Bilan des troubles dys : qui consulter, dans quel ordre, avec quels tests ?
Orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, neuropsychologue, médecin, orthoptiste : quand on soupçonne un trouble dys, la liste des professionnels donne vite le vertige. Le bilan des troubles dys suit pourtant une logique simple, presque une carte routière. Cette page la déplie étape par étape, pour savoir par où commencer, ce que chaque bilan mesure et comment lire le compte rendu qui arrive à la fin.
Mise à jour : 21 octobre 2026. Lecture : environ 15 minutes.
Bilan des troubles dys : l'essentiel en un coup d'œil
Un trouble dys ne se lit pas dans un seul examen. Le diagnostic naît du croisement de plusieurs regards : celui de l'enseignant qui voit l'enfant apprendre chaque jour, celui du médecin qui écarte d'autres explications, celui des professionnels qui mesurent précisément une compétence avec des épreuves étalonnées. Si vous découvrez le sujet, la page les troubles dys pose les bases avant d'entrer dans le détail du parcours.
- 3niveaux de recours dans le parcours décrit par la Haute Autorité de santé
- 3 à 6mois d'aide pédagogique ciblée avant de solliciter le médecin, si la difficulté n'est pas sévère d'emblée
- ≈ 8 %de la population concernée par un trouble dys, selon la stratégie nationale 2023-2027
- ≈ 40 %des enfants qui ont un trouble des apprentissages en cumulent plusieurs
Sources : synthèse de la HAS sur le parcours de santé (décembre 2017, diffusée en janvier 2018) ; dossier de presse de la stratégie nationale TND 2023-2027 ; fiche Santé.fr rédigée avec l'Inserm sur les troubles spécifiques des apprentissages.
- L'école agit en premier : des aides ciblées, régulières, en petit groupe, dont on observe l'effet.
- Si la difficulté résiste, le médecin de l'enfant devient le chef d'orchestre : il examine, écarte d'autres causes, prescrit les bilans utiles.
- Chaque professionnel explore un domaine précis. Le diagnostic final se construit à partir de l'ensemble.
- Un trouble dys n'exclut pas un autre trouble : quand plusieurs domaines sont touchés, une équipe pluridisciplinaire prend le relais.
Par qui commencer quand on suspecte un trouble dys ?
La tentation est grande de prendre directement rendez-vous chez un spécialiste. Le parcours recommandé en France propose un ordre différent, qui a du sens : avant de parler de trouble, on vérifie que l'enfant a bénéficié d'un enseignement adapté à ses besoins, et on regarde comment il y répond.
- 1. Observer et aider en classeRalentissement en lecture, calcul laborieux, écriture pénible, consignes mal comprises : l'enseignant propose une aide différenciée, explicite et intensive, souvent en petit groupe, et note les progrès. Un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) peut formaliser ce soutien.
- 2. Faire le point après quelques moisSi les difficultés persistent après trois à six mois de cette aide, ou si elles sont sévères dès le départ, ou encore si elles retentissent sur la vie de l'enfant à l'école et avec les autres, la HAS recommande de solliciter un médecin.
- 3. Consulter le médecin de l'enfantMédecin traitant ou pédiatre, en lien avec le médecin de PMI jusqu'à la fin de la moyenne section, puis avec le médecin de l'Éducation nationale dès la grande section de maternelle. Il recueille l'histoire de l'enfant, vérifie la vue et l'audition, examine, puis oriente vers les bilans adaptés.
- 4. Réaliser les bilans prescritsOrthophonie le plus souvent, et selon les signes psychomotricité, ergothérapie, neuropsychologie, examen ORL ou ophtalmologique.
- 5. Revenir vers le médecin pour la synthèseC'est lui qui rassemble les comptes rendus, pose ou confirme le diagnostic, et décide s'il faut aller plus loin.
Et si l'école ne repère rien alors que vous êtes inquiet ?
Vos observations comptent. Vous voyez votre enfant faire ses devoirs, lire le soir, chercher ses mots à table. Vous pouvez en parler directement au médecin traitant ou au pédiatre, sans attendre un signal de l'école. Apportez des exemples concrets : un cahier, une dictée, le temps passé sur une page de lecture. Le médecin pourra demander l'avis de l'enseignant et du médecin scolaire.
