Les symptômes positifs
Ils s’ajoutent à l’expérience habituelle : idées délirantes, hallucinations (entendre des voix, le plus souvent), sentiment d’être influencé ou commandé de l’extérieur.
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Le mot fait peur, et il est presque toujours mal compris. La schizophrénie n’est ni une double personnalité, ni une condamnation. C’est une maladie du fonctionnement psychique, fréquente, qui commence le plus souvent chez le jeune adulte, se soigne et permet souvent une vie riche. Voici ce qu’elle est vraiment, et ce qu’elle n’est pas.
La schizophrénie est un trouble psychique sévère et durable qui modifie la façon dont une personne perçoit la réalité, pense, ressent et entre en relation avec les autres. Elle se manifeste par périodes : des phases dites aiguës, où apparaissent des idées délirantes, des hallucinations ou une désorganisation de la pensée, alternent avec des phases plus calmes, pendant lesquelles persistent parfois une fatigue psychique, un retrait ou des difficultés de concentration.
Les médecins parlent aujourd’hui volontiers des schizophrénies, au pluriel, ou de troubles du spectre de la schizophrénie. La raison est simple : d’une personne à l’autre, et chez une même personne au fil des années, les manifestations varient beaucoup. Certaines personnes vivent un seul épisode puis se rétablissent durablement. D’autres connaissent des rechutes espacées. D’autres encore gardent des symptômes persistants qui demandent un accompagnement au long cours.
Ils s’ajoutent à l’expérience habituelle : idées délirantes, hallucinations (entendre des voix, le plus souvent), sentiment d’être influencé ou commandé de l’extérieur.
Ils retirent quelque chose : moins d’élan, moins d’émotions exprimées, moins de paroles, retrait social, difficulté à éprouver du plaisir ou à se lancer.
Une pensée qui se disperse, un discours difficile à suivre, des troubles de l’attention, de la mémoire de travail et de la planification.
Ces trois familles ne se présentent pas toutes en même temps, ni avec la même intensité. C’est ce qui rend le diagnostic délicat et explique qu’il soit posé par un psychiatre, après plusieurs entretiens et l’élimination d’autres causes. Toutes sont détaillées dans la page symptômes de la schizophrénie.
Le mot a été proposé en 1908 et popularisé en 1911 par le psychiatre suisse Eugen Bleuler. Il assemble deux racines grecques : schizein, fendre, et phrên, l’esprit. Eugen Bleuler ne voulait pas dire que la personne est coupée en deux. Il désignait une perte de cohésion entre les fonctions psychiques : la pensée, l’émotion et l’action ne s’accordent plus, comme si le fil qui les relie se relâchait.
Il remplaçait ainsi l’expression « démence précoce » de son confrère allemand Emil Kraepelin, jugée trop pessimiste : Bleuler avait observé que beaucoup de patients n’évoluaient pas vers un déclin, et que certains se rétablissaient. Ce débat entre une vision sombre et une vision plus ouverte de la maladie traverse toute son histoire, racontée dans la page histoire de la schizophrénie.
La question est sérieusement débattue. Le Japon a remplacé en 2002 l’ancien terme, qui signifiait « maladie de l’esprit divisé », par une expression qu’on peut traduire par « trouble de l’intégration », à la demande d’une fédération de familles. La Corée du Sud a fait de même en 2011. En France et ailleurs, des associations et des chercheurs proposent d’autres noms, comme « trouble du spectre de la psychose » ou « syndrome de Bleuler ». Les études japonaises montrent que le nouveau terme a remplacé l’ancien dans la presse, sans faire disparaître pour autant l’association injuste entre la maladie et la violence. Changer le mot aide, mais ne suffit pas : c’est le regard qui doit changer.
Peu de maladies sont aussi déformées par le langage courant. Avant d’aller plus loin, quatre confusions à lever.
Vingt-quatre idées reçues sont passées en revue, sous forme de jeu, dans la page vrai ou faux sur la schizophrénie.
Les chiffres qui suivent sont des ordres de grandeur issus de l’Inserm, de l’Organisation mondiale de la santé et de grandes synthèses scientifiques. Ils décrivent des populations, pas des destins individuels.
La maladie débute généralement entre 15 et 25 ans. Chez les hommes, le début est en moyenne un peu plus précoce. Chez les femmes, il existe un second pic, plus modeste, après 40 ans. Les formes de l’enfant, avant 13 ans, sont rares.
On la retrouve dans tous les pays et toutes les cultures, avec des fréquences assez proches. L’OMS estime qu’environ 24 millions de personnes vivent avec une schizophrénie dans le monde.
Les grandes études retrouvent une espérance de vie réduite de 15 à 20 ans, surtout à cause des maladies cardiovasculaires, du tabac, du diabète, et du suicide. C’est une injustice qui se combat : le suivi somatique fait partie du soin.
Entre les premiers symptômes psychotiques et le début des soins, il s’écoule souvent un an ou plus. Raccourcir ce délai améliore l’évolution : c’est tout l’enjeu de l’intervention précoce.
Environ 5 % des personnes atteintes de schizophrénie meurent par suicide, le plus souvent dans les premières années de la maladie, au sortir d’un épisode ou lorsqu’une dépression s’installe. Parler du suicide ne pousse pas à passer à l’acte : cela permet souvent de le prévenir. Le 3114 répond 24 h sur 24.
On décrit classiquement trois temps, qui ne se succèdent pas toujours de façon nette.
