Violences : notre expérience et notre approche au cabinet, sécurité, EMDR, écoute, bilans
Une grande part de notre pratique est consacrée aux personnes qui ont subi des violences : dans le couple, dans la famille, dans l’enfance, au travail, lors d’une agression, d’une manifestation, d’une garde à vue ou d’un attentat. Cette page dit comment nous travaillons avec elles, concrètement : ce qui se passe au premier rendez-vous, pourquoi la sécurité passe avant tout le reste, ce que change le « je te crois » d’un psy, comment l’EMDR, les outils des TCC et l’écoute analytique se répartissent le travail, à quoi servent les bilans psycho-traumatique et dissociatif, et quelle est notre place quand une plainte est en cours. Un quiz indique par quelle porte votre accompagnement commencerait sans doute, et une jauge situe où vous en êtes.
Il n’est pas une semaine sans que nous recevions une personne pour une violence. Une femme qui vient de quitter un conjoint qui la frappait, ou qui n’a pas encore pu le quitter. Un homme qui n’a jamais dit à personne ce que sa compagne lui faisait subir. Une adulte qui, à quarante ans, parle pour la première fois d’un oncle, d’un beau-père, d’un frère. Un salarié humilié pendant deux ans par un responsable. Un jeune homme blessé à l’œil par un tir lors d’une manifestation. Une étudiante qui n’a pas dormi depuis une garde à vue. Des personnes qui étaient là, un soir, quand un attentat a eu lieu, ou qui ont perdu quelqu’un ce soir-là. Des proches, aussi, et des témoins. Cette variété n’est pas un hasard : notre psychothérapeute est formé au trauma, à la dissociation et à l’addictologie, pratique l’EMDR, et le bouche-à-oreille fait le reste.
Nous le disons sans chiffres et sans promesse, parce qu’une expérience se mesure autrement : à la façon dont on sait écouter un récit sans le brusquer, reconnaître une sidération derrière un calme, repérer une dissociation que la personne prend pour de la distraction, ne pas confondre un sentiment de culpabilité avec une responsabilité, et savoir quand il est trop tôt pour retraiter un souvenir. Cette page décrit ces gestes. Les personnes que nous recevons viennent pour des violences actuelles ou anciennes, subies ou dont elles ont été témoins ; aucune de ces situations n’est trop petite ni trop vieille pour un premier rendez-vous.
80minutes pour une séance d’EMDR, de couple ou de famille
3lieux, Colombes, Pavillons-sous-Bois, Ardèche, et la téléconsultation
365jours par an de consultations
2cliniciens, un psychothérapeute et une neuropsychologue, qui se concertent
Notre approche des violences, en bref
La sécurité et la stabilisation viennent avant tout retraitement des souvenirs : on ne rouvre pas une scène chez quelqu’un qui n’a pas de sol.
Trois approches se répartissent le travail : l’EMDR pour les scènes restées à vif, les outils des TCC pour reprendre la main sur le quotidien, l’écoute analytique pour ce que la violence rejoue et ce qu’elle a fait à l’image de soi ; la TCD complète quand les émotions débordent.
Un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, précède utilement l’EMDR ; son compte rendu écrit vous appartient, et le « je te crois » qu’il contient pèse pour les proches comme pour la justice.
Tout peut se faire en téléconsultation. Nous accompagnons avant, pendant et après une plainte, sans jamais l’organiser.
Le premier rendez-vous : ce que nous demandons, ce que nous ne demandons pas
Beaucoup de personnes redoutent le premier rendez-vous parce qu’elles croient devoir tout raconter. Ce n’est pas ce qui se passe. Nous commençons par demander ce qui vous amène aujourd’hui, dans vos mots, et nous nous arrêtons là où vous vous arrêtez. Il arrive qu’une personne dise seulement « il s’est passé quelque chose il y a longtemps » et que nous passions le reste de la séance sur ce que cela produit maintenant : les nuits, les sursauts, la peur dans certains lieux, les relations, le travail, les idées qui tournent. C’est largement suffisant pour une première fois. Le récit détaillé viendra, s’il doit venir, quand la sécurité sera là, et jamais parce que nous l’exigeons.
