Freud et la violence : pulsion de mort, agressivité, « Pourquoi la guerre ? »
Freud a soixante-quatre ans quand il publie, en 1920, le texte le plus déroutant de son œuvre, Au-delà du principe de plaisir. La guerre vient de finir, les soldats rentrent avec des cauchemars qui les ramènent chaque nuit sur le champ de bataille, et un petit-fils d’un an et demi joue, sous ses yeux, à faire disparaître et réapparaître une bobine de bois. De ces deux observations, il tire une hypothèse qui ne le quittera plus : il existe en nous quelque chose qui répète, même ce qui fait mal, et peut-être une force qui travaille contre la vie elle-même. Dix ans plus tard, dans Malaise dans la civilisation, il en fera la racine de l’agressivité humaine ; trois ans après encore, il répondra à Einstein qui lui demande pourquoi les hommes font la guerre. Cette page suit ces trois textes, dit exactement ce qu’ils contiennent, et montre ce qu’ils nous aident à entendre, aujourd’hui, auprès des personnes qui ont subi des violences : la répétition qui les hante, la violence qu’elles retournent contre elles-mêmes, la culpabilité qui n’est pas la leur.
Pourquoi lire Freud quand on a subi une violence ?
Les personnes que nous recevons après des violences posent presque toutes, à un moment, trois questions que Freud a posées avant elles. Pourquoi est-ce que je revis sans cesse ce qui m’est arrivé, en images, en cauchemars, en sursauts, alors que je voudrais tant l’oublier ? Pourquoi est-ce que je m’en veux à moi, alors que c’est l’autre qui a frappé, humilié, forcé ? Et d’où vient, chez les humains, cette capacité à faire du mal à ceux qui ne leur ont rien fait ? À la première question, Freud a répondu en 1920 par la compulsion de répétition. À la deuxième, en 1917 puis en 1923, par le retournement de la violence contre soi et par le surmoi. À la troisième, en 1930 et en 1933, par l’hypothèse d’une agressivité originaire que la culture doit sans cesse contenir.
Nous ne lisons pas Freud comme une Écriture. Certaines de ses hypothèses, la pulsion de mort en particulier, ont été discutées par ses propres élèves et il les présentait lui-même comme des spéculations. Mais ses descriptions cliniques restent d’une justesse que nous vérifions chaque semaine, et son vocabulaire donne à nos patients des mots pour ce qu’ils vivaient sans pouvoir le dire. Cette page n’est donc pas un cours d’histoire de la psychanalyse : c’est une lecture orientée par une question, celle de ce que ces textes permettent d’entendre chez une personne qui a été victime d’une violence, et de ce qu’ils ne permettent pas d’en conclure. Le second point compte autant que le premier, parce que Freud a été souvent mal cité pour faire porter aux victimes une part de ce qu’elles avaient subi.
Pour qui veut situer Freud plus largement, notre rubrique psychanalyse lui consacre une page, Freud, et une autre aux concepts clés. Ici, nous restons sur la violence.
Les textes et leurs dates
La réflexion de Freud sur la violence ne commence pas en 1920, mais elle change de nature avec la Première Guerre mondiale. Avant, l’agressivité est pour lui une composante de la sexualité, le sadisme, ou un instrument des pulsions d’autoconservation. Après, elle devient une question en soi. Voici les textes qui jalonnent ce parcours, avec leurs dates de publication.
1915Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort : écrit six mois après le début de la guerre, Freud y constate la désillusion des Européens cultivés devant la sauvagerie des États, et rappelle que les pulsions les plus primitives n’ont jamais disparu, seulement été recouvertes.La même année, Pulsions et destins des pulsions décrit le retournement d’une pulsion contre la personne elle-même.
1917Deuil et mélancolie : les reproches que la personne mélancolique s’adresse sont, à bien les écouter, des reproches destinés à quelqu’un d’autre, retournés contre elle.Un texte fondateur pour comprendre la culpabilité des personnes victimes.
1919Introduction à la psychanalyse des névroses de guerre : Freud préface un volume sur les soldats traumatisés, et reconnaît que leurs symptômes posent à la théorie une question qu’elle n’a pas encore résolue.Le terrain du livre de 1920.
1920Au-delà du principe de plaisir : la compulsion de répétition, les rêves traumatiques, le jeu de la bobine, l’effraction du pare-excitation, et l’hypothèse de la pulsion de mort.Le texte central de cette page.
1923Le Moi et le Ça : le surmoi, héritier du complexe d’Œdipe, dont la sévérité peut devenir une véritable violence contre le moi.En 1924, Le problème économique du masochisme décrit le besoin de punition.
1930Malaise dans la civilisation : l’agressivité comme disposition originaire de l’être humain, la culture comme renoncement, et le sentiment de culpabilité comme prix à payer.Le texte le plus lu de Freud sur la violence.
