Lacan et l’agressivité : le stade du miroir, l’image de l’autre, le réel de la violence
« Il me détestait, et je n’ai jamais compris pourquoi. » Cette phrase, nous l’entendons de la part de personnes harcelées au travail, humiliées dans leur couple, insultées dans la rue pour ce qu’elles sont, frappées par un parent qui semblait leur en vouloir d’exister. Elle contient une question que la psychanalyse de Jacques Lacan a travaillée de très près : d’où vient la haine quand on n’a rien fait ? Dans un texte de 1948, « L’agressivité en psychanalyse », Lacan avance que l’agressivité ne naît pas d’abord d’un conflit entre deux personnes, mais de la façon dont chacun s’est construit, tout petit, à partir d’une image venue du dehors, celle du miroir, celle du semblable. Cette page explique cette idée en mots simples, la prolonge par ce que Lacan appelle le réel et la jouissance, et montre ce qu’elle change pour une personne victime : la haine qu’elle a reçue visait une image, et cette image n’est pas elle.
Les personnes qui ont subi une violence passent souvent des mois, parfois des années, à chercher ce qu’elles ont fait. Elles repassent les scènes, cherchent le mot de trop, le regard mal placé, la qualité qui aurait agacé, le défaut qui aurait justifié. Cette recherche est épuisante et, dans l’immense majorité des cas, elle ne trouve rien, parce qu’il n’y a rien à trouver : la haine qu’elles ont reçue ne venait pas de ce qu’elles avaient fait. Mais d’où venait-elle, alors ? Dire « il était méchant » ou « elle était jalouse » ne suffit pas à apaiser quelqu’un qui a été la cible d’une hostilité qu’il ne comprend pas. Il faut une explication plus précise, et c’est là que Lacan devient utile.
Jacques Lacan, psychiatre et psychanalyste français, a proposé dans les années 1930 et 1940 une théorie de la formation du moi qui rend compte de l’agressivité d’une façon très différente de Freud. Pour Freud, comme nous le montrons sur la page Freud et la violence, l’agressivité dérive d’une pulsion. Pour Lacan, elle est liée à la manière dont chacun de nous s’est reconnu, tout petit, dans une image : celle du miroir, puis celle de l’autre enfant, du frère, du semblable. Cette image nous a donné une unité que notre corps n’avait pas encore, et elle nous a aussi donné un rival, parce que l’image est toujours celle d’un autre. L’agressivité, dit Lacan, est la tendance qui accompagne nécessairement cette identification. Elle est donc là, en chacun, avant toute dispute, et elle se réveille chaque fois que l’autre, par sa seule existence, menace la place que notre image nous a donnée.
Pour une personne victime, cette lecture a une conséquence immédiate. La haine qu’elle a reçue répondait à ce qu’elle représentait dans l’imaginaire de l’auteur, un rival, une menace pour son image, l’incarnation de ce qu’il n’avait pas, et non à ce qu’elle est. On ne peut pas se corriger pour cesser d’être haï, parce que ce qui est haï n’est pas en soi. Cette page déplie cette idée, puis la complète par deux notions plus tardives de Lacan, le réel et la jouissance, qui éclairent d’autres faces de la violence subie. Notre rubrique psychanalyse présente Lacan plus largement sur la page Lacan.
Le texte de 1948 : « L’agressivité en psychanalyse », cinq thèses
En mai 1948, Lacan présente au Congrès des psychanalystes de langue française, réuni à Bruxelles, un rapport théorique intitulé « L’agressivité en psychanalyse ». Le texte paraît la même année dans la Revue française de psychanalyse, puis il est repris en 1966 dans les Écrits. Il est organisé en cinq thèses, que nous résumons ici en les paraphrasant, parce que la langue de Lacan demande une traduction.
La première thèse pose que l’agressivité n’est pas un fait que l’on observe du dehors, comme un comportement, mais une expérience que l’analyste rencontre dans la parole du patient, dans ce que celui-ci dit, retient, adresse. La deuxième précise comment elle s’y manifeste : comme intention d’agression, et comme images de corps morcelé, déchiré, démembré, ces images qui peuplent les cauchemars, les fantasmes et les dessins des enfants, et que Lacan rapproche des tableaux de Jérôme Bosch. La troisième affirme que les ressorts de l’agressivité commandent la façon même dont on conduit une analyse : l’analyste doit savoir que le patient le place, par moments, dans la position du rival, et ne pas y répondre. La quatrième est le cœur du texte : l’agressivité est la tendance corrélative d’un mode d’identification que Lacan appelle narcissique, celui qui donne sa forme au moi humain. Autrement dit, elle est le prix de la manière dont nous nous sommes construits. La cinquième, enfin, élargit la portée de cette idée : une telle conception de l’agressivité permet de comprendre son rôle dans les névroses modernes et dans ce que Freud appelait le malaise dans la civilisation.
