Dys et TDAH, autisme, troubles associés : quand les difficultés se mêlent
Une lecture lente, une attention qui s'échappe, une écriture qui fatigue, des colères au moment des devoirs : chez beaucoup d'enfants, ces signes ne viennent pas d'une seule source. Dys et TDAH s'associent souvent, et les troubles dys se cumulent entre eux plus qu'on ne l'imagine. Cette page aide à démêler les fils, à comprendre pourquoi le repérage devient plus délicat et en quoi un bilan qui relie les différents regards aide à mieux accompagner l'enfant.
Mise à jour : 21 octobre 2026 · Lecture : environ 15 minutes · Questionnaire d'orientation inclus
Les difficultés se recouvrent souvent. Là où elles se chevauchent, croiser les observations de plusieurs professionnels aide à y voir plus clair.
Quand on cherche des informations sur les troubles dys, on tombe souvent sur des pages qui présentent chaque trouble séparément : la dyslexie d'un côté, la dyspraxie de l'autre, le TDAH sur un autre site encore. La réalité des familles ressemble rarement à ce découpage. Un enfant peut lire avec peine et avoir du mal à rester concentré. Un autre peut cumuler une écriture laborieuse et un langage oral fragile. Ces associations ne sont pas des exceptions, et elles expliquent pourquoi certains parcours semblent interminables : on traite un aspect, puis un autre apparaît.
Dys et TDAH : pourquoi parle-t-on de troubles associés ?
En France, le mot « dys » est une appellation d'usage. Les institutions parlent de troubles spécifiques du langage et des apprentissages, et la stratégie nationale 2023-2027 les range dans une famille plus large, celle des troubles du neurodéveloppement. Dans cette même famille, on trouve le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), le trouble du spectre de l'autisme (TSA) et le trouble du développement intellectuel. Selon les autorités de santé, ces troubles concernent au total environ une personne sur six.
Ce point de départ compte. Ces troubles ont en commun de prendre racine pendant le développement du cerveau, avec une part génétique et des fonctions cognitives partagées comme la mémoire de travail, la capacité à freiner une réponse automatique ou à passer d'une tâche à l'autre. Il n'est donc pas surprenant qu'ils se rencontrent souvent chez le même enfant. Une revue médicale française parue en 2023 indique aussi que le risque est environ trois fois plus élevé lorsqu'un parent présente lui-même un trouble du neurodéveloppement.
Quelques troubles du neurodéveloppement dans la classification de l'OMS (CIM-11), avec leur nom d'usage. Les intitulés sont donnés en traduction française ; la formulation officielle peut légèrement différer.
Code CIM-11
Intitulé (traduction)
Ce qu'on entend souvent
6A01
Troubles développementaux de la parole ou du langage
Troubles de la parole, dysphasie, aujourd'hui appelée trouble développemental du langage (TDL)
6A02
Trouble du spectre de l'autisme
Autisme, TSA
6A03
Trouble développemental des apprentissages
Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie
6A04
Trouble développemental de la coordination motrice
Dyspraxie, TDC
6A05
Trouble déficit de l'attention avec hyperactivité
TDAH
À retenir
Les troubles dys, le TDAH et l'autisme appartiennent à la même grande famille, celle des troubles du neurodéveloppement.
Avoir un trouble n'empêche pas d'en avoir un autre : l'association est même fréquente.
Le mot « multidys » sert couramment à désigner un enfant qui cumule plusieurs troubles dys. Ce n'est pas une catégorie des classifications internationales, mais il dit bien la réalité vécue.