Pourquoi ne pas foncer tout de suite vers un bilan complet ?
Parce qu'un trouble dys se définit en partie par sa persistance. Le DSM-5, le manuel diagnostique de l'Association américaine de psychiatrie, retient des difficultés présentes depuis au moins six mois malgré une aide ciblée. Un enfant qui progresse nettement dès qu'on l'accompagne mieux n'a probablement pas de trouble durable. Ce temps d'observation n'est donc pas une perte de temps : il fait partie du raisonnement diagnostique. Il ne doit pas non plus devenir une attente sans fin, d'où l'intérêt de fixer un point d'étape avec l'enseignant.
Le parcours de bilan en trois niveaux
La Haute Autorité de santé a organisé le parcours des enfants présentant des troubles spécifiques du langage et des apprentissages, que l'on appelle couramment troubles dys, en trois niveaux. Chaque niveau répond à une situation plus complexe que le précédent, sans rien dire de la valeur de l'enfant.
- Niveau 1 : la proximité
Le médecin de l'enfant, avec l'orthophoniste et, selon les besoins, un psychomotricien ou un ergothérapeute. C'est le niveau des situations simples, qui peuvent être suivies près de chez soi.
- Niveau 2 : l'équipe pluridisciplinaire
Un médecin spécialisé dans ces troubles pilote le projet de soins, entouré de psychologues, dont un psychologue spécialisé en neuropsychologie, et de rééducateurs formés. La HAS y oriente l'enfant lorsque plusieurs professionnels doivent travailler ensemble, lorsque le diagnostic s'avère délicat, lorsque d'autres troubles viennent s'ajouter, y compris sur le plan émotionnel ou du comportement, ou lorsque la première prise en charge n'a pas suffi.
- Niveau 3 : les centres de référence
Les centres de référence des troubles du langage et des apprentissages (CRTLA), rattachés aux centres hospitaliers universitaires, reçoivent les enfants dont la scolarité et la vie sociale restent très perturbées malgré le travail mené au niveau 2. Ils ont aussi une mission de recherche et de formation.
Quand la situation est simple, le niveau 1 suffit. Être orienté vers le niveau 2 ne veut pas dire que « c'est grave » : la situation demande simplement plusieurs regards qui se coordonnent. À chaque niveau, les parents sont associés au parcours. La HAS prévoit de leur remettre des explications écrites sur les troubles et de leur faire connaître les associations de familles.
Qui consulter pour un trouble dys : le rôle de chaque professionnel
Chaque métier regarde l'enfant sous un angle particulier. Les fiches ci-dessous résument ce que chacun évalue et ce que vous pouvez en attendre. Elles décrivent les rôles tels que les présentent les organismes publics, sans entrer dans les pratiques propres à tel ou tel lieu de soin.
Le médecin
Médecin traitant, pédiatre, médecin de PMI, médecin de l'Éducation nationale, parfois neuropédiatre ou médecin spécialisé dans les troubles des apprentissages. Il fait le lien entre tous les intervenants, recherche une autre cause possible (problème de vue ou d'audition, maladie neurologique, déficience intellectuelle, difficultés de vie), prescrit les bilans et pose le diagnostic à partir de l'ensemble des éléments.
L'orthophoniste
C'est l'interlocuteur central pour la dyslexie et la dysorthographie, la dysphasie et la dyscalculie. Son bilan explore la lecture (exactitude, vitesse, compréhension), l'orthographe, le langage oral, la conscience des sons et, pour les nombres, la cognition mathématique. Il propose ensuite une rééducation si elle est indiquée.
Le psychomotricien
Il évalue la motricité globale et fine, l'équilibre, le schéma corporel, l'organisation dans l'espace et le temps, la qualité du geste d'écriture. Son regard est précieux quand on pense à une dyspraxie ou une dysgraphie, ou quand le corps semble « freiner » les apprentissages.
L'ergothérapeute
Il observe comment l'enfant réalise les activités concrètes : écrire, découper, s'habiller, ranger son cartable, utiliser une règle. Il évalue la lisibilité et la vitesse d'écriture, puis réfléchit avec la famille et l'école aux outils de compensation, comme le passage au clavier.