C’est dans ce texte que Lacan cite un passage de saint Augustin qui lui est cher, et qu’il reprendra ailleurs. Dans ses Confessions, Augustin raconte avoir vu un tout petit enfant, qui ne parlait pas encore, regarder, pâle et le visage plein d’amertume, son frère de lait au sein de la nourrice. Lacan y voit la scène primitive de l’agressivité humaine : un enfant qui ne manque de rien, qui a été nourri, et qui est pourtant dévoré de jalousie devant l’image d’un autre à la place qu’il voudrait occuper. Ce n’est pas la faim qui le rend pâle : c’est l’image. Toute la théorie lacanienne de l’agressivité est contenue dans ce regard d’enfant.
Le stade du miroir : une image avant le corps
Pour comprendre pourquoi l’image fait naître l’agressivité, il faut passer par la plus célèbre des idées de Lacan, le stade du miroir. Il l’a présentée une première fois en 1936, à Marienbad, dans une communication qui n’a pas été publiée, puis sous une forme remaniée en juillet 1949, au congrès de Zurich, sous le titre « Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je ». L’observation de départ est banale et chacun peut la refaire : entre six et dix-huit mois environ, un bébé placé devant un miroir se met à reconnaître son image, et il manifeste à cette reconnaissance une joie très particulière, une jubilation, dit Lacan, qui le fait se pencher, se tourner vers l’adulte qui le porte, revenir à l’image, jouer avec elle. Le petit chimpanzé, au même âge, comprend vite qu’il n’y a rien derrière la glace et se désintéresse ; l’enfant humain, lui, n’en finit pas de s’y intéresser.
Pourquoi cette joie ? Parce que, répond Lacan, l’enfant de cet âge ne coordonne pas encore son corps. Il ne marche pas, tient à peine assis, ne maîtrise ni ses gestes ni ce qui se passe à l’intérieur de lui. Il se vit, dit Lacan, comme un corps morcelé. Et voilà que l’image lui offre, d’un coup, une forme entière, unifiée, maîtrisée, qui bouge quand il bouge et qui le précède dans ce qu’il n’est pas encore. L’enfant s’identifie à cette forme : il s’y reconnaît, il s’y précipite, et c’est à partir d’elle que se constitue ce que nous appelons le moi. Mais il faut bien voir la conséquence. Le moi se forme à partir d’une image qui est à l’extérieur, en face, inversée ; il se forme donc dans une aliénation première. Ce que je prends pour moi est d’abord un autre. Et cette image, qui me donne mon unité, me donne aussi un rival, puisqu’elle occupe, en face de moi, la place que je voudrais tenir.
Lacan appuie cette idée sur des observations d’enfants que les psychologues de son temps, Charlotte Bühler notamment, avaient décrites sous le nom de transitivisme : l’enfant qui frappe un autre enfant dit qu’il a été frappé ; celui qui voit un autre tomber se met à pleurer. À cet âge, l’autre et moi sont interchangeables parce que l’un et l’autre sont des images. On comprend alors la jalousie de l’enfant d’Augustin : devant son frère au sein, il se voit à la place qu’il n’occupe pas, et cette vision le ronge. L’agressivité est née, et elle est née d’une image. Notre page sur les concepts clés de la psychanalyse situe le stade du miroir parmi les autres notions ; ici, nous suivons seulement ce qu’il nous dit de la violence.
La rivalité imaginaire : un « lui ou moi » de place et de prestige
Si le moi se construit sur l’image d’un autre, alors la relation à l’autre est, dès l’origine, une relation à double face. L’autre est celui qui me donne ma forme, que j’aime et dont j’attends la reconnaissance ; et il est celui qui occupe ma place, que je dois déloger pour exister. Lacan appelle cette relation la rivalité imaginaire, et il emprunte au philosophe Hegel, qu’il a étudié dans les années 1930 au séminaire d’Alexandre Kojève, l’idée d’une lutte pour le pur prestige : deux consciences qui s’affrontent non pour un bien matériel, mais pour être reconnues, et dont chacune est prête à risquer sa vie pour cela. Transposé dans la vie ordinaire, cela donne ces disputes qui éclatent pour rien, ces haines de voisinage, ces jalousies entre frères, ces rivalités de bureau où l’enjeu réel est dérisoire et où la violence, pourtant, peut aller très loin. Ce qui est en jeu n’est pas l’objet ; c’est la place.
