Violences après la séparation : harcèlement, menaces, enfants utilisés comme levier
Elle a quitté l’appartement en mars, avec deux valises et les enfants. Huit mois plus tard, son téléphone vibre quarante fois par jour, elle a reçu trois convocations, elle croise la voiture de son ancien compagnon devant l’école, et sa fille de sept ans lui a demandé pourquoi elle avait « cassé la famille ». Les proches, eux, lui disent qu’elle devrait être soulagée, maintenant que c’est fini. Sauf que rien n’est fini. Quand la violence a servi à garder le pouvoir sur quelqu’un, la séparation lui retire ce pouvoir, et il arrive qu’elle cherche d’autres chemins : les messages, les menaces, les procédures, les enfants, la réputation. Cette page décrit ces violences qui survivent à la rupture, explique pourquoi elles épuisent autant, et dit comment nous aidons à tenir et à se reconstruire dans la durée.
« C’est fini » n’est pas toujours la fin : ce que sont les violences post-séparation
Les violences post-séparation désignent les comportements par lesquels un ancien conjoint ou partenaire continue, après la rupture, à exercer une pression, une menace ou un contrôle sur la personne qu’il a quittée ou qui l’a quitté. Elles prolongent les violences conjugales sous d’autres formes, et elles commencent parfois alors même qu’il n’y avait pas eu de coups pendant la vie commune : c’est le départ lui-même qui déclenche la violence, parce qu’il est vécu par l’auteur comme une perte de possession intolérable.
Ce que les personnes nous décrivent au cabinet tient en une phrase, qu’elles disent presque toutes : « je pensais que partir suffirait ». Partir était la montagne. Elles l’ont gravie, souvent au prix d’années d’hésitation et d’un départ préparé dans la peur. Et de l’autre côté, au lieu du repos attendu, elles trouvent un harcèlement de messages, des menaces voilées ou claires, des apparitions près de chez elles ou du travail, un argent qui n’arrive pas, des rumeurs auprès de la famille et des amis communs, des requêtes judiciaires qui se succèdent, et surtout les enfants, transformés en messagers, en otages ou en juges. L’entourage, lui, considère que l’affaire est réglée. La personne se retrouve seule avec une violence que plus personne ne voit.
Il faut poser dès maintenant deux repères qui traversent tout le dossier. Un conflit de séparation, même dur, n’est pas une violence : deux parents qui se disputent la garde et s’envoient des messages secs ne vivent pas la même chose qu’un parent qui a peur de l’autre, qui modifie ses trajets, qui tremble quand son téléphone s’allume. Et la gravité ne se mesure pas au nombre de fois : une seule phrase, « je sais où tu dors », suffit à organiser des mois de peur. Les critères sont ceux de toute violence, la peur, la contrainte, l’asymétrie, l’effet sur la liberté, que la page reconnaître la violence quand le doute s’installe détaille. La page sur les violences conjugales décrit ce qui précède souvent la séparation.
Les visages de la violence après la rupture
Huit formes reviennent dans ce que nous entendons. Elles se combinent, et chacune, prise seule, peut passer pour un « divorce difficile ». Retournez les cartes : derrière chaque façade, il y a ce que cela fait réellement.
Ce que la séparation vous coûte encore aujourd’hui
Après la rupture, on s’attend à aller mieux, et quand ce n’est pas le cas on s’en veut. Cette jauge sert à mesurer, domaine par domaine, la place que l’ancien partenaire occupe encore dans votre vie, non par ce que vous ressentez pour lui, mais par ce qu’il vous fait faire, éviter, surveiller. Réglez chaque curseur de 0, rien, à 10, tout le temps. Le verdict est écrit par un clinicien ; il ne note personne.
