Dyslexie adulte et troubles dys à l'adolescence : études, travail, vie quotidienne
Un trouble dys ne s'arrête pas à la sortie de l'école primaire. La dyslexie adulte, la dyscalculie, la dyspraxie ou la dysphasie changent de visage avec les années : moins de dictées, plus de courriels, de réunions, de formulaires et de concours. Beaucoup d'adolescents et d'adultes ont appris à compenser, parfois au prix d'une grande fatigue. Cette page fait le point sur les études supérieures, la RQTH, l'aménagement du poste, le bilan tardif et l'image de soi, avec un questionnaire d'orientation en 12 questions.
Mis à jour le · Lecture : environ 15 minutes · Avec un questionnaire d'orientation adulte
Le trouble reste, les exigences changent. Les stratégies aussi.
Les troubles dys ne disparaissent pas à l'adolescence
Les troubles dys sont des troubles du neurodéveloppement durables. On ne les « guérit » pas au sens strict : ils restent présents, plus ou moins selon les personnes, et la rééducation aide à progresser ou à contourner ce qui résiste. L'Association américaine de psychiatrie souligne qu'on peut apprendre à vivre avec ce trouble tout au long de la vie, et que certaines personnes ne ressentent une vraie gêne qu'une fois adultes, lorsque les études, le travail et la vie courante deviennent plus exigeants. Un étudiant qui s'en sortait au lycée peut se retrouver débordé par le volume de lecture en première année, un salarié peut buter sur une promotion qui le met soudain face aux tableaux de chiffres.
Les études de suivi vont dans le même sens. Pour la dyscalculie, une étude israélienne a revu des enfants six ans après le diagnostic : 40 % d'entre eux relevaient toujours du diagnostic, et presque tous restaient parmi les élèves les plus en difficulté en arithmétique. Pour le trouble développemental du langage (l'ancienne dysphasie), une cohorte anglaise revue vers 24 ans décrit des trajectoires très diverses. En moyenne, ces jeunes adultes avaient obtenu des diplômes moins élevés et avaient plus souvent bénéficié d'aménagements pendant leurs études. Ils travaillaient aussi souvent que leurs pairs, mais moins fréquemment à temps plein. Une partie d'entre eux, minoritaire mais réelle, avait réussi aussi bien ses études que son insertion professionnelle.
95 %des enfants dyscalculiques suivis figuraient encore, six ans après, parmi le quart des élèves les plus faibles en arithmétique.Shalev et coll., Developmental Medicine and Child Neurology, 2005
25 à 40 %des personnes dyslexiques ont aussi un TDAH, et inversement, selon la littérature.McGrath et Stoodley, Journal of Neurodevelopmental Disorders, 2019
16 ansâge à partir duquel une RQTH peut être demandée à la MDPH (15 ans pour un apprentissage ou un stage).Mon parcours handicap, mise à jour avril 2025
10 ansdurée maximale d'une RQTH accordée pour une durée limitée (de 1 à 10 ans), sauf attribution sans limite.Mon parcours handicap, mise à jour avril 2025
À retenir
Un trouble dys dure toute la vie, mais il se compense et s'aménage.
La gêne peut devenir plus visible au lycée, dans le supérieur ou au travail, quand la charge d'écrit, de chiffres ou d'organisation augmente.
Les parcours d'adultes dys sont très divers : un trouble ne décide pas à lui seul d'un avenir.
Dyslexie adulte et autres dys : ce qui se voit après l'école
À l'âge adulte, les signes ressemblent rarement à ceux de l'enfance. Les fautes de dictée laissent place à des stratégies d'évitement, à une lenteur qu'on cache, à une fatigue qu'on ne s'explique pas. Les exemples ci-dessous sont des situations courantes décrites dans les sources institutionnelles et les supports de formation. Ce ne sont pas des critères de diagnostic.
Dyslexie et dysorthographie
Lecture lente qui épuise, besoin de relire plusieurs fois un document, prise de notes incomplète en réunion ou en cours, courriels écrits puis réécrits par peur des fautes. Beaucoup d'adultes privilégient l'audio, la vidéo ou les explications orales dès qu'ils en ont le choix. Pour les signes et le bilan, voir la page dyslexie et dysorthographie.