Troubles associés aux dys : ce que disent les chiffres, et ce qu'ils ne disent pas
Les données épidémiologiques varient selon les pays, les critères retenus et la façon de recruter les enfants. Les repères ci-dessous viennent de sources publiques ou de revues scientifiques. Ils donnent des ordres de grandeur, pas des vérités au pourcentage près.
près de 40 %des enfants qui ont un trouble des apprentissages en cumulent plusieurs.Source : Inserm, sur Santé.fr
plus de 50 %des enfants avec un TDAH ont aussi un trouble des apprentissages.Source : Inserm, sur Santé.fr
25 à 40 %C'est la fréquence estimée du TDAH chez les enfants dyslexiques, et de la dyslexie chez les enfants avec TDAH.Source : McGrath et Stoodley, 2019
1 sur 6C'est la part de la population concernée par un trouble du neurodéveloppement, toutes formes confondues.Source : Santé.fr, d'après handicap.gouv.fr (2025)
Langage oral et lecture : un lien fréquent
Selon l'Inserm, quand un enfant a eu un trouble du langage oral, le risque qu'une dyslexie apparaisse ensuite dépasse un sur deux. Ce n'est pas une fatalité, mais c'est une raison solide de suivre de près l'entrée dans l'écrit quand le langage a été fragile. La page sur la dysphasie et le trouble développemental du langage détaille ce passage de l'oral à l'écrit.
Ce que montre une revue française sur la dyslexie
Une revue de la littérature publiée en 2010 dans la revue L'Encéphale rapportait que, chez les enfants dyslexiques, on retrouve environ trois fois sur dix un trouble du langage oral, une fois sur quatre une dyscalculie, une fois sur deux un trouble du développement moteur, et un TDAH dans 15 à 40 % des cas. Ces chiffres sont anciens et dépendent des études compilées. Ils montrent surtout que l'enfant « purement dyslexique » n'est pas la règle.
Et pour la dyscalculie ou la dyspraxie ?
Dans une cohorte d'élèves suivie dans les années 1990, environ un quart des enfants dyscalculiques avaient des signes de TDAH et un peu moins d'un sur cinq une dyslexie. Il s'agit d'une étude précise, pas d'une règle générale. Pour le trouble développemental de la coordination, la synthèse des travaux de l'Inserm invite à rechercher aussi un TDAH et d'autres troubles dys, et une revue pédiatrique de 2020 indique qu'environ la moitié des personnes concernées ont aussi une écriture altérée.
Ce qui reste incertain
Pour l'association entre troubles dys et autisme, aucun chiffre assez fiable n'a été trouvé pour être affiché ici. Les sources s'accordent sur le fait que les deux peuvent coexister, sans fournir une fréquence stable. Mieux vaut le dire franchement que d'avancer un pourcentage fragile.
Dyslexie et TDAH, dyspraxie et TDAH : les associations les plus fréquentes
Dyslexie et TDAH
C'est une association très étudiée. Les travaux de génétique menés à grande échelle, rapportés par l'Institut Pasteur en 2022, montrent que la dyslexie et le TDAH partagent une partie de leurs facteurs de susceptibilité. Concrètement, un enfant peut à la fois décoder lentement et perdre le fil de ce qu'il lit parce que son attention décroche. Les deux difficultés se renforcent : lire coûte un effort énorme, et cet effort épuise une attention déjà fragile.
Quand chaque lettre demande une attention consciente, il reste peu de ressources pour penser au contenu. Un enfant dyspraxique peut ainsi paraître distrait alors qu'il est absorbé par le geste. À l'inverse, un TDAH peut rendre l'écriture précipitée et désordonnée sans trouble de la coordination. La dysgraphie peut accompagner un trouble de la coordination, une dyslexie ou un TDAH : elle n'est pas synonyme de dyspraxie. Voir la page dysgraphie et dyspraxie.
Langage oral et autres troubles
Le consensus international CATALISE, qui a proposé le terme de trouble développemental du langage, précise que ce trouble peut coexister avec un TDAH, une dyspraxie, une dyslexie ou des troubles de la parole, sans que cela remette en cause le diagnostic. Un enfant qui comprend mal les consignes orales peut sembler inattentif, et ce même consensus invite à penser au langage chez les enfants dont le comportement inquiète, car le trouble y passe facilement inaperçu.