Les enfants utilisés comme levier
De toutes les violences qui suivent une séparation, celle qui passe par les enfants est la plus douloureuse à entendre et la plus difficile à nommer, parce qu’elle se présente toujours sous le visage de l’amour parental. Un parent qui questionne l’enfant sur la nouvelle vie de l’autre, qui lui confie des messages à transmettre, qui pleure devant lui en disant que « maman nous a abandonnés », qui arrive avec une heure de retard ou ne vient pas, qui offre la console que l’autre maison a refusée, qui annonce une procédure pour obtenir la garde exclusive : chacun de ces actes atteint l’autre parent à travers l’enfant, et atteint l’enfant au passage.
L’enfant, lui, se retrouve dans une position impossible. Il aime ses deux parents, et il comprend très vite que ce qu’il dit chez l’un sera utilisé chez l’autre. Alors il se tait, ou il dit à chacun ce que chacun veut entendre, ou il prend parti pour celui qui lui paraît le plus fragile, ou pour celui qui lui fait le plus peur. Certains enfants deviennent des avocats, d’autres des espions malgré eux, d’autres des petits adultes qui protègent le parent victime. Ce que nous voyons en consultation, c’est un enfant qui ne joue plus comme un enfant, qui surveille les visages, qui a mal au ventre les veilles de passage, et qui se sent responsable de tout.
Le mot d’aliénation parentale circule beaucoup dans ces situations. Nous l’employons avec précaution, parce qu’il désigne une personne et un diagnostic, alors que ce que nous pouvons observer, ce sont des actes et leurs effets sur l’enfant : un parent qui se sert de lui pour atteindre l’autre. La page enfants et adolescents au cabinet aborde ces situations de séparation conflictuelle ; celle sur les enfants exposés aux violences dans le couple décrit ce que l’enfant porte quand il a vu ou entendu la violence avant la séparation. Notre pédopsychothérapeute reçoit l’enfant seul, ou avec le parent qui l’amène, et ce qu’il dit en séance lui appartient : il n’est pas là pour fournir des pièces à l’un ou à l’autre, mais pour redevenir un enfant.
La violence par la procédure : quand le tribunal devient l’arme
Il existe une forme de violence post-séparation qui ne laisse aucune trace de coup et qui use pourtant jusqu’à la corde : la multiplication des procédures. Une requête pour modifier la résidence des enfants, puis une autre quelques mois plus tard, une contestation de chaque décision, une demande d’expertise, une plainte pour des faits inventés ou déformés, un signalement, une main courante, encore une requête. Chaque acte oblige la personne à rassembler des pièces, à se justifier, à revoir l’auteur dans un couloir, à payer un avocat, à attendre des semaines une décision, et à recommencer. Le but n’est pas de gagner : le but est que cela ne finisse jamais.
Ce que cette forme fait à la personne, nous le constatons séance après séance. Elle réactive, à chaque convocation, les scènes de la vie commune. Elle oblige à raconter encore et encore ce qui a été vécu, devant des gens qui n’ont pas à croire sur parole, et c’est normal, mais dont le doute est reçu comme une gifle. Elle installe un sentiment d’injustice qui ronge : la personne qui a subi se retrouve en position d’accusée, et l’auteur en position de père ou de mère inquiet. Elle coûte de l’argent, des congés, du sommeil, et elle met la vie entre parenthèses pendant des années, puisqu’on ne peut rien construire quand tout peut être remis en cause à la prochaine audience. La page la violence des formalités décrit cette victimisation secondaire, qui s’ajoute à la première.
Nous ne donnons pas de conseil juridique, et la stratégie devant le tribunal appartient à l’avocat. Notre travail se situe ailleurs : tenir pendant la procédure, c’est-à-dire dormir malgré la convocation, ne pas se laisser réduire à un dossier, garder en tête la vie qui continue autour, et retraiter en EMDR les audiences elles-mêmes quand elles sont devenues des scènes traumatiques. Le compte rendu écrit d’un bilan psycho-traumatique, que nous remettons à la personne, lui appartient : elle en fait l’usage qu’elle juge utile, y compris, si elle le décide, auprès de la justice.
