Les faits divers
Les rares drames impliquant une personne malade sont très médiatisés, alors que les violences subies par les personnes malades, bien plus fréquentes, le sont très peu.
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Double personnalité, violence, folie incurable, faute des parents, génie maudit : la schizophrénie est probablement la maladie la plus déformée par les idées toutes faites. Ces clichés ne sont pas anodins. Ils retardent les soins, isolent les personnes et blessent les familles. Testez-vous sur 24 affirmations, et découvrez à chaque fois ce qu’en disent les connaissances actuelles.
Les études sur les représentations de la santé mentale montrent que la schizophrénie est l’une des maladies les plus associées, dans l’esprit du public, à la dangerosité et à l’imprévisibilité. Trois raisons principales l’expliquent :
Les rares drames impliquant une personne malade sont très médiatisés, alors que les violences subies par les personnes malades, bien plus fréquentes, le sont très peu.
Personnages à double personnalité, tueurs « schizophrènes », génies tourmentés : la fiction mélange les maladies et grossit les traits.
« Une politique schizophrène », « un discours schizophrène » : employé pour dire contradictoire ou incohérent, le mot entretient la confusion et banalise la stigmatisation.
Pour chaque affirmation, répondez « vrai » ou « faux ». L’explication s’affiche aussitôt, et votre score se met à jour dans l’anneau. Vous pouvez filtrer par thème.
Idée reçue 1
C’est la confusion la plus répandue. Avoir plusieurs identités relève du trouble dissociatif de l’identité, une maladie différente. Le mot « schizophrénie » évoque une perte de cohésion entre la pensée, les émotions et les actes, pas un dédoublement.
Idée reçue 2
L’immense majorité ne commet jamais de violence. Le risque est un peu plus élevé dans certaines situations précises (psychose non traitée, consommation de drogues ou d’alcool), mais ces personnes sont bien plus souvent victimes de violences qu’auteurs. Elles sont aussi d’abord un danger pour elles-mêmes, à travers le risque suicidaire.
Idée reçue 3
Elle concerne environ une personne sur cent au cours de la vie, soit environ 600 000 personnes en France. Chacun connaît, sans le savoir, quelqu’un qui est concerné.
Idée reçue 4
Aucun style éducatif ne cause la schizophrénie. Les théories qui accusaient les mères ont été abandonnées. La maladie résulte d’une vulnérabilité biologique et de facteurs de vie. Les familles sont des partenaires du soin.
Idée reçue 5
La maladie touche des personnes de tous niveaux intellectuels, y compris des scientifiques et des artistes de premier plan. Elle peut gêner l’attention, la mémoire de travail et la vitesse, ce qui n’est pas l’intelligence.
Idée reçue 6
Entre 5 et 15 % des personnes entendent des voix un jour, sans maladie. Les voix se rencontrent aussi dans le trauma, la dissociation, le deuil, le manque de sommeil, le trouble bipolaire.
Idée reçue 7
Elles ressentent souvent des émotions intenses. C’est surtout leur expression qui peut être réduite : visage moins mobile, voix plus monotone. Ne pas voir l’émotion ne veut pas dire qu’elle est absente.
Idée reçue 8
Pendant une crise, la conscience des troubles est souvent réduite. Mais en dehors des crises, beaucoup de personnes reconnaissent leur maladie, la connaissent même très bien, et participent activement à leurs soins.
Idée reçue 9
Le risque est augmenté, autour de 10 %, mais neuf enfants sur dix ne développeront pas la maladie.
Idée reçue 10
On la retrouve dans toutes les cultures et à toutes les époques. Certaines conditions de vie, comme la ville ou l’exclusion, augmentent le risque, mais elles ne la créent pas.
Idée reçue 11
Quelques destins célèbres l’ont fait croire. Des liens génétiques modestes existent entre créativité et vulnérabilité aux psychoses, surtout chez les apparentés. Mais la maladie, quand elle est active, gêne plutôt la création. Le cliché du « génie fou » romantise une souffrance réelle.
Idée reçue 12
Environ 5 % des personnes atteintes meurent par suicide, souvent dans les premières années. Parler du suicide ne pousse pas à passer à l’acte : cela aide à le prévenir. Le 3114 répond 24 h sur 24.
Idée reçue 13
Selon l’Inserm, environ un tiers des personnes atteint une rémission durable avec des soins associés, et beaucoup d’autres vivent bien avec des symptômes atténués. Le rétablissement est un objectif réaliste.
