Pourquoi faire une psychanalyse dans un cabinet intégratif ?
On imagine volontiers l’analyste comme un artisan solitaire : un divan, un fauteuil, un silence, et rien d’autre. Cette image a sa beauté. Elle a aussi ses angles morts. Cette page explique pourquoi nous pensons qu’une analyse gagne à se faire auprès d’un praticien qui sait aussi évaluer, traiter vite quand il le faut, repérer ce qui relève du médecin et travailler avec les autres soignants. Sans rien retirer à l’écoute analytique : en lui donnant, au contraire, de quoi rester vraiment libre.
Mis à jour le 22 octobre 2026 · Lecture : 16 minutes
365 jourspar an pour consulter, en cabinet ou à distance
9 bilanset évaluations proposés au cabinet
3 cabinetsColombes, Pavillons-sous-Bois, Ardèche
3 tierssupervision, contrôle, entraide : jamais seul avec un cas
« Celui qui n’a qu’un marteau voit tout comme un clou »
Cette phrase figure en exergue sur la page d’accueil du site, et elle n’y est pas par coquetterie. On l’appelle la « loi de l’instrument ». Le philosophe Abraham Kaplan l’a formulée en 1964 ; le psychologue Abraham Maslow l’a rendue célèbre deux ans plus tard, dans The Psychology of Science, sous une forme qu’on peut traduire ainsi : quand le seul outil dont on dispose est un marteau, il est tentant de traiter chaque chose comme si c’était un clou.
En psychothérapie, le marteau peut prendre bien des formes. Le thérapeute comportementaliste qui ne voit que des comportements à modifier. Le praticien de l’EMDR qui cherche un trauma derrière chaque plainte. Le neuropsychologue qui ramène tout à un profil cognitif. Et, il faut le dire franchement, le psychanalyste qui interprète tout, y compris ce qui n’a pas besoin de l’être : la fatigue d’une anémie, l’inattention d’un trouble du neurodéveloppement jamais repéré, la peur du métro qui empêche simplement d’aller travailler.
Chaque méthode a sa logique, ses preuves et ses limites. Le problème n’est pas d’avoir un outil favori ; c’est de n’en avoir qu’un, et de finir par croire que le monde a la forme de cet outil. Au Cabinet Bouche & Chmura, la psychanalyse est une orientation profonde, pas un instrument unique. Elle se conjugue avec les bilans, les thérapies comportementales et cognitives (TCC), l’EMDR et la neuropsychologie, selon ce que chaque situation demande.
Il arrive qu’un patient demande, mi-inquiet, mi-amusé : « Si vous faites aussi des TCC, est-ce que vous allez me donner des devoirs sur le divan ? » Non. Les fiches d’exercices ne passent pas la porte de la séance d’analyse. Mais il est rassurant de savoir qu’elles existent, rangées dans un autre tiroir, pour le jour où la peur de l’avion menace un mariage à l’autre bout du monde.
Quatre savoir-faire autour d’une même écoute
Qu’apporte, concrètement, un analyste qui n’est pas seulement analyste ? Quatre choses, qui ne changent rien à la règle fondamentale (dire ce qui vient, sans trier) mais beaucoup à la sécurité de celui qui parle.
Savoir évaluer
Le cabinet propose neuf bilans et évaluations : consultation préliminaire, bilan psychologique, bilan neuropsychologique, bilan TDAH, bilan TSA, évaluation du QI, bilan des troubles logico-mathématiques, bilan psycho-traumatique et bilan dissociatif. Un analyste qui connaît ces outils sait quand une question mérite une mesure, et pas seulement une interprétation.
Traiter vite quand il le faut
Une phobie qui empêche de travailler, une attaque de panique, un souvenir d’accident qui revient chaque nuit : il existe des méthodes rapides et validées. Au cabinet, les TCC de deuxième et troisième génération se pratiquent en séances de 45 ou 80 minutes, et l’EMDR, pour les adultes comme pour les enfants, en séances de 80 minutes.
Repérer ce qui relève du médecin
Une humeur qui s’effondre, un sommeil qui disparaît, une perte de poids, une idée de mort : tout cela se parle en séance, mais ne s’y règle pas seul. Savoir reconnaître ce qui demande un psychiatre, un médecin traitant ou un examen, c’est une compétence clinique, pas un renoncement.
