Honte du corps et de la sexualité : se réconcilier avec soi
On éteint la lumière avant de se déshabiller. On garde un tee-shirt à la plage depuis le collège. On repousse depuis trois ans un rendez-vous chez le gynécologue ou l’urologue. On n’a jamais dit à personne ce que l’on désire, ni ce que l’on ne veut plus. La honte du corps et de l’intime est l’une des plus silencieuses qui soient, parce qu’elle touche à ce dont on parle le moins. Cette page dit d’où elle vient, comment elle se loge dans les âges de la vie et dans le lit, et par quels chemins elle se dénoue.
Dans le récit de la Genèse, la première conséquence de la faute n’est ni la douleur ni la mort : c’est un regard nouveau sur le corps. « Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus », et ils cousent des feuilles de figuier pour se couvrir. Que l’on soit croyant ou non, le texte dit quelque chose de profond : la honte du corps naît au moment où l’on se voit soi-même avec les yeux d’un autre. Avant, le corps était simplement vécu. Après, il est regardé, comparé, jugé.
Il faut distinguer ici deux sentiments voisins, que la langue confond volontiers. La pudeur protège l’intime : elle choisit ce que l’on montre, à qui, et quand. Le philosophe Max Scheler, qui a consacré un long essai à la pudeur et à la honte, y voyait une protection de la personne, une façon de garder pour soi ce qui n’est pas destiné à tous les regards. La honte du corps, elle, ne choisit rien. Elle fait du corps une faute, et de chaque regard une menace. La conférence « Honte et culpabilité » publiée sur psychaanalyse.com a cette jolie formule : la pudeur serait une « petite sœur de la honte », quand la honte porte sur le corps. Une petite sœur peut être une bonne compagne. Le problème commence quand la grande sœur prend toute la place.
« Qu’a fait l’action génitale aux hommes, si naturelle, si nécessaire et si juste, pour n’en oser parler sans vergogne ? »
Montaigne posait la question dans le livre III des Essais, au chapitre « Sur des vers de Virgile ». Plus de quatre siècles plus tard, elle reste d’actualité dans bien des familles, des écoles, et même des cabinets médicaux. Il n’est pas rare qu’une personne nous dise, à quarante ans passés, que c’est la première fois qu’elle prononce à voix haute le mot exact d’une partie de son corps.
Une honte qui a des âges
La honte du corps ne surgit pas d’un coup. Elle se dépose par couches, souvent à des moments bien précis de la vie, où le corps change plus vite que l’on ne peut s’y habituer, sous des regards qui ne sont pas toujours bienveillants.
La petite enfanceL’apprentissage de la propreté, la découverte de son sexe, les questions posées à table. Selon la réponse des adultes (un rire, un « c’est sale », une tape sur la main, ou une explication tranquille), l’enfant apprend que son corps est un sujet comme un autre, ou un sujet interdit.Le ton compte davantage que les mots.
La pubertéLes premières règles à l’école, des seins qui arrivent avant ceux des copines, ou bien après, la voix qui déraille, les poils, les érections que l’on ne contrôle pas, les vestiaires du collège. C’est l’âge où le corps devient public sans qu’on l’ait décidé.Beaucoup d’adultes datent de là leur première honte du corps.
L’adolescence connectéeLes photos partagées, les filtres, les comparaisons permanentes, les commentaires sur l’apparence. Un selfie raté peut circuler dans toute une classe en une soirée. Voir réseaux sociaux et cyberharcèlement.La honte y a trouvé une caisse de résonance inédite.
Les premières foisSe montrer nu à quelqu’un, découvrir que l’on ne ressemble pas aux images, une première expérience décevante, douloureuse ou moquée.Un mot maladroit à ce moment-là peut peser des années.
La grossesse et l’aprèsUn ventre, une poitrine, un périnée qui ne sont plus les mêmes, des cicatrices, des fuites dont on n’ose pas parler. Et parfois la honte de ne pas aimer ce corps que tout le monde dit « magnifique ».Elle touche aussi la sexualité du couple après la naissance.
