Sexologie : notre approche, entre EMDR, écoute analytique, outils des TCC et thérapie de couple
Le corps va souvent très bien. Ce qui bloque a une histoire, et c’est elle que nous prenons au sérieux, sans exercice à réciter ni rien à justifier. Au cabinet, les difficultés sexuelles sont accompagnées par le psychothérapeute, qui associe deux axes principaux, l’EMDR et l’écoute analytique, complétés par les outils des TCC et, quand le couple est concerné, par la thérapie de couple. La neuropsychologue intervient plus rarement, quand un fonctionnement particulier éclaire la difficulté. Voici ce que nous cherchons à comprendre, ce que chaque approche apporte, comment elles s’articulent, et ce qu’en dit la recherche, en toute honnêteté.
Ce que nous cherchons à comprendre
La plupart des demandes de sexologie que nous recevons viennent d’hommes : une panne qui se répète, une érection qui se dérobe seulement dans certaines situations, et parfois justement avec la personne qui compte le plus, une éjaculation trop rapide ou qui n’arrive plus, un doute sur son corps et sur ce qu’il vaut. Nous recevons aussi des femmes et des couples pour une baisse du désir, des douleurs, un vaginisme, une absence de plaisir. Et des personnes qui ne ressentent rien : ni plaisir, ni sensation, un corps qui reste muet pendant l’intimité, parfois depuis toujours, parfois depuis un moment précis de leur vie.
Face à chacune de ces situations, notre première question n’est pas « quel exercice proposer ? », mais « qu’est-ce qui se passe, pour cette personne, à ce moment de sa vie ? ». Une même panne d’érection peut tenir à un problème vasculaire, à la peur née d’un premier échec humiliant, à un deuil, à une colère contre la compagne, à une culpabilité ancienne, ou à tout cela à la fois. Une même baisse de désir peut venir d’un traitement, d’un épuisement, d’une blessure du couple, ou d’une histoire où le plaisir n’avait pas sa place. Proposer la même réponse à toutes ces situations serait comme prescrire le même médicament à toutes les fièvres.
Nous cherchons donc à comprendre, avec vous, plusieurs choses : ce que dit le corps, et ce que le médecin en pense ; le mécanisme qui entretient la difficulté (la peur, l’évitement, le frein) ; les souvenirs qui pèsent encore ; l’histoire de votre désir, de vos interdits et de vos premières expériences ; ce qui se joue dans votre relation ; et le moment de vie où la difficulté est apparue. C’est à partir de cette compréhension que se choisissent les approches.
Vérifier le corps avec le médecin, comprendre le mécanisme, apaiser les souvenirs qui pèsent (EMDR), entendre l’histoire du désir et ce qui se répète (écoute analytique), proposer des outils concrets quand ils ont du sens (TCC), et travailler à deux quand le couple est concerné.
Les cinq dimensions d’une difficulté sexuelle
Pour comprendre pourquoi une seule méthode suffit rarement, il est utile de distinguer cinq dimensions qui s’entremêlent. Touchez chaque onglet.
Le corps. Vaisseaux, hormones, nerfs, muqueuses, médicaments, maladies, douleur. C’est le domaine du médecin, du gynécologue, de l’urologue, de la sage-femme, du kinésithérapeute. Nous vous invitons toujours à le vérifier, en parallèle du travail psychothérapeutique.
Le mécanisme. La peur de l’échec qui provoque l’échec, le spectateur intérieur, le frein enfoncé, la douleur qui crée la contraction, l’évitement qui empêche de vérifier que tout pourrait bien se passer. C’est le terrain de prédilection des outils des TCC et de la focalisation sensorielle.
Les souvenirs. Une première panne moquée, une première fois douloureuse, une humiliation, un examen brutal, un accouchement traumatique, une violence subie : ces scènes restent parfois « vivantes » et se rejouent dans le présent. C’est l’indication de l’EMDR.
L’histoire et le sens. Ce que la personne a appris du corps et du plaisir, ses interdits, ses fantasmes, sa culpabilité, ses idéaux, ce que le symptôme vient dire, et ce qui se répète d’une relation à l’autre. C’est l’espace de l’écoute analytique.