Dyscalculie, mémoire de travail et attention
Chez l'enfant dyscalculique, on retrouve souvent d'autres fragilités, du côté de l'attention, de la lecture ou de la mémoire de travail. Une revue scientifique de 2013 souligne que, lorsqu'un trouble de l'attention est présent, le prendre en charge peut alléger une partie des difficultés en calcul. D'où l'intérêt de ne pas regarder les mathématiques isolément. Voir la page dyscalculie.
Troubles dys et autisme : une coexistence possible
Un trouble dys et un autisme peuvent se rencontrer chez le même enfant, comme c'est le cas pour d'autres troubles du neurodéveloppement. Les cadres de référence ne le formulent pas tout à fait de la même façon. La classification de l'OMS distingue le trouble développemental du langage de l'autisme, alors que le consensus CATALISE propose de parler, dans certaines situations, de trouble du langage associé à l'autisme. Pour les familles, l'essentiel est ailleurs : quand un enfant a des difficultés de langage, de relations avec les autres ou de communication, la question de l'autisme fait partie des pistes que les professionnels examinent, à côté de l'audition et du développement intellectuel. Seul un bilan permet de démêler ces pistes.
À retenir
Les associations entre troubles ne sont pas des « complications » exceptionnelles. Elles font partie du tableau habituel, et elles obligent à regarder l'enfant dans son ensemble plutôt que trouble par trouble.
Inattention ou trouble dys : un même signe, plusieurs explications
Un même comportement peut avoir des origines très différentes. C'est ce qui rend le repérage si délicat et ce qui explique les malentendus entre la maison, l'école et les soignants. Choisissez une situation ci-dessous pour voir les pistes que les professionnels peuvent explorer. Il s'agit d'exemples généraux, à visée pédagogique.
Piste attentionIl décroche au bout de quelques lignes, regarde ailleurs, se lève.
Piste lectureIl comprend la tâche mais déchiffrer l'énoncé lui prend un temps considérable.
Piste gesteIl sait quoi écrire, mais écrire lui coûte tant qu'il s'arrête en route.
Piste émotionnelleLa peur de se tromper le fige, il préfère ne pas finir plutôt que mal faire.
Piste attentionLa consigne est entendue mais n'est pas retenue, l'esprit est déjà ailleurs.
Piste langage oralLa phrase est trop longue ou trop complexe pour être comprise en une fois.
Piste mémoire de travailIl garde le début et perd la fin dès qu'il y a plusieurs étapes.
Piste auditionUn contrôle de l'audition fait partie des vérifications de base.
Piste fatigueAprès une journée d'efforts invisibles, la réserve est vide.
Piste estime de soiLe devoir lui renvoie l'image de quelqu'un qui « n'y arrive pas ».
Piste attention et impulsivitéLa frustration déborde plus vite quand il est difficile de se contenir.
Piste relationnelleLes devoirs sont devenus un moment de tension pour toute la famille.
Piste coordinationLe geste graphique est lent, crispé, parfois douloureux.
Piste attentionIl écrit vite pour en finir, sans contrôler la forme.
Piste orthographeLes mots sont mal formés parce que leur image écrite reste floue.
Piste visuo-spatialeIl a du mal à organiser la page, les lignes, les marges.
Comment les professionnels s'y prennent pour distinguer ces pistes
Ils croisent plusieurs sources : le récit des parents, les observations de l'enseignant, les cahiers, et surtout des tests standardisés passés individuellement. Une question revient souvent : la difficulté apparaît-elle uniquement devant l'écrit ou le calcul, ou se retrouve-t-elle aussi dans les jeux, les conversations, la vie de tous les jours ? La réponse oriente vers un trouble des apprentissages, vers un trouble de l'attention, ou vers les deux. Aucune observation isolée ne suffit à trancher.
Pourquoi le repérage des troubles associés se complique
Les signes se masquent les uns les autres
Il arrive qu'un enfant compense longtemps une dyslexie, et que la difficulté ne devienne visible qu'au moment où la quantité de lecture augmente, par exemple au collège. Un TDAH peut attirer toute l'attention des adultes et faire passer à côté d'un trouble du langage. Une anxiété importante peut, elle aussi, brouiller les résultats d'un bilan. Les critères diagnostiques demandent d'ailleurs de vérifier que les difficultés ne s'expliquent pas mieux par autre chose : une déficience intellectuelle, un problème de vue ou d'audition, un trouble psychiatrique, un environnement défavorable. Quand plusieurs troubles coexistent, ce tri devient un vrai travail d'enquête.