Dyscalculie
Rendre la monnaie, calculer un pourcentage de réduction, estimer une durée, lire un horaire, tenir un budget ou retenir un code peuvent devenir des épreuves que l'on contourne. Une revue consacrée à la dyscalculie de l'adulte rappelle que la recherche sur cet âge reste mince, et que sans aide les difficultés en calcul ont tendance à se prolonger après l'école. Pour aller plus loin : la dyscalculie.
Dyspraxie (TDC) et dysgraphie
Écriture manuscrite lente ou douloureuse, maladresse dans les gestes précis, difficultés à s'orienter, à se garer, à organiser un espace de travail, fatigue en fin de journée. Un article de La Revue du Praticien paru en 2020, qui s'appuie sur l'expertise collective de l'Inserm, indique qu'à l'âge adulte moins de six jeunes sur dix ayant ce trouble décrochent leur permis de conduire, quand la proportion atteint 84 % dans l'ensemble de la population. Voir dyspraxie et dysgraphie.
Dysphasie (TDL)
Mots qui manquent, phrases plus courtes que la pensée, fatigue dans les longues conversations ou les réunions à plusieurs voix. À 24 ans, la cohorte anglaise déjà citée montrait que ces jeunes adultes avaient en moyenne moins confiance en eux, se disaient plus timides et se sentaient moins à l'aise avec les autres que les jeunes du même âge. Voir la dysphasie ou trouble développemental du langage.
Et si plusieurs troubles se cumulent ?
C'est fréquent. D'après l'Inserm, près de quatre enfants sur dix ayant un trouble des apprentissages en cumulent plusieurs, et un TDAH accompagne souvent la dyslexie. Chez l'adulte, cette superposition brouille les pistes : une difficulté d'attention peut masquer une dyslexie, ou l'inverse. La page dys et TDAH détaille ces associations et le type de bilan qu'elles appellent.
Troubles dys à l'adolescence : un passage sensible
Au collège et au lycée, la quantité d'écrit augmente, les professeurs se multiplient et le regard des autres compte davantage. Un adolescent peut refuser l'ordinateur en classe parce qu'il ne veut pas paraître différent, même si l'outil l'aide vraiment. Il peut aussi minimiser ses difficultés pour ne pas être « celui qui a un tiers-temps ».
Une méta-analyse publiée en 2019 (Francis et coll.) retrouve chez les personnes qui lisent difficilement un peu plus d'anxiété que chez les autres, et l'écart est moins net pour la dépression. Dans une étude italienne, la différence entre élèves dyslexiques et non dyslexiques apparaissait surtout à l'adolescence, et non pendant l'enfance. Les jeunes qui avaient une faible estime d'eux-mêmes allaient moins bien, alors qu'une bonne entente avec les camarades jouait un rôle protecteur. Les groupes étudiés étaient petits, mais le message rejoint ce que vivent beaucoup de familles : l'entourage et le climat de la classe comptent, pas seulement le trouble.
Aménagements jusqu'au brevet et au baccalauréat
Les aménagements de la scolarité (plan d'accompagnement personnalisé, projet personnalisé de scolarisation) se prolongent au lycée. Pour les examens, la majoration de temps ne dépasse pas, sauf avis médical motivé, le tiers de la durée prévue. D'autres aides peuvent être demandées : ordinateur ou tablette, assistance d'un secrétaire, locaux accessibles. Mieux vaut s'y prendre tôt : la demande peut être déposée dès la quatrième pour le brevet et dès la seconde pour le baccalauréat, et elle doit l'être au plus tard à la date limite d'inscription à l'examen. Le détail des démarches figure sur la page troubles dys à l'école : PAP, PPS et tiers-temps.
Parents d'adolescent : comment rester présent sans tout porter ?
L'adolescence demande de passer progressivement la main. L'élève majeur peut demander lui-même un plan d'accompagnement, et dans le supérieur c'est l'étudiant qui fait ses démarches. Préparer ce passage, c'est l'aider à connaître son propre fonctionnement, à savoir expliquer ce qui l'aide et à oser le demander. La page aider son enfant dys propose des repères pour la vie de famille.