Le lien. L’écart de désir, la danse du demandeur et du refusant, la colère rentrée, la charge mentale, la confiance blessée, la façon de se parler. C’est le domaine de la thérapie de couple, et parfois d’un travail individuel qui change la dynamique à deux.
Ces dimensions communiquent sans cesse. Un problème vasculaire débutant (le corps) provoque une panne (le mécanisme), qui réveille le souvenir d’une moquerie d’adolescence (les souvenirs), qui confirme une vieille conviction de ne pas être « un vrai homme » (l’histoire), qui pousse à éviter la compagne, laquelle se sent rejetée (le lien). Travailler une seule dimension, c’est souvent voir la difficulté revenir par une autre porte.
L’EMDR : le passé, le présent, l’avenir
L’EMDR est l’un des deux axes principaux de notre psychothérapie. On la connaît surtout pour le stress post-traumatique, pour lequel elle est recommandée par l’Organisation mondiale de la santé et par la Haute Autorité de santé. Mais dans notre pratique, elle va bien au-delà du traumatisme spectaculaire. Elle travaille les expériences de vie qui pèsent encore, les émotions restées bloquées, les représentations de soi qu’elles ont gravées, les déclencheurs actuels et les situations futures.
En sexologie, l’observation est frappante : beaucoup de difficultés commencent par un moment précis. Une première panne, un soir de fatigue, suivie d’un rire ou d’une phrase blessante (« que veux-tu que je fasse avec ça ? »). Une première fois douloureuse. Une remarque sur son corps. Ce moment s’imprime comme un arrêt sur image : par la suite, dans des circonstances qui y ressemblent, la personne revit la même alarme et la même honte, avant même que quoi que ce soit ne commence. Le souvenir n’est pas resté dans le passé ; il s’invite dans chaque nouvelle rencontre.
Le passé, le présent, l’avenir
- Le passé : la première panne, l’humiliation, l’expérience douloureuse, parfois des scènes plus anciennes qui ont préparé le terrain.
- Le présent : les déclencheurs actuels, le moment où l’on se met au lit, un regard, une phrase, une sensation.
- L’avenir : le scénario du futur, qui prépare une prochaine rencontre en s’y voyant à l’aise.
Les croyances sur soi
- « Je ne suis pas un vrai homme » devient « j’ai eu une difficulté, comme beaucoup ».
- « Mon corps est dangereux » devient « je peux être en sécurité dans l’intimité ».
- « Je suis nulle, je n’y arriverai jamais » devient « mon corps a appris à se protéger, il peut apprendre autre chose ».
- « Je suis en danger » devient « c’est passé, je suis ici et maintenant ».
Quand des violences sexuelles ont eu lieu, ce qui arrive bien plus souvent qu’on ne le croit, chez les femmes comme chez les hommes, l’EMDR est l’une des approches recommandées pour leurs suites. Le travail commence alors toujours par une phase de stabilisation, et vous ne serez jamais obligé de raconter ce que vous ne souhaitez pas raconter : l’EMDR permet de travailler un souvenir sans le décrire en détail. Le rythme, c’est vous qui le décidez. Voir l’EMDR, le déroulement d’une séance et les types de trauma.
Et si je ne me souviens d’aucun événement particulier ?
C’est fréquent, et cela n’empêche pas l’EMDR. On peut partir de la sensation actuelle (la tension avant un rapport, la honte après) et laisser revenir les souvenirs qui y sont associés, souvent plus anodins en apparence : une remarque d’un parent, une moquerie au collège, une scène de gêne. Parfois aussi, aucun souvenir n’est en cause, et l’EMDR n’est pas la bonne porte : l’écoute analytique ou les outils des TCC prennent alors le relais.
L’écoute analytique : le désir et son histoire
L’écoute analytique est notre second axe principal. Elle part d’une idée simple, que Freud a mise au centre de son œuvre dès 1905 : la sexualité humaine n’obéit pas à un programme fixe. Elle se construit au fil d’une histoire, avec ses rencontres, ses interdits, ses plaisirs et ses blessures. Une difficulté sexuelle n’est donc pas seulement une panne de mécanique : elle a souvent une date, un contexte, et un sens qui ne se laisse pas deviner d’emblée.
