Le traitement médicamenteux
Il réduit les symptômes positifs, l’angoisse et l’agitation, et prévient les rechutes.
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Il n’existe pas un traitement de la schizophrénie, mais un ensemble de soins qui se complètent : un médicament antipsychotique pour apaiser les symptômes et prévenir les rechutes, des psychothérapies, de la réhabilitation psychosociale, un suivi de la santé physique, et un soutien des proches. Bien associés, ces soins permettent à beaucoup de personnes de se rétablir.
La Haute Autorité de santé, dans son guide sur l’affection de longue durée n° 23 actualisé en 2025, décrit un parcours qui associe plusieurs professionnels : médecin traitant, psychiatre, infirmiers, psychologues, ergothérapeutes, travailleurs sociaux, et selon les besoins neuropsychologues ou éducateurs. L’objectif n’est pas seulement de réduire les symptômes, mais de permettre à la personne de mener la vie qu’elle souhaite.
Il réduit les symptômes positifs, l’angoisse et l’agitation, et prévient les rechutes.
TCC, approche analytique, EMDR, thérapie familiale : comprendre, faire face, donner du sens.
Remédiation cognitive, habiletés sociales, emploi et logement accompagnés, pour retrouver ses rôles sociaux.
Connaître la maladie, les traitements, ses signes d’alerte, pour devenir acteur de ses soins.
Surveiller le poids, le cœur, le diabète, arrêter le tabac, bouger, voir un dentiste.
Les informer, les former et les soutenir réduit nettement les rechutes.
La décision partagée est au cœur des recommandations actuelles : la personne doit être informée des options, de leurs bénéfices et de leurs inconvénients, et participer aux choix. Une personne qui a choisi son traitement le suit beaucoup mieux.
Les antipsychotiques, autrefois appelés neuroleptiques, sont la base du traitement. Ils agissent principalement en modulant la transmission de la dopamine. Leur effet sur les idées délirantes, les hallucinations et l’agitation apparaît en quelques jours à quelques semaines. Ils agissent beaucoup moins sur les symptômes négatifs et cognitifs.
Les premiers antipsychotiques, apparus à partir de 1952, comme l’halopéridol, sont efficaces sur les symptômes positifs mais provoquent plus souvent des effets neurologiques : raideur, tremblements, mouvements anormaux. Ils restent utilisés dans certaines situations.
Les antipsychotiques dits « de deuxième génération », comme la rispéridone, l’olanzapine, l’aripiprazole, l’amisulpride ou la quétiapine, provoquent moins d’effets neurologiques, mais certains favorisent la prise de poids et les troubles métaboliques. Le choix se fait au cas par cas, selon les symptômes, les antécédents, les effets redoutés par la personne et ses préférences.
Plusieurs antipsychotiques existent sous forme d’injections à action prolongée, toutes les deux semaines, tous les mois, tous les trois mois, voire tous les six mois pour certaines molécules. Elles évitent l’oubli quotidien, réduisent les rechutes liées aux interruptions, et peuvent soulager la personne et sa famille de la question quotidienne du traitement. Elles se proposent, elles ne s’imposent pas.
Arrêter un antipsychotique sans avis médical expose à une rechute, parfois plusieurs mois plus tard, et à des symptômes de sevrage. Toute modification se discute avec le psychiatre, qui peut proposer une diminution progressive et surveillée.
Les effets indésirables sont la première raison d’arrêt des traitements. Ils ne sont pas une fatalité : ils doivent être signalés, car il existe presque toujours une solution (changer de molécule, ajuster la dose, ajouter un correcteur, adapter l’horaire).
| Effet | Ce que l’on ressent | Ce qui peut aider |
|---|---|---|
| Prise de poids, effets métaboliques | Appétit augmenté, kilos en plus, cholestérol, diabète | Surveillance dès le début, conseils alimentaires, activité physique, changement de molécule |
| Sédation | Somnolence, lenteur, fatigue | Prise le soir, ajustement de dose |
| Effets neurologiques | Raideur, tremblements, impatience dans les jambes | Ajustement, changement de molécule, correcteurs |
| Effets hormonaux | Troubles des règles, baisse de la libido, écoulement mammaire | Dosage hormonal, changement de molécule |
| Mouvements involontaires tardifs | Mouvements de la bouche, de la langue, des doigts | Dépistage régulier, adaptation rapide du traitement |
| Effets sur le cœur | Souvent aucun symptôme | Électrocardiogramme selon les molécules |
La sexualité est rarement abordée spontanément, alors que ses troubles sont fréquents et pèsent beaucoup. Il est légitime d’en parler à son médecin, ou à un psychothérapeute qui peut aider à le formuler.
Après un premier épisode, les recommandations conseillent généralement de poursuivre le traitement au moins un à deux ans après la rémission. Après plusieurs épisodes, un traitement plus prolongé est souvent proposé. Les études montrent que, dans l’année qui suit l’arrêt, le risque de rechute est environ trois fois plus élevé qu’en poursuivant le traitement.
Certaines personnes souhaitent, après une longue stabilité, diminuer ou arrêter leur traitement. Ce souhait est légitime et doit être entendu. Il se prépare : diminution très progressive, surveillance rapprochée, plan de prévention des rechutes, information des proches.
