On se surprend
On réagit autrement à une situation qui, avant, déclenchait toujours la même chose. Le changement précède souvent la compréhension.
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On n’entre pas en analyse comme on prend un abonnement. Il y a d’abord des entretiens, une demande qui se précise, un cadre qui se décide à deux. Puis des séances régulières, une règle étrange (tout dire), un divan ou un fauteuil, des silences et des paroles, de l’argent, des vacances, et un jour une fin. Cette page explique tout cela simplement, avec ce que nous faisons au cabinet, et les droits que vous gardez à chaque étape.
La plupart des analyses commencent par une phrase hésitante : « Je ne sais pas si c’est pour moi. » C’est un excellent début. Les premiers entretiens servent précisément à cela : entendre ce qui amène, laisser la demande se préciser, et décider ensemble si une analyse est le bon chemin, ou si autre chose conviendrait mieux d’abord.
Freud, en 1913, prenait d’abord ses patients « à l’essai » pendant une ou deux semaines, avant de s’engager. La tradition lacanienne insiste sur le temps des entretiens préliminaires : on n’allonge pas quelqu’un dès la première rencontre, on attend que la demande se formule autrement que comme une plainte. Les écoles varient sur la durée de ce temps ; toutes s’accordent sur son importance.
On y parle de ce qui fait souffrir, de son histoire, de ce que l’on espère. Le praticien pose des questions, ce qu’il fera moins ensuite. Il évalue aussi ce qui pourrait relever d’un médecin, d’un bilan ou d’une méthode plus rapide. Et l’on convient du cadre : fréquence, durée des séances, divan ou face-à-face, honoraires, règle des absences. La page psychanalyse du site le résume : tout cela se décide au cas par cas, avec chaque personne, lors des premiers entretiens.
Toutes les premières consultations durent 80 minutes : on a le temps de se rencontrer sans se presser. Avant ce rendez-vous, le cabinet peut vous adresser un court questionnaire, pour préparer la rencontre avec vos mots ; il n’est pas lu en direct, et ne remplace pas un appel aux urgences. Les rendez-vous se prennent en ligne sur Doctolib, 365 jours par an, au cabinet ou en téléconsultation.
Chaque cure est singulière, et aucune ne suit un plan. Mais on y reconnaît souvent les mêmes grands temps. Les voici, de la première prise de contact à l’après.
Dans « Le début du traitement », en 1913, Freud formule la seule règle que l’on demande à l’analysant : dire tout ce qui lui passe par l’esprit, même ce qui lui paraît désagréable, absurde, sans importance ou hors de propos. Il compare l’analysant à un voyageur assis côté fenêtre dans un train, qui décrirait à son voisin le paysage qui défile. On appelle cela l’association libre.
La règle est simple à énoncer et difficile à suivre, ce qui est voulu : les moments où l’on hésite, où l’on trie, où l’on « oublie » de dire quelque chose sont souvent les plus intéressants. Personne ne la respecte parfaitement, et personne ne vous le reprochera.
En face, l’analyste pratique ce que Freud appelait l’attention « également flottante » : il ne cherche pas à tout retenir ni à tout comprendre, il laisse les mots résonner. La page psychanalyse du site parle de neutralité bienveillante : ne juger ni la personne ni ses actes.
Le transfert, c’est le fait d’adresser à l’analyste des sentiments venus d’ailleurs : de l’affection, de la méfiance, l’envie de lui plaire, la peur de le décevoir, parfois de l’amour ou de la colère. Ce n’est pas un dysfonctionnement ; c’est le matériau même de la cure. Ces sentiments se disent en séance, ils ne se vivent pas hors du cadre. L’analyste ne répond pas à l’amour par l’amour ni à la colère par la colère : il aide à entendre d’où ils viennent.
La règle fondamentale a un effet secondaire bien connu : dès qu’on a le droit de tout dire, on n’a plus rien à dire. Les premières minutes de silence sur le divan sont parmi les plus longues de l’existence. Elles finissent toujours par passer, et ce qui vient après en vaut généralement la peine.
Quatre questions reviennent toujours avant de commencer. Voici les réponses, en général et au cabinet.