Concrètement, l’écoute analytique accueille ce qui se dit sans tri ni jugement, et s’intéresse à plusieurs fils :
- Le désir : ce qui l’allume et ce qui l’éteint, chez cette personne-là, et pourquoi il ne se commande pas.
- L’histoire : ce qu’on a appris, enfant et adolescent, du corps, du plaisir, de la pudeur ; les premières expériences ; la façon dont on a été regardé.
- Les fantasmes et les interdits : chacun a une vie imaginaire, qui n’est pas un projet et qui ne dit rien de ce qu’on souhaite vraiment vivre. Pouvoir en parler sans être jugé allège souvent une culpabilité qui pesait sur l’intimité.
- Ce qui se répète : les mêmes difficultés à chaque nouvelle relation, toujours au même moment, avec le même type de partenaire.
- Ce qui se joue dans le couple : les projections, les loyautés, la place que l’on donne à l’autre et celle qu’on prend.
Prenons une situation fréquente : une panne qui n’arrive qu’avec la personne qu’on aime le plus, alors que tout va bien ailleurs. Freud avait déjà décrit cette difficulté à réunir, chez une même personne, la tendresse et le désir. Dans d’autres cas, une difficulté apparaît l’année d’un deuil, après la naissance d’un enfant, au moment d’une promotion qu’on ne se sent pas mériter. Le corps parle souvent plus tôt que nous. L’écoute analytique ne nie jamais la part du corps ni l’utilité des outils ; elle s’intéresse à la personne qui vit la difficulté. Voir psychanalyse et sexualité et la psychanalyse.
Faut-il s’allonger sur un divan ?
Non. L’écoute analytique, telle que nous la pratiquons dans ce cadre, se fait le plus souvent en face à face, au rythme de séances régulières. Le divan est un dispositif possible dans une psychanalyse au long cours, pas une condition. Ce qui compte, c’est la qualité de l’écoute et la liberté de parole.
Les outils des TCC : en complément, quand ils ont du sens
Les thérapies cognitives et comportementales, et la sexothérapie qui en partage beaucoup d’outils, sont les approches psychologiques les plus étudiées pour les difficultés sexuelles. Dans notre pratique, elles viennent en complément des deux axes principaux. Nous n’avons pas de programme d’exercices à réciter : nous proposons un outil quand il correspond à votre situation, nous l’ajustons, et ce qui « coince » pendant un exercice devient une information précieuse pour la suite.
Ces outils agissent vite sur le mécanisme. Ils butent parfois sur une émotion trop ancienne, un souvenir resté vivant, ou une répétition qui résiste à toute bonne volonté. C’est précisément là que l’EMDR et l’écoute analytique prennent le relais. Voir les TCC.
La thérapie de couple
Quand la difficulté se joue aussi dans le lien, ce qui est très souvent le cas, la thérapie de couple devient une pièce centrale. Elle est intégrative : centrée sur les émotions, pour sécuriser le lien ; nourrie des travaux de Gottman sur ce qui abîme et ce qui répare ; de l’approche Imago, pour comprendre comment les blessures de l’enfance se rejouent à deux ; des outils des TCC pour les comportements et les pensées qui blessent ; et de l’écoute analytique pour les projections et les répétitions. Elle peut intégrer un travail directement centré sur la sexualité : information, focalisation sensorielle proposée à deux, déconstruction des peurs et des blocages.
Les séances de couple durent 80 minutes, pour que chacun ait le temps de parler. Le cabinet reçoit tous les couples, quelles que soient leur orientation et leur configuration. Et si votre partenaire ne souhaite pas venir, vous pouvez commencer seul : en vous voyant aller mieux, il ou elle aura peut-être envie de vous rejoindre. Voir sexualité et couple et la thérapie de couple au cabinet.
Le regard de la neuropsychologue
Soyons clairs : la neuropsychologue du cabinet intervient peu dans les difficultés sexuelles, et nous ne cherchons pas à forcer son rôle. Son regard devient pourtant précieux dans quelques situations précises.