Cette lecture rejoint, par un autre chemin, le « lui ou moi » que le psychiatre et psychanalyste Jean Bergeret a placé au cœur de sa violence fondamentale. Mais la différence est instructive. Chez Bergeret, le « lui ou moi » est une affaire de survie du corps : il faut rester en vie. Chez Lacan, c’est une affaire de survie de l’image : il faut rester quelqu’un. Et les violences que nous recevons en consultation relèvent très souvent de la seconde. Le conjoint qui humilie sa compagne devant les amis ne défend pas sa vie ; il défend une image de lui que la réussite de sa compagne, son indépendance, son regard, menacent. Le collègue qui sabote le travail d’une recrue brillante ne se bat pas pour manger ; il se bat pour rester celui qu’il croyait être. Le parent qui écrase son adolescent ne craint pas pour sa sécurité ; il ne supporte pas d’être dépassé. Dans tous ces cas, la personne victime est haïe pour ce qu’elle représente dans le miroir de l’autre, et elle n’y peut strictement rien.
Lacan ajoute une précision que nous trouvons très juste : la rivalité imaginaire est d’autant plus féroce que les deux sont proches. On ne hait pas de cette façon quelqu’un de très différent de soi ; on hait celui qui occupe presque la même place, qui a presque la même image, et dont la petite différence devient insupportable. Freud avait appelé cela le narcissisme des petites différences ; Lacan en donne la structure. C’est pourquoi les violences les plus acharnées surviennent si souvent entre proches, entre collègues, entre frères, entre voisins, et pourquoi la personne victime, qui cherchait une raison du côté de ce qui la séparait de l’auteur, aurait plutôt dû la chercher du côté de ce qui les rapprochait.
Imaginaire, symbolique, réel : trois façons de lire une violence
En juillet 1953, dans une conférence intitulée « Le symbolique, l’imaginaire et le réel », Lacan introduit les trois registres qui organiseront toute la suite de son enseignement. L’imaginaire est le registre de l’image, du moi, du semblable, de la rivalité : tout ce que nous venons de décrire. Le symbolique est celui du langage, des noms, des places, de la loi, des pactes : ce qui fait qu’un conflit peut se régler par la parole plutôt que par les coups, parce qu’un tiers, une règle, un mot, vient séparer les deux rivaux. Le réel, enfin, est ce qui résiste aux deux autres : ce qui ne se laisse ni imaginer ni dire, ce qui fait effraction, ce qui revient toujours à la même place. Une violence subie se lit dans les trois registres à la fois, et les onglets ci-dessous montrent ce que chacun permet de voir. Nous nous en servons, en séance, pour savoir à quel niveau une personne est le plus atteinte, et donc par où commencer.
L’imaginaire : l’image, la rivalité, la haine. C’est le registre où la violence prend naissance comme intention d’agression, dans la rivalité entre deux images. C’est aussi celui où la personne victime est atteinte dans son image d’elle-même : elle se voit désormais avec les yeux de l’auteur, elle se compare, elle cherche ce qui en elle a provoqué. Les humiliations répétées, les insultes, les dévalorisations travaillent ce registre, et c’est pourquoi elles abîment tant l’estime de soi, comme le décrit la page estime de soi blessée. Travailler l’imaginaire, en séance, c’est aider la personne à séparer son image de celle que l’auteur lui a renvoyée, et à comprendre que la haine visait une image, non une personne. La jauge plus bas sur cette page mesure cette atteinte.
Le symbolique : les mots, les places, la loi. C’est le registre qui permet de sortir de la rivalité à deux en introduisant un tiers : une parole adressée à quelqu’un, un nom donné à ce qui s’est passé, une règle qui dit que cela ne se fait pas. Beaucoup de violences détruisent précisément ce registre : l’auteur interdit de parler, renomme les faits, inverse les places, se présente comme la victime. La personne se retrouve alors seule avec lui, dans un face-à-face imaginaire sans issue. Nommer les faits, avec ses propres mots, devant quelqu’un qui croit, est le premier geste de restauration du symbolique, et nous lui consacrons la page nommer les faits, sortir du silence, être cru. Le compte rendu écrit d’un bilan, où un psy écrit noir sur blanc ce qu’il a observé, relève du même registre.
Le réel : le corps, l’effraction, ce qui revient. C’est le registre de ce que la violence a fait au corps et de ce qui ne se laisse pas dire : la scène qui revient en images, les sursauts, la sidération, la sensation qui surgit sans mots. Lacan dira du réel qu’il est ce qui revient toujours à la même place, et le traumatisme en est l’exemple le plus pur. On ne traite pas le réel par la seule compréhension : il faut une méthode qui atteigne le corps et la mémoire, et c’est ce que l’EMDR fait, après un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, quand il est utile. La page le corps après la violence décrit ce registre du côté de la santé, et la page ce que la violence fait au cerveau du côté de la mémoire.
