Amnésie
Des trous de mémoire qui ne ressemblent pas à l'oubli ordinaire : des heures, des événements, parfois des périodes entières de l'histoire personnelle.
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Se sentir loin de soi, voir le monde comme derrière une vitre, perdre la trace de quelques heures ou de toute une période de sa vie : la dissociation a mille visages. Comprendre le lien entre EMDR et dissociation, c'est savoir d'où viennent ces vécus, comment la CIM-11 et le DSM-5-TR les décrivent, et pourquoi la thérapie EMDR avance alors pas à pas, en commençant par la sécurité.
Vous trouverez ici une présentation claire des troubles dissociatifs, des repères sur la stabilisation et un test d'orientation de 17 questions pour situer votre propre vécu, sans valeur de diagnostic.
En temps normal, notre expérience forme un tout. Ce que nous percevons, ce que nous ressentons dans le corps, nos émotions, nos souvenirs et le sentiment d'être soi s'assemblent sans effort. La dissociation désigne le moment où ce tissage se relâche : un morceau de l'expérience se met à l'écart, comme un fil qui sort de la trame.
La CIM-11, classification internationale des maladies publiée par l'Organisation mondiale de la santé et en vigueur depuis le 1er janvier 2022, y voit une perte involontaire de cette cohésion. Tout peut être concerné : le sentiment d'identité, les sensations et les perceptions, les émotions, les pensées, les souvenirs, la maîtrise des gestes ou la conduite. La rupture est totale ou seulement partielle, et son intensité change selon les jours, voire selon les heures. On ne parle de trouble que si aucun produit, aucune autre maladie ni aucune pratique culturelle ou religieuse n'en rend compte, et si la vie quotidienne en est réellement atteinte.
L'idée n'est pas neuve. À la fin du XIXe siècle, le philosophe et médecin français Pierre Janet décrivait déjà comment des expériences trop violentes pour être assimilées restaient en dehors du courant de la conscience. Son modèle de soin par étapes inspire encore aujourd'hui les formations EMDR consacrées au trauma complexe. Les liens entre ces travaux et la tradition analytique sont développés dans la page EMDR et psychanalyse.
Les cliniciens du trauma décrivent souvent la dissociation comme une défense. Quand il est impossible de fuir ou de se battre, se couper de ce que l'on ressent permet de traverser l'insupportable. La psychiatre américaine Lenore Terr, qui a distingué en 1991 les traumas uniques et les traumas répétés de l'enfance, rangeait la dissociation parmi les défenses typiques de ces situations répétées dont l'enfant ne peut pas s'échapper.
Le problème vient ensuite. Ce réflexe de coupure, utile au moment du danger, peut se déclencher bien plus tard, hors de propos : lors d'un désaccord, d'un bruit, d'une odeur, d'un regard. La personne « s'absente » alors qu'elle n'est plus menacée, et cela abîme sa mémoire, ses relations ou sa confiance en elle.
À retenir
La dissociation n'est pas un signe de faiblesse ni de folie. C'est un mécanisme humain, souvent apparu pour survivre, qui devient un problème lorsqu'il se répète, dure et coupe la personne de sa propre vie.
Les instituts de formation à l'EMDR présentent la dissociation comme un continuum. À une extrémité, des expériences que tout le monde connaît. À l'autre, des troubles qui demandent des soins spécialisés. Entre les deux, toute une gamme de vécus. Faites glisser le curseur pour parcourir ces étapes.
Plongé dans un film, un livre ou une musique, on n'entend plus ce qui se passe autour. C'est une capacité normale de l'esprit, présente chez chacun.
Ce continuum est un repère pédagogique. Il ne permet pas, à lui seul, de dire si un vécu relève d'un trouble.
Les entretiens cliniques de référence explorent cinq grands groupes de symptômes. Les connaître aide à mettre des mots sur des impressions souvent difficiles à décrire, et que l'on n'ose pas toujours confier.
Des trous de mémoire qui ne ressemblent pas à l'oubli ordinaire : des heures, des événements, parfois des périodes entières de l'histoire personnelle.
Se sentir détaché de soi, comme spectateur de ses pensées, de son corps ou de ses gestes, avec des émotions qui paraissent éteintes.
Le monde paraît irréel, lointain, plat ou déformé, comme un décor. La personne sait pourtant que ce n'est qu'une impression. Voir la page déréalisation et dépersonnalisation.