Trois questions nous servent de fil : depuis quand, à quel point, avec quelles conséquences. Depuis quand, parce qu’une violence récente et une violence ancienne n’appellent pas les mêmes premiers gestes. À quel point, parce que nous cherchons à savoir si la violence est terminée ou si elle continue, de près ou de loin, par des messages, des procédures, une présence dans le quartier. Avec quelles conséquences, parce que c’est sur elles que nous allons travailler d’abord : le sommeil, l’alimentation, l’alcool ou les médicaments qui servent à tenir, l’isolement, le corps qui fait mal, les idées noires. Nous demandons aussi qui sait, et qui a cru. La réponse à cette dernière question en dit long sur la suite.
Vous pouvez venir accompagné d’une personne de confiance, qui attendra à côté ou restera avec vous selon ce que vous préférez. Le rendez-vous peut avoir lieu au cabinet ou en téléconsultation, et pour certaines personnes, celles qui vivent encore avec l’auteur, celles qui ne sortent plus, celles qui habitent loin, la téléconsultation est ce qui rend le premier pas possible. À la fin, nous disons ce que nous avons compris et ce que nous proposons, et vous décidez. Rien ne vous engage, pas même à revenir. Si vous hésitez à franchir ce pas, la page quand consulter décrit les signes que nous prenons au sérieux.
La sécurité avant tout le reste
Judith Herman a formulé ce que tous les cliniciens du trauma savent d’expérience : on ne peut pas travailler un souvenir de violence chez quelqu’un qui est encore en danger, ou qui n’a aucun endroit, extérieur ou intérieur, où se poser. Le premier temps de notre travail est donc toujours celui de la sécurité, et il peut durer une séance ou plusieurs mois selon les situations. Sécurité extérieure d’abord : la violence est-elle terminée, l’auteur a-t-il encore accès à vous, à vos enfants, à votre téléphone, à votre argent ? Nous n’organisons aucune démarche, mais nous aidons à y voir clair, et nous savons travailler avec des personnes qui ne sont pas encore parties, sans jamais leur dicter quand ni comment partir.
Sécurité intérieure ensuite. Une personne dont le corps est en alerte permanente, qui se dissocie dès qu’une émotion monte, qui ne dort plus, n’a pas les moyens de retraiter un souvenir : elle y replongerait sans en sortir. Nous installons donc d’abord des appuis. En EMDR, on parle de lieu sûr, de contenant, de ressources : des exercices précis qui apprennent au système nerveux qu’il peut redescendre. Les outils des TCC complètent : respiration à expiration longue, ancrage par les sens, routine de sommeil, repérage des déclencheurs. Ce temps n’est pas une perte de temps avant le « vrai » travail. Pour beaucoup de personnes, c’est la première fois depuis des années qu’elles sentent leur corps se détendre, et c’est déjà un changement considérable. Les pages se mettre en sécurité et à distance et lieu sûr, contenant, ressources décrivent ces appuis.
Il y a enfin ce que nous ne faisons pas : nous ne poussons pas à raconter, nous ne demandons pas de revivre une scène pour « évacuer », nous ne commençons pas l’EMDR tant que les signes de dissociation n’ont pas été évalués. Notre psychothérapeute est formé à la dissociation, et c’est précisément pour cela qu’il sait attendre. Quand la violence est en cours et que le danger est immédiat, les secours passent avant toute séance :
Danger immédiat
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Le « je te crois » d’un psy, et ce qu’il change quand il est écrit
Presque toutes les personnes victimes de violences arrivent avec la même question en arrière-plan, qu’elles la posent ou non : est-ce qu’on va me croire ? Elles ont souvent déjà fait l’expérience du contraire, une mère qui a minimisé, un conjoint qui a retourné les faits, un collègue qui a haussé les épaules, un enquêteur qui a demandé pourquoi elles n’avaient pas crié. Quand un psy, dont le métier est d’écouter, d’évaluer et de conclure, dit « je vous crois », ce n’est pas une gentillesse. C’est une conclusion clinique, fondée sur ce qu’il observe : la cohérence du récit avec les symptômes, les réactions du corps pendant la séance, les évitements, la sidération qui revient quand on approche d’un point. Pour la personne, l’effet est souvent immédiat : quelque chose se redresse.
