Psychanalyse : 30 questions fréquentes, réponses claires
Combien de temps, combien ça coûte, est-ce remboursé, que dit-on en séance, le psy parle-t-il, peut-on arrêter quand on veut ? Voici les trente questions que l’on nous pose le plus souvent, avant un premier rendez-vous ou pendant une analyse. Les réponses sont courtes, honnêtes sur les limites, sourcées quand il y a un chiffre, et chacune renvoie à la page du guide qui développe le sujet.
Avant de lire
Il n’y a pas de question bête quand on hésite à commencer une analyse. Beaucoup de personnes repoussent un premier rendez-vous pendant des mois, faute d’oser demander combien de temps cela dure, si l’on peut arrêter, ou si le praticien va « tout interpréter ». Cette page est faite pour lever ces freins. Elle ne remplace pas une conversation : chaque situation est singulière, et les entretiens préliminaires servent précisément à répondre à vos questions à vous.
Les chiffres cités viennent de sources publiques (Assurance maladie, service-public.fr, Haute Autorité de santé, Inserm) et d’études publiées dans des revues scientifiques. Toutes les références sont rassemblées sur la page sources et méthode.
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un proche, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, jour et nuit. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (Samu) ou le 112.
Les trente questions
Tapez un mot (« prix », « divan », « enfant », « remboursé ») : seules les questions qui le contiennent restent affichées. Cliquez sur une question pour lire la réponse.
Commencer
Qu’est-ce que la psychanalyse, en deux phrases ?
C’est une méthode inventée par Sigmund Freud à la fin du XIXe siècle pour explorer ce qui, en nous, agit sans que nous le sachions, en parlant librement à quelqu’un qui écoute d’une manière particulière. C’est aussi une psychothérapie : en mettant des mots sur ce qui se répète, on souffre moins et l’on retrouve une liberté de choix.
Comment savoir si la psychanalyse est faite pour moi ?
Elle convient bien quand quelque chose se répète dans votre vie (les mêmes impasses amoureuses, professionnelles, familiales), quand vous voulez comprendre et pas seulement faire disparaître un symptôme, ou quand une souffrance dure malgré d’autres aides. Elle n’est pas le premier choix pour une phobie isolée, un trouble panique invalidant ou un trauma récent, où une TCC ou l’EMDR agissent souvent plus vite. Les entretiens préliminaires servent à en décider ensemble.
Faut-il aller très mal pour commencer ?
Non. Beaucoup de personnes viennent pour une question de vie, un choix, un deuil, une envie de se comprendre, sans être « malades ». Freud avait une formule modeste : le but est de transformer « la misère hystérique en malheur banal », c’est-à-dire de rendre la vie vivable, pas de promettre le bonheur.
Psychanalyste, psychologue, psychiatre, psychothérapeute : quelle différence ?
Le psychiatre est médecin : il peut prescrire, et ses consultations sont remboursées. Le psychologue a un master de psychologie ; son titre est protégé par la loi depuis 1985 et il est inscrit au répertoire RPPS. Le titre de psychothérapeute est réglementé depuis un décret de 2010 et suppose une inscription auprès de l’agence régionale de santé. Le mot « psychanalyste », lui, n’a aucun statut légal, comme le rappelle l’Onisep. D’où un conseil simple : vérifiez le titre réglementé qui accompagne le mot psychanalyste, et demandez où le praticien a été formé.
Comment se passe le premier rendez-vous ?
En face à face. Vous dites ce qui vous amène, avec vos mots, sans avoir à préparer quoi que ce soit. Le praticien pose quelques questions, explique le cadre et répond aux vôtres. On ne « commence » pas une analyse ce jour-là : il y a généralement plusieurs entretiens préliminaires avant de décider ensemble du rythme et de l’approche. Au cabinet, les premières consultations durent quatre-vingts minutes, pour prendre le temps.
Les séances
Que dit-on en séance ?
Ce qui vient : un souci de la semaine, un rêve, un souvenir, une irritation, même ce qui paraît sans importance ou gênant. C’est la règle de l’association libre. On n’a pas à être cohérent ni à suivre un plan, et l’on découvre souvent que les détours mènent quelque part.