Le réel de la violence : la rencontre manquée
Dans son séminaire de 1964, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Lacan revient sur le traumatisme et emprunte à Aristote deux mots pour le penser. L’automaton, c’est le retour régulier des signes, la chaîne des mots et des pensées qui tourne, les symptômes qui reviennent à heure fixe. La tuché, c’est la rencontre, et plus précisément la rencontre du réel, que Lacan qualifie de rencontre manquée : quelque chose est arrivé que l’on n’a pas pu rencontrer au moment où cela arrivait, parce que c’était trop, trop vite, trop tôt, et qui depuis se présente et se dérobe à la fois. Le traumatisme, dans cette lecture, n’est pas un souvenir mal rangé : c’est un réel qui n’a pas trouvé de place dans l’imaginaire ni dans le symbolique, et qui insiste. Lacan relit à cette lumière le rêve que Freud rapporte dans L’interprétation du rêve, celui du père endormi près du corps de son enfant mort, qui rêve que l’enfant lui dit : « Père, ne vois-tu pas que je brûle ? » Le réel, c’est ce qui réveille.
Cette façon de voir rejoint, par un tout autre vocabulaire, ce que Freud décrivait en 1920 comme une effraction du pare-excitation et ce que la recherche sur la mémoire traumatique décrit aujourd’hui comme un souvenir non intégré, stocké à l’état brut, qui se rejoue au lieu de se rappeler. Nous en parlons sur la page mémoire traumatique. Ce que Lacan ajoute, c’est une exigence de modestie : le réel ne se résorbe pas dans la compréhension. On peut tout comprendre de ce qui s’est passé, en avoir une lecture imaginaire et symbolique parfaite, et continuer à sursauter quand une porte claque. C’est pourquoi notre écoute analytique ne travaille jamais seule après une violence : l’EMDR, qui s’adresse directement à ce qui revient à la même place, lui est associée, et les outils de la TCC donnent, en attendant, des prises sur l’hypervigilance et les évitements. La page psychanalyse et EMDR explique cette articulation.
Un mot encore sur le corps. Dans la violence, le réel a d’abord été celui du corps de la personne : un corps saisi, frappé, forcé, enfermé, qui a vécu quelque chose que la pensée n’a pas pu suivre. C’est pourquoi tant de personnes victimes décrivent une séparation entre elles et leur corps au moment des faits, ce que nous appelons la dissociation, et pourquoi la sidération les a parfois empêchées de bouger ou de crier. Ne pas avoir résisté ne signifie jamais avoir consenti : le réel a saisi le corps avant que la personne ait pu décider quoi que ce soit. Nous développons cela sur la page sidération et dissociation face à la violence.
La jouissance de l’autre dans la violence : au-delà du plaisir
Il y a une question que les personnes victimes posent rarement à voix haute, parce qu’elle leur fait horreur : « Est-ce qu’il y prenait du plaisir ? » Lacan a forgé, pour désigner ce dont il s’agit, un mot qu’il distingue soigneusement du plaisir : la jouissance. Dans son séminaire de 1959-1960, L’éthique de la psychanalyse, puis dans un texte de 1963, « Kant avec Sade », il décrit la jouissance comme une satisfaction qui va au-delà du principe de plaisir, c’est-à-dire au-delà de ce qui fait du bien et maintient l’équilibre : une satisfaction qui peut passer par la souffrance, la sienne ou celle de l’autre, par la transgression, par la répétition de ce qui fait mal. Le plaisir a une limite, il s’arrête quand la tension retombe ; la jouissance n’en a pas, et c’est ce qui la rend inquiétante.
Dans L’éthique de la psychanalyse, Lacan commente longuement le recul de Freud devant le commandement « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Freud, dans Malaise dans la civilisation, avouait ne pas comprendre comment on pouvait aimer un prochain capable de tant de méchanceté. Lacan y lit autre chose : ce qui fait reculer devant le prochain, c’est la jouissance qu’on lui suppose, cette part de lui qui ne cherche ni le bien ni le plaisir, et qu’on reconnaît en soi avec effroi. La violence, dans cette lecture, est le moment où cette part prend les commandes. L’auteur ne se défend plus, ne rivalise même plus : il jouit du pouvoir qu’il a sur un corps et sur une peur. C’est ce que les personnes victimes perçoivent avec une précision terrible quand elles disent que l’autre « savourait », qu’il « prenait son temps », qu’il « aimait ça ». Elles n’exagèrent pas : elles ont vu quelque chose que la plupart des gens ne veulent pas voir.