Stratégies de compensation : une ressource, et un coût
Compenser, c'est trouver un autre chemin pour arriver au même résultat. Certaines stratégies sont choisies et outillées : synthèse vocale, dictée, correcteur, calculatrice, schémas, rappels dans l'agenda. La page outils de compensation dys présente ces aides. Le bon outil dépend de chacun, et l'orthophoniste ou l'ergothérapeute aident à le trouver. D'autres stratégies se construisent seules, au fil des années : apprendre un texte par cœur pour ne pas avoir à le lire à voix haute, éviter les postes où il faut écrire, faire relire chaque message par un proche.
Ces stratégies sont souvent ingénieuses. Elles ont pourtant un prix quand elles reposent sur l'effort permanent ou sur l'évitement. Le support de formation du FIPHFP sur les troubles dys au travail évoque des horaires pensés pour ménager la fatigue, et la stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement prévoit de mieux faire connaître les dispositions scolaires qui tiennent compte de la fatigabilité des élèves, dys compris. Une compensation très efficace peut aussi retarder le repérage du trouble : tant que « ça tient », personne ne pense à un bilan.
Un cercle souvent décrit par les adultes qui compensent seuls : le résultat est là, la fatigue aussi, et personne ne voit le prix payé.
À retenir
Compenser n'est pas tricher, ni renoncer à progresser. L'enjeu est de passer d'une compensation qui épuise à une compensation choisie, outillée et reconnue, à l'école comme au travail.
Troubles dys et études supérieures : les aménagements à l'université
Universités et écoles sont tenues par la loi d'être accessibles, aussi bien pour les bâtiments que pour les cours, les outils numériques et la vie de campus. Pour un étudiant dys, les aménagements peuvent prendre plusieurs formes : une personne qui l'épaule (prise de notes par un autre étudiant, tutorat), du matériel (ordinateur, synthèse vocale, correcteur orthographique) ou une organisation différente (emploi du temps revu, études réparties sur plus d'années). Il n'est pas nécessaire d'avoir constitué un dossier à la MDPH pour y prétendre.
Contacter la mission ou le référent handicapChaque université ou école en a un. C'est la porte d'entrée, idéalement dès l'inscription.
Rencontrer le médecinUn médecin, celui du service de santé étudiante ou un médecin agréé, donne son avis sur les besoins. Les bilans passés, même anciens, peuvent être utiles.
Recevoir son plan d'accompagnementC'est l'établissement qui arrête les aménagements. Ils sont écrits noir sur blanc dans un document appelé plan d'accompagnement de l'étudiant handicapé (PAEH).
Préparer examens et concoursDepuis janvier 2022, un candidat peut garder pour ses concours les aménagements dont il disposait au baccalauréat. Une circulaire de février 2023 encadre les examens et concours, une autre de juillet 2024 l'ensemble du parcours.
Quels textes encadrent ces droits ?
Le portail public Mon parcours handicap cite l'article L. 112-4 et les articles D. 613-26 à D. 613-30 du code de l'éducation, une circulaire de février 2023 consacrée aux examens et concours, et une autre de juillet 2024 qui couvre tout le parcours, de l'orientation après le bac jusqu'à l'insertion professionnelle. Les aménagements accordés pour un cycle complet, par exemple toute une licence, peuvent être revus en cours de route si les besoins changent.
Faut-il dire à ses enseignants que l'on est dys ?
Rien n'oblige à raconter son histoire à chaque enseignant. Le circuit passe par la mission handicap et le médecin, et les enseignants reçoivent surtout la liste des aménagements à appliquer. Certains étudiants préfèrent en parler directement, parce que cela facilite les échanges ; d'autres non. Les deux choix se défendent.
Dys au travail : RQTH, aménagement de poste et choix d'en parler
La RQTH
La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé se demande à la MDPH, dont la commission (CDAPH) rend la décision, en général à partir de 16 ans. Elle est attribuée pour une période de 1 à 10 ans, ou définitivement quand la situation n'a pas de raison d'évoluer. Le renouvellement, lui, se redemande. La RQTH ne donne droit à aucune somme d'argent. Elle permet en revanche d'obtenir un poste ou des horaires aménagés, d'être suivi par Cap emploi, France Travail ou une mission locale, et de solliciter les aides de l'Agefiph (secteur privé) ou du FIPHFP (fonction publique). Le formulaire à remplir est le Cerfa n° 15692*01.