Les concepts clés : association libre, transfert, résistance
Le psychanalyste parle-t-il ?
Oui. Le silence du praticien est relatif : il laisse de la place à votre parole, mais il pose des questions, reprend un mot, fait un rapprochement, explique le cadre et répond aux questions pratiques. Dans les psychothérapies psychanalytiques d’aujourd’hui, le plus souvent en face à face, le thérapeute est présent et attentif à l’alliance. Le psy muet comme une tombe est surtout une figure de dessin humoristique.
Faut-il s’allonger sur un divan ?
Non. Le divan appartient à la cure classique ; Freud l’a adopté, écrit-il en 1913, en partie parce qu’il ne supportait pas d’être regardé huit heures par jour, et pour que le patient ne lise pas ses réactions sur son visage. La psychothérapie analytique se fait le plus souvent en face à face. Le passage au divan, s’il a lieu, se décide ensemble et n’est jamais imposé.
Peut-on faire une analyse en téléconsultation ?
Oui. Une méta-analyse de Fernandez et ses collègues (2021), portant sur une centaine d’études, conclut que la psychothérapie par vidéo est d’une efficacité très proche de celle en présentiel. L’Association psychanalytique internationale recommande la présence physique pour la formation des analystes, mais admet les séances à distance. Au cabinet, la téléconsultation est proposée, seule ou en alternance avec des séances sur place.
Et si je n’ai rien à dire ?
Cela arrive à tout le monde, et ce n’est pas un échec. Un silence, un « je ne sais pas par où commencer », une envie d’annuler la séance disent aussi quelque chose. Le praticien vous aide à reprendre le fil, sans vous presser. Souvent, la séance où l’on n’avait « rien à dire » est celle dont on se souvient.
Durée et prix
Combien de temps dure une analyse ?
Personne ne peut le dire d’avance, et méfiez-vous de qui vous le promet. Une cure analytique classique dure plusieurs années ; une psychothérapie analytique, de quelques mois à quelques années. Dans l’essai de la Tavistock (TADS) sur la dépression résistante (Fonagy, 2015), le traitement comptait soixante séances sur dix-huit mois. Freud lui-même a consacré en 1937 un texte à la question, Analyse terminée et analyse interminable. Vous restez libre d’arrêter à tout moment ; on en parle simplement avant.
Combien de séances par semaine ?
La cure classique suppose plusieurs séances par semaine : trois ou plus dans les standards de formation de l’Association psychanalytique internationale. Une psychothérapie analytique se fait le plus souvent à une séance par semaine, parfois deux. Le rythme se décide ensemble, selon la demande, les moyens et la disponibilité de chacun.
Combien coûte une séance ?
Les tarifs des psychanalystes et des psychologues libéraux sont libres. Un site d’information santé (Allodocteurs) les situe le plus souvent entre 50 et 80 euros, davantage dans les grandes villes. Au cabinet, une séance de quarante-cinq minutes coûte de 88 à 108 euros selon le jour et l’heure, et une séance de quatre-vingts minutes de 158 à 193 euros ; le détail est sur la page des honoraires.
La psychanalyse est-elle remboursée ?
Une séance chez un psychanalyste libéral n’est pas remboursée par l’Assurance maladie. Sont pris en charge : les consultations de psychiatre (en secteur 1, 55 euros dont 36,50 remboursés dans le parcours de soins, selon service-public.fr), les centres médico-psychologiques publics, et le dispositif Mon soutien psy, réservé aux psychologues conventionnés (douze séances par an à 50 euros). Le cabinet n’adhère pas à ce dispositif. Certaines mutuelles remboursent une partie des séances : demandez-leur leurs conditions.
Pourquoi paie-t-on parfois une séance manquée ?
Parce que, dans la tradition analytique, la séance est un temps réservé pour vous. Freud l’écrit en 1913 : on loue au patient une heure précise, dont il reste responsable même s’il ne l’utilise pas. La règle a aussi un sens clinique : une absence se parle, elle ne s’efface pas. Chaque praticien annonce la sienne dès les premiers rendez-vous ; demandez-la toujours avant de commencer.