La maladie, l’accident, le handicapUne cicatrice, une stomie, une mastectomie, une prothèse, un corps qui tremble ou qui ne répond plus. Le corps devient médical, examiné, manipulé. Voir vivre avec un handicap.La peintre Frida Kahlo, dans La Colonne brisée (1944), a fait de son corps blessé un autoportrait qui regarde en face.
Le vieillissementLes rides, le poids qui se déplace, le désir qui change, la ménopause, les difficultés d’érection, et le regard d’une société qui préfère ne pas imaginer la sexualité des personnes âgées. Voir le corps qui vieillit et couple et sexualité avec l’âge.La honte peut arriver tard, chez des personnes qui ne l’avaient jamais connue.
Du complexe à l’obsession : une échelle
Tout le monde a un détail de son corps qu’il aimerait changer. La question n’est pas d’en avoir, mais de savoir quelle place il prend dans la vie. Déplacez le curseur, d’un cran à l’autre.
un complexeune honteune obsession
Le dernier degré mérite une remarque. Les personnes qui souffrent de dysmorphophobie entendent souvent « mais tu es très bien comme tu es ». La phrase est sincère et ne sert à rien, parce que la souffrance ne vient pas de l’apparence elle-même, mais de la façon dont l’esprit s’y accroche. Il en va un peu de même pour les troubles du comportement alimentaire, où la honte du corps joue un rôle important et où l’on ne guérit pas en recevant des compliments.
La honte du désir
La honte ne porte pas seulement sur le corps que l’on montre. Elle porte aussi sur ce que l’on désire, ou sur ce que l’on ne désire pas. Dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud décrit des forces psychiques qui se construisent pendant l’enfance et qui viennent ensuite, comme des digues, endiguer la pulsion sexuelle : le dégoût, la honte (on traduit aussi par pudeur) et les exigences de l’idéal esthétique et moral. Il ne les condamne pas : sans elles, pas de vie en société, pas d’intimité non plus, puisque l’intime suppose une frontière. Mais une digue trop haute inonde à son tour. Quand elle a été construite à coups de menaces, de silences ou de mépris, elle empêche le désir de circuler du tout.
Ce que l’on entend souvent
« J’ai honte d’avoir envie. » « J’ai honte de ne jamais avoir envie. » « Je n’ose pas dire ce que j’aime. » « J’ai honte de mes fantasmes. » « Je me masturbe et je m’en veux à chaque fois. » « Je n’ai jamais eu de relation sexuelle à mon âge. » « Je me sens attiré par des personnes de mon sexe et je n’ai pas le droit. »
Ce que nous pouvons en dire
Un fantasme n’est pas un acte, ni une intention : la vie imaginaire est libre, et elle est souvent plus étrange que nos choix réels. Le désir, sa présence comme son absence, varie énormément d’une personne à l’autre et au cours d’une vie. L’orientation sexuelle et l’identité ne sont pas des fautes. Ce qui fait honte, très souvent, ce n’est pas le désir : c’est la règle sous laquelle on a grandi.
Cette règle a des sources multiples. Une éducation où l’on ne parlait jamais du corps, sauf pour avertir. Une religion vécue comme une surveillance. Un parent qui fouillait la chambre. Une première expérience découverte et commentée. Les images pornographiques, aussi, qui ont installé chez beaucoup de jeunes adultes une norme de performance et d’apparence sans aucun rapport avec la vie réelle, et donc une honte de ne pas y ressembler. Dans tous ces cas, la question de la fiche Pabau est éclairante : ce malaise vise-t-il un acte que j’aurais commis, ou ma personne tout entière (Pabau, fiche de travail) ? Dans la honte du désir, il n’y a presque jamais d’acte en cause. C’est l’être désirant qui se sent coupable d’exister.
Trois choses à retenir
La pudeur choisit ce qu’elle montre ; la honte du corps n’a plus le choix.
Elle s’installe par couches, à des âges précis : puberté, premières fois, maternité, maladie, vieillissement.
La honte du désir porte rarement sur un acte : elle vient presque toujours d’une règle apprise, que l’on peut interroger.