1932-1933Pourquoi la guerre ? : l’échange de lettres avec Einstein, sous l’égide de la Société des Nations, publié en 1933 alors que Hitler vient d’arriver au pouvoir.La dernière grande réponse de Freud sur la violence collective.
1920 : « Au-delà du principe de plaisir », la répétition et l’effraction
Jusqu’en 1920, Freud tient que la vie psychique est gouvernée par le principe de plaisir : nous cherchons à réduire les tensions, à éviter le déplaisir, et même nos symptômes, si pénibles soient-ils, sont des compromis qui procurent une satisfaction déguisée. Deux observations viennent déranger cette belle économie. La première est celle des soldats revenus de la guerre, et plus largement des personnes qui ont subi un accident ou une agression : leurs rêves les ramènent, nuit après nuit, dans la situation même du traumatisme, sans rien déguiser, sans rien accomplir d’un désir. Freud note que ces rêves contredisent tout ce qu’il avait écrit sur le rêve comme réalisation de souhait. La seconde est plus tendre. Il observe son petit-fils d’un an et demi, qui jette loin de lui une bobine de bois attachée à un fil en poussant un long « o-o-o-o », que l’entourage comprend comme « fort », parti, puis la ramène en disant joyeusement « da », là. L’enfant rejoue, sans fin, le départ de sa mère, c’est-à-dire une expérience pénible, et il y prend un plaisir évident.
Freud en tire d’abord une idée qui nous est précieuse : la répétition est une tentative de maîtrise. En rejouant activement ce qu’il a subi passivement, l’enfant passe de la position de celui à qui l’on fait quelque chose à celle de celui qui fait. Et les rêves traumatiques, suggère-t-il, cherchent à produire après coup l’angoisse qui a manqué au moment de l’événement. C’est ici qu’il distingue la peur, qui a un objet, l’angoisse, qui est une attente du danger et prépare à l’affronter, et l’effroi, qui saisit quand le danger surprend sans aucune préparation. Le traumatisme, pour Freud, est lié à l’effroi : il survient quand une excitation trop forte franchit d’un coup ce qu’il appelle le pare-excitation, cette couche protectrice qui filtre d’ordinaire ce qui arrive du dehors. Il parle d’effraction. Tout l’appareil psychique est alors mobilisé pour lier l’excitation entrée par effraction, et le principe de plaisir est mis hors jeu tant que cette liaison n’est pas faite. Nous retrouvons cette description, cent ans plus tard, dans ce que nous expliquons aux patients sur la mémoire traumatique : une scène qui n’a pas pu être digérée reste présente, intacte, et revient tant qu’elle n’a pas été retraitée.
Puis Freud va plus loin, et il prévient lui-même son lecteur, au début du quatrième chapitre, que ce qui suit est de la spéculation, souvent poussée loin. Si la répétition s’impose même contre le plaisir, c’est peut-être qu’elle révèle une propriété générale du vivant : la tendance à retourner à un état antérieur. Et l’état antérieur à toute vie étant l’inanimé, Freud écrit, en substance, que le but de toute vie est la mort. Il baptise cette tendance pulsion de mort, et lui oppose les pulsions de vie, qu’il regroupe sous le nom d’Éros : tout ce qui lie, unit, construit des ensembles plus vastes. Le psychisme humain devient le théâtre d’un combat entre ces deux forces. Il faut bien voir que Freud n’a jamais prétendu avoir démontré cette hypothèse ; il dit qu’il ne sait pas lui-même jusqu’à quel point il y croit. Mais elle lui servira, dix ans plus tard, à penser l’agressivité.
La pulsion de mort et l’agressivité : ce que Freud a proposé, et comment le lire
Comment passe-t-on d’une tendance silencieuse à retourner à l’inanimé à la violence bien bruyante que les humains s’infligent ? Par un détour, répond Freud. La pulsion de mort, si elle agissait seule à l’intérieur de la personne, la détruirait. Elle est donc en grande partie détournée vers l’extérieur, sous l’influence d’Éros et par l’intermédiaire de la musculature : elle devient pulsion de destruction, d’emprise, volonté de puissance, agressivité. Une part en reste à l’intérieur, liée à la sexualité, et forme le masochisme originaire ; la part tournée vers l’extérieur, liée elle aussi à la sexualité, forme le sadisme. Freud insiste sur le fait que les deux groupes de pulsions ne se rencontrent jamais à l’état pur : ils sont toujours intriqués, mélangés dans des proportions variables, et c’est quand ils se désintriquent, quand la destructivité se sépare de ce qui la liait à l’amour, que la violence devient la plus crue. Un homme qui frappe sa compagne par jalousie exerce une destructivité encore intriquée à un lien ; celui qui torture froidement un inconnu exerce une destructivité désintriquée. La différence ne change rien à la gravité pour la victime, mais elle décrit deux mécanismes.