Pourquoi le dire ici ? Parce que cette perception, quand elle n’est pas entendue, se retourne contre la personne. Elle en conclut que si l’autre jouissait, c’est qu’elle a servi à quelque chose, qu’elle a été complice, qu’une part d’elle a peut-être consenti. Rien n’est plus faux. La jouissance de l’auteur ne dit rien de la victime : elle dit ce qui, en lui, a cessé d’être retenu. Lacan, dans son séminaire de 1972-1973, forgera encore un mot, hainamoration, pour dire combien la haine et l’amour sont noués dans l’imaginaire ; mais la jouissance dans la violence n’est pas de l’amour détourné. Nous le disons clairement à nos patients, et nous refusons les lectures qui leur attribuent une part dans ce qui les a détruits. La page culpabilité et honte après une violence prolonge ce point.
Ce que cela aide à entendre chez la personne victime : la haine qui n’a rien à voir avec ce qu’elle est
Rassemblons ce que ces lectures changent, concrètement, pour une personne qui vient nous voir après des violences. La première chose, et la plus importante, est que la haine qu’elle a reçue répondait à ce qu’elle représentait dans l’imaginaire de l’auteur : un rival, une image menaçante, l’incarnation de ce qu’il n’avait pas ou de ce qu’il ne supportait pas en lui. Cette haine ne contenait aucune information sur elle. On ne peut ni la mériter ni s’en corriger. Beaucoup de personnes harcelées ou humiliées éprouvent un soulagement physique quand cette idée fait son chemin : elles cessent de chercher.
La deuxième chose concerne leur propre image. La violence, surtout quand elle a duré, installe dans la personne le regard de l’auteur : elle se voit comme il la voyait, nulle, laide, folle, coupable, et ce regard survit souvent à la séparation. Lacan nous apprend que ce regard est une image parmi d’autres, celle qu’un rival a projetée, et non une vérité. Le travail analytique consiste à décoller ces deux images, la sienne et celle qu’on lui a renvoyée, jusqu’à ce que la personne puisse se regarder à nouveau avec ses propres yeux. La troisième chose concerne le réel : ce qui revient, dans le corps et dans les images, ne cédera pas à la seule compréhension, et il ne faut pas s’en vouloir de continuer à sursauter alors qu’on a tout compris. Ce registre-là demande l’EMDR. Et la quatrième concerne la jouissance : ce que la personne a perçu de la satisfaction de l’auteur est exact, et ne la concerne pas.
La jauge ci-dessous mesure à quel point le regard de l’auteur s’est installé dans votre image de vous-même. Elle ne juge rien : elle montre l’étendue de ce qu’il y a à décoller. Réglez chaque curseur pour les dernières semaines.
Les cartes ci-dessous résument les six notions de Lacan dont cette page se sert. Touchez-les pour les retourner.
Ce que Lacan ne dit pas, et ce que nous ne lui faisons pas dire
La théorie de la rivalité imaginaire a une portée universelle : chacun de nous s’est construit dans le miroir, chacun porte l’agressivité qui va avec. Il serait donc tentant d’en conclure que, dans une violence, les deux protagonistes sont pris dans la même rivalité, et que la victime y a sa part. Nous refusons cette conclusion, et Lacan ne l’autorise pas. Que l’agressivité soit en chacun ne dit rien de ce que chacun en fait. Entre l’intention d’agression, que tout le monde connaît, et l’acte de frapper, d’humilier, de contraindre, il y a le passage par le symbolique, la parole, la loi, le tiers, qui est précisément ce que l’auteur d’une violence a refusé. La personne victime n’a pas « participé » à une rivalité : elle a été prise pour cible par quelqu’un qui a choisi de régler dans le réel ce qui se joue d’ordinaire dans l’imaginaire et se règle dans le symbolique. Décrire la structure de l’agressivité n’est pas répartir les responsabilités.
Lacan ne dit rien, par ailleurs, de beaucoup de dimensions de la violence que d’autres pages de ce dossier abordent : l’apprentissage par l’exemple, dont traite la page Bandura ; les mécanismes du cerveau et de la mémoire, sur la page ce que la violence fait au cerveau ; les rapports de domination entre les sexes et les groupes ; les conditions sociales. Sa pensée est une théorie de la structure du sujet, pas une sociologie ni une criminologie. Et sa langue est difficile, parfois volontairement : nous l’avons traduite ici au plus près de ce qui sert, en laissant de côté ce qui ne servirait qu’à impressionner. Si une formule de cette page vous paraît obscure, c’est notre traduction qu’il faut interroger, pas votre intelligence.
Enfin, Lacan ne propose aucune méthode pour traiter le réel du traumatisme : il en décrit la structure, et il en marque la limite pour la parole. C’est pour cela que notre pratique associe l’écoute analytique à l’EMDR, qui s’adresse au réel du corps et de la mémoire, et aux outils de la TCC. Aucune de ces approches ne rend les autres inutiles, et c’est leur association qui donne les meilleurs résultats aux personnes qui ont subi des violences.