Ce que l’on n’ose pas dire, et à qui
La honte du corps et de l’intime a une conséquence très concrète : elle fait taire. Elle empêche de dire à son partenaire ce qui ne va pas, de décrire un symptôme à un médecin, de l’évoquer en thérapie, et parfois même de se le formuler à soi-même. Chacun de ces silences a son prix.
On fait semblant. On accepte ce qui ne plaît pas, on n’ose pas demander ce qui plairait, on simule parfois, on évite les rapports en prétextant la fatigue. Le partenaire, qui ne sait rien, interprète : « il ne me désire plus », « elle ne m’aime plus ». Une difficulté d’érection non dite devient un rejet supposé ; une douleur tue devient un éloignement. Très souvent, en séance de couple, la première parole vraie sur le corps soulage les deux à la fois. Voir sexualité et couple.
C’est le silence le plus dangereux. Par honte, on repousse un dépistage, un frottis, une palpation, une consultation pour une grosseur, une fuite urinaire, un trouble de l’érection qui peut être le premier signe d’un problème cardiovasculaire. Les médecins le savent : beaucoup de patients évoquent « le vrai motif » au moment de partir, une fois debout et le manteau sur le dos. Si la honte vous retient d’un examen, la travailler est aussi une question de santé.
On vient pour une anxiété, une humeur basse, un couple qui se délite, et l’on garde pour plus tard ce qui touche à la sexualité, parfois pour toujours. Nous posons volontiers la question, simplement, sans insister. Il est tout à fait possible de répondre « je n’ai pas envie d’en parler maintenant ». La porte reste ouverte, et beaucoup la franchissent quelques séances plus tard.
Le silence le plus subtil. On ne se demande pas ce que l’on aime, on ne regarde pas son corps, on ne se touche pas, on ne s’autorise pas à penser qu’on pourrait vouloir autre chose. Certaines personnes découvrent en thérapie qu’elles n’ont jamais exploré leur propre désir, tant il leur semblait interdit d’en avoir un. Ce silence-là se lève souvent en dernier, et c’est souvent celui qui libère le plus.
Exemple fictif : Karim, et les rendez-vous qu’il annule
Exemple fictif
Karim, 34 ans, est drôle, apprécié, plutôt séduisant. Depuis sa première relation, à vingt ans, où il a éjaculé très vite et où sa partenaire a ri (un rire gêné, peut-être, mais il ne l’a entendu que comme un rire moqueur), il évite les relations. Il rencontre des femmes, les fait rire, et annule le troisième rendez-vous, celui où « ça risque d’aller plus loin ». Ce soir, Clara, avec qui il s’entend très bien, lui propose de venir dîner chez elle.
Quelle réponse ouvre vraiment une porte pour Karim ?
L’histoire de Karim illustre une chose que nous voyons souvent : une difficulté sexuelle banale, rencontrée un jour, devient une honte durable parce qu’elle a été accompagnée d’un regard ou d’un mot. Ce n’est pas la difficulté qui a organisé dix ans de vie, c’est l’humiliation. Le dossier sexologie et la page l’anxiété de performance en décrivent les mécanismes ; érection et éjaculation en détaille les causes et les solutions.
Quand la honte du corps vient d’une violence
Après des violences sexuelles, un inceste, une agression, une emprise, la honte se loge très souvent dans le corps lui-même : un corps vécu comme sale, abîmé, traître parfois, quand il a réagi d’une façon que la personne ne comprend pas (une sidération, une absence de défense, une réaction physique involontaire). Cette honte n’appartient pas à la victime. Elle est pourtant l’une des plus tenaces, et elle mérite d’être travaillée avec beaucoup de précaution, à un rythme qui respecte la personne. Une page entière du dossier, la honte après des violences, en traite, et douleurs et vaginisme aborde les traces que ces violences peuvent laisser dans la sexualité.
Si vous allez très mal
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Se réconcilier : cinq chemins
Se réconcilier avec son corps ne veut pas dire se trouver beau tous les matins. Cela veut dire, plus modestement et plus durablement, cesser de le traiter comme un accusé. Voici cinq chemins, qui se combinent. Certains se parcourent seul, d’autres demandent d’être accompagné.