Cette construction a été contestée dès sa publication, y compris par des analystes très proches de Freud, et elle l’est encore. Le psychiatre et psychanalyste Jean Bergeret, dont nous présentons la pensée sur la page la violence fondamentale, a refusé l’idée d’une force première au service de la mort et lui a opposé une violence première au service de la vie. D’autres ont fait remarquer que l’on pouvait décrire toute la clinique de la répétition et de l’agressivité sans recourir à une pulsion de mort. Nous n’avons pas besoin, pour nos patients, de trancher ce débat. Ce que nous gardons de Freud, c’est une série d’observations qui tiennent indépendamment de l’hypothèse : la violence humaine n’est pas seulement une réaction à la frustration, elle a une source propre ; elle peut se tourner vers l’extérieur ou vers l’intérieur ; elle est plus ou moins mêlée d’amour ; et la culture ne la supprime jamais, elle la déplace. Ces quatre points suffisent à éclairer bien des récits.
Le surmoi cruel : quand la violence se retourne contre soi
De tous les apports de Freud, celui qui sert le plus directement les personnes victimes est sans doute le moins connu du grand public. Il concerne la violence retournée contre soi. Dès 1915, dans Pulsions et destins des pulsions, Freud décrit parmi les destins possibles d’une pulsion son retournement sur la personne propre : l’agressivité qui ne peut pas atteindre sa cible change de direction et prend le sujet lui-même pour objet. En 1917, dans Deuil et mélancolie, il applique cette idée à un tableau clinique précis : la personne mélancolique s’accable de reproches, se dit indigne, méprisable, coupable, et Freud remarque que si l’on écoute ces reproches avec patience, on s’aperçoit qu’ils conviennent beaucoup mieux à quelqu’un d’autre, une personne aimée et perdue, ou aimée et haïe, que la personne ne peut pas attaquer. Les reproches ont été déplacés de l’autre sur soi. L’ombre de l’objet, écrit-il dans une formule célèbre, est tombée sur le moi.
En 1923, dans Le Moi et le Ça, Freud donne un nom à l’instance qui porte ces reproches : le surmoi, héritier des parents et des interdits, qui observe le moi, le juge et le punit. Il ajoute une observation qui paraît paradoxale et que la clinique confirme sans cesse : plus une personne renonce à exprimer son agressivité vers l’extérieur, plus son surmoi devient sévère, comme si la violence retenue était reprise à son compte par l’instance qui juge. Dans la mélancolie, dit-il en substance, c’est une véritable culture pure de la pulsion de mort qui règne dans le surmoi, et qui peut aller jusqu’à pousser la personne à la mort. En 1924, dans Le problème économique du masochisme, il décrit un besoin inconscient de punition qui conduit certaines personnes à rechercher l’échec, la souffrance, le châtiment, comme pour payer une faute qu’elles ne connaissent pas.
Pourquoi est-ce si important pour une personne qui a subi des violences ? Parce que c’est exactement ce qui lui arrive. L’auteur des violences est, très souvent, quelqu’un qu’elle a aimé, dont elle dépend, qu’elle craint, ou qui a disparu : la colère qui devrait lui être adressée ne peut pas l’atteindre. Elle se retourne alors, et la personne s’accuse : « j’aurais dû partir », « je l’ai provoqué », « je suis nulle, sale, faible ». Le surmoi reprend à son compte la voix de l’agresseur, parfois mot pour mot, et continue le travail. Nous développons ce mécanisme sur la page culpabilité et honte après une violence, et dans le dossier consacré à ce que la psychanalyse a compris de la culpabilité et de la honte. Ici, nous vous proposons de mesurer, pour vous-même, à quel point cette violence a changé de direction.
Les cinq curseurs ci-dessous décrivent les formes que prend, le plus souvent, la violence retournée contre soi après une violence subie. Réglez-les honnêtement, pour les dernières semaines. Rien n’est enregistré, et le verdict n’est pas un diagnostic : c’est une façon de voir où la colère est allée se loger.
1930 : « Malaise dans la civilisation », Homo homini lupus et le prix de la culture
Malaise dans la civilisation paraît en 1930, dans une Europe où la crise économique s’installe et où les mouvements de haine prennent de la force. Freud y pose une question apparemment simple : pourquoi les humains sont-ils si malheureux dans la civilisation qu’ils ont pourtant construite pour se protéger ? Sa réponse passe par la violence. Au cinquième chapitre, dans un passage qui reste l’un des plus durs de la littérature psychologique, il affirme que l’être humain n’est pas la créature douce et assoiffée d’amour que l’on dit, qui se défendrait seulement quand on l’attaque, mais qu’il faut compter parmi ses dispositions pulsionnelles une forte part d’agressivité. Le prochain, écrit-il en substance, n’est pas seulement un aide ou un objet sexuel possible, il est aussi une tentation : celle de satisfaire sur lui son agressivité, d’exploiter son travail sans dédommagement, d’en user sexuellement sans son consentement, de s’emparer de ses biens, de l’humilier, de le faire souffrir, de le torturer et de le tuer. Et il conclut par la vieille formule latine : Homo homini lupus, l’homme est un loup pour l’homme, en demandant qui, après toutes les expériences de la vie et de l’histoire, aurait le courage de la contester.