Les échanges d’enfants : le moment le plus exposé de la semaine
Quand il y a des enfants, la séparation ne coupe pas le contact : elle l’organise. Le vendredi soir ou le dimanche, il faut se retrouver, remettre un sac, un cartable, parfois un bébé. Pour une personne qui a vécu la violence, ce rendez-vous hebdomadaire est l’endroit où tout peut recommencer : une remarque sur la tenue de l’enfant, une question sur « qui est ce type », un retard d’une heure sans message, une discussion sur le pas de la porte qui monte en dix secondes, une main qui retient le bras. Les enfants assistent à tout, et c’est souvent là qu’ils voient le visage de peur de leur parent.
Ce que nous travaillons avec les personnes concernées, ce sont des aménagements concrets, à adapter à ce que prévoit la décision de justice quand il y en a une. Un lieu public ou un tiers pour le passage, plutôt que le domicile. Des horaires fixes, par écrit, et une règle simple : aucune conversation au moment de l’échange, tout ce qui concerne les enfants passe par un seul canal écrit, en phrases courtes et factuelles. Une personne prévenue de l’heure, qui attend un message quand c’est terminé. Et pour soi, une façon de se préparer avant et de redescendre après : respirer, marcher, appeler quelqu’un, pour que la soirée du vendredi ne soit pas perdue chaque semaine. Un enfant assez grand peut savoir qu’il n’a pas à porter de message et qu’il peut dire « demande à maman, demande à papa ».
La peur qui dure : hypervigilance, sommeil, trajets changés
Après une séparation violente, le corps ne sait pas que c’est fini, et il a parfois raison. Il reste en alerte : sursaut à chaque notification, cœur qui s’emballe quand une voiture ralentit, regard qui balaie le parking avant de descendre, rideaux fermés, double vérification de la porte, nuits coupées à quatre heures. Les personnes modifient leurs trajets, changent de supermarché, renoncent à des sorties, demandent à un collègue de les raccompagner. Elles vivent dans une ville qui a rétréci, et elles s’en veulent, parce qu’elles « devraient être libres maintenant ».
Cette hypervigilance est la marque d’un stress post-traumatique en cours, et elle a deux sources qui se mélangent. Il y a la mémoire des violences passées, qui revient sous forme d’images, de cauchemars, de réactions disproportionnées à un bruit ou à une odeur : c’est le terrain de l’EMDR, qui retraite les scènes pour qu’elles cessent d’être présentes. Et il y a la menace réelle, qui continue tant que les messages arrivent et que la voiture passe : le corps a raison d’être en alerte, et aucune thérapie ne doit chercher à le faire taire tant que le danger est là. Distinguer les deux fait partie des premières séances, parce que le soin n’est pas le même. La page psychotraumatisme après une violence décrit les quatre familles de symptômes et celle sur l’anxiété et le sommeil aide pour les nuits.
Quand la menace devient précise
Une menace de mort ou de suicide, un ancien partenaire qui force la porte, qui attend devant chez vous, qui évoque une arme, ou des idées noires qui vous gagnent à force de pression : ne restez pas seul ou seule avec cela. En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Exemple fictif : Lætitia, 36 ans, « je devrais aller mieux »
Lætitia est une personne inventée pour cette page, à partir de situations fréquentes.
Situation
Lætitia a quitté le père de ses deux enfants il y a huit mois, après six ans de cris, de téléphones fouillés et d’une main sur la gorge, une fois. Depuis, il lui écrit chaque jour, entre vingt et quarante messages, dont la moitié concernent les enfants et l’autre moitié alternent déclarations d’amour et « tu vas le payer ». Il a déposé deux requêtes pour obtenir la résidence des enfants, arrive en retard aux passages, et sa fille de sept ans répète que « maman a cassé la famille ». Lætitia dort quatre heures, sursaute au moindre bip, a changé de chemin pour aller au travail, et se demande si elle n’aurait pas dû rester « pour éviter tout ça aux enfants ».
Par où commencer, selon nous ?
