Dyslexie et dysorthographie
Une difficulté durable à apprendre à lire, à décoder les mots et à les orthographier. La lecture reste lente, coûteuse, émaillée d’erreurs, même quand l’enfant est attentif et reposé. Voir dyslexie et dysorthographie.
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Il lit lentement, écrit de façon illisible, oublie la moitié des consignes : est-ce l’attention, une dyslexie, une dyspraxie, ou tout cela à la fois ? Le TDAH et les troubles dys s’associent très souvent, et chacun peut masquer ou aggraver l’autre. Voici comment faire la part des choses, quels bilans demander et quels aménagements mettre en place.
On regroupe sous le nom de « troubles dys » plusieurs troubles du neurodéveloppement qui touchent un apprentissage précis, chez un enfant dont l’intelligence est dans la norme, qui voit et entend bien, et qui a bénéficié d’un enseignement ordinaire. Ce ne sont ni des retards qui se rattraperont seuls, ni le résultat d’un manque de travail. Les difficultés sont durables, même si elles se compensent beaucoup avec l’aide adaptée.
Une difficulté durable à apprendre à lire, à décoder les mots et à les orthographier. La lecture reste lente, coûteuse, émaillée d’erreurs, même quand l’enfant est attentif et reposé. Voir dyslexie et dysorthographie.
Le trouble développemental de la coordination rend les gestes laborieux : s’habiller, découper, faire ses lacets, écrire. L’écriture peut être lente, douloureuse, illisible. Voir dyspraxie et dysgraphie.
Une difficulté durable à construire le nombre, à estimer les quantités, à mémoriser les faits numériques et à calculer. Voir dyscalculie.
Le trouble développemental du langage touche la compréhension ou l’expression orale : chercher ses mots, construire des phrases, comprendre une consigne longue. Voir dysphasie.
Les classifications internationales les décrivent sous d’autres noms. Le DSM-5-TR parle de trouble spécifique des apprentissages, avec déficit de la lecture, de l’expression écrite ou du calcul, de trouble développemental de la coordination et de trouble du langage. La CIM-11 parle de trouble développemental de l’apprentissage, de trouble développemental de la coordination motrice et de troubles développementaux de la parole et du langage. Pour une vue d’ensemble, le guide des troubles dys du site présente chacun d’eux en détail.
Pas au sens strict. On l’entend parfois appeler « dysattention » et il est souvent rangé avec les troubles dys dans les dispositifs scolaires, parce qu’il perturbe les apprentissages et appelle des aménagements comparables. Mais le TDAH ne touche pas un apprentissage précis : il touche la régulation de l’attention, de l’activité et de l’impulsivité, qui sert à tous les apprentissages. C’est justement pour cela qu’il se combine si souvent avec eux.
Selon les études et les définitions retenues, environ un enfant avec un TDAH sur trois présente aussi un trouble des apprentissages, et la proportion est comparable dans l’autre sens. L’association entre TDAH et dyslexie est particulièrement bien documentée, tout comme celle entre TDAH et trouble développemental de la coordination. Plusieurs raisons l’expliquent.
Imaginez que vous deviez écrire une lettre importante dans une langue que vous maîtrisez mal, avec un stylo qui accroche, dans un café bruyant. La langue mal maîtrisée, c’est le trouble dys. Le café bruyant, c’est le TDAH. Chacun suffirait à rendre la lettre difficile. Les deux ensemble la rendent épuisante, et ce n’est pas une question de volonté. La page dys et TDAH, quand plusieurs troubles s’associent approfondit ce point du côté des troubles dys.
Une même difficulté visible, une lecture lente ou une copie pleine de fautes, peut avoir des origines différentes. Le meilleur indice est la régularité. Le TDAH ressemble à une radio qui grésille : le message passe par moments, se brouille à d’autres, selon la fatigue, l’intérêt, le bruit. Le trouble dys ressemble à une radio réglée sur une fréquence légèrement décalée : même au calme, même avec la meilleure volonté, le message arrive déformé, toujours de la même façon.