Freud ne s’arrête pas à ce constat. Si l’agressivité est une disposition originaire, alors la culture a pour tâche principale de la contenir, et elle le fait à un prix. Elle exige le renoncement pulsionnel : nous ne pouvons pas frapper qui nous gêne, prendre ce qui nous plaît, dire ce que nous pensons. Et surtout, elle retourne l’agressivité contre celui qui l’éprouve : l’agressivité à laquelle nous renonçons est intériorisée, reprise par le surmoi, et devient sentiment de culpabilité. Plus nous sommes vertueux, plus notre surmoi est exigeant, parce qu’il se nourrit précisément de la violence que nous ne commettons pas. Freud fait du sentiment de culpabilité le problème le plus important du développement de la culture, et du malaise qui donne son titre au livre le prix à payer pour vivre ensemble. Il décrit au passage ce qu’il appelle le narcissisme des petites différences : la facilité avec laquelle des groupes voisins et presque semblables se vouent une hostilité d’autant plus vive que ce qui les sépare est mince, et qui permet à chacun de décharger son agressivité sur un ennemi commode tout en resserrant les liens à l’intérieur du groupe.
Le livre se termine sur une question ouverte. Les humains, écrit Freud, ont acquis une telle maîtrise des forces de la nature qu’ils pourraient s’exterminer jusqu’au dernier ; il reste à espérer qu’Éros fasse un effort pour s’affirmer face à son adversaire. Dans une édition de 1931, il ajoute une dernière phrase : mais qui peut prévoir le succès et l’issue ? Deux ans plus tard, les livres de Freud brûlaient à Berlin.
1932-1933 : la lettre à Einstein, « Pourquoi la guerre ? »
En 1932, l’Institut international de coopération intellectuelle, qui dépend de la Société des Nations, propose à Albert Einstein de choisir un correspondant pour un échange public sur une question de son choix. Einstein choisit Freud, et la question : existe-t-il un moyen de libérer les hommes de la fatalité de la guerre ? Sa lettre est datée de fin juillet 1932 ; Freud répond en septembre, depuis Vienne, par une longue lettre qui paraît l’année suivante, en 1933, sous le titre Pourquoi la guerre ?, en allemand, en français et en anglais. Les nazis viennent de prendre le pouvoir en Allemagne, et la brochure y est aussitôt interdite. Freud, qui a soixante-seize ans et un cancer de la mâchoire, écrit à Einstein, en substance, qu’il doute que cette correspondance intéresse beaucoup de monde.
Sa réponse commence par le droit et la force. Einstein avait parlé de pouvoir ; Freud propose un mot plus brutal, violence, et montre que le droit n’est pas le contraire de la violence mais son héritier : à l’origine, les conflits se règlent par la force du plus fort ; puis les faibles s’unissent, et la violence de la communauté remplace celle de l’individu. Le droit est la force d’une communauté, et il ne tient que si cette communauté reste unie par des liens affectifs. Puis Freud en vient aux pulsions. Il rappelle sa théorie des deux groupes, Éros et destruction, et il dit nettement qu’il est vain d’espérer supprimer les penchants agressifs des hommes : on ne peut que tenter de les détourner suffisamment pour qu’ils n’aient pas à s’exprimer dans la guerre. Deux voies indirectes lui paraissent possibles. La première est de renforcer Éros, tout ce qui crée des liens affectifs entre les hommes, par l’amour sans but sexuel et par l’identification, la communauté de sentiments sur laquelle repose toute société. La seconde est de soumettre davantage la vie pulsionnelle à la domination de la raison. Enfin, il avance une idée plus personnelle : le développement de la culture produit chez certains, et il se compte parmi eux avec Einstein, des modifications qui rendent la guerre organiquement intolérable, comme une couleur ou une odeur que le corps ne supporte plus. Tout ce qui travaille au développement de la culture, conclut-il en substance, travaille aussi contre la guerre.
Nous lisons souvent ce texte avec des personnes qui ont subi des violences collectives, attentats, violences en manifestation, et qui se demandent comment on peut encore croire en quelque chose. La réponse de Freud n’est pas consolante, mais elle est honnête, et beaucoup la trouvent plus tenable que les discours rassurants : la violence ne disparaîtra pas, elle peut être détournée, et ce qui la détourne, ce sont les liens. C’est aussi, à une tout autre échelle, ce que nous constatons en séance. La page victimes d’attentat et la page renouer avec les autres après la violence prolongent cette idée.