Au cabinet, une séance de psychanalyse dure 45 minutes. Les premières consultations, les séances d’EMDR, les thérapies de couple et les consultations familiales durent 80 minutes, et une consultation habituelle peut aussi se réserver en séance longue si vous le souhaitez.
Ailleurs, les usages varient. Beaucoup d’analystes travaillent sur une durée fixe, souvent entre 45 et 50 minutes. D’autres, notamment dans la tradition lacanienne, pratiquent des séances à durée variable : la séance s’interrompt sur un mot, une hésitation, un moment jugé significatif. Lacan l’a pratiquée dès les années 1950, et ce fut l’une des raisons de son conflit avec l’Association psychanalytique internationale. Les deux pratiques ont leurs arguments ; l’essentiel est que la règle soit annoncée dès le départ.
La cure type, telle que la décrivent les sociétés membres de l’Association psychanalytique internationale, suppose au moins trois séances par semaine, sur plusieurs années. La psychothérapie d’inspiration analytique se fait le plus souvent une fois par semaine, en face-à-face : c’est sous cette forme que la plupart des essais cliniques l’ont évaluée, comme l’essai Tavistock sur la dépression (soixante séances hebdomadaires sur dix-huit mois).
Au cabinet, la fréquence se décide au cas par cas, lors des premiers entretiens, selon ce que la personne cherche, ce qu’elle traverse et ce qu’elle peut assumer. Elle peut évoluer en cours de route.
Le silence de l’analyste est une légende tenace, et une demi-vérité. Il parle moins que dans une conversation, parce qu’il vous laisse la place, et parce qu’une réponse trop rapide fermerait ce qui commence à s’ouvrir. Mais il n’est pas muet. Et votre propre silence n’est pas un échec : on peut se taire en séance, et ce silence a souvent quelque chose à dire.
Selon la page psychanalyse du site, l’analyste intervient pour relancer, ou pour faire entendre ce qui se dit derrière ce qui est dit. Cela peut être une question, la répétition d’un mot que vous venez d’employer, un rapprochement entre deux récits, une interprétation, parfois une simple ponctuation. Il peut aussi expliquer le cadre, ou dire franchement qu’il pense qu’un autre outil serait utile.
Le divan est le symbole de la psychanalyse, au point qu’on croit souvent qu’il est obligatoire. Il ne l’est pas. Choisissez une position pour voir ce qu’elle change.
Pour l’histoire du divan de Freud, offert vers 1890 par une patiente et conservé aujourd’hui au Freud Museum de Londres, voir la page le divan du psychanalyste.
Le paiement. Selon la page psychanalyse du site, le paiement fait partie du cadre. Freud en parlait avec une franchise qui surprend encore : selon lui, notre société traite l’argent avec la même pruderie et la même hypocrisie que la sexualité, et l’analyste doit en parler avec la même sincérité. Payer sa séance, c’est reconnaître que ce temps a une valeur, et qu’on n’y doit rien d’autre à l’analyste. Au cabinet, les honoraires dépendent de la durée de la séance, pas du motif, et varient selon le créneau ; la grille complète figure sur la page le cabinet. La facture acquittée est envoyée sur Doctolib après chaque séance. Le cabinet n’adhère pas au dispositif Mon soutien psy : les séances ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie, mais certaines mutuelles en prennent une partie en charge.
Les séances manquées. Freud louait à chaque patient une heure fixe, qui lui restait due même s’il ne venait pas. Beaucoup d’analystes ont conservé ce principe, d’autres l’ont assoupli. L’idée n’est pas de punir : une absence est aussi un acte qui a un sens, et le fait qu’elle compte aide à en parler. La règle se convient clairement lors des premiers entretiens ; elle ne doit jamais être une surprise.
Les vacances. Les interruptions de l’analyste s’annoncent à l’avance, et elles se travaillent : la séparation réveille souvent des choses anciennes. Les vôtres aussi se disent. Au cabinet, la téléconsultation permet, quand c’est souhaitable, de maintenir le rythme pendant un déplacement.