Coordonner
Le praticien qui conduit les analyses au cabinet prend souvent l’initiative, avec l’accord du patient, d’appeler ses autres soignants (psychiatre, généraliste, infirmier) pour connaître son histoire et travailler dans le même sens. Le cabinet peut aussi participer à une réunion à l’école ou dans un établissement, ou organiser une concertation clinique.
Rien de cela n’oblige à quoi que ce soit. On peut faire au cabinet une analyse « pure », des années durant, sans jamais croiser un questionnaire. Mais on la fait auprès de quelqu’un qui, le jour où une autre réponse serait plus juste, saura la voir et la proposer.
Au cabinet
Le cabinet réunit deux praticiens formés aux pratiques hospitalières. La psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie conduit les bilans neuropsychologiques ; le clinicien psychothérapeute et psychanalyste conduit les bilans psychologiques, les thérapies, l’EMDR et la psychanalyse. Deux regards, qui se complètent sans se confondre. Le détail des lieux et des honoraires se trouve sur la page le cabinet.
Une écoute, plusieurs outils : le schéma
Au centre, l’écoute analytique : elle ne s’éteint jamais, quelle que soit la méthode employée. Autour d’elle, les outils que le cabinet peut mobiliser. Cliquez sur une zone pour savoir quand on y recourt, et ce que l’écoute y apporte.
Quatre histoires, composées et anonymisées
Les situations qui suivent sont des compositions : elles mêlent des traits de plusieurs parcours et ne correspondent à aucune personne réelle. Elles montrent ce que la page résume en une phrase : l’analyse ne se fait pas toujours en ligne droite, et c’est tant mieux.
Le métro et l’amour
Un homme d’une trentaine d’années commence une analyse pour une raison qu’il formule ainsi : « Je tombe toujours amoureux de la même femme, sous des visages différents. » Au bout de quelques mois, des attaques de panique dans le métro l’empêchent de se rendre au travail. Attendre que l’élaboration fasse son œuvre, ce serait risquer son emploi. Avec lui, on décide d’un temps de TCC, en séances distinctes : comprendre le cercle de la peur, s’exposer pas à pas, station après station.
Six semaines plus tard, il reprend le métro. Et il revient sur le divan avec une découverte : la première attaque avait eu lieu le jour où sa compagne avait parlé d’emménager ensemble. Le symptôme soulagé n’avait pas perdu son sens ; il était devenu dicible.
L’accident d’il y a vingt ans
Une femme d’une cinquantaine d’années, en analyse depuis deux ans, parle souvent de sa colère contre ses parents. Un jour, elle mentionne presque en passant un accident de voiture survenu à dix-neuf ans, dont elle « ne garde rien ». Le praticien remarque qu’elle change de sujet chaque fois que le mot « route » apparaît, et qu’elle évite de conduire la nuit.
Quelques séances d’EMDR, de 80 minutes, sont proposées et acceptées. L’image du pare-brise revient, puis s’éteint. Entre deux séries de mouvements, une autre scène surgit : sa mère, à l’hôpital, qui lui reproche d’avoir abîmé la voiture. Le trauma et le conflit étaient noués. L’analyse reprend, plus légère, sur ce qu’elle appelle désormais « l’autre accident ».
Le manque de volonté
Un étudiant d’une vingtaine d’années consulte pour ce qu’il nomme sa paresse. Il se décrit comme « nul », incapable de finir un travail, et relie cela à un père exigeant. Le récit est cohérent, et l’on pourrait y passer des années. Mais l’anamnèse, recueillie avec soin, révèle des difficultés d’attention présentes bien avant l’adolescence, dans tous les contextes, à la maison comme en classe.
Un bilan est proposé. Il ne remplace pas la parole sur le père ; il permet de distinguer ce qui relève d’un fonctionnement attentionnel de ce qui relève d’un conflit. Le jeune homme dira plus tard que le compte rendu l’a « déculpabilisé de vingt ans ». Le travail analytique a pu porter, enfin, sur la vraie question : ce que cette accusation de paresse avait fait de lui.
La fatigue qui n’était pas que psychique
Une femme de quarante ans, en analyse, attribue à un deuil un épuisement croissant. C’est plausible. Mais elle décrit aussi des palpitations et une perte de poids inexpliquée. Le praticien lui suggère de voir son médecin : le bilan sanguin trouve une cause physique, qui se traite. Le deuil, lui, a continué de se travailler en séance, sans porter en plus le poids d’une maladie que personne n’avait cherchée.