Exemple fictif : Samir, 36 ans, « qu’est-ce que je lui ai fait ? »
Une situation composée pour cette page ; elle emprunte à ce que nous entendons souvent, sans décrire personne en particulier.
Situation
Samir, ingénieur, a été harcelé pendant deux ans par son supérieur direct : remarques humiliantes en réunion, travail saboté, rumeurs sur son incompétence, puis, un soir, une bousculade dans un couloir et des menaces à voix basse. Il a fini par changer d’entreprise. Six mois plus tard, il consulte parce qu’il ne dort plus, qu’il sursaute quand quelqu’un entre dans son bureau, et surtout parce qu’une question tourne sans fin : « Qu’est-ce que je lui ai fait ? J’ai tout repassé, je ne trouve pas. » Il ajoute qu’il avait été recruté sur un poste que ce supérieur avait longtemps convoité pour un ami, qu’il avait le même âge que lui, la même formation, et qu’on les prenait parfois l’un pour l’autre au téléphone. Il se trouve désormais « nul », alors que sa nouvelle entreprise le félicite.
Comment lirions-nous cette situation, et par où commencerions-nous ?
Vrai ou faux sur Lacan et l’agressivité
Huit affirmations sur Lacan, le stade du miroir et la violence. Répondez ; l’explication s’affiche aussitôt.
Affirmation 1
« Pour Lacan, l’agressivité naît d’abord d’un manque de maîtrise de soi. »
Faux. Pour Lacan, l’agressivité est la tendance corrélative de l’identification narcissique : elle naît de la façon dont le moi s’est construit sur l’image d’un autre, qui est à la fois modèle et rival. Elle est structurelle, présente en chacun avant tout conflit, et ne se réduit pas à un défaut de contrôle.
Affirmation 2
« Le stade du miroir décrit un enfant qui se reconnaît dans son image entre six et dix-huit mois environ. »
Vrai. Lacan situe à cet âge le moment où l’enfant, qui ne coordonne pas encore son corps, reconnaît son image dans le miroir avec une jubilation caractéristique et s’y identifie. Il l’a présenté en 1936 à Marienbad, puis dans sa version connue en 1949 à Zurich.
Affirmation 3
« Pour Lacan, le moi se construit à partir d’une image venue de l’extérieur. »
Vrai. C’est le sens de l’aliénation première : le moi se forme en s’identifiant à une image qui est en face, inversée, celle du miroir puis celle du semblable. Ce que je prends pour moi est d’abord un autre, et c’est pourquoi l’autre est à la fois celui qui me donne ma forme et celui qui occupe ma place.
Affirmation 4
« La haine que la personne victime a reçue dit quelque chose de vrai sur elle. »
Faux. Dans la lecture lacanienne, la haine vise ce que la personne représente dans l’imaginaire de l’auteur, un rival, une image menaçante, non ce qu’elle est. Elle ne contient aucune information sur la victime, qui ne peut ni la mériter ni s’en corriger. C’est souvent ce qui permet de cesser de chercher.
Affirmation 5
« Lacan a appelé “réel” ce qui se laisse facilement mettre en mots. »
Faux. C’est l’inverse. Le réel est, chez Lacan, ce qui résiste à l’imaginaire et au symbolique, ce qui ne se laisse ni imaginer ni dire, ce qui fait effraction et revient toujours à la même place. Le traumatisme en est l’exemple le plus pur, et c’est pourquoi la compréhension seule ne suffit pas à le traiter.
Affirmation 6
« La jouissance, chez Lacan, est un autre mot pour le plaisir. »
Faux. Lacan distingue soigneusement les deux. Le plaisir a une limite et s’arrête quand la tension retombe ; la jouissance va au-delà, peut passer par la souffrance, la transgression et la répétition, et n’a pas de limite propre. Dans la violence, c’est la part de l’auteur qui a cessé d’être retenue.
Affirmation 7
« Lacan a présenté “L’agressivité en psychanalyse” en 1948, à Bruxelles. »
Vrai. Il s’agit d’un rapport théorique présenté en mai 1948 au Congrès des psychanalystes de langue française réuni à Bruxelles, publié la même année dans la Revue française de psychanalyse et repris en 1966 dans les Écrits. Il est organisé en cinq thèses.
Affirmation 8
« Comprendre la rivalité imaginaire revient à dire que la victime est aussi responsable. »
Faux. Que l’agressivité soit en chacun ne dit rien de ce que chacun en fait. L’auteur d’une violence a refusé le passage par le symbolique, la parole, la loi, le tiers, et a réglé dans le réel ce qui se règle d’ordinaire autrement. Décrire la structure de l’agressivité n’est pas répartir les responsabilités.