Changer de langue devant le miroir. Les TCC utilisent un exercice d’exposition au miroir, mené de façon guidée : on décrit son corps de la tête aux pieds, avec des mots neutres et précis (« mes cuisses sont larges, ma peau a des vergetures sur les hanches »), sans les adjectifs de jugement que l’on emploie d’habitude (« énormes », « immondes »). Répété, l’exercice apprend au regard à constater au lieu de condamner.
Revenir du corps vu au corps senti. La honte vit dans le regard ; le plaisir vit dans les sensations. Marcher pieds nus, nager, danser seul dans sa cuisine, prendre un bain en prêtant attention à la chaleur de l’eau : tout ce qui ramène à ce que le corps ressent l’arrache un peu au tribunal de l’apparence. Dans la sexualité, c’est le principe de la focalisation sensorielle, où l’on met de côté la performance pour réapprendre à sentir.
Retrouver la phrase d’origine. « C’est dégoûtant. » « Tu as grossi. » « Les garçons ne pensent qu’à ça. » La honte du corps a très souvent une première phrase, et une voix. La retrouver, c’est comprendre qu’on a hérité d’un jugement, non découvert une vérité. C’est aussi souvent une porte d’entrée pour l’EMDR.
Trier les normes. Combien des corps que vous voyez chaque jour sont retouchés, filtrés, choisis parmi des centaines de prises ? Combien des scènes sexuelles qui vous servent de référence ont été jouées par des professionnels, pour une caméra ? Désabonner, éteindre, choisir d’autres images n’est pas une fuite : c’est une hygiène.
Dire une chose, à une personne sûre. La honte se nourrit du secret. Dire une seule chose (« je n’ai jamais aimé mon corps », « j’ai mal pendant les rapports », « je n’ai jamais eu de relation ») à une personne qui ne juge pas change souvent davantage que des années de rumination. Ce peut être un partenaire, un ami, ou un thérapeute.
Vrai ou faux : le corps, la honte, le désir
Affirmation 1
« Si j’avais un corps parfait, je n’aurais plus honte. »
Les personnes qui correspondent aux canons de beauté ont, elles aussi, souvent honte de leur corps. La honte se déplace d’un détail à l’autre, parce qu’elle ne vient pas de l’apparence mais du regard intérieur.
Affirmation 2
« Avoir des fantasmes qui nous surprennent est très courant. »
La vie imaginaire est libre et souvent déroutante. Un fantasme n’est ni un projet ni une intention, et il ne dit pas ce que l’on est. Ce qui pose problème, c’est la honte qui empêche d’y penser tranquillement.
Affirmation 3
« La pudeur est un problème à soigner. »
C’est plus nuancé. La pudeur est une protection saine de l’intime : on a le droit de ne pas tout montrer. Elle devient une difficulté quand elle n’est plus un choix, et qu’elle empêche les examens médicaux, l’intimité désirée ou les plaisirs simples.
Affirmation 4
« Une difficulté sexuelle passagère dit quelque chose de grave sur soi. »
Une panne, une éjaculation rapide, une absence d’envie, une douleur sont fréquentes au cours d’une vie et ont souvent des causes simples : fatigue, stress, émotion. C’est la honte qui les transforme en verdict, et qui les fait durer.
Affirmation 5
« La honte du corps peut retarder des soins importants. »
Oui : dépistages repoussés, symptômes tus, examens évités. C’est l’une des raisons pour lesquelles il vaut la peine de la travailler, même quand on a appris à « vivre avec ».
Parler du corps au cabinet
Parler de son corps et de sa sexualité à quelqu’un que l’on connaît à peine paraît souvent impossible. Nous le savons, et nous faisons en sorte que cela devienne simple : des mots exacts, sans détour et sans gêne, des questions posées sans insistance, et le droit de ne pas répondre. Vous pouvez venir seul, en couple, ou accompagné lors du premier rendez-vous, qui vous laisse entièrement libre ensuite, au cabinet ou en téléconsultation.
Les scènes
EMDR
Quand la honte remonte à une scène précise (une moquerie au vestiaire, une remarque lors d’un examen, une première fois humiliante, une violence), l’EMDR aide à désamorcer ce souvenir ; la séance dure alors 80 minutes. Un bilan psycho-traumatique aide souvent à préparer ce travail.