Se protéger dans la durée : les gestes qui tiennent
Se protéger après une séparation violente n’est pas un acte unique, c’est une organisation qui dure des mois. Voici les gestes que nous voyons tenir le mieux. Ils ne sont ni des démarches ni des consignes juridiques : ce sont des façons de réduire la surface par laquelle la violence passe, et de ne plus la porter seul. Cochez ceux qui sont en place ; choisissez-en un à mettre en place cette semaine.
Ce qui concerne la plainte, la protection par le juge ou la résidence des enfants relève de la justice et de votre avocat ; la page violence et plainte donne les textes vérifiés sans en faire un mode d’emploi. Ce que nous faisons, c’est vous aider à rester debout le temps que cela prend.
Ce que la loi prévoit après la séparation
Deux textes méritent d’être connus, parce qu’ils disent précisément que la rupture ne met pas fin à la protection. L’article 222-33-2-1 du code pénal sanctionne le harcèlement d’un conjoint, d’un concubin ou d’un partenaire de PACS, et il vise expressément le partenaire actuel ou ancien : des propos ou des comportements répétés qui dégradent les conditions de vie de la personne et altèrent sa santé physique ou mentale tombent sous ce texte, même des mois après le départ. L’article 515-9 du code civil permet au juge aux affaires familiales de délivrer en urgence une ordonnance de protection lorsque des violences exercées au sein du couple, ou par un ancien conjoint, concubin ou partenaire, mettent en danger la personne ou ses enfants. Texte vérifié le 30 octobre 2026.
Nous les citons pour une raison simple : beaucoup de personnes que nous recevons croient que, parce qu’elles sont parties, elles n’ont plus de légitimité à se plaindre, ou que les messages et les menaces d’un ancien partenaire relèvent du « divorce qui se passe mal ». Le droit dit autre chose. Ce que vous en faites, avec un avocat, vous appartient ; nous sommes là avant, pendant et après.
Se reconstruire quand la violence continue : ce que nous faisons
Les personnes qui vivent des violences post-séparation forment une part importante de ceux que nous recevons pour violences conjugales, parce que c’est souvent après le départ, quand elles ont enfin un peu de place, que la demande de soin devient possible. Notre psychothérapeute est formé au trauma et à la dissociation, et la première chose qu’il fait est de ne pas demander à la personne d’aller mieux : aller mieux viendra, mais la pression est réelle, et on ne soigne pas quelqu’un en lui expliquant qu’il devrait être soulagé.
Le travail se fait sur trois plans qui avancent ensemble. Le présent d’abord : réduire les canaux, organiser les passages, retrouver du sommeil, faire redescendre l’hypervigilance avec les outils des TCC, repérer le cercle qui consiste à vérifier le téléphone toutes les trois minutes pour se rassurer et à relancer l’alerte à chaque fois. Le passé ensuite : quand la personne est suffisamment stable, l’EMDR, en séances de quatre-vingts minutes, retraite les scènes de la vie commune et celles de l’après, les audiences, les passages, les messages qui ont marqué. Un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, après un rendez-vous préliminaire, en précise le terrain, et son compte rendu écrit appartient à la personne. L’histoire enfin : l’écoute analytique accueille ce que ce lien qui ne se défait pas réveille, la culpabilité d’être parti, le doute sur sa propre version, les loyautés anciennes, sans jamais transformer la compréhension en responsabilité.
Les enfants ont leur propre espace avec notre pédopsychothérapeute, par le jeu et le dessin pour les plus jeunes, et ce qu’ils y disent leur appartient. Le parent est reçu à d’autres moments. Tout peut se faire en téléconsultation, ce qui compte quand les trajets eux-mêmes sont devenus un problème. Et nous travaillons en lien avec le médecin, avec l’accord de la personne, quand le corps a été atteint ou quand le sommeil ne revient pas. La page notre approche des violences décrit l’ensemble, et retrouver des choix et poser des limites accompagne le moment où l’on réapprend à dire non.