Ne plus très bien savoir qui l'on est, ce que l'on aime, ce que l'on pense, avec un sentiment de lutte ou d'incertitude intérieure.
Changements de comportement, de voix, de goûts ou de capacités qui ne semblent pas venir de soi, comme si une autre partie prenait les commandes.
Les travaux d'Ellert Nijenhuis ont fait connaître la dissociation dite somatoforme : engourdissements, perte de sensations, douleurs ou mouvements qui échappent au contrôle.
La CIM-11 réunit les troubles dissociatifs dans un bloc allant de 6B60 à 6B6Z. Les intitulés ci-dessous sont des traductions usuelles ; la version française officielle de l'OMS peut employer des mots légèrement différents. Dépliez chaque trouble pour en lire une description en langage courant.
Des symptômes qui ressemblent à ceux d'une maladie neurologique : troubles de la vue ou de l'audition, vertiges, crises non épileptiques, difficultés de parole, faiblesse, troubles de la marche ou des mouvements, symptômes cognitifs. La CIM-11 prévoit un sous-code par type de symptôme. Ce tableau est souvent rapproché de ce que la neurologie appelle aujourd'hui les troubles neurologiques fonctionnels. Le DSM-5-TR, lui, le range dans un autre chapitre (voir plus bas).
La personne ne parvient pas à retrouver des pans importants de sa propre histoire, le plus souvent autour d'événements récents, traumatiques ou très éprouvants. Ce trou de mémoire dépasse de loin l'oubli de tous les jours, et ni un produit, ni une maladie neurologique, ni un choc à la tête ne l'expliquent. La CIM-11 distingue l'amnésie avec fugue dissociative (6B61.0), où la personne part ou erre en perdant le souvenir de son identité, et l'amnésie sans fugue (6B61.1).
Un changement marqué de l'état de conscience ou une perte du sentiment habituel d'être soi. L'attention se rétrécit sur quelques éléments, les gestes ou les paroles se répètent et semblent échapper au contrôle. Il n'y a pas d'autre identité qui prend la place. Les épisodes se répètent ou durent plusieurs jours, ne font pas partie d'une pratique culturelle ou religieuse acceptée et entraînent une souffrance ou une gêne importante.
Proche du précédent, à une différence près : le sentiment d'identité est remplacé par une identité extérieure, vécue comme « possédante », qui semble diriger les actes et les mouvements. Là encore, il s'agit d'épisodes involontaires, non voulus et non reconnus comme faisant partie d'une pratique collective admise.
La personnalité se partage en au moins deux états distincts, qui ont chacun leur façon de se percevoir, d'habiter le corps et de voir ce qui les entoure. Deux d'entre eux au minimum prennent tour à tour la main sur la conscience et sur la conduite de la vie, au quotidien ou quand une menace se fait sentir. Chaque bascule d'un état à l'autre modifie la sensibilité, les émotions, la pensée, les souvenirs et la manière d'agir, et laisse le plus souvent des trous de mémoire, qui peuvent être importants.
Une nouveauté de la CIM-11. Il existe plusieurs états de personnalité, mais l'un d'eux reste dominant et mène la vie de tous les jours. Les autres font irruption par des pensées, des émotions, des perceptions ou des gestes vécus comme étrangers, mais ils ne dirigent pas durablement la vie de la personne. Des prises de contrôle brèves restent possibles lors d'émotions très fortes, d'automutilations ou de reviviscences. Lors d'un congrès EMDR Europe en 2022, le psychiatre Jan Gysi soulignait que l'amnésie y est en général absente, ce qui aide à le distinguer du trouble dissociatif de l'identité.
Épisodes durables ou répétés de dépersonnalisation, de déréalisation, ou des deux. Pendant ce temps, la personne sait que ces impressions sont trompeuses, et c'est ce qui sépare ce trouble d'une psychose. Le trouble n'apparaît pas seulement au cours d'un autre trouble dissociatif et n'est pas dû à un produit ni à une atteinte neurologique. Ce sujet a sa propre page : EMDR, déréalisation et dépersonnalisation.
Ces deux catégories accueillent les tableaux dissociatifs qui ne correspondent pas exactement aux descriptions précédentes. À noter : quand la dissociation découle directement d'une maladie physique, la CIM-11 la code ailleurs, sous le nom de syndrome dissociatif secondaire (6E65).