Quand ce « je te crois » passe à l’écrit, dans le compte rendu d’un bilan, il change de portée. Il n’est plus seulement entendu par la personne ; il peut être lu par un conjoint qui doutait, par des parents qui n’avaient pas voulu voir, par un médecin, et, si la personne le décide, par un avocat ou un juge, qui peuvent en tenir compte. Nous n’écrivons jamais ce que nous n’avons pas observé, et nous ne nous prononçons pas sur des faits que nous n’avons pas vus : nous écrivons ce que la personne présente, les signes de stress post-traumatique, de dissociation, d’atteinte de l’estime de soi, et leur compatibilité avec ce qu’elle rapporte. C’est pour cela que ce document a du poids : il s’appuie sur des entretiens cliniques et sur des évaluations psychométriques, pas sur une conviction. Et c’est pour cela qu’il ne peut pas être écrit à la légère, ni sans bilan.
Ce point est, pour nous, l’une des grandes raisons de consulter après une violence, et peut-être la moins connue. Être cru par quelqu’un dont c’est le métier, puis pouvoir montrer cette conclusion à ceux dont on a besoin qu’ils croient, répare une partie de ce que le doute des autres avait abîmé. La page nommer les faits, sortir du silence, être cru y revient, et la page violence et plainte précise ce que ce document peut et ne peut pas dans une procédure.
EMDR, TCC, écoute analytique, TCD : qui fait quoi
Nous associons trois approches, et nous ajoutons la thérapie comportementale dialectique quand les émotions débordent. Ce n’est pas un menu dans lequel la personne choisit : c’est une répartition du travail, décidée avec elle au fil des séances, et qui bouge. Chaque onglet dit ce que l’approche fait, précisément, dans le cas des violences.
L’EMDR : transformer les scènes qui attaquent en souvenirs que l’on possède. Une violence laisse des scènes qui ne vieillissent pas : elles reviennent en images, en odeurs, en sensations, avec la peur d’origine. L’EMDR, mis au point par Francine Shapiro à la fin des années 1980, permet au cerveau de reprendre le traitement de ces souvenirs restés bloqués, grâce à une stimulation bilatérale alternée pendant que la personne garde la scène à l’esprit dans un cadre sécurisé. Le souvenir ne disparaît pas ; il cesse d’attaquer. On s’en souvient comme d’une chose terrible qui est arrivée, et qui est finie.
Chez nous, les séances d’EMDR durent 80 minutes, au cabinet ou en téléconsultation. Elles viennent après le temps de stabilisation et, le plus souvent, après un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif. Nous travaillons les scènes passées, puis les déclencheurs d’aujourd’hui (un bruit de clés, un parking, un uniforme, une date), puis les situations à venir que la personne redoute, par exemple une audience, avec le scénario du futur. Pour les violences répétées sur des années, le travail est plus long et procède par étapes ; il ne s’agit pas de retraiter chaque scène, mais les scènes qui tiennent les autres. Voir l’EMDR au cabinet et le déroulement d’une séance.
Les outils des TCC : reprendre la main sur le quotidien, maintenant. Pendant que la sécurité s’installe et avant que l’EMDR soit possible, il faut vivre, et souvent tenir un travail et des enfants. Les thérapies cognitives et comportementales offrent des outils immédiats : comprendre ce qui se passe dans le corps quand l’alarme se déclenche, respirer de façon à la faire redescendre, s’ancrer dans le présent quand la scène revient, rétablir un sommeil, repérer les déclencheurs et les évitements, et reprendre par paliers les lieux et les gestes que la peur a confisqués, le métro, la nuit, les sorties, le contact physique.
Les TCC travaillent aussi les pensées que la violence a installées : « c’est ma faute », « je suis sale », « je ne peux faire confiance à personne », « je l’ai bien cherché ». Nous les mettons à l’épreuve des faits, et nous préparons les conversations difficiles, avec un proche qui ne comprend pas, avec un employeur, avant une audition. Enfin, pour retrouver des choix et poser des limites après avoir été contraint, l’affirmation de soi, travaillée par petites marches, est l’un des outils les plus utiles que nous connaissions. Voir les TCC au cabinet et la page retrouver des choix et poser des limites.