Comment nous lisons Lacan au cabinet
Notre psychothérapeute pratique une écoute analytique nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse, et Lacan y sert surtout, pour les violences, à trois choses. D’abord à entendre, dans ce qu’une personne raconte de la haine reçue, la structure d’une rivalité d’images dont elle a été la cible sans y être pour rien, et à le lui dire, pour qu’elle cesse de chercher ce qu’elle aurait fait. Ensuite à repérer à quel registre elle est le plus atteinte, l’image d’elle-même, la parole empêchée, le corps qui revient, pour savoir par où commencer : un travail sur l’imaginaire pour décoller son regard de celui de l’auteur, un travail symbolique pour nommer les faits et être crue, et l’EMDR, après un bilan psycho-traumatique quand il est utile, pour ce qui relève du réel. Enfin à ne pas reculer devant ce que la personne a perçu de la jouissance de l’auteur, et à lui confirmer que cette perception est exacte et ne la concerne pas.
Ces usages s’articulent aux autres lectures du dossier. Avec Bergeret, nous distinguons le « lui ou moi » de survie du « lui ou moi » de place. Avec Freud, nous suivons la colère retournée contre soi. Avec Jung, nous aidons la personne à rendre ce qui a été projeté sur elle, une idée très proche, par un autre vocabulaire, de l’image que l’auteur lui a renvoyée. Et la neuropsychologue du cabinet apporte son regard quand des plaintes d’attention ou de mémoire persistent après une violence. Notre façon de travailler est détaillée sur la page notre approche des violences.
À retenir
Dans « L’agressivité en psychanalyse » (1948), Lacan lie l’agressivité à la façon dont le moi se construit sur l’image d’un autre, modèle et rival à la fois : elle est en chacun avant tout conflit.
Le stade du miroir (1936-1949) : entre six et dix-huit mois, l’enfant se reconnaît dans une image qui lui donne son unité et son premier rival.
La haine reçue par une personne victime visait ce qu’elle représentait dans l’imaginaire de l’auteur, non ce qu’elle est : elle ne contient aucune information sur elle.
Imaginaire, symbolique, réel : trois registres pour lire une violence et savoir par où commencer ; le réel, ce qui revient à la même place, demande l’EMDR et non la seule compréhension.
La jouissance de l’auteur, que la victime a souvent perçue avec précision, ne dit rien d’elle. Décrire la structure de l’agressivité n’est pas répartir les responsabilités.
En pratique
Notre psychothérapeute reçoit, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche ou en téléconsultation, les personnes qui ont été harcelées, humiliées ou agressées, récemment ou il y a longtemps ; l’écoute analytique y travaille avec l’EMDR et la TCC. Pour situer la psychanalyse telle que nous la pratiquons, voir la page psychanalyse ; pour prendre contact, la page le cabinet.
Questions fréquentes sur Lacan et l’agressivité
Qu’est-ce que le stade du miroir de Lacan ?
C’est le moment, entre six et dix-huit mois environ, où l’enfant reconnaît son image dans le miroir et s’y identifie avec une joie caractéristique. Pour Lacan, qui l’a présenté en 1936 puis en 1949, cette reconnaissance est fondatrice : l’enfant, qui ne coordonne pas encore son corps et se vit comme morcelé, reçoit de l’image une forme entière et maîtrisée, à partir de laquelle se constitue son moi. Mais cette image est extérieure, inversée, celle d’un autre : le moi se forme dans une aliénation première, et l’autre devient à la fois celui qui me donne ma forme et celui qui occupe ma place. C’est de là que naît, selon Lacan, l’agressivité.
Que dit Lacan dans « L’agressivité en psychanalyse » ?
Dans ce rapport présenté à Bruxelles en 1948 et repris dans les Écrits, Lacan soutient en cinq thèses que l’agressivité n’est pas un simple comportement mais une expérience subjective, qu’elle se manifeste comme intention d’agression et comme images de corps morcelé, qu’elle commande la conduite d’une analyse, qu’elle est la tendance corrélative de l’identification narcissique qui forme le moi, et qu’elle éclaire le malaise des sociétés modernes. Il y cite saint Augustin décrivant un tout petit enfant, pâle de jalousie, devant son frère de lait au sein : l’agressivité naît de l’image d’un autre à la place que l’on voudrait occuper, non du besoin.
Pourquoi quelqu’un peut-il me haïr alors que je ne lui ai rien fait ?
Parce que, dans la lecture de Lacan, la haine ne répond pas à ce que vous avez fait mais à ce que vous représentez dans l’imaginaire de l’autre : un rival, une image qui menace la sienne, l’incarnation de ce qu’il n’a pas ou ne supporte pas en lui. Cette rivalité est d’autant plus féroce que vous lui ressemblez, par l’âge, la place, la réussite, et elle ne contient aucune information sur vous. On ne peut ni la mériter ni s’en corriger. Beaucoup de personnes harcelées ou humiliées éprouvent un soulagement réel quand elles comprennent cela : elles cessent de chercher ce qu’elles auraient dû faire autrement.