À retenir
Soulager un symptôme ne le prive pas de son sens : souvent, cela permet enfin de le dire.
Un bilan ne remplace pas la parole ; il évite qu’on interprète ce qui relève d’un fonctionnement, d’un trauma ou d’une maladie.
Chaque changement d’outil se discute avec le patient, se fait dans un temps clairement séparé, et revient ensuite à l’analyse.
Les risques de l’analyse isolée, et ce que nous y opposons
Une analyse menée sans tiers ni évaluation peut mal tourner, non à cause de la méthode, mais parce que personne ne regarde. Retournez les cartes : sur chaque face, un risque ; au dos, la réponse que le cabinet y apporte.
Signaux d’alerte, quel que soit le thérapeute
Méfiez-vous d’un praticien qui promet une guérison ou une durée, qui vous dissuade de voir un médecin ou d’arrêter un traitement, qui vous isole de vos proches, qui augmente le prix ou la fréquence sans explication, ou qui refuse de dire son titre et sa formation. Aucune de ces attitudes n’est de la psychanalyse. La page points forts et points faibles en dit davantage sur les dérives connues.
Le contrôle, la supervision, l’entraide : jamais seul avec un cas
Dans un métier où tout se passe à huis clos, la qualité tient beaucoup à une chose invisible pour le patient : le fait que le praticien rende compte de son travail à d’autres. La psychanalyse l’a compris très tôt. Lacan, en fondant son École en 1964, en fait une règle explicite.
Le contrôle, c’est parler de ses cures à un analyste plus expérimenté, sous le secret, pour entendre ce que l’on n’entendait pas. Un travail solitaire ne fait pas foi : il faut en rendre compte. Le praticien qui conduit les analyses au cabinet travaille ainsi avec trois tiers.
Une supervision collective, à la Société psychanalytique de ParisUn groupe de huit psychologues et psychiatres seniors présente, deux fois par mois et par cycles de deux ans, le suivi de ses cas cliniques à l’écoute de psychanalystes de la SPP. La SPP, fondée en 1926 avec le soutien de Marie Bonaparte, est la plus ancienne société psychanalytique de France.
Un contrôle individuel, sous l’égide de l’École de la Cause freudienneUn analyste d’orientation lacanienne, avec qui l’on reprend, cas par cas, ce qui se joue dans le transfert et le contre-transfert. Deux sensibilités différentes, freudienne et lacanienne, se répondent ainsi autour des mêmes cures.
Un groupe d’entraide cliniqueDes pairs avec qui confronter ses positions éthiques et déontologiques, ses doutes, et les mouvements d’équipe ou d’institution, toujours dans un cadre soumis au secret professionnel.
Les autres pratiques ont leurs propres supervisions : l’EMDR pour adultes et pour enfants est supervisée par des formateurs reconnus d’EMDR France, et les TCC s’appuient sur un institut de formation et de recherche spécialisé. La page supervision du site les détaille.
Ce que cela change pour vous
Vous ne rencontrerez jamais ces superviseurs, et ils ne connaîtront jamais votre nom : on y parle de situations, pas d’identités. Mais leur présence pèse dans chaque séance. Quand un thérapeute se sent pris dans une impasse, il ne la fait pas payer au patient : il va en parler ailleurs, et il revient avec une autre oreille.
Les limites honnêtes d’un cabinet intégratif
La psychanalyse se méfie des discours trop lisses. L’approche intégrative a des critiques sérieuses, et elles méritent une réponse.
« Un peu de tout, donc rien de précis »
La critique est classique : mélanger les méthodes produirait un bricolage sans théorie du changement, et les essais cliniques comparent des protocoles purs, pas des mélanges. C’est juste en partie.
Ce que nous en faisons. Intégrer ne veut pas dire mélanger dans la même séance. Chaque outil garde son cadre, ses règles et ses indications. La recherche sur les « facteurs communs » rappelle d’ailleurs que l’alliance thérapeutique pèse lourd dans le résultat, quelle que soit l’école, et la méta-analyse de Steinert et ses collègues (2017), menée conjointement par des chercheurs TCC et psychodynamiques, conclut à une efficacité équivalente des thérapies psychodynamiques et des traitements de référence sur 23 essais. Choisir l’outil selon la personne, c’est précisément tirer les leçons de ces travaux.
« L’analyste devient aussi celui qui teste, qui prescrit des exercices »
Le transfert est sensible à tout ce que fait l’analyste. S’il fait passer des tests ou guide une exposition, la relation change de couleur.