- Un TDAH, reconnu ou non : l’attention qui part ailleurs pendant l’intimité, l’impulsivité, le besoin de nouveauté, ou l’hyperfocus amoureux des débuts suivi d’une inattention que le partenaire vit comme un désamour. Comprendre ce fonctionnement change la lecture du couple. Voir TDAH et couple.
- Un autisme, surtout chez l’adulte diagnostiqué tardivement : des sensibilités sensorielles fortes (certains contacts, odeurs, bruits difficiles à supporter), un besoin que les attentes soient dites explicitement, une anxiété face aux codes implicites de la séduction. Voir autisme et couple.
- Après un événement neurologique ou une maladie qui touche la cognition, quand des changements de comportement ou de désir s’ajoutent aux difficultés.
Dans ces cas, un bilan neuropsychologique peut éclairer le profil de la personne, et la neuropsychologue et le psychothérapeute se concertent, avec votre accord, pour adapter l’accompagnement. Pour la plupart des difficultés sexuelles, en revanche, aucun bilan n’est nécessaire. Quand une anxiété, une dépression ou un trauma semblent peser, c’est plutôt un bilan psychologique ou psycho-traumatique, réalisé par le psychothérapeute, qui peut être utile. Voir les bilans.
Le médecin, partenaire indispensable
Le cabinet ne prescrit pas et ne fait aucun examen physique. Nous vous invitons à consulter votre médecin traitant, un gynécologue, une sage-femme ou un urologue, avant ou en parallèle du travail psychothérapeutique : troubles vasculaires, hormonaux, effets de médicaments, douleurs gynécologiques, maladies chroniques doivent être recherchés. N’arrêtez jamais un traitement sans en parler à votre médecin.
Avec votre accord, nous échangeons volontiers avec les professionnels qui vous suivent. Un traitement médical et une psychothérapie ne s’opposent pas : un soutien médicamenteux transitoire peut aider à casser le cercle de la peur, une rééducation périnéale accompagne la désensibilisation, un ajustement de traitement peut lever un frein. Et quand une aide médicale « ne marche pas » alors que le corps va bien, c’est souvent le signe que la peur, l’histoire ou la relation pèsent plus lourd que prévu.
Le schéma animé : comment les approches s’articulent
Ce schéma montre un parcours type. La longueur des bandes indique les moments où chaque approche est le plus présente ; le curseur figure le temps qui passe. Ce n’est pas un programme : chaque parcours a sa forme, et beaucoup de personnes n’ont besoin que de deux ou trois de ces approches.
- Temps 1 : accueillirPremier rendez-vous, seul ou à deux. On écoute la demande, l’histoire de la difficulté, ce qui a déjà été tenté. On vérifie qu’un avis médical a été pris, ou on en parle. La honte commence souvent à baisser dès ce moment.
- Temps 2 : comprendre et outillerPsychoéducation sur le mécanisme, premiers outils (respiration, retour aux sensations, réduction de l’évitement), et si c’est pertinent, premières séances à deux.
- Temps 3 : apaiserQuand des souvenirs restent vivants, l’EMDR prend le relais : la première panne, l’humiliation, l’expérience difficile, puis le scénario du futur. Plus tôt si la peur bloque tout.
- Temps 4 : retrouver et donner du sensL’intimité redevient possible, différente. Reste souvent une question plus large : l’exigence, la culpabilité, un deuil, la place dans le couple. L’écoute analytique, présente depuis le début, peut prendre plus de place.
Cet ordre n’est pas une règle. Une personne envahie par un souvenir de violence commencera par la stabilisation et l’EMDR. Un couple pris dans les reproches commencera par la thérapie de couple. Un homme qui a déjà tout essayé, mais qui voit ses difficultés revenir à chaque nouvelle relation, commencera peut-être par l’écoute analytique. L’important est que l’ordre soit pensé, expliqué, et revu avec vous.