Le neuropsychologue
Psychologue spécialisé en neuropsychologie, il étudie les fonctions qui servent à tous les apprentissages : attention, mémoire de travail, planification, flexibilité, traitement visuo-spatial, raisonnement. Son bilan aide à comprendre un profil, à repérer une autre explication ou un trouble associé comme un TDAH. Dans les équipes spécialisées, la HAS demande que l'évaluation suive toujours cette démarche neuropsychologique.
Ophtalmologiste, orthoptiste, ORL
Avant de conclure à un trouble dys, il faut s'assurer qu'un problème de vue ou d'audition n'explique pas les difficultés. L'ophtalmologiste et l'orthoptiste regardent la vision et la façon dont les yeux travaillent ensemble, l'ORL vérifie l'audition, notamment après des otites à répétition. Rappel utile : la dyslexie n'est pas un trouble de la vue, même si une vision mal corrigée peut gêner la lecture.
Le pédopsychiatre
Il intervient quand des difficultés affectives, anxieuses ou de comportement persistent malgré le soutien de l'entourage, ou quand un autre trouble du neurodéveloppement est envisagé. Le site présente aussi une page dédiée à la pédopsychiatrie.
Le psychologue ou le psychothérapeute
Il ne pose pas le diagnostic d'un trouble dys et ne fait pas de rééducation. Son rôle porte sur ce que le trouble fait vivre : découragement, anxiété face à l'école, colères autour des devoirs, fatigue des parents. Cette dimension est détaillée dans la page pourquoi consulter un psychologue ou un psychothérapeute.
Quels tests pour quel bilan ?
Le mot « test » inquiète souvent les enfants comme les parents. Dans un bilan, il désigne des épreuves standardisées, présentées de la même façon à tous les enfants, dont les résultats sont comparés à ceux d'enfants du même âge ou du même niveau scolaire. C'est ce qu'on appelle l'étalonnage. Pour les équipes spécialisées, la HAS exige des outils normés, dont l'étalonnage correspond bien à la population évaluée.
| Bilan | Ce qui est exploré | Quand on y pense |
|---|---|---|
| Orthophonique, langage écrit | Lecture de mots et de textes, vitesse, compréhension, orthographe, conscience des sons | Lecture lente ou hachée, fautes tenaces, refus de lire |
| Orthophonique, langage oral | Articulation, vocabulaire, construction des phrases, compréhension, récit | Enfant peu compréhensible, phrases courtes, consignes mal saisies |
| Orthophonique, cognition mathématique | Sens du nombre, comptage, calcul, résolution de problèmes | Comptage sur les doigts qui dure, faits numériques non retenus |
| Psychomoteur | Coordination, équilibre, motricité fine, graphisme, repérage spatial | Maladresse marquée, apprentissage difficile des gestes nouveaux |
| Ergothérapique | Gestes du quotidien, écriture (lisibilité, vitesse, fatigue, douleur), besoins en outils | Écriture pénible, lenteur pour copier, gestes scolaires coûteux |
| Neuropsychologique | Attention, mémoire, fonctions exécutives, traitement visuo-spatial, efficience intellectuelle | Plusieurs domaines touchés, doute diagnostique, suspicion de trouble associé |
| Vue et audition | Acuité visuelle, vision binoculaire, audition | Systématiquement à vérifier, plus encore en cas de plainte visuelle ou d'otites |
Peut-on connaître le nom des tests utilisés ?
Oui, et un compte rendu sérieux les mentionne. Pour la coordination motrice, par exemple, la littérature cite des batteries comme la M-ABC-2, et pour l'écriture une échelle comme le BHK, qui existe en version française. Ces outils sont réservés aux professionnels formés : les reproduire en ligne n'aurait pas de sens, car leur valeur tient à une passation contrôlée et à un étalonnage précis. Aucun test ne fait à lui seul le diagnostic : un score bas doit être relié au retentissement dans la vie de l'enfant et à son histoire.
Un bilan dure combien de temps ?
Cela varie selon le professionnel, l'âge de l'enfant, sa fatigabilité et le nombre de domaines à explorer. Certains bilans tiennent en une séance, d'autres demandent plusieurs rendez-vous. Le plus simple est de poser la question au moment de la prise de rendez-vous, en même temps que celle du délai de remise du compte rendu.