Ce que ces textes éclairent en séance : répétition, retournement, culpabilité
Voici comment ces lectures travaillent concrètement dans notre cabinet, qui reçoit beaucoup de personnes ayant subi des violences conjugales, familiales, sexuelles, au travail, en manifestation ou en garde à vue. Trois usages reviennent sans cesse.
Entendre la répétition sans la juger. Une personne agressée revit la scène en cauchemars, en images, en sursauts ; une autre se retrouve, pour la troisième fois, avec un partenaire qui l’humilie ; une troisième ne peut s’empêcher de retourner sur les lieux. Freud nous a appris que la répétition n’est pas un désir de souffrir mais une tentative, toujours recommencée parce que toujours ratée, de lier ce qui est entré par effraction et de passer de la passivité à l’activité. Cette lecture change tout pour la personne, qui cessait de se comprendre et commençait à se mépriser. Elle change aussi notre façon de travailler : la répétition demande d’abord à être liée, et c’est précisément ce que fait l’EMDR quand elle retraite la scène d’origine, après un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, qui permet de savoir où l’on met les pieds. La page psychanalyse et EMDR explique comment ces deux regards se complètent.
Rendre la colère à son destinataire. Quand une personne s’accable, nous écoutons, comme Freud le conseillait, à qui ses reproches conviendraient le mieux. Presque toujours, ils dessinent le portrait de l’auteur des violences : c’est lui qui aurait dû, c’est lui qui a provoqué, c’est lui qui est indigne. Le travail analytique consiste à refaire ce chemin à l’envers, lentement, jusqu’à ce que la colère retrouve son adresse. Il ne s’agit pas d’encourager la haine, mais de rendre à la personne une agressivité qui est la sienne et qui, tant qu’elle se retourne contre elle, l’épuise et parfois la met en danger. Les outils de la thérapie comportementale dialectique, que nous proposons au cabinet, aident à tenir cette colère sans qu’elle déborde.
Comprendre la culpabilité sans la valider. Beaucoup de nos patients disent qu’ils se sentent coupables et en concluent qu’ils le sont. Freud permet de rompre ce raisonnement : le sentiment de culpabilité est le produit d’un surmoi qui s’est nourri de la violence retenue, et il n’a aucun rapport nécessaire avec une faute réelle. Le sentiment de culpabilité ne signifie pas la responsabilité. Nous le disons et le redisons, et nous travaillons avec la personne à démonter, phrase par phrase, ce que son surmoi a emprunté à l’agresseur. Les cartes ci-dessous résument les six notions freudiennes que cette page mobilise.
Ce que Freud ne dit pas, et ce que nous ne lui faisons pas dire
Freud a été utilisé, au cours du siècle dernier, pour faire porter aux victimes une part de ce qu’elles avaient subi, et il faut être très clair sur ce point. La compulsion de répétition ne signifie pas qu’une personne qui se retrouve à nouveau dans une relation violente l’a inconsciemment voulu, ni qu’elle « aime ça ». Freud décrit une tentative de maîtrise d’un traumatisme, c’est-à-dire l’exact contraire d’un consentement. Dire à une femme battue qu’elle répète parce qu’elle le désire est une faute de lecture et une violence de plus. Nous l’avons entendu dire par des proches, parfois par des professionnels, et nous le réfutons chaque fois. La répétition est un symptôme qui appelle un traitement, pas un aveu.
De même, l’hypothèse d’une agressivité originaire chez tous les humains ne met pas la victime et l’auteur sur le même plan. Que chacun porte en lui une part de destructivité est une chose ; qu’un adulte choisisse de la décharger sur une personne qui dépend de lui en est une autre, et cette autre chose s’appelle une responsabilité. Freud lui-même n’a jamais tiré de sa théorie une excuse pour qui que ce soit : toute son œuvre sur la culture repose sur l’idée que l’être humain peut et doit contenir ce qui le traverse. Nous décrivons les actes, la contrainte, la peur et leurs effets ; nous n’utilisons pas la théorie pour diagnostiquer l’auteur à distance.
Enfin, Freud ne dit rien de beaucoup de choses qui comptent. Il n’a pas connu les travaux sur la mémoire traumatique et la dissociation tels que nous les lisons aujourd’hui, même si Pierre Janet, avant lui, en avait posé les bases. Il n’a pas pensé la violence en termes de rapports de domination entre les sexes, ni d’apprentissage par l’exemple, ni de facteurs sociaux. La pulsion de mort reste une spéculation qu’il présentait comme telle et que nous n’avons pas besoin de croire pour nous servir de ses descriptions. D’autres pages de ce dossier apportent ce qui lui manque : Bandura et l’apprentissage par observation, ce que la violence fait au cerveau, Lacan et l’agressivité, Jung et l’ombre. Aucune lecture ne suffit seule, et c’est pour cela que nous en tenons plusieurs.