Ce que dit la recherche, approche par approche
Il est important de distinguer deux choses : la place que chaque approche occupe dans notre pratique, et l’état des connaissances scientifiques pour les difficultés sexuelles. Les deux ne coïncident pas toujours, et nous préférons le dire clairement.
| Approche | Sa place dans notre pratique | Ce que dit la recherche |
|---|---|---|
| Traitements médicaux | Assurés par le médecin, avec qui nous travaillons | Efficacité bien établie pour les troubles de l’érection ; traitements disponibles pour l’éjaculation rapide, la sécheresse, certaines douleurs. |
| Sexothérapie et TCC | Outils proposés en complément, quand ils ont du sens | Les approches psychologiques les plus étudiées : bonnes données pour les douleurs et le vaginisme (avec le travail corporel), l’éjaculation rapide, l’anxiété de performance ; la pleine conscience a des résultats encourageants pour le désir. |
| Association médical et psychologique | Ce que nous encourageons chaque fois que c’est utile | Plusieurs études suggèrent une meilleure satisfaction et des progrès plus durables quand traitement médical et accompagnement psychologique sont associés. |
| EMDR | Axe principal, pour les souvenirs, les déclencheurs et l’avenir | Recommandée pour le stress post-traumatique, y compris après des violences sexuelles. Son application directe aux difficultés sexuelles fait l’objet de travaux encore peu nombreux et de petite taille. |
| Écoute analytique | Axe principal, pour l’histoire, le désir et ce qui se répète | Longue tradition clinique, peu d’essais contrôlés spécifiques aux difficultés sexuelles. Les psychothérapies psychodynamiques ont des données dans d’autres indications, comme la dépression ou certains troubles anxieux. |
| Thérapie de couple | Centrale quand le lien est en jeu | Bonnes données pour la détresse conjugale (thérapie centrée sur les émotions, thérapies comportementales de couple) ; souvent associée à la sexothérapie. |
Aucune étude n’a comparé notre façon d’articuler ces approches à d’autres organisations. Chacune de ses composantes repose sur des connaissances établies ou sur une longue tradition clinique ; leur articulation, elle, relève de notre expérience. D’autres professionnels accompagnent très bien les difficultés sexuelles avec d’autres méthodes, et notre conviction n’enlève rien à leur travail. Nous ne promettons aucun résultat : nous constatons des bénéfices possibles, et nous les évaluons avec vous en chemin.
Le cadre des séances
Parler de sexualité suppose un cadre particulièrement clair et sûr. Voici ce que vous pouvez attendre, et ce que vous n’aurez jamais à craindre.
Un espace de parole sûr
- Le secret professionnel, et aucun échange avec d’autres professionnels sans votre accord.
- Aucun détail cru exigé : on parle d’émotions, de peur, d’histoire et de liens.
- Le respect de toutes les orientations, identités et configurations de vie, sans rien à justifier.
- Un rythme qui est le vôtre, et le droit de dire « je préfère ne pas en parler aujourd’hui ».
Aucun geste, aucun examen
- En psychothérapie, il n’y a ni examen ni contact physique : tout passe par la parole.
- Les exercices éventuels se font chez vous, dans votre intimité, et vous en parlez ensuite si vous le souhaitez.
- Personne ne vous imposera une pratique, une norme ou une façon de vivre votre sexualité.
- Personne ne jugera vos fantasmes, vos désirs ou leur absence.
Un peu d’humour a aussi sa place, quand vous le souhaitez. Beaucoup de patients arrivent tendus, persuadés d’être « le pire cas jamais vu ». Découvrir que leur difficulté est banale, et pouvoir en sourire, n’enlève rien au sérieux du travail : cela rappelle qu’on parle d’un fonctionnement humain, pas d’une faute. Les consultations ont lieu au cabinet ou en téléconsultation, qui convient très bien à ces sujets.
Deux parcours fictifs
Ces parcours sont inventés pour cette page, à partir de situations fréquentes. Ils illustrent une façon de faire, pas un protocole.
Exemple fictif : Antoine, 44 ans
Antoine consulte pour des pannes répétées depuis un an, uniquement avec sa compagne, qu’il dit aimer profondément. Seul, tout fonctionne. Les pannes ont commencé l’année où son père est mort.
- D’abordRendez-vous chez le médecin : bilan normal, tension un peu élevée, prise en charge simple.Le corps va bien, ou presque.
- Premières séancesCompréhension du cercle de la peur, retour aux sensations, réduction de l’évitement.La pression baisse, sans que la difficulté disparaisse.