Le rapport de la psychanalyse à l’argent, du stade anal au prix de la séance, est raconté dans psychanalyse et argent ; le site du cabinet y consacre aussi une page, l’argent symbolique, illustrée d’une vidéo.
Pendant longtemps, une analyse à distance paraissait impensable. La pandémie de 2020 a obligé tout le monde à essayer, et la recherche a suivi. Une méta-analyse de Fernandez et collègues (Clinical Psychology and Psychotherapy, 2021), portant sur plus de cent études, a trouvé que la psychothérapie par vidéo fait nettement mieux que la liste d’attente, et ne diffère que de façon négligeable du présentiel. Une autre méta-analyse, en 2022, a retrouvé une efficacité comparable dans la dépression.
L’Association psychanalytique internationale (IPA) a réuni un groupe de travail sur l’analyse à distance dans la formation des analystes. Son rapport final, en mai 2021, recommande fortement le présentiel et demande que la grande majorité des séances des analyses de formation aient lieu en cabinet, tout en admettant des séances à distance. Il résume la position par une double formule : la téléanalyse est assez semblable au présentiel pour faire partie des conditions de formation, et assez différente pour que son usage soit limité.
Au cabinet, la téléconsultation est proposée 365 jours par an. Elle n’est pas une solution au rabais : elle permet de continuer une analyse quand on déménage, qu’on voyage, qu’on est malade, ou qu’on vit loin des trois cabinets. Seul le cabinet des Pavillons-sous-Bois est accessible aux personnes à mobilité réduite ; pour les autres lieux, les suivis se font alors en téléconsultation. Beaucoup de personnes alternent les deux.
Sources : Fernandez et collègues, Clinical Psychology and Psychotherapy 2021 ; IPA, rapport du groupe de travail sur l’analyse à distance, 2021 (en anglais).
Une analyse ne se mesure pas au nombre de séances, ni au nombre de choses « comprises ». Les changements sont souvent discrets, et c’est l’entourage qui les remarque en premier. Voici ceux que les analysants décrivent le plus souvent.
On réagit autrement à une situation qui, avant, déclenchait toujours la même chose. Le changement précède souvent la compréhension.
Il ne disparaît pas toujours d’un coup, mais il prend moins de place, revient moins souvent, fait moins peur.
Le récit de sa vie change : moins de reproches ou de fatalité, plus de nuances. On s’entend dire des choses qu’on ne savait pas penser.
Moins de conflits répétitifs, plus de choix dans ses relations. Erik Erikson rapporte que Freud aurait résumé la santé psychique par deux verbes, aimer et travailler ; la formule n’est pas dans ses écrits, mais elle dit bien l’esprit.
La recherche confirme que ces changements peuvent se prolonger : dans plusieurs études, les effets des thérapies psychodynamiques continuent de croître après la fin du traitement. À l’inverse, si rien ne bouge depuis longtemps, il faut en parler en séance. Ce n’est pas une trahison de dire « je ne sens pas d’effet » : c’est une information précieuse, qui peut conduire à changer de rythme, de méthode, ou de praticien.
En 1937, à la fin de sa vie, Freud consacre un texte entier à la question : « Analyse terminée et analyse interminable ». Il y reconnaît qu’une analyse ne vient jamais à bout de tout, et qu’il faut savoir s’arrêter quand le travail a produit l’essentiel de ses effets. Une fin d’analyse ne signifie pas qu’on n’aura plus jamais de difficultés, mais qu’on a acquis une autre manière de les traverser.
La fin se prépare. Elle se parle en séance, parfois des mois à l’avance. Le transfert se dénoue peu à peu, et l’on découvre souvent que l’analyste, qu’on avait chargé de tant de choses, est redevenu une personne ordinaire. Certains reviennent des années plus tard pour une « tranche » de plus, à l’occasion d’un deuil ou d’un tournant : c’est fréquent, et ce n’est pas un échec.
Et l’on reste libre d’arrêter à tout moment. Le mieux est de le dire en séance, plutôt que de disparaître : même une fin décidée vite gagne à être parlée. Mais aucune règle ne vous retient. La page bien-être du site le formule simplement : le but n’est pas de vous garder, c’est que vous alliez mieux.
