Le niveau de preuve y est plus modeste. Voici une lecture synthétique des sources que nous avons étudiées.
Ces barres sont une représentation qualitative, pas un score scientifique. Elles indiquent où les données sont nombreuses et où elles restent limitées.
Pour explorer ces domaines : EMDR et anxiété, phobies, deuil et douleur, estime et confiance en soi, EMDR et troubles alimentaires, claustrophobie, relation toxique. Si vous vous demandez quel type d’événement vous a marqué, notre page sur les différents types de trauma propose un questionnaire d’orientation.
Enfants, adolescents, familles
L’EMDR se pratique aussi avec les enfants et les adolescents, avec des adaptations : séances plus courtes, échelles imagées, dessin, jeu, tapotements quand le suivi des yeux est difficile pour les plus jeunes. L’OMS formule en 2023 une recommandation forte en faveur des psychothérapies centrées sur le trauma chez l’enfant et l’adolescent, dont l’EMDR. Les parents sont souvent associés au soin. Voir nos pages EMDR chez l’enfant et l’adolescent, EMDR et thérapie familiale et sommeil de l’enfant et EMDR.
Y a-t-il des situations où l’EMDR demande des précautions ?
Oui, et c’est tout l’objet des premières séances. L’indication se pose au cas par cas, après une évaluation. Certaines situations demandent une préparation plus longue ou des aménagements : une dissociation importante, une grande instabilité émotionnelle, une crise en cours, une consommation de substances, un trouble psychiatrique sévère. Le guide de la HAS de 2007 considérait l’EMDR comme contre-indiquée en cas de trouble psychotique ; des travaux plus récents ont réinterrogé cette prudence, ce qui rend l’évaluation individuelle d’autant plus nécessaire.
Dès les débuts de la méthode, la dissociation a été pensée comme un terrain qui demande des précautions particulières. Nous y consacrons une page : EMDR et dissociation. Les limites de la méthode sont présentées en détail sur la page indications et limites de l’EMDR.
À retenir
L’EMDR est une psychothérapie reconnue du stress post-traumatique. Pour les autres difficultés, elle est une option sérieuse et prometteuse, mais les preuves sont moins nombreuses. Elle doit être pratiquée par un professionnel formé, ce que l’on peut vérifier dans les annuaires des associations. Notre page bien choisir son thérapeute EMDR donne les repères utiles.
6. Ce que l’on ressent pendant et après une séance d’EMDR
C’est souvent la question que l’on n’ose pas poser. Pendant le retraitement, on pense au souvenir choisi, puis on suit de courtes séries de stimulations. Entre deux séries, on dit en quelques mots ce qui est venu. Pas besoin de bien formuler, ni de tout expliquer.
Ce qui vient est très variable : une image qui change, une émotion qui monte puis redescend, une sensation dans la poitrine ou dans la gorge, un autre souvenir qui surgit sans prévenir, parfois une pensée nouvelle. Une émotion forte peut se manifester pendant quelques instants. Elle fait partie du processus et le thérapeute est là pour l’accompagner.
On reste présent
On garde un pied dans le souvenir et un pied dans la pièce. C’est ce que l’on appelle la double attention.
On garde la main
Un signal d’arrêt est convenu pendant la préparation. On peut l’utiliser à tout moment.
Après la séance
Fatigue, rêves plus intenses, émotions qui bougent : ces effets sont en général passagers.
Après une séance, il arrive que le travail continue en arrière-plan pendant quelques jours. Les études qui ont recensé ces effets les décrivent le plus souvent comme légers et transitoires. Une revue publiée en 2025 relève cependant que peu d’essais mesurent les effets indésirables de façon systématique. Le profil de sécurité paraît rassurant, mais il est encore insuffisamment étudié, surtout chez les personnes aux difficultés complexes. D’où l’intérêt d’en parler librement avec son thérapeute.
Contrairement à certaines thérapies d’exposition, l’EMDR ne demande pas de devoirs quotidiens entre les séances, et l’OMS relève qu’elle n’oblige pas à faire un récit détaillé de l’événement. Le thérapeute peut en revanche proposer quelques exercices pour s’apaiser, à utiliser si besoin.
Le vrai/faux des idées reçues sur l’EMDR
Huit affirmations que l’on entend souvent. Répondez vrai ou faux, et découvrez l’explication après chaque réponse. Rien n’est enregistré ni envoyé : le jeu se déroule uniquement dans votre navigateur.
Question 1 sur 8
Ce vrai/faux est un outil d’information. Il ne remplace pas une évaluation par un professionnel.