L’écoute analytique : entendre ce que la violence a fait à la personne, et ce qu’elle rejoue. Une violence n’abîme pas seulement la mémoire : elle abîme l’image que l’on a de soi, la confiance dans sa propre perception, le rapport aux autres et au désir. Et elle s’inscrit dans une histoire. Pourquoi cette personne s’est-elle sentie coupable alors qu’elle n’avait rien fait ? Pourquoi est-elle restée si longtemps ? Pourquoi, après avoir quitté un conjoint violent, a-t-elle rencontré quelqu’un qui lui ressemble ? Pourquoi la honte est-elle plus forte que la colère ? L’écoute analytique, nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse, s’intéresse à ces questions sans jamais en faire une responsabilité de la personne : comprendre ce qui se répète, c’est se donner les moyens de ne plus le répéter.
Ce travail se fait par la parole, le plus souvent en face à face, à un rythme qui s’adapte. Il prend appui sur ce que des psychanalystes ont compris de la violence, et nous en parlons dans la section suivante. Il est aussi ce qui permet de ne pas réduire l’accompagnement à la disparition des symptômes : une personne peut ne plus avoir de cauchemars et continuer à se croire sans valeur. C’est là que l’écoute analytique travaille. Voir la psychanalyse au cabinet.
La TCD complète : quand les émotions débordent et que les gestes suivent. Certaines personnes, en particulier celles qui ont subi des violences répétées dans l’enfance, vivent des émotions d’une intensité telle que les outils ordinaires ne tiennent pas : colères qui emportent tout, désespoir soudain, automutilations, conduites à risque, ruptures brutales des liens. Pour elles, le cabinet propose la thérapie comportementale dialectique complète, conçue par Marsha Linehan : un suivi individuel, des groupes d’apprentissage des compétences, et un soutien entre les séances pour les moments de crise.
Les compétences travaillées sont la pleine conscience, la tolérance à la détresse, la régulation des émotions et l’efficacité dans les relations. Pour une personne victime de violences, elles ont un sens très concret : traverser une vague sans se faire de mal, reconnaître ce qui rend vulnérable, dire non sans exploser ni céder. La TCD prépare souvent le terrain de l’EMDR, qui devient possible une fois les émotions moins débordantes. Voir TCC et TCD au cabinet et les compétences de la TCD.
Dans une séance réelle, ces approches se mêlent. On peut commencer par un exercice de respiration parce que la semaine a été dure, poursuivre par le retraitement d’un déclencheur apparu mardi, et finir par une parole sur ce que ce déclencheur a réveillé d’une autre époque. C’est ce que nous appelons l’approche intégrative, et c’est leur association qui amplifie les résultats. Voir EMDR, TCC et écoute analytique : l’approche intégrative.
Ce que les psychanalystes nous apprennent de la violence
Notre écoute s’appuie sur des auteurs qui ont pensé la violence de l’intérieur de la clinique. Aucun ne donne une explication complète, et aucun ne sert à excuser quoi que ce soit ; chacun éclaire quelque chose que nous entendons en séance. Retournez les cartes. Les pages du dossier consacrées à chaque auteur vont plus loin.
Les bilans psycho-traumatique, dissociatif et neuropsychologique, et le compte rendu écrit
Un bilan ne se fait jamais sans un rendez-vous préliminaire, et il donne toujours lieu à un compte rendu écrit, que la personne peut se faire expliquer en séance et dont elle fait l’usage qu’elle juge utile. Trois bilans peuvent être proposés après une violence.
Par notre psychothérapeute
Le bilan psycho-traumatique
Il mesure, avec des questionnaires validés et des entretiens cliniques, la présence et l’intensité d’un stress post-traumatique, simple ou complexe, l’anxiété et l’humeur qui l’accompagnent, la honte, les conduites qui servent à tenir. Il permet de savoir d’où l’on part, de préparer l’EMDR en sécurité, et il produit le document écrit dont nous parlions plus haut. Il peut se faire en téléconsultation.