Les professionnels voient chacun une partie du tableau
L'orthophoniste observe le langage et la lecture, le psychomotricien ou l'ergothérapeute le geste, le neuropsychologue l'attention et les fonctions exécutives, le médecin l'ensemble du développement. Chaque regard est juste, mais partiel. Sans coordination, la famille reçoit parfois des messages qui semblent contradictoires.
Le temps joue contre l'enfant
Plus le parcours s'allonge, plus les échecs s'accumulent et plus l'enfant risque de se décourager. C'est pourquoi les recommandations françaises prévoient de passer à une évaluation plus coordonnée quand les choses n'avancent pas.
Ce que prévoit la Haute Autorité de santé pour les situations complexes
Le guide publié par la HAS en 2018 organise le parcours en trois niveaux. Le passage au deuxième niveau, une évaluation pluridisciplinaire coordonnée par un médecin, est indiqué notamment quand les difficultés persistent après trois à six mois de prise en charge, quand des troubles associés compliquent le diagnostic (par exemple d'autres troubles cognitifs, des difficultés émotionnelles ou de comportement, ou une suspicion d'autisme) ou quand les intervenants se multiplient. Le troisième niveau correspond aux centres de référence des troubles du langage et des apprentissages, implantés dans les CHU, qui reçoivent les cas les plus complexes.
Le bilan global quand plusieurs troubles sont suspectés
Le mot « bilan » recouvre en réalité plusieurs examens complémentaires. Quand on soupçonne un cumul, l'enjeu est de les relier entre eux pour obtenir une vision d'ensemble. Voici les étapes habituelles, que la page bilan des troubles dys : qui consulter développe en détail.
Le médecin de l'enfant (généraliste, pédiatre, médecin scolaire ou de PMI) fait le point, vérifie la vue et l'audition, et oriente.
Les bilans ciblés selon les signes : orthophonique pour le langage, la lecture ou le calcul, psychomoteur ou d'ergothérapie pour le geste et l'organisation dans l'espace, neuropsychologique pour l'attention, la mémoire et les fonctions exécutives.
La mise en commun : les résultats sont croisés pour distinguer ce qui relève d'un trouble, de l'autre, ou de leur combinaison.
L'équipe pluridisciplinaire lorsque le tableau reste complexe ou que les progrès se font attendre.
Le centre de référence pour les situations les plus difficiles à démêler.
Les plateformes de coordination et d'orientation (PCO)
Pour les troubles du neurodéveloppement, des plateformes de coordination et d'orientation peuvent organiser un parcours de bilans et d'interventions précoces. C'est un médecin qui adresse l'enfant. Le dispositif, d'abord prévu pour les plus jeunes, a été étendu aux enfants de 7 à 12 ans, mais pas encore partout : tout dépend du département. Le forfait associé peut couvrir l'intervention de psychomotriciens, d'ergothérapeutes et de psychologues sous contrat avec la plateforme. Renseignez-vous auprès du médecin qui suit l'enfant.
Et si l'enfant est déjà adolescent, ou s'il s'agit d'un adulte ?
Les troubles du neurodéveloppement ne disparaissent pas à la fin de l'école primaire. Beaucoup d'adultes découvrent tardivement un trouble dys, parfois en même temps qu'un TDAH. La page troubles dys chez l'adolescent et l'adulte présente les repères propres à ces âges, et la page consacrée aux adultes complète ces repères.
Questionnaire d'orientation : quels champs de bilan envisager ?
Douze questions, regroupées en cinq thèmes : attention, langage, coordination, apprentissages, émotions. Pensez à un enfant ou un adolescent que vous connaissez bien, et répondez en vous appuyant sur les six derniers mois. À la fin, vous obtiendrez un profil qui indique les domaines où un regard professionnel pourrait être utile.