L’EMDR dans une approche intégrative : écoute analytique, TCC et EMDR
L’EMDR mobilise ensemble l’émotion, la pensée et le corps. La définition actualisée la présente d’ailleurs comme une approche intégrative, qui dialogue avec d’autres façons de soigner plutôt que de les remplacer.
Au cabinet, l’EMDR s’inscrit dans cette logique. L’écoute d’inspiration analytique aide à comprendre ce qui se rejoue dans une histoire, dans les liens, dans la relation thérapeutique elle-même, et à repérer les souvenirs qui organisent la souffrance. Les outils des thérapies cognitives et comportementales apportent des repères concrets pour s’apaiser, affronter progressivement une situation redoutée ou assouplir une croyance. L’EMDR, enfin, offre un moyen direct de travailler sur la mémoire du vécu. Chaque personne n’a pas besoin des trois : c’est justement l’intérêt de pouvoir choisir.
Barre lumineuse, casque et vibreurs : à quoi sert le matériel ?
La stimulation peut se faire avec la main du thérapeute ou avec un matériel dédié : une barre lumineuse que le regard suit, un casque qui diffuse des sons alternés, de petits vibreurs tenus en main. Les associations professionnelles reconnaissent ces trois canaux. L’intérêt du matériel est très concret : une vitesse parfaitement régulière, un réglage fin de l’amplitude et de l’intensité, la possibilité de passer d’un canal à l’autre en cours de séance, un vrai confort pour les personnes que le mouvement d’une main gêne, ou pour celles qui préfèrent travailler les yeux fermés. La recherche n’a pas établi qu’un appareil soit plus efficace que la main : son atout est la précision et le confort. Nous détaillons tout cela sur la page EMDR, barre lumineuse, sons et vibreurs.
Peut-on faire de l’EMDR à distance ?
Des études montrent que l’EMDR en visioconférence est faisable et donne des résultats encourageants, avec encore peu d’essais contrôlés. Elle demande un cadre particulier : un lieu calme et privé, une connexion stable, un plan si l’émotion déborde. Voir notre page EMDR en téléconsultation.
Envie d’une vue d’ensemble ? Retrouvez toutes nos pages sur le guide de la thérapie EMDR, la page EMDR du site et nos vidéos sur l’EMDR. D’autres questionnaires sont disponibles dans la rubrique tests en ligne.
Questions fréquentes sur l’EMDR
Que signifie le sigle EMDR ?
EMDR vient de l’anglais Eye Movement Desensitization and Reprocessing, que l’on traduit par désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. Il s’agit d’une psychothérapie structurée qui associe un protocole clinique précis à des stimulations alternées, visuelles, sonores ou tactiles.
Qui a mis au point l’EMDR et quand ?
La méthode est née en 1987, en Californie, d’une observation de la chercheuse américaine Francine Shapiro. D’abord appelée EMD, elle est décrite dans un premier article en 1989 et prend le nom d’EMDR en 1991. Le manuel de référence paraît en 1995.
L’EMDR, est-ce de l’hypnose ?
Non. Pendant une séance d’EMDR, on reste éveillé et attentif au présent tout en pensant au souvenir, et l’on peut interrompre à tout moment. Il n’y a pas d’induction de transe.
Oublie-t-on le souvenir après l’EMDR ?
Non. L’EMDR ne change pas les faits et n’efface pas la mémoire. Le souvenir reste accessible, mais il perd de son intensité émotionnelle et se range dans le passé au lieu d’envahir le présent.
Est-ce que l’EMDR remue beaucoup émotionnellement ?
Une émotion forte peut apparaître pendant le retraitement, en général brièvement. Après la séance, une fatigue, des rêves plus intenses ou des émotions changeantes sont possibles et le plus souvent passagers. La phase de préparation sert justement à apprendre à s’apaiser.
Faut-il parler longuement de ce qui s’est passé ?
Non. L’EMDR ne demande pas de récit détaillé de l’événement. Entre deux séries de stimulations, on dit simplement en quelques mots ce qui est venu.
Combien de séances d’EMDR faut-il ?
Cela dépend de chaque personne et de ce qui est traité. EMDR France indique une fourchette de trois à quinze séances, davantage en cas de traumatismes multiples. Les premières séances sont consacrées à l’histoire de vie et à la préparation.
L’EMDR est-elle reconnue en France ?
Oui pour le stress post-traumatique : la Haute Autorité de santé la cite depuis 2007, avec les thérapies cognitives et comportementales centrées sur le trauma, comme traitement de choix chez l’adulte. L’OMS la recommande aussi pour ce trouble. Pour les autres difficultés, les données sont plus limitées.