Le DSM-5-TR, révision publiée en 2022 par l'Association américaine de psychiatrie, propose une liste plus courte, organisée autrement.
Deux autres endroits du manuel parlent de dissociation. Le trouble de stress post-traumatique peut être précisé « avec symptômes dissociatifs » quand la dépersonnalisation ou la déréalisation persistent ou reviennent. Le trouble de stress aigu, entre trois jours et un mois après un trauma, compte des symptômes dissociatifs parmi ses critères, comme un sentiment d'irréalité ou un trou de mémoire sur une partie de l'événement. Ces liens avec le trauma sont détaillés dans la page les différents types de trauma.
Enfin, le trouble à symptomatologie neurologique fonctionnelle, autrefois appelé trouble de conversion, est rangé par le DSM-5-TR parmi les troubles à symptomatologie somatique, alors que la CIM-11 le place dans le bloc dissociatif.
| Point de comparaison | CIM-11 (OMS) | DSM-5-TR (APA) |
|---|---|---|
| Forme partielle du trouble dissociatif de l'identité | Oui, catégorie à part (6B65) | Non, rangée dans « autre trouble spécifié » |
| Transe et transe de possession | Deux troubles distincts (6B62, 6B63) | Transe citée comme exemple de trouble spécifié |
| Symptômes neurologiques fonctionnels | Dans le bloc dissociatif (6B60) | Dans les troubles à symptomatologie somatique |
| Fugue dissociative | Sous-code de l'amnésie dissociative | Forme particulière de l'amnésie dissociative |
| Dépersonnalisation et déréalisation | Un trouble unique (6B66) | Un trouble unique |
| Dissociation dans le TSPT | Pas de spécification dissociative | Spécification « avec symptômes dissociatifs » |
À retenir
Les deux classifications se rejoignent sur l'essentiel mais découpent différemment les frontières. C'est l'une des raisons pour lesquelles un diagnostic dissociatif demande un entretien clinique approfondi plutôt qu'une simple grille.
La thérapie EMDR active un souvenir douloureux tout en maintenant la personne ancrée dans le présent, grâce aux stimulations bilatérales alternées. Selon le modèle du traitement adaptatif de l'information, c'est ce double regard, entre hier et aujourd'hui, qui aide le cerveau à digérer ce qui était resté figé. Or la dissociation est justement une manière de ne plus être là. Si le travail sur les souvenirs démarre trop tôt, la personne peut se couper davantage au lieu d'intégrer.
Ce risque a été vu très tôt. Dès les années 1990, Francine Shapiro avait réuni un groupe de travail sur les troubles dissociatifs, dont les recommandations ont été reprises dans ses manuels de 1995 et de 2001. Un article publié en 2022 dans le Journal of EMDR Practice and Research, appuyé sur les recommandations de la société internationale pour l'étude du trauma et de la dissociation (ISSTD), rappelle qu'utiliser le protocole standard sans avoir reconnu un trouble dissociatif expose la personne à un vrai risque de dommage. Les auteurs ajoutent que le score obtenu à un questionnaire de dépistage ne permet pas, à lui seul, de savoir si quelqu'un peut retraiter ses souvenirs sans danger : un examen clinique reste indispensable.
Aucune recommandation officielle n'a été trouvée, à ce jour, sur l'EMDR comme traitement d'un trouble dissociatif à lui seul. Les recommandations internationales qui citent l'EMDR concernent surtout le trouble de stress post-traumatique (voir l'EMDR, une thérapie reconnue). Pour la dissociation, la pratique repose sur des modèles cliniques enseignés dans les formations spécialisées et sur l'expérience accumulée. Jan Gysi faisait en 2022 une remarque très pratique : situer précisément le trouble dans la CIM-11 permet de savoir si l'EMDR peut être proposée, s'il faut l'aménager ou s'il vaut mieux y renoncer pour le moment.
Signes qui appellent une évaluation avant tout retraitement : trous de mémoire répétés dans la vie courante, impression d'avoir des parties de soi qui agissent seules, découvertes d'actes dont on ne se souvient pas, épisodes d'irréalité fréquents et prolongés. Les limites générales de la méthode sont présentées dans indications et limites de l'EMDR.
Avec les personnes très dissociatives, les formations françaises décrivent une prise en charge par phases, héritée de Pierre Janet. Le Manuel MSD décrit la même logique pour le trouble dissociatif de l'identité : la sécurité et la stabilisation d'abord, le travail sur les souvenirs ensuite.