L'aménagement du poste
Adapter le poste fait partie des obligations de l'employeur, que le salarié ait une reconnaissance de handicap ou non. La reconnaissance devient indispensable seulement pour obtenir des financements. Le médecin du travail est lié par le secret médical : il ne communique rien de votre santé à l'employeur. Dans les exemples du FIPHFP, l'idée est de donner des outils à la personne plutôt que de lui enlever des missions : documents visuels pendant les réunions, logiciels adaptés, temps de pause prévus dans la journée, quelques jours de télétravail pour limiter la fatigue des trajets.
Faut-il parler de son trouble dys à son employeur ?
C'est un choix personnel. L'Agefiph rappelle que la RQTH reste confidentielle : la personne décide seule si elle la mentionne, à son employeur d'aujourd'hui comme à un futur recruteur, et ni ses responsables ni ses collègues n'ont à en être tenus au courant. En parler peut faciliter un aménagement et dissiper des malentendus (« il est lent », « elle ne lit jamais ses messages »). Se taire peut protéger d'un regard qu'on redoute. Le médecin du travail est un interlocuteur utile pour réfléchir à ce choix sans s'exposer.
Les étapes d'un aménagement de poste
Faire connaître sa situation, d'abord au médecin traitant ou au médecin du travail, sans attendre que les choses se dégradent.
Analyser le poste avec le médecin du travail, parfois un ergonome ou Cap emploi, une fois l'employeur informé : quelles tâches coûtent le plus ?
Chercher des pistes : matériel ou logiciel, organisation des tâches ou du temps de travail, voire changement de poste.
Mettre la solution en place. Si elle a un coût, des aides financières peuvent être demandées, à condition d'avoir une reconnaissance administrative du handicap.
Faire le point dans la durée, et revoir le médecin du travail si de nouvelles difficultés apparaissent.
D'après le portail Mon parcours handicap, page sur la compensation du handicap dans l'emploi.
Concours, formation, reconversion : des droits aussi
Avec une RQTH, on peut passer un concours aménagé ou être recruté par contrat dans la fonction publique, être prioritaire pour certaines formations financées par le compte personnel de formation, et faire un bilan de compétences adapté. Le support du FIPHFP signale en outre une plateforme qui prête du matériel pendant quelques mois, le temps d'une formation ou pour garder son emploi. Un trouble dys ne ferme donc pas la porte aux études ni aux métiers exigeants, comme le rappelle la page idées reçues sur les troubles dys.
Diagnostic tardif : faire un bilan dys à l'âge adulte
On peut découvrir un trouble dys à 20, 35 ou 50 ans. Souvent, la question surgit au moment où un enfant de la famille est diagnostiqué, lors d'une reprise d'études, d'un concours raté de peu ou d'un changement de poste. Les classifications retiennent que les difficultés ont commencé pendant la scolarité, même si leur retentissement n'éclate parfois que bien plus tard. Retrouver des bulletins, d'anciens bilans ou des souvenirs précis de l'école aide donc à reconstituer l'histoire.
Par où commencer ?
Le premier interlocuteur est le médecin traitant, qui peut orienter vers le bon professionnel. Selon la réponse d'un conseiller de l'Assurance maladie publiée en 2024, le bilan et les séances d'orthophonie sont pris en charge lorsqu'ils sont prescrits par un médecin. Selon le trouble suspecté, d'autres bilans peuvent compléter : bilan neuropsychologique, bilan en ergothérapie ou en psychomotricité pour la dyspraxie. Les recommandations internationales de 2019 sur le trouble développemental de la coordination ont d'ailleurs été les premières à inclure des repères pour les adolescents et les adultes. La page bilan des troubles dys : qui consulter détaille le rôle de chacun, et la page bilans présente plus largement les évaluations psychologiques.
Un bilan sérieux vérifie aussi que les difficultés ne s'expliquent pas mieux autrement : un problème de vue ou d'audition, une souffrance psychique importante, un contexte de vie ou d'apprentissage très défavorable dans l'enfance. On ne parle de trouble dys qu'après avoir écarté ces pistes. Le TDAH, lui, n'exclut pas un trouble dys : les deux coexistent souvent, et le bilan cherche à faire la part de chacun.