Pourquoi le médecin demande-t-il parfois une évaluation de l'efficience intellectuelle ?
Les classifications internationales précisent qu'un trouble des apprentissages ne s'explique pas par une déficience intellectuelle. Mesurer le fonctionnement intellectuel global aide donc à interpréter les autres résultats. Ce résultat ne dit rien de la valeur de l'enfant et ne prédit pas son avenir. Il complète le tableau et fait souvent apparaître, à côté des fragilités, des points forts sur lesquels s'appuyer.
Plateforme de coordination et d'orientation, centre de référence : à quoi servent-ils ?
Les plateformes de coordination et d'orientation (PCO)
Quand un enfant montre des signes évoquant un trouble du neurodéveloppement, une PCO coordonne ses premiers bilans et ses premières prises en charge, sans exiger que le diagnostic soit déjà posé. Réservées au départ aux moins de 7 ans, ces plateformes s'ouvrent aux 7 à 12 ans depuis une circulaire du 23 septembre 2021, avec un déploiement encore inégal selon les départements. La demande passe toujours par un médecin, qu'il s'agisse du médecin traitant, du pédiatre, du médecin scolaire ou de celui de la PMI.
Pour les familles, l'avantage est concret. Dès que la plateforme a validé le parcours, les psychomotriciens, ergothérapeutes et psychologues qui travaillent sous contrat avec elle sont payés grâce à un forfait, et la famille n'a rien à avancer. Santé.fr range les troubles dys parmi les situations concernées, mais chaque territoire s'organise à sa façon : le médecin de l'enfant saura vous dire si une PCO peut être sollicitée.
Les centres de référence des troubles du langage et des apprentissages (CRTLA)
Installés dans les CHU, ils représentent le troisième niveau du parcours. Leurs équipes très spécialisées interviennent en dernier recours, après un premier parcours de bilans. L'accès se fait sur orientation médicale, et mieux vaut arriver avec tous les comptes rendus déjà obtenus.
Une famille ne peut pas s'adresser seule à une PCO ou à un CRTLA : c'est le médecin qui oriente. Les associations de familles, comme celles réunies au sein de la Fédération française des Dys, peuvent aussi renseigner sur les ressources de votre région.
Préparer le bilan : documents, enfant, rendez-vous
Un bilan bien préparé est plus riche et plus confortable pour l'enfant. Voici une liste pratique, à adapter à votre situation.
Les documents à rassembler
- Le carnet de santé, avec les étapes du développement (premiers mots, marche) et les antécédents d'otites.
- Les bulletins scolaires des dernières années et quelques cahiers ou évaluations récents.
- Les comptes rendus de bilans antérieurs, même anciens.
- Les observations écrites de l'enseignant, si possible. Pour les 7 à 12 ans, des livrets officiels de repérage des troubles du neurodéveloppement comportent un volet à remplir par la famille et un autre par l'enseignant : le médecin peut s'en servir.
- Les lunettes ou appareils auditifs, s'il en porte.
Comment en parler à l'enfant
Des mots simples suffisent : « Nous allons voir quelqu'un qui connaît bien la façon dont le cerveau apprend à lire, à compter ou à écrire. Il va te proposer des jeux et des exercices pour comprendre ce qui est facile et ce qui est difficile pour toi. » Insistez sur un point : il ne s'agit pas d'un examen qu'on réussit ou qu'on rate. Beaucoup d'enfants sont soulagés d'apprendre qu'on cherche à comprendre leurs difficultés plutôt qu'à les juger. La page aider son enfant dys donne d'autres pistes pour ces échanges.
Le jour du rendez-vous
- Choisissez si possible un créneau où l'enfant n'est pas épuisé.
- Prévoyez un goûter et de l'eau pour les bilans longs.
- Notez à l'avance vos questions et les exemples concrets qui vous inquiètent.
- Demandez comment se passera la restitution des résultats et quand vous recevrez le compte rendu écrit.
Comprendre le compte rendu de bilan
Le compte rendu arrive parfois chargé de chiffres, de sigles et de termes techniques. Quelques clés permettent de s'y retrouver et de poser les bonnes questions lors de la restitution.