Efficacité
La psychanalyse, est-ce que ça marche ?
Pour les psychothérapies psychodynamiques, les données sont réelles. Une synthèse de Jonathan Shedler (American Psychologist, 2010) rapporte des effets importants, qui augmentent après la fin du traitement. Une méta-analyse de Steinert et ses collègues (2017), menée avec des chercheurs des deux camps, conclut à une efficacité équivalente à celle des autres traitements établis, surtout les TCC, sur 23 essais et 2 751 patients. Honnêtement : ces preuves sont moins nombreuses que pour les TCC, et la cure classique sur le divan a été peu étudiée en essais randomisés.
La psychanalyse est-elle une science ?
La question divise depuis un siècle. Le philosophe Karl Popper lui reprochait d’être irréfutable ; Adolf Grünbaum, que la guérison ne prouve pas l’interprétation. Il faut distinguer deux choses : l’efficacité de la thérapie, qui se mesure et a été mesurée, et la vérité de la théorie freudienne dans le détail, qui reste en partie une hypothèse. La psychanalyse est une pratique clinique rigoureuse plus qu’une science expérimentale.
Pour quels troubles est-elle indiquée, et pour lesquels ne l’est-elle pas ?
Une revue de 2023 dirigée par Falk Leichsenring juge les preuves solides pour la dépression et les troubles à expression somatique, modérées pour l’anxiété et les troubles de la personnalité. Dans l’essai de la Tavistock, à quarante-deux mois, 30 % des patients traités étaient en rémission partielle contre 4,4 % de ceux qui ne l’avaient pas reçue. En revanche, elle n’est pas un traitement de la schizophrénie à elle seule (Inserm, 2004), ni de l’autisme (HAS), et elle ne répond pas à l’urgence.
Faut-il arrêter ses médicaments pour faire une analyse ?
Non, jamais de votre propre initiative. Un traitement prescrit par un médecin et une psychothérapie se complètent ; dans plusieurs essais, la thérapie s’ajoutait aux soins habituels, médicaments compris. Toute modification d’un traitement se décide avec le médecin qui l’a prescrit. Un praticien qui vous demanderait d’arrêter vos médicaments sort de son rôle.
Enfants et adolescents
À partir de quel âge un enfant peut-il être reçu ?
En psychanalyse, à tout âge. Les tout-petits sont reçus avec leurs parents : Winnicott a montré dès les années 1940 qu’un bébé ne se pense pas sans ceux qui s’occupent de lui. Dès que l’enfant joue et dessine, vers deux ou trois ans, il peut avoir ses propres séances, toujours en lien avec ses parents.
L’enfant, l’adolescent, la parentalité · Pédopsychologie au cabinet
Comment se passe une séance avec un enfant ?
L’enfant ne parle pas sur un divan : il joue, dessine, modèle, raconte. Melanie Klein a montré que le jeu est pour lui l’équivalent de l’association libre. Françoise Dolto a introduit le paiement symbolique, un caillou ou un dessin apporté par l’enfant, pour lui signifier que la séance est la sienne. Les parents sont reçus régulièrement, sans que le praticien trahisse ce que l’enfant lui confie.
Et pour un adolescent ?
L’adolescent est reçu seul, en face à face, avec une confidentialité qui lui est expliquée, et les parents peuvent être vus à part. L’essai britannique IMPACT (2017), mené auprès de 465 adolescents déprimés, a montré qu’une psychothérapie psychanalytique brève faisait aussi bien qu’une TCC ou qu’un accompagnement psychosocial, les symptômes dépressifs ayant baissé d’environ moitié en moyenne dans les trois groupes au bout de 86 semaines.
La psychanalyse soigne-t-elle l’autisme ?