Idée reçue 14
Certains traitements peuvent ralentir ou fatiguer, surtout à forte dose. Mais l’objectif est de trouver le traitement et la dose qui apaisent sans éteindre. Les effets indésirables doivent être signalés : il existe presque toujours une solution.
Idée reçue 15
Aller mieux est souvent l’effet du traitement. L’arrêter brutalement expose à une rechute, parfois des mois plus tard. Toute diminution se décide avec le psychiatre, progressivement.
Idée reçue 16
Les TCC, la remédiation cognitive, la psychoéducation des familles et les thérapies du trauma ont fait la preuve de leur intérêt. Les recommandations les placent au même rang que les médicaments.
Idée reçue 17
C’était l’époque des asiles. Aujourd’hui, la grande majorité vit en dehors de l’hôpital, suivie en consultation. Les hospitalisations, quand elles sont nécessaires, durent en général quelques semaines.
Idée reçue 18
Il peut apaiser sur le moment, mais il aggrave l’évolution : plus de rechutes, plus d’hospitalisations, moins d’effet des traitements. Réduire ou arrêter est l’une des mesures les plus utiles.
Idée reçue 19
Beaucoup travaillent, en milieu ordinaire ou adapté. L’emploi accompagné, qui place directement en entreprise avec un soutien, donne de bons résultats. Le travail fait souvent partie du rétablissement.
Idée reçue 20
Beaucoup vivent en couple et environ un tiers sont parents. La maladie complique certaines étapes, mais ne les interdit pas.
Idée reçue 21
Les symptômes négatifs font partie de la maladie. Reprocher à la personne son manque d’effort aggrave sa honte. Des petits pas, valorisés, aident beaucoup plus.
Idée reçue 22
Selon le modèle vulnérabilité-stress, ils figurent parmi les principaux déclencheurs. Protéger son sommeil et apprendre à gérer le stress font partie de la prévention.
Idée reçue 23
Cet usage entretient la confusion sur la maladie et participe à la stigmatisation. Les associations de patients et de familles demandent aux médias de l’éviter.
Idée reçue 24
C’est le principe de la pair-aidance : des personnes rétablies, formées, travaillent dans les équipes de soins et les associations. Leur parcours redonne de l’espoir.
La stigmatisation n’est pas qu’une affaire de mots. Elle a des effets mesurables :
Plutôt que « un schizophrène » : la personne n’est pas sa maladie. Et éviter l’usage du mot pour dire « contradictoire ».
Leurs témoignages, leurs livres, leurs associations sont la meilleure source pour comprendre.
Chaque mois de mars, les Journées de la schizophrénie proposent des actions d’information dans de nombreux pays francophones.
Un ami qui reste, un collègue qui ne juge pas, un voisin qui salue : le lien social est un facteur de rétablissement.
Non. La présence de plusieurs identités caractérise le trouble dissociatif de l’identité, une autre maladie. La schizophrénie désigne une perte de cohésion entre la pensée, les émotions et les actes, avec des symptômes comme les délires, les voix ou le retrait.
Non, dans l’immense majorité des cas. Le risque de violence est un peu plus élevé dans certaines situations (psychose non traitée, drogues, alcool), mais les personnes atteintes sont beaucoup plus souvent victimes que responsables de violences.
On parle de rémission et de rétablissement. Environ un tiers des personnes atteint une rémission durable avec des soins associant traitement et accompagnement psychosocial, et beaucoup d’autres mènent une vie satisfaisante.
C’est un usage détourné, fondé sur la confusion entre schizophrénie et dédoublement. Il entretient la stigmatisation, et les associations demandent de l’éviter.
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous êtes en danger, si vous entendez des voix qui vous ordonnent de vous faire du mal, si vous pensez au suicide ou si un proche vous inquiète gravement, appelez sans attendre :
Hors urgence, le centre médico-psychologique (CMP) de votre secteur reçoit sans avance de frais. Les proches peuvent joindre l’Unafam au 01 42 63 03 03. Voir aussi la page aider un proche.
Un premier rendez-vous permet de faire le point, d’entendre ce que vous vivez, vous ou votre proche, et de construire un accompagnement psychothérapeutique en lien avec le psychiatre ou le médecin qui suit la personne. Adolescents, adultes, couples et familles sont reçus au cabinet ou en téléconsultation, 365 jours par an.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.