| Ce qu’on observe | Plutôt l’attention (TDAH) | Plutôt un trouble dys |
|---|---|---|
| Lecture | Saute des lignes, perd le fil, devine la fin des mots par précipitation ; lit bien quand l’histoire passionne | Déchiffrage lent et laborieux, confusions de sons, même reposé, même avec un texte passionnant |
| Orthographe | Connaît la règle mais l’oublie dans la dictée, fautes variables d’un jour à l’autre | Fautes nombreuses et persistantes, mots écrits « comme ils se prononcent », même en recopiant |
| Écriture | Écriture précipitée, bâclée quand il est pressé, soignée quand il prend son temps | Écriture lente, douloureuse, mal formée même en s’appliquant ; maladresse dans d’autres gestes |
| Calcul | Oublie la retenue, se trompe de signe, sait faire mais pas toujours | Peine à comprendre les quantités, à mémoriser les tables, à placer un nombre sur une ligne |
| Consignes | N’a pas écouté jusqu’au bout, oublie la deuxième partie | Ne comprend pas la consigne écrite parce qu’il la lit mal, ou la consigne orale à cause du langage |
| Fatigue | Variable selon l’intérêt et la stimulation | Importante dès qu’il faut lire ou écrire, parce que l’effort est constant |
Un deuxième indice tient au jour de forme. Un bon jour, motivé, reposé, un enfant avec un TDAH seul peut produire un travail remarquable. Un enfant dyslexique, même un excellent jour, lira toujours plus lentement que ses camarades. Quand les deux troubles coexistent, les bons jours sont meilleurs, mais jamais faciles.
L’enfant avec un TDAH se cogne, renverse, tombe, parce qu’il va trop vite et ne regarde pas. L’enfant dyspraxique est maladroit même lentement et en se concentrant : planifier et coordonner le geste lui demande un effort conscient. Les deux se combinent souvent, ce qui donne des enfants à la fois très rapides et très maladroits. Un bilan en psychomotricité ou en ergothérapie permet de faire la différence.
Oui. Un enfant qui comprend mal les phrases longues peut sembler ne pas écouter, décrocher pendant les explications, faire autre chose. Il n’est pas inattentif : il ne comprend pas. C’est une raison de plus pour vérifier le langage oral avant de conclure à un trouble de l’attention, surtout chez le jeune enfant.
Associez chaque situation à la piste qui lui correspond le mieux, puis vérifiez. Ces situations sont volontairement typiques : dans la réalité, elles se mélangent souvent.
Situation clinique inventée
Gabriel, 10 ans, a un TDAH diagnostiqué depuis deux ans et un traitement bien suivi. Son attention s’est nettement améliorée en classe, mais sa lecture reste très lente, il évite tout ce qui demande de lire et ses dictées n’ont pas progressé.
Quelle hypothèse vérifier ?
Démêler un TDAH et un ou plusieurs troubles dys demande souvent plusieurs bilans, réalisés par des professionnels différents. Le parcours peut sembler long : il est pourtant la condition d’aides vraiment adaptées. Retournez les cartes pour savoir qui fait quoi.
L’ordre compte. On commence par éliminer un problème de vue, d’audition ou de sommeil. Quand un TDAH est suspecté, l’évaluation de l’attention aide à interpréter les autres bilans : un enfant qui décroche pendant l’épreuve de lecture peut obtenir un résultat faussement bas, ou au contraire masquer une dyslexie par sa vivacité. À l’inverse, un enfant dyslexique peut paraître inattentif au questionnaire de l’enseignant, alors qu’il est surtout épuisé par l’écrit. Les professionnels gagnent à échanger entre eux, avec l’accord de la famille. Pour le détail des démarches, voir la page bilan des troubles dys : qui consulter.
La neuropsychologue réalise le bilan TDAH, avec l’évaluation intellectuelle et attentionnelle, ainsi qu’un bilan logico-mathématique quand une dyscalculie est suspectée. Elle propose aussi des séances de remédiation cognitive. Le psychothérapeute accompagne l’enfant et sa famille sur les plans émotionnel et relationnel. Le cabinet travaille en lien avec les orthophonistes, psychomotriciens et ergothérapeutes qui suivent l’enfant.
Un bon aménagement ne donne pas un avantage à l’enfant : il retire un obstacle qui n’a rien à voir avec ce que l’on veut évaluer. Si l’on veut savoir si un élève a compris l’histoire de France, sa dyslexie ne doit pas l’empêcher de le montrer. Choisissez un onglet.
Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) est proposé par l’école, après avis du médecin scolaire, pour les troubles des apprentissages et le TDAH. Il liste des aménagements pédagogiques. Quand les difficultés sont plus lourdes ou qu’une aide humaine, du matériel ou des compensations à l’examen sont nécessaires, la famille peut demander à la MDPH un projet personnalisé de scolarisation (PPS). Pour préparer un dossier, le site bilan-mdph.fr donne des repères, et les pages troubles dys à l’école et TDAH et MDPH détaillent les démarches.