Comprendre ce qui se passe, apprendre à repérer le moment où l'on décroche, renforcer les ressources et la sécurité, dans la vie comme dans la relation thérapeutique.
Aborder les souvenirs traumatiques par petites touches, avec des procédures EMDR ajustées et un rythme qui respecte les limites de chacun.
Relier ce qui était séparé, reprendre pied dans le quotidien et préparer l'avenir, par exemple avec le scénario du futur.
Le psychiatre Daniel Siegel a proposé l'image d'une fenêtre de tolérance : une zone d'activation où l'on peut ressentir et penser en même temps. Au-dessus, l'hyperactivation (panique, colère, agitation). Au-dessous, l'hypoactivation (engourdissement, vide, coupure). Les outils de stabilisation servent à revenir dans cette zone, puis à l'élargir peu à peu.
Parmi les outils les plus utilisés : l'ancrage dans le présent par les sens, la mise à distance, l'image d'un contenant où déposer ce qui déborde, le lieu sûr. Ils sont décrits dans la page déroulement d'une séance d'EMDR, et une partie se retrouve dans les outils psychiques du site.
La dissociation structurelle de la personnalité (Onno van der Hart, Ellert Nijenhuis, Kathy Steele) décrit des parties de la personnalité restées séparées, certaines tournées vers la vie quotidienne, d'autres fixées sur la défense et le trauma.
L'approche progressive (Anabel Gonzalez et Dolores Mosquera, 2012) propose de travailler d'abord sur les défenses, les phobies entre parties et les ressources, avant d'aborder le cœur du trauma.
La « boîte de vitesses », développée en France par Hélène Dellucci et ses collègues, ajuste l'EMDR par paliers, comme on change de vitesse, en surveillant en permanence la sécurité.
Ce sont des modèles théoriques et cliniques, pas des diagnostics.
Une thèse néerlandaise soutenue en 2024 à l'Université d'Amsterdam a suivi 135 patients dont le TSPT venait d'abus subis de façon répétée pendant l'enfance. Les uns recevaient d'emblée seize séances d'EMDR, les autres les recevaient après un entraînement préalable à la régulation des émotions et des relations. Les deux groupes progressaient autant en fin de traitement, sans écart six mois plus tard, et le groupe préparé avançait même plus lentement au début. Une longue stabilisation systématique ne semble donc pas indispensable pour tout le monde.
Ce travail ne portait pas sur les troubles dissociatifs eux-mêmes : un TSPT complexe n'est pas un trouble dissociatif de l'identité. La prudence conduit donc à doser la préparation au cas par cas : brève lorsque la personne s'y prête, plus étendue lorsque la dissociation ou une grande instabilité l'exigent.
La dissociation se prête particulièrement bien à une approche qui croise plusieurs regards. Au cabinet, la pratique associe trois éclairages, choisis selon la personne et le moment de la thérapie.
Chercher ce que la coupure protège, à quoi elle a servi, et ce qui se rejoue dans la relation. Voir la psychanalyse et EMDR et psychanalyse.
Expliquer les mécanismes, repérer les déclencheurs, s'entraîner à l'ancrage et à la régulation émotionnelle. Voir les TCC et EMDR et TCC.
Quand le terrain est prêt, travailler les souvenirs qui alimentent la coupure, avec des procédures adaptées. Voir l'approche intégrative.
L'enfant qui dissocie ne le dit presque jamais avec des mots d'adulte. On le décrit « dans la lune », absent, oublieux, ou au contraire soudain très différent de lui-même. Pour l'IFEMDR, lorsqu'un enfant fonctionne de façon dissociative, on retrouve habituellement des traumas graves, survenus tôt et étalés dans le temps. Le travail commence par lui expliquer, avec des mots et des images à sa portée, ce qui se passe en lui, et par associer les adultes qui l'entourent. Ici encore, la stabilisation et la préparation précèdent le retraitement.
Pour aller plus loin : EMDR chez l'enfant et l'adolescent, EMDR et traumatisme d'attachement, EMDR et thérapie familiale, ainsi que la rubrique parents en conflit et rejet d'un parent.