Le centile, une notion qui fait peur pour rien
Un résultat exprimé en centile situe l'enfant parmi des enfants du même âge. Un score au 25e centile signifie qu'environ un quart des enfants de cet âge obtiennent un résultat inférieur ou égal. Les seuils retenus pour parler de difficulté significative varient selon les épreuves et les professionnels. À titre indicatif, l'International Dyslexia Association, dans son commentaire du DSM-5, estime qu'un score sous le 16e centile peut faire penser à un trouble des apprentissages, et qu'un score sous le 7e centile le rend plus probable. Elle ajoute que toute limite de ce genre reste arbitraire et que le jugement clinique passe avant les chiffres.
50e centile : l'enfant se situe au milieu des enfants de son âge, la moitié fait moins bien, la moitié fait mieux.
Ce qu'un bon compte rendu contient
- Le motif de la demande et l'histoire de l'enfant.
- Les épreuves utilisées, avec leurs résultats et leur étalonnage.
- Une analyse qualitative : comment l'enfant s'y prend, ses stratégies, sa fatigue, son attitude face à l'erreur.
- Une conclusion qui relie les résultats aux difficultés observées.
- Des propositions : rééducation, autres bilans, adaptations à l'école.
Les questions à poser lors de la restitution
- Quels sont ses points forts, sur lesquels on peut s'appuyer ?
- Les difficultés relevées sont-elles suffisantes pour parler de trouble, ou faut-il d'autres examens ?
- Quels conseils concrets pour la classe et pour la maison ?
- Faut-il prévoir un nouveau bilan, et dans quel délai approximatif ?
- À qui transmettre ce compte rendu, et sous quelle forme ?
Faut-il transmettre le compte rendu à l'école ?
Le compte rendu vous appartient et vous décidez de ce que vous partagez. Pour la mise en place d'un plan d'accompagnement personnalisé, c'est le médecin de l'Éducation nationale qui rend un avis à partir des éléments médicaux : les enseignants ont surtout besoin des conséquences pratiques, pas du détail des scores. Les démarches sont détaillées dans la page aménagements scolaires, PAP et PPS.
« Le bilan dit que tout est normal, mais il souffre toujours. »
Cela arrive. Un bilan peut ne pas retrouver de trouble dys alors que l'enfant reste en difficulté. D'autres pistes se discutent alors avec le médecin : un trouble de l'attention, une anxiété qui paralyse les apprentissages, une fatigue liée au sommeil, un contexte de vie difficile. L'inverse existe aussi : un enfant très compensé peut obtenir des scores proches de la moyenne au prix d'efforts épuisants. La lenteur et la fatigue décrites par l'enfant méritent alors d'être entendues.
Après le bilan : rééducation, école et accompagnement
Le diagnostic n'est pas une fin en soi. Il ouvre des portes concrètes, et il change souvent le regard que l'enfant porte sur lui-même : il n'est ni paresseux ni moins intelligent, il apprend autrement.
- La rééducation : orthophonie, psychomotricité ou ergothérapie selon le trouble, avec un rythme et une durée ajustés à chaque enfant et réévalués régulièrement. Aucune méthode ne fait disparaître un trouble dys : la rééducation aide à progresser et à compenser.
- L'école : plan d'accompagnement personnalisé (PAP) sans passer par la MDPH, ou projet personnalisé de scolarisation (PPS) quand une reconnaissance de handicap est nécessaire. Voir après le bilan, l'école.
- Les outils : ordinateur, synthèse vocale, supports adaptés, choisis avec l'orthophoniste ou l'ergothérapeute. Voir les outils de compensation.
- Le soutien psychologique : la fiche de Santé.fr rédigée avec l'Inserm indique qu'un accompagnement psychologique rend souvent service, aux côtés de la rééducation. Les approches possibles sont présentées dans les pages anxiété et estime de soi, troubles dys et TCC et troubles dys et EMDR.
Le bilan donne une photographie à un moment donné. L'enfant grandit, les exigences scolaires changent, la rééducation produit ses effets : des bilans de suivi permettent d'ajuster le projet au fil des années.