Le cadre protège aussi le patient. Quelques repères, valables au cabinet comme ailleurs.
Une promesse de guérison ou de durée, l’interdiction de voir un médecin ou de prendre un traitement, l’isolement de vos proches, une augmentation inexpliquée du prix ou de la fréquence, une relation hors du cadre, le refus de dire son titre : aucune de ces attitudes n’appartient à la psychanalyse. Elles justifient d’arrêter et d’en parler à un autre professionnel.
Quatre mots qui se ressemblent et ne disent pas la même chose. Trois désignent des titres encadrés par la loi ; le quatrième non.
Un médecin spécialisé, inscrit à l’Ordre. Il pose des diagnostics médicaux, prescrit des traitements, et ses consultations sont remboursées par l’Assurance maladie. Certains psychiatres sont aussi psychanalystes.
Un titre protégé par la loi, réservé aux titulaires d’un master de psychologie. Depuis le 3 juin 2024, les psychologues sont identifiés par un numéro RPPS. Ils ne prescrivent pas ; ils évaluent (bilans) et accompagnent.
Un titre réglementé depuis le décret du 20 mai 2010 : il suppose une formation en psychopathologie clinique et un stage, et une inscription sur un registre tenu par l’Agence régionale de santé. Méfiance envers les « praticiens en psychothérapie » autoproclamés, qui ne portent pas ce titre.
Le titre n’a aucun statut légal, rappelle l’Onisep : n’importe qui peut l’utiliser. La garantie vient de la formation (analyse personnelle, contrôles, séminaires) et de l’appartenance à une association reconnue. D’où le conseil : vérifier le titre réglementé qui accompagne le mot.
Le clinicien qui conduit les analyses porte le titre réglementé de psychothérapeute, obtenu à l’EPhEP après 700 heures de stage en hôpital psychiatrique ; sa formation analytique repose sur plusieurs tranches d’analyse personnelle, plus d’une décennie de séminaires (Espace analytique, Association lacanienne internationale, École de la Cause freudienne), une supervision collective à la Société psychanalytique de Paris et un contrôle individuel à l’ECF. La neuropsychologue du cabinet est psychologue clinicienne. Le parcours complet figure sur la page psychanalyse du site.
Huit affirmations, à noter selon qu’elles vous ressemblent. Il n’y a pas de bon score : être « prêt » n’est pas une condition pour consulter, et beaucoup d’analyses commencent dans le doute. Ce questionnaire aide seulement à faire le point. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Personne ne peut le dire à l’avance, et méfiez-vous de qui le promet. Une psychothérapie analytique dure souvent de quelques mois à quelques années ; une cure type, plusieurs années. On fait régulièrement le point en séance, et vous restez libre d’arrêter.
Non. Le divan se propose quand la demande et le lien le permettent ; beaucoup de personnes travaillent en face-à-face, et certaines n’iront jamais sur le divan. La position se décide avec vous.
Cela dépend de la règle convenue au départ. Beaucoup d’analystes considèrent, comme Freud, que l’heure réservée reste due ; d’autres assouplissent. L’essentiel est que la règle soit claire dès les premiers entretiens.
Oui. Les études trouvent une efficacité proche du présentiel pour les psychothérapies, et l’IPA admet la téléanalyse. Au cabinet, la téléconsultation est possible 365 jours par an, seule ou en alternance avec le présentiel.
Oui. Un traitement prescrit par un psychiatre ou un médecin est un complément possible du travail, jamais son adversaire. Il permet parfois d’entrer en analyse quand la souffrance est trop forte pour parler.
Chez un psychiatre, oui en partie. Chez un psychologue ou un psychothérapeute libéral non conventionné, non. Le cabinet n’adhère pas à Mon soutien psy ; certaines mutuelles remboursent une partie des séances sur présentation de la facture. La grille des honoraires est sur la page le cabinet.
Un premier rendez-vous de 80 minutes permet de poser la demande, de poser vos questions, et de décider ensemble du cadre : analyse, psychothérapie, ou autre chose. Au cabinet, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, ou en téléconsultation, 365 jours par an.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.