Non. La Haute Autorité de santé classait déjà en 2012 les approches psychanalytiques parmi les interventions « non consensuelles » pour l’autisme, et ses recommandations de février 2026 les placent parmi les interventions non recommandées dans le trouble du spectre de l’autisme. Le cabinet suit ces recommandations : le diagnostic passe par des bilans, et l’accompagnement recommandé repose sur les interventions éducatives, développementales et comportementales. Une écoute psychologique peut aider les parents à traverser l’annonce ; elle ne traite pas l’autisme.
Les autres approches
Psychanalyse ou TCC : laquelle choisir ?
Cela dépend de ce que vous demandez. Les thérapies cognitives et comportementales sont très bien validées pour les phobies, les troubles obsessionnels, le trouble panique, et elles sont souvent plus courtes. La psychanalyse est précieuse pour les répétitions, les troubles de la personnalité, les dépressions qui durent, la question du sens. Les deux ont des preuves d’efficacité, et elles ne s’excluent pas : un même cabinet peut proposer l’une puis l’autre.
Psychanalyse et EMDR, est-ce compatible ?
Oui. Pour un stress post-traumatique, l’Organisation mondiale de la santé recommande depuis 2013 l’EMDR et les TCC centrées sur le trauma. La psychanalyse, de son côté, aide à comprendre ce que le trauma a réveillé de plus ancien : c’est ce que Freud appelait l’après-coup. Au cabinet, on peut traiter d’abord le souvenir traumatique, puis poursuivre par une analyse, sans changer d’interlocuteur.
Quelle différence entre psychanalyse et psychothérapie analytique ?
La cure psychanalytique classique se fait le plus souvent sur le divan, à plusieurs séances par semaine, pendant plusieurs années. La psychothérapie d’inspiration analytique repose sur les mêmes principes (association libre, transfert, interprétation), mais en face à face, une fois par semaine en général. La plupart des études d’efficacité portent sur cette seconde forme.
Freud, Lacan, Jung, Klein : faut-il choisir une école ?
Pas en tant que patient. Les écoles diffèrent par la théorie et par certains points de technique, comme la durée des séances ou la place du divan, mais elles partagent l’essentiel : la parole libre et l’écoute du transfert. Selon de nombreuses études, la qualité de la relation avec le praticien compte parmi les facteurs les plus importants. Vous pouvez bien sûr lui demander son orientation.
Au cabinet
Où et quand consulter ?
À Colombes, près de la gare Les Vallées ; aux Pavillons-sous-Bois, dans un cabinet de plain-pied accessible aux personnes à mobilité réduite ; à Colombier-le-Vieux, en Ardèche, quatre jours par mois ; et en téléconsultation. Des rendez-vous sont possibles 365 jours par an, et se prennent en ligne.
Quelle est l’orientation du cabinet ?
Une écoute freudienne et lacanienne, au sein d’un cabinet intégratif qui pratique aussi les bilans psychologiques, les TCC et l’EMDR. La pratique analytique y est régulièrement reprise en contrôle et en supervision avec des analystes de plusieurs traditions. Les séances durent quarante-cinq minutes, et cette durée est connue d’avance.
Que faire en cas d’urgence ?
Une psychothérapie, même en cours, ne répond pas à l’urgence. Si vous pensez au suicide ou craignez pour un proche, appelez le 3114, gratuit, jour et nuit. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112, ou rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche. Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent joindre les secours par SMS au 114. Vous pourrez ensuite en reparler en séance.
Trois questions qu’on n’ose pas poser
Elles ne figurent dans aucun formulaire, et pourtant on nous les pose. Retournez les cartes.
La question que nous préférons reste : « Est-ce que vous analysez aussi vos amis au dîner ? » Réponse honnête : non. Au dîner, nous sommes aussi démunis que tout le monde devant nos propres lapsus.
Quiz récapitulatif
Huit questions pour vérifier ce qu’il faut retenir avant de commencer. La réponse s’explique aussitôt. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Pour continuer la lecture
Une question qui n’est pas dans la liste ?
Posez-la de vive voix. Le premier rendez-vous sert aussi à cela : comprendre comment les choses se passent, dire ce qui vous amène, et décider ensemble, sans engagement, de la suite. Au cabinet, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, ou en téléconsultation.