L’histoire
Écoute analytique
Pour entendre les règles sous lesquelles on a grandi, ce que la famille taisait, ce que le désir a dû cacher, et pour que le corps cesse d’être le porte-parole d’une honte qui n’a jamais pu se dire autrement.
Le quotidien
Outils des TCC
Exposition guidée au miroir, travail sur les pensées de jugement, focalisation sensorielle dans la sexualité, essais progressifs pour se laisser voir davantage : des outils concrets, à faire entre les séances.
À deux
Séances de couple
Quand la honte s’est installée dans la vie intime du couple, des séances de 80 minutes, possibles aussi par écran, permettent à chacun de dire ce qu’il n’avait jamais dit, avec un psychothérapeute qui ne prend parti pour personne.
Si la honte du corps s’accompagne de difficultés qui ont une part physique (douleur, trouble de l’érection, troubles hormonaux), nous restons en lien, si vous le voulez bien, avec le médecin qui vous suit. Pour la sexualité en général, voir notre approche en sexologie, et pour l’ensemble du dossier, notre accompagnement de la culpabilité et de la honte.
Ce qu’on nous demande
Comment ne plus avoir honte de son corps ?
En cessant de le traiter comme un accusé, ce qui se fait par étapes : décrire son corps avec des mots neutres plutôt que des jugements, revenir à ce qu’il ressent plutôt qu’à ce qu’il montre, remonter aux remarques et aux moments d’où elle vient, trier les images auxquelles on se compare, et en parler à une personne sûre. Quand la honte est ancienne ou liée à des souvenirs précis, une thérapie aide beaucoup.
Quelle différence entre pudeur et honte du corps ?
La pudeur protège l’intime : elle choisit ce que l’on montre, à qui et quand, et elle est saine. La honte du corps ne choisit plus : elle fait du corps une faute et de chaque regard une menace, au point de faire renoncer à la plage, à l’intimité ou aux examens médicaux.
J’ai honte de ma sexualité : est-ce que c’est normal ?
C’est très fréquent, et cela vient presque toujours des règles sous lesquelles on a grandi plutôt que de la sexualité elle-même. Honte du désir, de son absence, d’un fantasme, d’une orientation, d’une difficulté : tout cela peut se dire et se travailler, sans jugement.
Qu’est-ce que la dysmorphophobie ?
C’est une préoccupation intense et envahissante pour un défaut physique minime ou invisible pour les autres, qui occupe des heures par jour : vérifications dans le miroir ou évitement des reflets, camouflage, besoin d’être rassuré, projets de chirurgie qui ne soulagent pas. C’est une souffrance sérieuse, qui se soigne.
Comment parler de sa sexualité à un psy quand on est mal à l’aise ?
La gêne est fréquente au début, et elle diminue vite quand l’interlocuteur emploie des mots simples et exacts, sans détour ni jugement. Au cabinet, nous posons les questions sans insister, et vous gardez toujours le droit de répondre plus tard.
L’EMDR peut-elle aider la honte du corps ?
Oui, quand cette honte tient à des scènes précises : une moquerie, une remarque blessante, une première expérience humiliante, une violence. L’EMDR permet de retraiter ces scènes pour qu’elles cessent de se rejouer à chaque regard ou à chaque rapprochement. Au cabinet, ces séances durent 80 minutes.
Références
La Genèse, Montaigne, Freud, Max Scheler et Frida Kahlo sont cités dans le texte. Les autres appuis de cette page :
Tangney, J. P., et Dearing, R. L. (2002). Shame and Guilt. New York : Guilford Press. Pour la distinction entre une émotion qui vise un acte et une émotion qui vise la personne.
Pabau. Shame and Guilt Worksheet, fiche de travail. pabau.com. La question « ce sentiment porte-t-il sur ce que j’ai fait ou sur ce que je suis ? ».
Ricœur, J.-P. « Honte et culpabilité », conférence du 5 mai 2007, publiée sur psychaanalyse.com. psychaanalyse.com (PDF). La pudeur comme « petite sœur de la honte » quand celle-ci porte sur le corps ; honte, dégoût et moralité chez le premier Freud.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
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