Exemple fictif : Léa, 29 ans, « pourquoi je rejoue ça, et pourquoi je m’en veux »
Un exemple imaginé pour illustrer la lecture freudienne ; toute ressemblance avec une personne existante serait le fruit du hasard.
Situation
Léa a subi une agression sexuelle à dix-neuf ans, lors d’une soirée, par un garçon qu’elle connaissait. Elle n’a rien dit pendant dix ans. Elle consulte parce qu’elle fait, depuis quelques mois, un cauchemar récurrent où la scène recommence, et parce que, dit-elle, « je gâche tout ce qui va bien » : elle a quitté un homme attentionné sans raison, saboté un entretien d’embauche qu’elle avait préparé pendant des semaines. Elle s’en veut terriblement d’avoir « laissé faire » ce soir-là, et ajoute, presque en s’excusant : « Je n’arrive pas à lui en vouloir à lui. Je sais que c’est bizarre. » Elle demande si le fait de rejouer la scène en rêve signifie qu’au fond, quelque chose en elle « voulait ça ».
Que répondrions-nous, et par où commencerions-nous ?
Vrai ou faux sur Freud et la violence
Huit affirmations que l’on entend souvent sur Freud, la pulsion de mort et la répétition. Répondez ; l’explication s’affiche aussitôt, et chacune renvoie à une section de la page.
Affirmation 1
« Freud a démontré l’existence d’une pulsion de mort. »
Faux. Il l’a proposée en 1920 comme une spéculation, en prévenant son lecteur, et il écrivait lui-même ne pas savoir jusqu’à quel point il y croyait. Elle a été discutée dès sa publication, y compris par des analystes proches, et l’on peut se servir des descriptions cliniques de Freud sans l’adopter.
Affirmation 2
« Pour Freud, les cauchemars qui ramènent la scène traumatique sont une tentative de la maîtriser après coup. »
Vrai. C’est l’une des observations centrales d’Au-delà du principe de plaisir : ces rêves ne réalisent aucun désir, ils cherchent à produire l’angoisse qui a manqué au moment de l’effroi et à lier ce qui est entré par effraction. Ils cessent quand la scène a pu être liée, ce que l’EMDR permet aujourd’hui.
Affirmation 3
« Si une personne se retrouve dans une nouvelle relation violente, c’est qu’inconsciemment elle le désire. »
Faux. La compulsion de répétition décrit une tentative de maîtrise d’un traumatisme, non un désir de souffrir ni un consentement. Faire dire cela à Freud est une erreur de lecture, et une violence de plus pour la personne. La répétition est un symptôme qui appelle un traitement.
Affirmation 4
« Selon Freud, les reproches que l’on s’adresse visent souvent quelqu’un d’autre. »
Vrai. C’est le cœur de Deuil et mélancolie (1917) : les auto-reproches de la personne mélancolique conviennent beaucoup mieux à une autre personne, aimée et perdue ou aimée et haïe, qu’elle ne peut pas attaquer. Chez les personnes victimes, ils dessinent très souvent le portrait de l’auteur des violences.
Affirmation 5
« Pour Freud, un fort sentiment de culpabilité prouve qu’on a commis une faute. »
Faux. Dans Malaise dans la civilisation, le sentiment de culpabilité est le produit d’un surmoi nourri par l’agressivité à laquelle on a renoncé : plus on est vertueux, plus il est sévère. Il n’a aucun rapport nécessaire avec une faute réelle. Le sentiment de culpabilité ne signifie pas la responsabilité.
Affirmation 6
« Dans sa lettre à Einstein, Freud juge impossible de supprimer les penchants agressifs des hommes. »
Vrai. Il écrit qu’il est vain d’espérer les éliminer et qu’on peut seulement tenter de les détourner, en renforçant les liens affectifs entre les hommes et en soumettant davantage la vie pulsionnelle à la raison. Il ajoute que le développement de la culture rend certains organiquement incapables de supporter la guerre.
Affirmation 7
« Puisque tout le monde porte une agressivité, la victime et l’auteur sont à égalité. »
Faux. Que chacun porte une part de destructivité ne dit rien de ce que chacun en fait. Toute l’œuvre de Freud sur la culture repose sur l’idée que l’être humain peut et doit contenir ce qui le traverse. Celui qui décharge sa violence sur une personne qui dépend de lui en répond.