À retenir
La séparation retire à l’auteur le pouvoir qu’il avait : messages, menaces, surveillance, argent, procédures, réputation et enfants peuvent prendre le relais.
Un enfant utilisé comme messager ou comme otage est atteint lui aussi ; il a besoin d’un espace où il n’est l’instrument de personne.
Réduire les canaux, protéger les passages, garder des traces sans les relire, ne plus porter seul : la protection est une organisation qui dure.
Le corps en alerte a deux sources, la mémoire et la menace réelle : on les distingue avant de soigner, et l’EMDR vient quand on est stable.
Vrai ou faux sur les violences après la séparation
Ce que les proches disent, ce que l’on se dit soi-même. Répondez ; l’explication suit.
Affirmation 1
« Une fois séparés, le pire est passé. »
Faux. La période qui entoure la séparation est celle où le risque de violences graves est le plus élevé, et la pression peut durer des années sous d’autres formes. Beaucoup de personnes découvrent que partir était la première étape, pas la dernière.
Affirmation 2
« Si elle répondait calmement aux messages, ça se calmerait. »
Faux. Le flot de messages cherche une présence et une réponse, quelle qu’elle soit. Répondre, même calmement, entretient le fil. Ce qui aide, c’est un canal unique, des réponses courtes et factuelles limitées aux enfants, et le silence pour le reste.
Affirmation 3
« Multiplier les procédures peut être une forme de violence. »
Vrai. Des requêtes à répétition, des contestations systématiques, des accusations déformées obligent la personne à se justifier sans fin, à payer, à attendre et à revoir l’auteur. Le but n’est pas de gagner mais de ne jamais laisser finir. C’est une victimisation secondaire, qui s’ajoute à la première.
Affirmation 4
« Un enfant ne se rend pas compte qu’on se sert de lui. »
Faux. Les enfants comprennent très vite que ce qu’ils disent chez l’un sera utilisé chez l’autre, et ils s’adaptent : silence, double discours, prise de parti, rôle de protecteur. Ce qu’ils en gardent se voit dans leur jeu, leur ventre et leur sommeil.
Affirmation 5
« L’hypervigilance après la séparation, c’est du stress post-traumatique. »
C’est plus nuancé. Elle a souvent deux sources : la mémoire des violences passées, qui relève du psychotraumatisme et de l’EMDR, et la menace réelle qui continue, face à laquelle le corps a raison de rester en alerte. Les premières séances servent à distinguer les deux, parce que le soin n’est pas le même.
Affirmation 6
« La loi protège aussi contre un ancien conjoint. »
Vrai. Le harcèlement par un conjoint, concubin ou partenaire actuel ou ancien est sanctionné par le code pénal, et l’ordonnance de protection du code civil vise aussi les violences d’un ancien partenaire. La rupture ne retire aucune légitimité à se protéger.
Questions fréquentes sur les violences après la séparation
Pourquoi la violence continue-t-elle après la séparation ?
Parce que la violence conjugale sert à garder le pouvoir sur quelqu’un, et que la séparation retire ce pouvoir. L’auteur cherche alors d’autres chemins pour rester présent et faire peur : les messages, les menaces, la surveillance, l’argent, les procédures, la réputation, et surtout les enfants. Il arrive même que la violence commence au moment du départ, vécu comme une perte de possession insupportable, alors qu’il n’y avait pas eu de coups avant.
Mon ex m’envoie des dizaines de messages par jour, est-ce du harcèlement ?
Des messages répétés qui dégradent vos conditions de vie et altèrent votre santé relèvent du harcèlement par un ancien conjoint, concubin ou partenaire, que le code pénal sanctionne. Ce qui compte n’est pas seulement le nombre mais l’effet : sursaut à chaque vibration, sommeil coupé, esprit occupé en permanence. Concrètement, un seul canal écrit pour les enfants, des réponses courtes, et les autres messages conservés sans être relus. La suite judiciaire relève d’un avocat ; nous vous aidons à tenir.