Ce questionnaire n'est pas un test diagnostique. Il a été rédigé pour cette page, ne repose sur aucune échelle validée et ne remplace pas un bilan par des professionnels. Aucune réponse n'est enregistrée ni transmise : tout reste dans votre navigateur.
Question 1 sur 12Thème : attention
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Votre profil d'orientation
Rappel : ce profil ne pose aucun diagnostic. Il sert à préparer un échange avec le médecin de l'enfant, qui décidera des bilans utiles. D'autres questionnaires de réflexion sont présentés sur la page tests en ligne.
Dys et TDAH : ce que l'association change dans l'accompagnement
Savoir que plusieurs troubles coexistent ne sert pas à coller davantage d'étiquettes. Cela permet d'ajuster les priorités, de choisir les bons professionnels et d'éviter que l'enfant ne s'épuise à suivre trop de rendez-vous qui ne se parlent pas.
Hiérarchiser plutôt que tout faire en même temps
Quand un enfant cumule plusieurs difficultés, l'équipe qui le suit choisit souvent de commencer par ce qui le gêne le plus au quotidien, ou par ce qui bloque le reste. La revue de 2013 sur la dyscalculie citée plus haut en donne un exemple : prendre en charge un trouble de l'attention associé peut alléger une partie des difficultés en calcul. Cet ordre se discute avec le médecin et les rééducateurs, et il évolue avec l'enfant.
Traitement médicamenteux : ce qu'il vise, ce qu'il ne vise pas
Il n'existe pas de médicament qui traite un trouble dys en lui-même. Quand un médicament est envisagé, il concerne un trouble associé, comme le TDAH, et sa prescription relève du médecin. Il ne fait pas disparaître la dyslexie ou la dyspraxie, qui demandent leur propre accompagnement.
Une école qui tient compte de tout le profil
Le plan d'accompagnement personnalisé (PAP) s'adresse aux élèves dont les difficultés scolaires durables sont liées à un trouble des apprentissages, voire à plusieurs, et le portail public Mon Parcours Handicap cite les troubles dys et le TDAH parmi les situations concernées. Quand les besoins sont plus importants, le projet personnalisé de scolarisation (PPS) passe par la MDPH. Les aménagements gagnent à couvrir l'ensemble du profil : un tiers-temps aide un élève qui lit lentement, mais un élève qui décroche aura aussi besoin de pauses ou de consignes découpées. Voir la page troubles dys à l'école et la page outils de compensation.
À la maison, moins de combats, plus de repères
Les parents d'un enfant qui cumule plusieurs troubles portent souvent une charge lourde : rendez-vous, devoirs, échanges avec l'école, inquiétude pour l'avenir. Des repères concrets sont proposés sur la page aider son enfant dys, et certaines idées toutes faites qui pèsent sur les familles sont examinées dans la page idées reçues sur les troubles dys.
À retenir
Les troubles dys sont durables : la rééducation et les aménagements visent à progresser et à compenser, pas à guérir.
Un traitement éventuel du TDAH ne remplace pas l'accompagnement du trouble dys, et inversement.
La coordination entre professionnels, école et famille compte autant que chaque intervention prise isolément.
Troubles associés et émotions : quand le cumul pèse sur le moral
Un enfant qui vit avec un ou plusieurs troubles a de nombreuses occasions de se sentir en échec, et la recherche confirme que le moral peut en pâtir. Une méta-analyse de 2019, qui rassemble plus de seize mille participants, montre que les jeunes qui lisent difficilement sont modérément plus anxieux que les autres, l'écart étant moins marqué pour la dépression. Une autre méta-analyse, publiée en 2021, observe davantage de difficultés émotionnelles et comportementales chez les enfants qui ont un trouble du langage ou des apprentissages, et ses auteurs recommandent d'intégrer la dimension socio-émotionnelle à l'évaluation et à l'accompagnement. L'Inserm range de son côté parmi les difficultés fréquentes la peur de mal faire lors des évaluations, le manque de confiance en soi et l'opposition.