Ce que change un diagnostic à l'âge adulte
Pour certains, c'est d'abord un soulagement : « je n'étais donc pas paresseux ». Pour d'autres, viennent de la colère contre un système qui n'a rien vu, de la tristesse pour les années perdues, ou des questions sur l'avenir. Ces réactions sont fréquentes et méritent un espace où elles peuvent être dites. Le diagnostic ouvre aussi des droits concrets, dans les études comme au travail.
Les tests en ligne suffisent-ils ?
Non. Un questionnaire en ligne, y compris celui de cette page, aide à formuler des questions. Il ne remplace pas un bilan par des professionnels, qui repose sur des épreuves étalonnées, un entretien et l'histoire de la personne. Le site propose d'autres tests en ligne d'orientation, avec la même prudence.
Estime de soi chez l'adulte dys : réparer l'image construite à l'école
Des années de copies rougies, de remarques sur la lenteur ou de comparaisons laissent des traces. La revue sur la dyscalculie de l'adulte avance l'hypothèse que des échecs accumulés pendant la scolarité peuvent favoriser des symptômes dépressifs, tout en notant que cette idée demande encore à être confirmée. Pour l'Association américaine de psychiatrie, un trouble qui n'est ni repéré ni accompagné expose davantage à la détresse psychique, au chômage ou à un emploi en dessous de ses capacités. Une vaste enquête canadienne menée auprès d'adultes a aussi relevé plus de tentatives de suicide chez les personnes ayant un trouble des apprentissages ; les épreuves vécues dans l'enfance expliquaient une grande partie de ce lien, et la dépression y jouait aussi un rôle. Ces données parlent de risques moyens, pas de destins : beaucoup d'adultes dys vont bien.
Un accompagnement psychologique et psychothérapeutique ne traite pas le trouble dys lui-même, qui relève de la rééducation et des aménagements. Il s'adresse à ce que le trouble a fait vivre : la honte, l'anxiété de performance, la peur d'être « démasqué », l'épuisement, la colère. La page anxiété et estime de soi approfondit ces questions, et la page pourquoi consulter un psychothérapeute explique ce qu'on peut en attendre.
Plusieurs approches, des preuves à nuancer
Les thérapies cognitives et comportementales
Les TCC travaillent l'anxiété, l'évitement et les pensées du type « je suis nul ». En 2026, une revue systématique consacrée aux aides visant l'estime de soi des personnes ayant un trouble des apprentissages n'a pu retenir que huit études, dont les conclusions vont dans des directions variées. La prudence reste donc de mise. La page troubles dys et TCC en dit plus.
L'EMDR, quand des souvenirs douloureux restent vifs
Depuis 2013, l'OMS recommande l'EMDR dans le traitement de l'état de stress post-traumatique, à tout âge : enfants, adolescents et adultes. Elle ne fait pas disparaître une dyslexie. Elle peut se discuter quand des humiliations scolaires ou un harcèlement ont laissé des souvenirs qui reviennent et font souffrir. Voir EMDR et troubles dys et EMDR et estime de soi.
La psychothérapie d'inspiration analytique
La psychanalyse et les psychothérapies qui s'en inspirent offrent un lieu pour mettre en mots l'histoire du trouble : la place prise dans la famille, le sentiment d'être à part, ce qui s'est noué à l'école. Les études sont encourageantes pour la dépression de l'adolescent, plus rares pour l'anxiété, et presque absentes pour les troubles dys en particulier.
À retenir
La psychothérapie ne soigne pas le trouble dys, elle aide à vivre avec et à se réapproprier son histoire.
Les études comparant ces approches chez les personnes dys manquent encore ; le choix se fait surtout selon la demande de chacun.
Questionnaire d'orientation adulte : test dys en 12 questions
Ce questionnaire original vous aide à repérer, en quelques minutes, les domaines où vous ressentez le plus de gêne et le poids que cela prend dans votre vie. Il regroupe quatre thèmes de trois questions. Répondez en pensant aux six derniers mois. Aucune réponse n'est enregistrée ni transmise : tout reste dans votre navigateur et disparaît quand vous fermez la page.
Ce n'est pas un test de dyslexie adulte ni un diagnostic. Il ne remplace pas un bilan par des professionnels.
Votre profil du moment
Rappel : ce profil reflète un moment et des réponses simples. Il ne dit pas si vous avez un trouble dys : la fatigue, le stress, une anxiété, un TDAH ou d'autres situations peuvent donner des réponses proches. Il ne remplace pas un bilan par des professionnels. Si vous pensez au suicide, appelez le 3114, gratuit, 24 h sur 24, ou le 15 ou le 112 en cas de danger immédiat.