Affirmation 8
« Freud a tout dit sur la violence et le traumatisme. »
C’est plus nuancé, et plutôt faux. Ses descriptions de la répétition, du retournement contre soi et du surmoi restent d’une grande justesse, mais il n’a pas pensé la dissociation telle que nous la lisons aujourd’hui, ni l’apprentissage par l’exemple, ni les rapports de domination. D’autres lectures, Janet, Ferenczi, Bandura, les neurosciences, apportent ce qui lui manque.
Comment nous lisons Freud au cabinet
Notre psychothérapeute pratique une écoute analytique nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse, aux côtés de l’EMDR et des outils de la TCC, et Freud y tient la place de celui qui a posé les questions les premières. Pour les violences, nous lui empruntons surtout trois gestes. Le premier est d’écouter la répétition comme un travail inachevé plutôt que comme un défaut, et de lui offrir, par la parole puis par l’EMDR, le moyen de s’achever. Le deuxième est de suivre les reproches jusqu’à leur vrai destinataire, patiemment, sans jamais presser la personne de haïr qui que ce soit. Le troisième est de tenir que la culpabilité est un sentiment produit par une instance, non un verdict sur les faits, et de le démontrer, séance après séance, jusqu’à ce que la personne puisse le sentir elle-même.
Ces lectures s’articulent à d’autres. Avec Bergeret, nous distinguons la violence de survie de l’agressivité qui veut nuire, ce que la théorie freudienne ne fait pas d’elle-même. Avec Ferenczi, nous comprenons comment l’enfant terrifié s’identifie à l’agresseur et prend sur lui la culpabilité de l’adulte, ce qui prolonge le retournement freudien vers son origine. Avec Lacan, nous entendons ce que la haine reçue devait à l’image et non à la personne. Avec Jung, nous aidons la personne à rendre ce qui a été projeté sur elle. Et la neuropsychologue du cabinet apporte son regard quand des plaintes de mémoire ou d’attention persistent après une violence, parce que la clinique freudienne de la répétition gagne à être complétée par un bilan quand le doute existe. Notre façon de faire est détaillée sur la page notre approche des violences.
À retenir
Au-delà du principe de plaisir (1920) : la répétition de ce qui a fait mal est une tentative de maîtrise après coup, non un désir de souffrir ; le traumatisme est une effraction qui n’a pas pu être liée.
Deuil et mélancolie (1917) et Le Moi et le Ça (1923) : la colère qui ne peut pas atteindre l’auteur se retourne contre soi, et le surmoi reprend sa voix ; le sentiment de culpabilité ne signifie pas la responsabilité.
Malaise dans la civilisation (1930) : l’agressivité est une disposition originaire que la culture contient au prix du renoncement et de la culpabilité.
Pourquoi la guerre ? (1933) : on ne supprime pas la violence, on la détourne, et ce qui la détourne, ce sont les liens.
La pulsion de mort est une spéculation que Freud présentait comme telle ; ses descriptions cliniques tiennent sans elle, et rien chez lui n’excuse un auteur ni n’accuse une victime.
En pratique
L’écoute analytique, l’EMDR et la TCC sont pratiquées par notre psychothérapeute à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche et en téléconsultation, auprès des personnes ayant subi des violences récentes ou anciennes. Un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, précède l’EMDR quand il est utile, avec un compte rendu écrit. La psychanalyse au cabinet est présentée sur la page psychanalyse, et les coordonnées sur la page le cabinet.
Questions fréquentes sur Freud et la violence
Qu’est-ce que la pulsion de mort chez Freud ?
C’est l’hypothèse, avancée en 1920 dans Au-delà du principe de plaisir, d’une tendance du vivant à retourner à un état antérieur, et finalement à l’inanimé : Freud écrit, en substance, que le but de toute vie est la mort. Il l’oppose aux pulsions de vie, Éros, qui lient et unissent. Détournée vers l’extérieur, la pulsion de mort deviendrait agressivité et destructivité ; restée à l’intérieur, masochisme. Freud l’a présentée comme une spéculation, et elle a été discutée dès sa publication, notamment par Jean Bergeret qui lui oppose une violence première au service de la vie. On peut utiliser les descriptions cliniques de Freud sans adopter cette hypothèse.
Pourquoi est-ce que je revis sans cesse la violence que j’ai subie ?
Freud a décrit ce phénomène en 1920 sous le nom de compulsion de répétition, à partir des cauchemars des soldats traumatisés et du jeu d’un enfant qui rejouait le départ de sa mère. Son idée : quand un événement est entré par effraction, sans que l’angoisse ait pu préparer, il n’a pas été lié, et le psychisme le ramène sans fin pour tenter de le maîtriser après coup. Ce n’est donc ni un désir de souffrir ni un défaut de volonté, mais un travail inachevé. Il s’achève quand la scène peut être liée, par la parole, et aujourd’hui par l’EMDR, qui retraite le souvenir pour qu’il redevienne du passé.
Pourquoi est-ce que je m’en veux alors que c’est l’autre qui m’a fait du mal ?