Par notre psychothérapeute
Le bilan dissociatif
Quand la personne décrit des absences, des moments où elle se regarde de l’extérieur, des trous dans le souvenir des faits ou de la journée, une sensation d’irréalité, nous évaluons la dissociation avant toute chose. Non pour coller une étiquette, mais parce que l’EMDR se pratique différemment, et plus lentement, chez une personne qui se dissocie. C’est une question de sécurité du travail. Voir sidération et dissociation.
Par notre neuropsychologue
Le bilan neuropsychologique
Il est proposé quand des plaintes de mémoire, d’attention ou d’organisation persistent longtemps après les faits, ou chez un enfant exposé aux violences dont l’école s’inquiète. Il fait la part entre les effets du stress post-traumatique sur la concentration et un fonctionnement cognitif antérieur, et il peut déboucher sur une remédiation cognitive. Il a lieu au cabinet. Voir les bilans.
Il arrive que notre psychothérapeute demande à notre neuropsychologue de participer à l’accompagnement, en co-thérapie, quand les deux regards se complètent : une personne dont la mémoire a été mise en cause par l’auteur (« tu inventes, tu oublies tout ») peut avoir besoin qu’on mesure objectivement cette mémoire pour cesser de douter d’elle-même. Et nous le disons avec netteté, parce que la question revient souvent : des troubles de mémoire ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à un traumatisme oublié. Nous ne cherchons pas de souvenirs cachés ; nous travaillons avec ce que la personne sait.
Le déroulé d’un accompagnement après une violence
La trame ci-dessous est celle que nous suivons le plus souvent. Elle se plie à chaque situation : une personne en danger actuel restera longtemps dans les deux premiers temps, une personne qui parle de faits anciens et qui est déjà stable peut passer plus vite au retraitement.
Entendre et situerLe premier rendez-vous : ce qui vous amène, depuis quand, à quel point, avec quelles conséquences, qui sait et qui a cru. Décider si la sécurité est acquise et si un bilan est utile.Sans engagement ; on peut venir accompagné, ou se voir en téléconsultation.
Mettre en sécurité et stabiliserVérifier que la violence a cessé ou aider à y voir clair si elle continue ; installer le lieu sûr, la respiration, l’ancrage, le sommeil ; traiter les conduites qui servent à tenir ; repérer la dissociation.Ce temps dure ce qu’il doit durer. Il est déjà un soin.
Mesurer, et être cruLe bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, avec son compte rendu écrit. C’est souvent le moment où la personne entend, puis lit, qu’elle est crue par quelqu’un dont c’est le métier.Le document vous appartient. Vous décidez à qui le montrer.
RetraiterL’EMDR, en séances de 80 minutes, sur les scènes qui tiennent les autres, puis sur les déclencheurs d’aujourd’hui, puis sur les situations à venir. En parallèle, les outils des TCC pour reprendre les lieux et les gestes évités.Le rythme s’adapte ; on peut ralentir à tout moment.
Comprendre et se réapproprierL’écoute analytique sur ce que la violence a fait à l’image de soi, sur la culpabilité qui n’est pas la vôtre, sur ce qui se répète et sur ce qui peut cesser de se répéter. Retrouver des choix, poser des limites, renouer des liens.C’est ici que la personne cesse de se définir par ce qu’on lui a fait.
Faire le point, espacer, rester joignableUn point régulier sur l’avancée du travail, puis des séances plus espacées, puis la fin, avec la possibilité de revenir pour une séance avant une audience, une date, un moment de vie.Beaucoup reviennent ponctuellement. C’est une bonne façon de se servir du cabinet.
La façon dont ce chemin se déroule dans la durée, avec ses dates sensibles, ses rechutes et ses procès, fait l’objet de la page le temps de la reconstruction.
Quiz : par quelle porte votre accompagnement commencerait-il ?
Six questions pour comprendre comment nous raisonnons au premier rendez-vous. Le résultat dit par quel temps du travail nous commencerions sans doute dans votre situation ; ce n’est pas une décision clinique, qui se prend avec vous, mais une façon de rendre notre démarche lisible. Vos réponses ne quittent pas votre appareil.
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Cette jauge reprend les cinq fronts que nous regardons à chaque point d’étape. Réglez chaque curseur de 0 (ce front est calme) à 10 (il occupe toute la place). Le résultat ne mesure pas la gravité de ce que vous avez subi, qui ne se mesure pas ainsi ; il dit où l’accompagnement devrait porter en premier. Rien n’est conservé.