Ressources d'aide
Si la fatigue, la honte ou le découragement deviennent trop lourds, vous n'avez pas à attendre un bilan pour demander de l'aide.
3114 : numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, ouvert aussi à l'entourage ;
15 (Samu) ou 112 (numéro d'urgence européen) en cas de danger immédiat ;
votre médecin traitant, pour un premier avis et une orientation vers un bilan ;
la mission handicap de votre établissement, le médecin du travail ou Cap emploi pour les études et l'emploi ;
la Fédération française des Dys et ses associations membres, pour rencontrer d'autres personnes concernées.
Questions fréquentes sur les troubles dys chez l'adolescent et l'adulte
Peut-on être diagnostiqué dys à l'âge adulte ?
Oui. Un trouble dys commence pendant l'enfance, mais il peut passer inaperçu longtemps, surtout quand la personne compense bien. La gêne devient parfois évidente dans le supérieur ou au travail, quand les exigences augmentent. Le médecin traitant oriente vers les bilans adaptés, orthophonique le plus souvent, et selon les cas neuropsychologique, en ergothérapie ou en psychomotricité.
Quels signes chez un adulte dyslexique ?
Une lecture lente et fatigante, le besoin de relire plusieurs fois, une prise de notes difficile, des fautes d'orthographe tenaces et souvent l'évitement de l'écrit au profit de l'audio ou de la vidéo. Ces signes peuvent avoir d'autres causes : seul un bilan permet de conclure.
Les troubles dys disparaissent-ils à l'adolescence ?
Non. Les troubles dys sont durables. Ils évoluent, se compensent et s'aménagent, mais ne disparaissent pas au sens strict. L'adolescence est même une période sensible, avec plus d'écrit, plus d'enjeux d'examen et un regard des autres qui compte davantage.
Quels aménagements à l'université ?
Selon les besoins : quelqu'un pour prendre des notes ou un tutorat, un ordinateur ou une synthèse vocale, un emploi du temps revu ou des études étalées sur plus d'années, sans oublier les aménagements d'examen. La démarche commence auprès de la mission ou du référent handicap de l'établissement, sans passer forcément par la MDPH. Les aménagements retenus sont consignés dans le PAEH de l'étudiant.
Peut-on demander une RQTH pour un trouble dys ?
Oui. Le dossier se dépose à la MDPH, en général à partir de 16 ans, et sa commission (CDAPH) statue après examen. La reconnaissance vaut de 1 à 10 ans, ou sans échéance quand la situation est durablement stable. Elle facilite l'aménagement du poste, le suivi par Cap emploi et le recours aux aides de l'Agefiph ou du FIPHFP.
Faut-il parler de son trouble à son employeur ?
Ce n'est pas une obligation. La RQTH est confidentielle, rappelle l'Agefiph, et la décision d'en parler appartient à la personne elle-même. En parler peut faciliter un aménagement ; le médecin du travail, tenu au secret, peut aider à réfléchir à ce choix.
Un bilan dys est-il pris en charge chez l'adulte ?
Le bilan et les séances d'orthophonie sont pris en charge par l'Assurance maladie lorsqu'ils sont prescrits par un médecin. Pour les autres bilans, les conditions varient selon le professionnel et le lieu d'exercice : mieux vaut se renseigner avant de prendre rendez-vous.
Une psychothérapie peut-elle aider un adulte dys ?
Elle ne traite pas le trouble lui-même, qui relève de la rééducation et des aménagements. Elle peut aider à apaiser l'anxiété de performance, à sortir de l'évitement, à retrouver confiance et à faire la paix avec des souvenirs d'école douloureux. Les preuves propres aux personnes dys restent limitées.
Un espace pour parler de ce que le trouble vous fait vivre
Que le trouble ait été repéré tôt, tard ou pas encore, ce qu'il a laissé dans votre façon de vous voir mérite d'être entendu. Un accompagnement psychologique et psychothérapeutique peut aider les adolescents et les adultes à traverser l'épuisement, l'anxiété ou une image de soi abîmée, en lien avec les autres professionnels qui les suivent.
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.