Comment protéger mes enfants d’un parent qui les utilise contre moi ?
En leur donnant un espace où ils ne sont l’instrument de personne : ne pas les interroger sur l’autre maison, ne pas leur confier de message, leur dire qu’ils peuvent répondre « demande à papa, demande à maman ». Organiser les passages dans un lieu neutre, sans conversation. Et leur permettre de parler à quelqu’un qui n’est ni l’un ni l’autre : notre pédopsychothérapeute les reçoit, par le jeu et le dessin pour les plus jeunes, et ce qu’ils disent leur appartient.
Pourquoi ai-je encore peur alors que je suis partie ?
Parce que le corps ne sait pas que c’est fini, et qu’il a parfois raison. Deux choses se mélangent : la mémoire des violences, qui revient en images, en sursauts et en cauchemars, et la menace réelle qui continue tant que les messages arrivent et que la voiture passe devant l’école. La première se soigne par l’EMDR, quand on est stable. La seconde demande de réduire les canaux et d’organiser sa protection. Les premières séances servent à distinguer les deux.
Comment supporter les procédures qui n’en finissent pas ?
En ne les laissant pas occuper toute la vie : des heures fixes pour s’occuper du dossier, et le reste du temps protégé. En dormant, ce qui demande parfois un travail spécifique. En déposant chez quelqu’un, à chaque convocation, ce que l’audience réveille. En retraitant par l’EMDR les audiences devenues elles-mêmes des scènes traumatiques. Et en gardant en tête que la multiplication des procédures est une forme de violence, pas un signe que vous avez tort.
Dois-je culpabiliser d’être partie « pour les enfants » ?
La culpabilité d’avoir « cassé la famille » est presque universelle chez les parents qui partent d’un couple violent, et elle est entretenue par l’auteur et parfois par les enfants qui répètent ce qu’ils entendent. Se sentir coupable ne signifie pas être responsable. Un enfant qui grandit loin de la peur, même entre deux maisons, va mieux qu’un enfant qui la respire chaque soir. Cette culpabilité se travaille en séance comme ce qu’elle est : un effet de la violence.
Le cabinet peut-il m’aider pendant la procédure de séparation ?
Oui, et c’est souvent à ce moment que la demande devient possible. Nous ne donnons aucun conseil juridique et nous n’organisons pas la plainte ; nous travaillons votre sommeil, votre hypervigilance et votre stabilité, nous retraitons les scènes par l’EMDR quand vous êtes prêt, et un bilan psycho-traumatique peut poser par écrit ce que ces années ont laissé. Son compte rendu vous appartient : vous en faites l’usage que vous jugez utile, y compris auprès de la justice si vous le décidez.
Références
Livres, articles et liensQuelques références de cette page…
Les travaux et documents qui sous-tendent cette page.
Evan Stark, Coercive Control. How Men Entrap Women in Personal Life, 2007 : le contrôle qui se poursuit au-delà de la cohabitation.
Marie-France Hirigoyen, Femmes sous emprise. Les ressorts de la violence dans le couple, 2005, en particulier sur la poursuite de l’emprise après la rupture.
Lenore E. Walker, The Battered Woman, 1979 : le cycle de la violence et sa phase de réconciliation.
Judith Lewis Herman, Trauma and Recovery, 1992 : la sécurité d’abord, puis la remémoration, puis la reconnexion.
Ministère de la Justice, Guide des violences conjugales, 2023, qui consacre des développements à l’après-séparation : justice.gouv.fr.
Organisation mondiale de la santé, fiche Injuries and violence, sur les conséquences durables des violences interpersonnelles : who.int.
Si la séparation n’a pas apporté le repos attendu, ce n’est pas que vous avez échoué : c’est que la pression continue. Un premier rendez-vous, au cabinet ou en téléconsultation, permet de regarder par où elle passe encore, de protéger ce qui peut l’être et de commencer à faire redescendre le corps.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.