Ce que nous en faisons. Ce changement de couleur, on le parle. Les temps sont clairement séparés : une séance d’EMDR ou de TCC n’est pas une séance d’analyse, et on le dit. Quand une évaluation neuropsychologique est utile, elle peut être confiée à la psychologue spécialisée du cabinet, ce qui permet à l’analyste de rester à sa place. Et si un patient préfère que son analyste ne fasse rien d’autre que l’écouter, c’est son droit : l’outil peut être confié à un autre professionnel.
« On ne peut pas tout bien faire »
Se former à une méthode prend des années. En pratiquer quatre, n’est-ce pas les pratiquer toutes à moitié ?
Ce que nous en faisons. La réponse tient aux formations et aux contrôles plutôt qu’aux promesses. Côté analyse : plusieurs tranches d’analyse personnelle, dont une dernière à plusieurs séances par semaine pendant des années ; plus d’une décennie de séminaires à Espace analytique, à l’Association lacanienne internationale et à l’École de la Cause freudienne ; le titre réglementé de psychothérapeute obtenu à l’EPhEP après 700 heures de stage en hôpital psychiatrique. Côté EMDR et TCC : des formations spécifiques et des supervisions propres. Le cabinet est par ailleurs une équipe de deux, ce qui évite de tout porter seul.
Ce que le cabinet ne fait pas, et ne prétend pas faire
Le cabinet ne prescrit pas de médicaments : c’est le rôle du psychiatre ou du médecin. Il ne propose pas la psychanalyse comme traitement de l’autisme : la Haute Autorité de santé ne la recommande pas pour le trouble du spectre de l’autisme, et le cabinet suit ses recommandations, avec des bilans fondés sur des outils standardisés comme l’ADOS-2 et l’ADI-R.
Questionnaire : ce que j’attends d’un psy
Cinq questions pour mettre des mots sur ce que vous cherchez. Il n’y a pas de bonne réponse, et le résultat n’est pas une prescription : c’est une manière de préparer un premier rendez-vous. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Quiz : l’intégratif, vrai ou faux ?
Six questions pour démêler les idées reçues sur la psychanalyse et les autres méthodes. Une explication s’affiche après chaque réponse.
Questions fréquentes
Faire de l’EMDR ou des TCC pendant une analyse, n’est-ce pas trahir l’analyse ?
Non, à condition de le faire en conscience. Freud lui-même reconnaissait que, pour certaines phobies, il fallait à un moment que le patient affronte la situation redoutée. Au cabinet, un autre outil n’est proposé que lorsqu’il sert le patient, dans un temps séparé, et après en avoir parlé. Ce qui se passe pendant ce temps (l’envie d’être guidé, la peur d’échouer, le soulagement) devient d’ailleurs un matériau pour l’analyse.
Est-ce le même praticien qui fait tout ?
Pas forcément. Le clinicien psychothérapeute et psychanalyste du cabinet conduit les analyses, les thérapies, l’EMDR et les bilans psychologiques ; la psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie conduit les bilans neuropsychologiques. Selon la situation, et selon votre préférence, un bilan peut ainsi être conduit par un autre praticien que votre analyste.
Mon analyste parlera-t-il à mon médecin sans me le dire ?
Non. Le contenu des séances relève du secret professionnel et n’est jamais partagé sans le consentement de la personne, hors des cas prévus par la loi. Quand une coordination est utile, on en parle d’abord avec vous, et on ne transmet que ce qui est nécessaire.
Et si je veux seulement une analyse, sans rien d’autre ?
C’est tout à fait possible. Les autres outils restent disponibles, comme une trousse de secours dans un placard : on est content de la savoir là, et l’on espère ne jamais l’ouvrir.
Combien coûte une séance, et est-ce remboursé ?
Les honoraires dépendent de la durée de la séance, pas du motif, et la grille complète figure sur la page le cabinet. Le cabinet n’adhère pas au dispositif Mon soutien psy, donc les séances ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie ; certaines mutuelles en prennent une partie en charge, sur présentation de la facture envoyée après chaque séance.
Un premier rendez-vous permet de poser la demande et de choisir ensemble le cadre qui convient : analyse, psychothérapie, bilan, ou autre chose. Les adultes, les adolescents, les enfants, les couples et les familles sont reçus à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, ou en téléconsultation, 365 jours par an.
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.