- EnsuiteAntoine parle de ce père admiré et redouté, de la place qu’il croit devoir prendre, de sa peur de « ne pas être à la hauteur ». Écoute analytique.La panne devient la façon dont son corps disait un deuil.
- Plus tardDeux séances avec sa compagne pour parler de ce qu’elle a vécu (« je croyais qu’il ne me désirait plus »).L’intimité revient, plus tendre et moins inquiète.
Exemple fictif : Sarah, 35 ans
Sarah consulte pour une absence de désir et l’impression d’« être ailleurs » pendant les rapports, depuis des années. Elle évoque, avec beaucoup de difficulté, une expérience non consentie à vingt ans, qu’elle n’a jamais racontée.
- D’abordPlusieurs séances pour installer la sécurité : comprendre la dissociation comme une protection, apprendre à revenir dans le présent.Aucun récit détaillé n’est demandé.
- EnsuiteBilan psycho-traumatique, puis EMDR sur le souvenir, à son rythme, avec des pauses quand il le faut.« Je peux y penser sans quitter mon corps. »
- PuisRetour progressif aux sensations, avec des exercices de pleine conscience, puis quelques séances avec son compagnon.Le présent redevient le présent.
- EnfinSarah choisit de continuer à parler d’elle, de sa place dans sa famille, de sa colère. L’écoute analytique prend le relais.Voir la dissociation.
À vous de jouer : par où commencer ?
Deux situations inventées. Quel premier pas vous semble le plus utile ?
Situation 1
Hugo, 58 ans, diabétique et fumeur, voit ses érections diminuer progressivement depuis deux ans, dans toutes les situations, y compris au réveil. Il n’en a parlé à personne et pense que « c’est psychologique ».
Premier pas ?
Situation 2
Camille, 29 ans, a un bilan gynécologique normal et suit une rééducation périnéale. Mais la peur reste intacte, accrochée au souvenir d’un premier rapport très douloureux, pendant lequel elle n’a pas osé dire stop.
Premier pas ?
Quiz pédagogique : quelle porte d’entrée vous parle ?
Ce quiz, rédigé pour ce dossier, vous aide à repérer quelle approche pourrait être la plus utile pour commencer. Quiz pédagogique, ce n’est ni un test validé ni un diagnostic, et il ne pose aucune question sur vos pratiques. Le choix se fait toujours ensemble, lors d’un premier rendez-vous.
Questions fréquentes
Qui assure les consultations de sexologie au cabinet ?
Le psychothérapeute, qui associe l’EMDR, l’écoute analytique, les outils des TCC et la thérapie de couple. La neuropsychologue intervient plus rarement, quand un TDAH ou un autisme semble compliquer la vie intime. Les consultations ont lieu au cabinet ou en téléconsultation.
Va-t-on me donner des exercices à faire ?
Seulement s’ils ont du sens pour vous. Nous n’avons pas de programme à réciter. Des exercices de focalisation sensorielle ou de désensibilisation progressive peuvent être proposés, toujours discutés, jamais imposés, et ils se font chez vous. Ce qui coince pendant un exercice devient une information utile.
Faut-il raconter des détails intimes en séance ?
Non. On parle d’émotions, de peur, d’histoire et de relation. Vous choisissez ce que vous dites. L’EMDR permet même de travailler un souvenir difficile sans le décrire en détail.
L’EMDR peut-elle aider pour une difficulté sexuelle sans traumatisme ?
Souvent, une difficulté commence par un moment précis vécu comme une humiliation ou un échec. L’EMDR travaille ces souvenirs, les déclencheurs actuels et les situations futures. Elle est recommandée pour le stress post-traumatique ; pour les difficultés sexuelles elles-mêmes, les études sont encore peu nombreuses.
Peut-on venir seul pour une difficulté qui concerne le couple ?
Oui. Beaucoup de personnes commencent seules, puis invitent leur partenaire si c’est utile. Un travail individuel modifie souvent la dynamique du couple. Le cabinet reçoit les personnes seules comme les couples, quelle que soit leur orientation.
Pour continuer la lecture
Construire votre accompagnement
Un premier rendez-vous permet de faire le point, de décider ensemble par où commencer et d’ajuster le chemin en route, seul ou à deux, au cabinet ou en téléconsultation.