Les troubles dissociatifs sont souvent peu repérés, car les personnes cachent ou ne reconnaissent pas leurs symptômes. L'IFEMDR recommande de rechercher ces troubles chez chacun, avec des outils dédiés et par l'entretien clinique, avant tout retraitement. Il existe pour cela des questionnaires de dépistage et des entretiens structurés validés, adaptés à l'âge : par exemple la DES et sa version pour adolescents (A-DES), la CDC remplie par un adulte pour les 5 à 11 ans, la MID, le SDQ, ou des entretiens plus longs comme la SCID-D, le DDIS ou le TADS-I.
Ces outils protégés ne sont pas reproduits ici. Un questionnaire de dépistage peut se tromper dans les deux sens : il signale parfois une dissociation absente et en manque parfois une réelle. Seul un professionnel, avec un entretien, peut poser un diagnostic. Le cabinet propose un bilan dissociatif pour faire ce point de façon approfondie. Les tests en ligne du site donnent d'autres repères.
Ce questionnaire original de 17 questions explore cinq dimensions : l'absorption, les trous de mémoire, la dépersonnalisation, la déréalisation et les états du soi. Répondez en pensant aux six derniers mois, et en dehors des moments sous l'effet de l'alcool, de médicaments ou d'autres produits.
Ce test n'est pas un diagnostic et ne remplace pas une évaluation par un professionnel. Il ne reprend aucune échelle existante. Vos réponses restent dans votre navigateur : rien n'est enregistré ni envoyé.
Ce profil est un outil de réflexion, pas un diagnostic. Il ne remplace pas une évaluation par un professionnel. Si ces vécus vous inquiètent ou s'accompagnent d'idées noires, parlez-en rapidement à un soignant ou appelez le 3114.
C'est un relâchement involontaire du lien entre des fonctions qui marchent d'habitude ensemble : mémoire, identité, émotions, sensations, perception du monde. Elle va de la simple rêverie, que tout le monde connaît, à de véritables troubles décrits par la CIM-11 et le DSM-5-TR.
Certains signes doivent alerter : trous de mémoire inhabituels, impression de se regarder de l'extérieur, monde qui paraît irréel, sentiment que des parties de soi agissent seules. Un test d'orientation aide à y réfléchir, mais seul un entretien avec un professionnel permet de savoir de quoi il s'agit.
Oui, à condition que la dissociation ait été repérée et que la thérapie soit adaptée. Le travail sur les souvenirs vient en général après une phase de stabilisation, plus ou moins longue selon la personne. Appliquer le protocole standard sans avoir repéré un trouble dissociatif peut nuire.
La CIM-11 décrit le trouble à symptomatologie neurologique dissociative, l'amnésie dissociative, la transe, la transe de possession, le trouble dissociatif de l'identité, sa forme partielle et le trouble de dépersonnalisation-déréalisation. Le DSM-5-TR retient le trouble dissociatif de l'identité, l'amnésie dissociative, la dépersonnalisation/déréalisation et des formes spécifiées ou non spécifiées.
Parce que l'EMDR demande de rester présent tout en revisitant un souvenir. Chez une personne qui se coupe facilement, la stabilisation donne d'abord des outils pour rester dans sa fenêtre de tolérance. Sa durée varie : une étude récente sur le TSPT lié à des abus répétés dans l'enfance suggère qu'elle n'a pas besoin d'être longue pour tout le monde.
Les cliniciens la décrivent souvent ainsi. Face à un danger dont on ne peut pas s'échapper, se couper de ses sensations et de ses émotions aide à survivre. Le problème apparaît quand ce réflexe continue de se déclencher alors que le danger est passé.
Non. Dans le trouble de dépersonnalisation-déréalisation, la personne sait que ses impressions d'irréalité ne correspondent pas à la réalité, ce qui le distingue d'une psychose. La frontière peut être plus délicate dans d'autres situations, d'où l'intérêt d'une évaluation par un professionnel.
Non. Même les questionnaires validés utilisés par les professionnels ne sont que des outils de dépistage, avec des erreurs possibles dans les deux sens. Le diagnostic repose sur un entretien clinique, par exemple lors d'un bilan dissociatif.
Si vous traversez une détresse intense ou si vous pensez au suicide, vous n'avez pas à attendre un rendez-vous.
Voir aussi la page EMDR du site, les vidéos sur l'EMDR et l'accompagnement des adultes.
Un premier entretien permet d'écouter votre histoire, de repérer d'éventuels signes dissociatifs et de construire avec vous un rythme de travail qui vous respecte.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.