On parle de schizophrénie résistante lorsque deux antipsychotiques différents, pris à dose et durée suffisantes, n’ont pas permis une amélioration satisfaisante. Cela concerne environ une personne sur trois. Avant de conclure, on vérifie que le traitement est bien pris, et que des facteurs comme le cannabis ou une dépression ne freinent pas l’amélioration.
La clozapine est alors le traitement de référence. Elle est efficace chez une partie importante des personnes résistantes et réduit le risque suicidaire. Elle impose une surveillance des globules blancs par prises de sang, très rapprochée au début puis espacée. L’électroconvulsivothérapie, pratiquée sous anesthésie générale, peut aussi être proposée, notamment en cas de catatonie ou de résistance. La TCC des symptômes persistants et la remédiation cognitive restent utiles à toutes les étapes.
Les recommandations françaises et internationales placent les interventions psychosociales au même niveau d’importance que les médicaments. Elles sont détaillées dans les pages de ce guide :
La réhabilitation psychosociale s’est fortement développée en France depuis les années 2010, avec des centres de référence régionaux et des centres de proximité. Elle associe évaluation fonctionnelle, remédiation cognitive, éducation thérapeutique, entraînement aux habiletés sociales, et accompagnement vers l’emploi et le logement. Le modèle de l’emploi accompagné, qui place la personne directement en entreprise avec un soutien, a montré de bien meilleurs résultats que les formations préalables longues.
Le centre médico-psychologique du secteur coordonne les soins de proximité : consultations, infirmiers, psychologues, assistantes sociales. Sans avance de frais.
Des soins et activités en journée, sans hospitalisation complète, pour reprendre un rythme et des liens.
Des évaluations approfondies et des programmes spécialisés, souvent sur adressage du psychiatre.
Un suivi en cabinet, plus souple dans les horaires, souvent en lien avec le CMP ou le médecin traitant.
En phase aiguë ou en cas de danger, une hospitalisation peut être nécessaire, le plus souvent libre, parfois sans consentement.
Des lieux gérés par et pour les personnes concernées, pour rompre l’isolement et partager des expériences.
Lorsqu’une personne a besoin de soins urgents mais n’est pas en mesure d’y consentir, la loi permet des soins sans son consentement, sous conditions strictes : à la demande d’un tiers (un proche, avec deux certificats médicaux, ou un seul en urgence), en cas de péril imminent sans tiers disponible, ou sur décision du préfet lorsque la sûreté des personnes est compromise. Un juge contrôle systématiquement la mesure dans les douze jours, puis régulièrement.
Préparer à l’avance, en période stable, un plan de crise ou des directives anticipées en psychiatrie : signes d’alerte, personnes à prévenir, traitements qui ont aidé ou mal réussi, souhaits sur le lieu de soins. Après une hospitalisation sous contrainte, en parler avec ses soignants ou un psychothérapeute aide à ne pas rester avec un vécu traumatique, qui peut se soigner, par exemple avec l’EMDR.
Les personnes atteintes de schizophrénie vivent en moyenne 15 à 20 ans de moins que la population générale, essentiellement à cause des maladies cardiovasculaires, du diabète, des cancers liés au tabac, et d’un moindre accès aux soins somatiques. Cette injustice se combat :
Cet outil, construit à partir des recommandations de suivi, vous aide à repérer ce qui pourrait être ajouté à votre parcours de soins ou à celui de votre proche. Il ne juge personne : chaque parcours a ses contraintes.
Il associe un médicament antipsychotique, des psychothérapies, la réhabilitation psychosociale (remédiation cognitive, habiletés sociales, emploi accompagné), la psychoéducation de la personne et de ses proches, et un suivi de la santé physique.
Pas forcément. Après un premier épisode, on conseille en général de poursuivre au moins un à deux ans après la rémission. Après plusieurs épisodes, un traitement prolongé est souvent proposé. Toute diminution se décide avec le psychiatre, progressivement.
Certains, oui, surtout l’olanzapine et la clozapine. D’autres beaucoup moins. Une surveillance dès le début, une activité physique, des conseils alimentaires et, si nécessaire, un changement de molécule permettent de limiter cet effet.
Oui, au titre de l’affection de longue durée n° 23 (affections psychiatriques de longue durée), pour les soins en rapport avec la maladie. Les consultations de psychologues libéraux hors dispositif conventionné ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie, mais certaines mutuelles les prennent en charge.
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous êtes en danger, si vous entendez des voix qui vous ordonnent de vous faire du mal, si vous pensez au suicide ou si un proche vous inquiète gravement, appelez sans attendre :
Hors urgence, le centre médico-psychologique (CMP) de votre secteur reçoit sans avance de frais. Les proches peuvent joindre l’Unafam au 01 42 63 03 03. Voir aussi la page aider un proche.
Un premier rendez-vous permet de faire le point, d’entendre ce que vous vivez, vous ou votre proche, et de construire un accompagnement psychothérapeutique en lien avec le psychiatre ou le médecin qui suit la personne. Adolescents, adultes, couples et familles sont reçus au cabinet ou en téléconsultation, 365 jours par an.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.