La plainte, le médecin, les autres professionnels : notre place
Avant, pendant et après une plainte, sans l’organiser. Déposer plainte est une démarche judiciaire. Elle ne passe pas par le cabinet, nous ne conseillons pas sur la stratégie, et nous n’avons pas d’avis sur le fait de la déposer ou non : c’est votre décision, et le travail psychothérapeutique n’en dépend pas. Ce que nous faisons, c’est être là avant, quand la décision se prend et que la peur d’être mis en doute paralyse ; pendant, quand une audition, une confrontation ou une expertise rouvrent tout, en préparant ces moments comme des scènes futures et en restant joignables en téléconsultation ; après, quelle que soit l’issue, parce que le classement comme la condamnation laissent un vide qu’il faut traverser. Le compte rendu d’un bilan vous appartient, et vous décidez seul de le verser ou non à une procédure. Les textes de loi qui protègent les personnes victimes sont rassemblés, avec notre accompagnement, sur la page violence et plainte.
Le médecin. Une violence laisse des traces dans le corps : douleurs, troubles du sommeil, troubles digestifs, séquelles de coups, maladies qui s’aggravent. Ces symptômes sont réels et méritent une évaluation médicale ; nous ne prescrivons pas, et les examens comme les médicaments relèvent du médecin. Avec votre accord, nous échangeons avec lui, pour que le suivi du corps et le travail psychique avancent ensemble, et pour qu’un certificat médical, s’il a été établi, ne reste pas un document isolé de ce que vous vivez. Vous n’avez pas besoin de passer par lui pour nous consulter. La page le corps après la violence détaille ces liens.
Les autres professionnels. Avocat, travailleur social, enseignant d’un enfant exposé, médecin du travail, autre thérapeute : avec votre accord, et seulement avec lui, nous pouvons échanger avec les personnes qui vous accompagnent, et participer à une réunion avec l’école quand un enfant est concerné. Nous ne transmettons rien sans vous. Le secret professionnel est, pour une personne victime, une protection autant qu’une règle : c’est vous qui décidez de ce qui sort du cabinet, et nous le rappelons dès le premier rendez-vous.
Enfin, tout ce qui est décrit sur cette page peut se faire en téléconsultation : le premier rendez-vous, le bilan psychologique, l’EMDR, les séances de couple et de famille de 80 minutes. Le bilan neuropsychologique, lui, a lieu au cabinet. Pour les personnes qui vivent encore avec l’auteur, qui ont déménagé loin, qui ne sortent plus ou qui habitent à l’étranger, c’est souvent ce qui rend l’accompagnement possible. Voir l’EMDR en téléconsultation.
Questions fréquentes sur notre approche des violences
Dois-je raconter en détail ce qui s’est passé dès le premier rendez-vous ?
Non. Le premier rendez-vous commence par ce qui vous amène aujourd’hui, dans vos mots, et s’arrête là où vous vous arrêtez. Nous travaillons d’abord sur les conséquences, le sommeil, les sursauts, les évitements, les idées qui tournent, et sur la sécurité. Le récit détaillé viendra, s’il doit venir, quand vous aurez un sol suffisant, et dans le cadre d’une séance prévue pour cela, jamais parce que nous l’exigeons. Il arrive que nous demandions de raconter une scène minute par minute, mais seulement quand c’est le moment, et avec les appuis installés.
Peut-on faire de l’EMDR tout de suite après une violence ?
Pas immédiatement. L’EMDR vient après un temps de sécurité et de stabilisation, et le plus souvent après un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif. Retraiter une scène chez une personne encore en danger, ou qui se dissocie dès qu’une émotion monte, risquerait de la replonger sans issue. Ce temps préparatoire peut être court quand la personne est stable et que la violence est ancienne, et plus long quand tout est encore à vif. Les séances d’EMDR durent 80 minutes et peuvent se faire en téléconsultation.
À quoi sert le bilan psycho-traumatique avant l’EMDR ?