Freud a montré, dans Deuil et mélancolie (1917) puis dans Le Moi et le Ça (1923), que l’agressivité qui ne peut pas atteindre sa cible se retourne contre la personne elle-même, et que les reproches que l’on s’adresse conviennent souvent beaucoup mieux à quelqu’un d’autre. Après une violence, l’auteur est souvent quelqu’un que l’on a aimé, dont on dépend ou que l’on craint : la colère ne peut pas lui parvenir, elle se retourne, et le surmoi reprend parfois mot pour mot la voix de l’agresseur. Le sentiment de culpabilité est le produit de ce retournement ; il ne signifie pas que vous soyez responsable.
Que dit Freud dans « Pourquoi la guerre ? » ?
Dans cette lettre à Einstein, écrite en septembre 1932 et publiée en 1933, Freud explique d’abord que le droit n’est pas le contraire de la violence mais son héritier, la violence de la communauté remplaçant celle de l’individu. Puis il rappelle sa théorie des deux groupes de pulsions, Éros et destruction, et affirme qu’il est vain d’espérer supprimer les penchants agressifs des hommes : on peut seulement les détourner, en renforçant les liens affectifs et l’identification entre les hommes, et en soumettant davantage la vie pulsionnelle à la raison. Il ajoute que le développement de la culture rend certains organiquement incapables de supporter la guerre.
Freud rend-il les victimes responsables de ce qu’elles subissent ?
Non, et il a été mal cité sur ce point. La compulsion de répétition décrit une tentative de maîtrise d’un traumatisme, c’est-à-dire l’opposé d’un désir ou d’un consentement : dire à une personne qu’elle « répète parce qu’elle le veut » est une faute de lecture. De même, l’idée d’une agressivité présente chez tous les humains ne met pas la victime et l’auteur à égalité : toute l’œuvre de Freud sur la culture repose sur l’idée que l’être humain peut et doit contenir ce qui le traverse, et celui qui décharge sa violence sur une personne qui dépend de lui en répond. Nous décrivons les actes et leurs effets, sans diagnostiquer l’auteur.
Quelle est la différence entre peur, angoisse et effroi chez Freud ?
Freud distingue, au début d’Au-delà du principe de plaisir, la peur, qui a un objet précis, l’angoisse, qui est un état d’attente du danger et qui prépare à l’affronter, et l’effroi, qui saisit quand le danger surprend sans aucune préparation. Le traumatisme, pour lui, est lié à l’effroi : c’est l’absence d’angoisse préparatoire qui laisse l’excitation entrer par effraction. Les cauchemars traumatiques tenteraient alors de produire après coup l’angoisse qui a manqué. Cette distinction éclaire pourquoi une agression imprévisible laisse souvent plus de traces qu’un danger que l’on a vu venir, et nous la développons aussi sur la page consacrée à l’angoisse.
Comment la psychanalyse et l’EMDR se complètent-elles après une violence ?
Freud a décrit la répétition comme un travail de liaison inachevé ; l’EMDR est, un siècle plus tard, l’une des méthodes les plus efficaces pour achever cette liaison, en retraitant la scène d’origine, les déclencheurs actuels et les situations à venir, au cours de séances longues de quatre-vingts minutes. L’écoute analytique, elle, accueille ce que la violence a réveillé dans l’histoire de la personne, suit les reproches jusqu’à leur vrai destinataire et démonte la culpabilité empruntée à l’agresseur. Au cabinet, les deux travaillent ensemble, avec les outils de la TCC, et un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, précède l’EMDR quand il est utile.
Références
Livres, articles et liensQuelques références de cette page…
Les textes de Freud cités, avec leur date de publication, et deux lectures qui les discutent.
Freud, S. (1915). Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort ; Pulsions et destins des pulsions.
Freud, S. (1917). Deuil et mélancolie.
Freud, S. (1919). Introduction à la psychanalyse des névroses de guerre.
Freud, S. (1920). Au-delà du principe de plaisir.
Freud, S. (1923). Le Moi et le Ça. (1924). Le problème économique du masochisme.
Freud, S. (1930). Malaise dans la civilisation.
Einstein, A., et Freud, S. (1933). Pourquoi la guerre ? Paris : Institut international de coopération intellectuelle.
Bergeret, J. (1984). La violence fondamentale. L’inépuisable Œdipe. Paris : Dunod.
Bergeret, J. (1995). Freud, la violence et la dépression. L’Œdipe et le narcissisme. Paris : PUF.
Si vous revivez sans fin ce que vous avez subi, ou si la colère s’est retournée contre vous jusqu’à vous faire douter de votre valeur, un premier rendez-vous, au cabinet ou en téléconsultation, permet de commencer à démêler ce qui vous appartient de ce qui ne vous a jamais appartenu.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.