Les trajectoires sont très diverses. Les facteurs associés à une meilleure évolution sont connus : un traitement précoce, un début plutôt brutal que progressif, un bon fonctionnement avant la maladie, l’absence de cannabis, un entourage soutenant et informé, et une bonne alliance avec les soignants. La notion de rétablissement a profondément changé la manière d’envisager l’avenir : il ne s’agit pas forcément de faire disparaître tous les symptômes, mais de mener une vie choisie, avec ou sans eux.
Une partie des personnes ne connaîtra qu’un seul épisode psychotique, suivi d’un rétablissement durable. Le traitement est alors poursuivi un temps, puis allégé avec le psychiatre, en surveillant les signes d’alerte. Le travail psychothérapeutique aide à comprendre ce qui s’est passé et à réintégrer cet épisode dans son histoire.
D’autres personnes connaissent des rechutes, souvent liées à l’arrêt du traitement, au cannabis, au manque de sommeil ou à un stress important. Entre les épisodes, la vie peut être tout à fait ordinaire. L’enjeu est de repérer tôt ses signes personnels d’alerte et de construire un plan de prévention.
Pour d’autres encore, certains symptômes persistent malgré les traitements. On parle de schizophrénie résistante lorsque deux antipsychotiques bien conduits n’ont pas suffi : la clozapine est alors proposée. La réhabilitation psychosociale, la remédiation cognitive et les TCC des symptômes persistants apportent des progrès réels, même tardivement.
Les classifications décrivent des symptômes. Les personnes, elles, décrivent une expérience. Beaucoup racontent qu’au début, le monde a semblé changer : des détails insignifiants prenaient soudain une importance particulière, comme si tout avait un sens caché qui leur était destiné. Les chercheurs parlent de « saillance aberrante » : le cerveau attribue de l’importance à ce qui n’en a pas, et la personne construit ensuite une explication, qui devient le délire.
« Ce n’est pas que je ne savais plus ce qui était réel. C’est que tout était trop réel, trop chargé, trop pour moi. »
D’autres décrivent une fatigue immense, une difficulté à initier la moindre action, un sentiment de vide. Ces symptômes négatifs sont souvent pris pour de la paresse ou de la mauvaise volonté par l’entourage, ce qui ajoute de la souffrance. Comprendre qu’ils font partie de la maladie change la manière d’aider.
Pendant les phases aiguës, beaucoup de personnes ne reconnaissent pas leurs troubles. Les médecins parlent d’anosognosie ou de défaut d’insight. Ce n’est ni de la mauvaise foi ni du déni volontaire : la maladie touche aussi la capacité à prendre du recul sur ses propres pensées. Le délire paraît évident, comme une certitude. C’est pourquoi l’entrée dans les soins se fait parfois sans le consentement de la personne, dans un cadre légal précis, et pourquoi l’alliance thérapeutique, patiemment construite, est si précieuse.
Les deux lectures ne s’opposent pas. Les neurosciences montrent des différences dans le fonctionnement de certains circuits, notamment de la dopamine et du glutamate, et dans le développement du cerveau à l’adolescence. Les approches psychothérapeutiques, de la psychanalyse aux TCC, montrent qu’il est possible de comprendre le sens de l’expérience psychotique et d’agir sur elle par la parole et la relation. Au cabinet, ces lectures se complètent plutôt qu’elles ne se combattent.
Huit questions pour vérifier ce que vous avez retenu. Une seule bonne réponse par question. Le résultat s’affiche sous forme d’anneau animé.
C’est une maladie psychique qui modifie la perception de la réalité, la pensée, les émotions et les relations. Elle peut provoquer des idées délirantes, des hallucinations, une pensée désorganisée, un retrait et des difficultés de concentration. Elle se soigne et beaucoup de personnes se rétablissent.
Oui. Elle concerne environ une personne sur cent au cours de la vie, soit environ 600 000 personnes en France selon l’Inserm. Elle débute le plus souvent entre 15 et 25 ans.
On parle plutôt de rémission et de rétablissement. Environ un tiers des personnes atteint une rémission durable avec des soins associant traitement et accompagnement psychosocial, et beaucoup d’autres mènent une vie satisfaisante avec des symptômes atténués.
La psychose désigne un état où le contact avec la réalité est altéré, avec délires ou hallucinations. Elle peut avoir de nombreuses causes : drogues, maladie neurologique, trouble bipolaire, dépression sévère. La schizophrénie est l’une des maladies dans lesquelles surviennent des épisodes psychotiques, avec des critères de durée et de retentissement précis.
Un psychiatre, après plusieurs entretiens, un examen médical et des examens complémentaires pour écarter d’autres causes. Un psychologue peut contribuer par un bilan psychologique ou neuropsychologique, et accompagner la personne en psychothérapie.
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous êtes en danger, si vous entendez des voix qui vous ordonnent de vous faire du mal, si vous pensez au suicide ou si un proche vous inquiète gravement, appelez sans attendre :
Hors urgence, le centre médico-psychologique (CMP) de votre secteur reçoit sans avance de frais. Les proches peuvent joindre l’Unafam au 01 42 63 03 03. Voir aussi la page aider un proche.
Un premier rendez-vous permet de faire le point, d’entendre ce que vous vivez, vous ou votre proche, et de construire un accompagnement psychothérapeutique en lien avec le psychiatre ou le médecin qui suit la personne. Adolescents, adultes, couples et familles sont reçus au cabinet ou en téléconsultation, 365 jours par an.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.