À savoir d’où l’on part et à travailler en sécurité. Il mesure, avec des questionnaires validés et des entretiens cliniques, le stress post-traumatique, la dissociation, l’anxiété, l’humeur et la honte. Il permet d’adapter le rythme de l’EMDR, et il produit un compte rendu écrit qui vous appartient. Ce document, qui dit ce que vous présentez et sa compatibilité avec ce que vous rapportez, peut être lu par vos proches et, si vous le décidez, versé à une procédure. Aucun bilan sans rendez-vous préliminaire ; il peut se faire en téléconsultation.
Le cabinet peut-il m’aider à porter plainte ?
Nous ne l’organisons pas : la plainte est une démarche judiciaire qui relève de la police, de la gendarmerie, du procureur et, si vous le souhaitez, d’un avocat. Nous n’avons pas d’avis sur le fait de la déposer ou non. En revanche, nous sommes là avant, quand la décision se prend, pendant, quand une audition ou une expertise réactive tout, et après, quelle que soit l’issue. Le compte rendu d’un bilan vous appartient, et vous décidez de son usage. Le travail psychothérapeutique ne dépend d’aucune démarche.
Que se passe-t-il si je vis encore avec la personne violente ?
Nous vous recevons quand même, et beaucoup de personnes viennent dans cette situation, souvent en téléconsultation. Le travail porte alors sur la sécurité et sur la compréhension de ce qui se passe, sans vous dicter quand ni comment partir : c’est votre décision, et le moment de la séparation est souvent le plus dangereux, ce qui demande d’y réfléchir. Le retraitement des souvenirs attendra que la sécurité soit acquise. Et quand le danger est immédiat, le 15 (SAMU) passe avant tout le reste.
Recevez-vous les hommes victimes de violences ?
Oui, et nous en recevons régulièrement : des hommes frappés ou humiliés par une compagne ou un compagnon, des hommes victimes de violences sexuelles dans l’enfance ou à l’âge adulte, des hommes brutalisés lors d’une manifestation ou en garde à vue. La honte est souvent redoublée par l’idée qu’un homme ne devrait pas être une victime, et c’est l’une des premières choses que nous travaillons. Tout le monde est reçu, quel que soit l’âge, le sexe, l’orientation, le lieu de vie, au cabinet ou en téléconsultation.
Pourquoi trois approches, et pas une seule, après une violence ?
Parce qu’une violence touche plusieurs registres à la fois : la mémoire, qui garde des scènes à vif, le quotidien, où les évitements s’installent, et l’image de soi, abîmée par la culpabilité et la honte. L’EMDR travaille le premier, les outils des TCC le deuxième, l’écoute analytique le troisième, et la TCD complète s’ajoute quand les émotions débordent. Une seule de ces approches laisserait un registre de côté : une personne sans cauchemars peut continuer à se croire sans valeur. C’est leur association qui amplifie les résultats.
Références
Livres, articles et liensQuelques références de cette page…
Les auteurs et les documents sur lesquels s’appuie notre approche des violences.
Judith L. Herman, Trauma and Recovery, 1992 (la sécurité comme premier temps du rétablissement).
Francine Shapiro, « Efficacy of the eye movement desensitization procedure in the treatment of traumatic memories », Journal of Traumatic Stress, 1989.
Marsha M. Linehan, Cognitive-Behavioral Treatment of Borderline Personality Disorder, 1993 (la thérapie comportementale dialectique).
Pierre Janet, L’Automatisme psychologique, 1889 (la dissociation).
Bessel van der Kolk, Le Corps n’oublie rien, 2014.
Jean Bergeret, La Violence fondamentale, Dunod, 1984.
Sándor Ferenczi, « Confusion de langue entre les adultes et l’enfant », 1932-1933.
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir, 1920 ; Jacques Lacan, « L’agressivité en psychanalyse », 1948, dans les Écrits ; Carl Gustav Jung, Aion, 1951 ; Donald W. Winnicott, « L’agressivité et ses rapports avec le développement affectif », 1950, et « L’utilisation de l’objet », 1969.
Un premier rendez-vous, pour poser ce que vous portez
Vous n’aurez rien à prouver et rien à raconter que vous ne vouliez pas dire. Nous écouterons ce qui vous amène, nous vérifierons la sécurité, et nous vous dirons ce que nous proposons. Sur place ou à distance, avec un proche à vos côtés si cela vous aide.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.