Que veut dire « réel » chez Lacan, et quel rapport avec le traumatisme ?
Le réel est l’un des trois registres que Lacan distingue en 1953 avec l’imaginaire et le symbolique : c’est ce qui résiste aux deux autres, ce qui ne se laisse ni imaginer ni mettre en mots, ce qui fait effraction et revient toujours à la même place. Dans son séminaire de 1964, il décrit le traumatisme comme une rencontre manquée avec le réel : quelque chose est arrivé trop vite ou trop fort pour être rencontré sur le moment, et insiste depuis. Cela rejoint ce que la recherche décrit comme une mémoire traumatique non intégrée, et explique pourquoi comprendre ne suffit pas : le réel demande une méthode qui atteigne le corps et la mémoire, comme l’EMDR.
Qu’est-ce que la jouissance chez Lacan ?
C’est une satisfaction qui va au-delà du principe de plaisir, c’est-à-dire au-delà de ce qui fait du bien et maintient l’équilibre : elle peut passer par la souffrance, la sienne ou celle de l’autre, par la transgression et par la répétition de ce qui fait mal. Lacan la développe dans son séminaire de 1959-1960, L’éthique de la psychanalyse, et dans « Kant avec Sade » (1963). Dans la violence, c’est la part de l’auteur qui a cessé d’être retenue et qui jouit du pouvoir sur un corps et sur une peur. Les personnes victimes la perçoivent souvent avec précision, et cette perception, exacte, ne dit rien d’elles ni d’un quelconque consentement.
La lecture de Lacan rend-elle la victime responsable de la violence ?
Non. Que l’agressivité soit en chacun, comme corrélat de la formation du moi, ne dit rien de ce que chacun en fait. Entre l’intention d’agression, que tout le monde connaît, et l’acte de frapper, d’humilier ou de contraindre, il y a le passage par le symbolique, la parole, la loi, le tiers, que l’auteur d’une violence a précisément refusé. La personne victime n’a pas participé à une rivalité : elle a été prise pour cible par quelqu’un qui a réglé dans le réel ce qui se règle d’ordinaire autrement. Décrire la structure de l’agressivité n’est pas répartir les responsabilités, et nous refusons toute lecture qui le ferait.
Comment le cabinet utilise-t-il Lacan avec l’EMDR ?
Les trois registres nous servent à savoir par où commencer. Quand la personne est surtout atteinte dans son image d’elle-même, l’écoute analytique travaille à décoller son regard de celui que l’auteur lui a renvoyé. Quand la parole a été empêchée, nommer les faits devant quelqu’un qui croit restaure le symbolique, et le compte rendu écrit d’un bilan y contribue. Quand le corps et les images reviennent, c’est le réel, et il demande l’EMDR, en séances longues de quatre-vingts minutes, après un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, si nécessaire. Les outils de la TCC donnent entre-temps des prises sur l’hypervigilance. Les trois approches travaillent ensemble, et tout peut se faire en téléconsultation.
Références
Livres, articles et liensQuelques références de cette page…
Les textes de Lacan cités, avec leur date de présentation ou de publication, et deux textes de Freud qu’ils discutent.
Lacan, J. (1948). « L’agressivité en psychanalyse », rapport au Congrès des psychanalystes de langue française, Bruxelles ; Revue française de psychanalyse ; repris dans Écrits (1966). Paris : Seuil.
Lacan, J. (1949). « Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je », communication au congrès de Zurich ; repris dans Écrits (1966). Paris : Seuil.
Lacan, J. (1953). « Le symbolique, l’imaginaire et le réel », conférence du 8 juillet 1953.
Lacan, J. (1959-1960). Le Séminaire, livre VII : L’éthique de la psychanalyse. Paris : Seuil.
Lacan, J. (1963). « Kant avec Sade », repris dans Écrits (1966). Paris : Seuil.
Lacan, J. (1964). Le Séminaire, livre XI : Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Paris : Seuil.
Lacan, J. (1972-1973). Le Séminaire, livre XX : Encore. Paris : Seuil.
Augustin. Confessions, livre I.
Freud, S. (1920). Au-delà du principe de plaisir. (1930). Malaise dans la civilisation.
Bergeret, J. (1984). La violence fondamentale. L’inépuisable Œdipe. Paris : Dunod.
Si vous repassez sans fin les scènes pour comprendre ce qui a déclenché la haine de quelqu’un, ou si vous vous voyez encore avec ses yeux, un premier rendez-vous, au cabinet ou en téléconsultation, permet de commencer à séparer votre image de celle qu’on vous a renvoyée.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.