Il faut rester prudent sur l'interprétation : ces études ne disent pas que le trouble « provoque » l'anxiété. Le contexte compte beaucoup, notamment les échecs répétés, le regard des autres et la qualité des relations avec les camarades, qui semble jouer un rôle protecteur dans une étude italienne.
La place d'un accompagnement psychologique
Une psychothérapie ne traite pas un trouble dys ni un TDAH. Elle s'adresse au vécu : la honte, la peur de l'erreur, l'évitement, les tensions familiales, l'image de soi abîmée. Au cabinet, l'accompagnement psychologique et psychothérapeutique de l'enfant, de l'adolescent et de ses parents porte sur cette dimension, en lien avec les autres professionnels qui suivent l'enfant. Plusieurs approches peuvent se compléter :
Questions fréquentes sur les dys, le TDAH et les troubles associés
Un enfant peut-il avoir plusieurs troubles dys ?
Oui, et c'est fréquent. D'après l'Inserm, près de 40 % des enfants qui ont un trouble des apprentissages en présentent plus d'un. Une dyslexie ou une dyscalculie va ainsi assez fréquemment de pair avec une dyspraxie ou un trouble de l'attention.
Quel lien entre TDAH et troubles dys ?
Ils appartiennent à la même famille des troubles du neurodéveloppement et partagent une part de leurs facteurs génétiques et cognitifs. Plus de la moitié des enfants avec un TDAH ont aussi un trouble des apprentissages, et, d'après la littérature scientifique, 25 à 40 % des enfants qui ont l'un de ces deux troubles présentent aussi l'autre.
Inattention ou trouble dys : comment faire la différence ?
Un enfant dys peut sembler inattentif parce que lire ou écrire lui demande un effort épuisant. Les professionnels regardent si la difficulté apparaît seulement devant l'écrit ou le calcul, ou aussi dans la vie de tous les jours, et s'appuient sur des tests standardisés. Seul un bilan permet de trancher, et les deux peuvent coexister.
Que veut dire « multidys » ?
C'est un terme d'usage, employé par les familles et les associations, pour désigner une personne qui cumule plusieurs troubles dys. Il ne figure pas dans les classifications internationales, qui décrivent chaque trouble séparément et permettent d'en coder plusieurs.
Trouble dys et autisme peuvent-ils coexister ?
Oui, les deux peuvent se rencontrer chez le même enfant. Les classifications ne décrivent pas ce lien de la même manière, et aucune fréquence suffisamment fiable n'a pu être retenue pour cette page. C'est un bilan pluridisciplinaire qui permet de démêler ce qui revient à chacun.
Quels bilans quand plusieurs troubles sont suspectés ?
Le médecin de l'enfant oriente vers les bilans utiles : orthophonique, psychomoteur ou d'ergothérapie, neuropsychologique. Si le tableau reste complexe ou si les progrès manquent après trois à six mois, la HAS prévoit une évaluation pluridisciplinaire coordonnée, puis le recours à un centre de référence pour les situations les plus difficiles.
Un traitement du TDAH fait-il disparaître un trouble dys ?
Non. Aucun médicament ne traite un trouble dys en lui-même. Un traitement éventuel, décidé par le médecin, concerne le trouble associé ; le trouble dys garde besoin de son propre accompagnement et d'aménagements.
Pourquoi consulter un psychothérapeute quand plusieurs troubles s'associent ?
Les troubles des apprentissages s'accompagnent plus souvent d'anxiété, de perte de confiance et de tensions familiales. Un psychothérapeute ne pose pas le diagnostic et ne rééduque pas le trouble, mais il peut aider l'enfant et ses parents à traverser ce vécu, en lien avec les autres professionnels.
Faire le point sur le vécu de votre enfant
Quand les difficultés se mêlent, l'enfant comme ses parents peuvent se sentir perdus. Un temps d'écoute permet de mettre des mots sur ce qui se joue, de réfléchir aux démarches à engager et de soutenir l'enfant dans ce qu'il traverse, sans se substituer aux bilans médicaux et rééducatifs.
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.