La page aider son enfant dys et la page TDAH au quotidien proposent de nombreuses idées.
Chaque trouble a sa prise en charge. La rééducation orthophonique travaille la lecture, l’orthographe, le langage ou le calcul. La psychomotricité et l’ergothérapie travaillent le geste et l’outil informatique. La remédiation cognitive entraîne l’attention et les fonctions exécutives. Lorsqu’un médicament du TDAH est prescrit par le médecin, il peut aider l’enfant à mieux profiter de ces rééducations, mais il ne traite pas la dyslexie ni la dyspraxie elles-mêmes. Les outils de compensation complètent l’ensemble.
Les troubles dys et le TDAH ne disparaissent pas à 18 ans, mais les stratégies s’affinent. Au lycée et dans les études supérieures, des aménagements d’examen restent possibles. À l’âge adulte, les outils numériques, le choix d’un métier qui valorise les points forts et la connaissance de son fonctionnement font une grande différence. Voir troubles dys chez l’adolescent et l’adulte et TDAH, travail et études.
Un enfant qui cumule un TDAH et un trouble dys entend, dès les premières années d’école, des remarques qui finissent par former une conviction : « je suis bête », « je suis nul », « je n’y arriverai jamais ». Ses copies reviennent rouges, ses efforts ne se voient pas, et ses camarades lisent à voix haute sans y penser pendant qu’il prie pour ne pas être interrogé. L’anxiété scolaire, l’évitement, les maux de ventre du dimanche soir, voire le refus scolaire, ne sont pas rares.
Savoir qu’on a une dyslexie et un TDAH, c’est comprendre qu’on n’est pas bête. Le diagnostic est souvent un soulagement immense.
Le sport, le dessin, la musique, la mécanique, l’humour, l’oral : chaque enfant a des domaines où il brille, à cultiver autant que les rééducations.
Les TCC aident à sortir de l’évitement et de l’anxiété. L’EMDR peut apaiser les souvenirs d’humiliation scolaire. La parole en séance aide à se réapproprier son histoire.
La page enfant dys : anxiété, fatigue et estime de soi approfondit ces questions, et la page pourquoi consulter un psychothérapeute explique ce que peut apporter un suivi.
Ce questionnaire, rédigé pour ce guide, s’adresse aux parents d’un enfant de 6 à 14 ans environ. Il ne pose aucun diagnostic et ne remplace aucun bilan. Il dessine un profil animé des domaines où les difficultés semblent dominer, pour savoir quelles questions poser au médecin et quels bilans évoquer. Pensez à l’année écoulée.
Oui, et c’est fréquent. Environ un enfant avec un TDAH sur trois présente aussi un trouble des apprentissages, la dyslexie étant l’un des plus courants. Les deux troubles partagent une partie de leurs origines génétiques et s’aggravent mutuellement : la lecture épuise l’attention, et l’inattention gêne l’apprentissage de la lecture.
Le meilleur indice est la régularité. Les difficultés liées au TDAH varient selon la fatigue, l’intérêt et le contexte. Celles liées à un trouble dys sont constantes, même quand l’enfant est reposé et motivé. Seuls des bilans complémentaires, orthophonique, psychomoteur et neuropsychologique, permettent de faire la part des choses, et la réponse est souvent : les deux.
Il peut améliorer l’attention et donc la disponibilité de l’enfant pour apprendre et pour sa rééducation, mais il ne traite pas la dyslexie elle-même. La rééducation orthophonique et les aménagements restent indispensables. La prescription et le suivi d’un traitement relèvent du médecin.
Le plan d’accompagnement personnalisé peut prévoir des consignes lues et découpées, des documents adaptés, du temps supplémentaire, des évaluations à l’oral, une place au calme et l’usage d’un ordinateur. Quand les besoins sont plus importants, un projet personnalisé de scolarisation peut être demandé à la MDPH.
Par une consultation médicale, qui vérifie la vue, l’audition et le sommeil, puis oriente vers les bilans utiles. Quand un TDAH est suspecté, le bilan neuropsychologique aide à interpréter les autres. L’important est que les professionnels échangent, pour aboutir à une synthèse cohérente.
Votre enfant peine à l’école et vous ne savez pas par où commencer ? Un premier rendez-vous permet de reprendre son parcours, de regarder les bilans déjà faits et de décider ensemble de ce qui manque. Le cabinet évalue l’attention, les fonctions exécutives et l’efficience intellectuelle, et accompagne l’enfant et sa famille.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.