Bilan des troubles dys à l'adolescence et à l'âge adulte
Un trouble dys peut passer inaperçu pendant l'enfance, surtout quand l'enfant compense par beaucoup de travail. Il se révèle parfois au lycée, dans les études supérieures ou au travail, quand la quantité de lecture et d'écrit augmente. Le DSM-5 a prévu ce cas : à partir de 17 ans, des difficultés bien documentées dans l'histoire de la personne peuvent tenir lieu d'évaluation standardisée.
Chez l'adulte, la porte d'entrée reste le médecin traitant, puis l'orthophoniste et, selon les questions, le neuropsychologue. Les démarches d'aménagement dans l'enseignement supérieur et au travail sont détaillées dans la page bilan à l'âge adulte et vie professionnelle. Le site propose aussi une rubrique dédiée aux consultations pour adultes.
Bilan dys et remboursement : ce que l'on peut dire
Les règles de prise en charge évoluent régulièrement. Les repères ci-dessous reprennent les informations publiées par l'Assurance maladie et le ministère chargé des personnes handicapées ; vérifiez-les auprès de votre caisse et de votre complémentaire santé avant de vous engager.
- Chez l'orthophoniste en ville, le bilan et les séances prescrits par un médecin sont remboursés à 60 % par l'Assurance maladie, la complémentaire santé pouvant prendre le reste. La loi n° 2023-379 du 19 mai 2023 permet en outre de consulter sans ordonnance un orthophoniste qui exerce à l'hôpital, dans un établissement médico-social, dans une maison ou un centre de santé, ou dans une communauté professionnelle territoriale de santé dont le projet le prévoit.
- En libéral, la psychomotricité et l'ergothérapie ne sont pas remboursées. Les consultations de psychologue ne le sont pas non plus, sauf dans le dispositif Mon soutien psy, qui couvre un nombre limité de séances par an chez des psychologues partenaires.
- Dans un CAMSP (pour les jeunes enfants), un CMPP ou un CMP, l'orthophonie, la psychomotricité, l'ergothérapie et le suivi psychologique sont entièrement pris en charge, sans rien avancer. Il faut parfois patienter avant d'obtenir une place.
- Dans un parcours PCO, le forfait d'intervention précoce paie directement les psychomotriciens, ergothérapeutes et psychologues sous contrat avec la plateforme.
L'assistant : quel professionnel pour quel signe ?
Cochez les situations que vous reconnaissez, thème par thème. L'assistant construit ensuite un parcours animé : les étapes les plus logiques, dans l'ordre, et les professionnels à évoquer avec le médecin. Rien n'est enregistré ni transmis : tout se passe dans votre navigateur.
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Intensité des signes cochés, par domaine :
Important : cet assistant est un outil de réflexion et d'orientation. Il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un bilan par des professionnels. Seul un médecin, à partir de bilans spécialisés, peut conclure à un trouble dys.
Questions fréquentes sur le bilan des troubles dys
Par qui commencer quand on suspecte un trouble dys ?
D'abord par l'enseignant, qui met en place une aide ciblée et en observe l'effet. Si rien ne bouge au bout de trois à six mois, ou si les difficultés sont sévères dès le départ, on consulte le médecin de l'enfant, généraliste ou pédiatre. Celui-ci se coordonne avec le médecin de PMI ou de l'Éducation nationale et prescrit les bilans nécessaires.
Faut-il une prescription médicale pour un bilan orthophonique ?
Le plus souvent, oui : c'est l'ordonnance du médecin qui ouvre le remboursement par l'Assurance maladie. Depuis la loi du 19 mai 2023, on peut toutefois prendre rendez-vous sans ordonnance avec un orthophoniste qui exerce dans un cadre coordonné, par exemple une maison ou un centre de santé, ou à l'hôpital.
Qu'est-ce qu'un bilan neuropsychologique ?
C'est une évaluation menée par un psychologue spécialisé en neuropsychologie. Elle explore l'attention, la mémoire, les fonctions exécutives, le traitement visuo-spatial et l'efficience intellectuelle. Elle aide à préciser un profil, à écarter d'autres explications et à repérer un trouble associé. La HAS en fait la base des évaluations menées par les équipes spécialisées.
Qu'est-ce qu'un centre de référence des troubles du langage et des apprentissages ?
Les CRTLA sont des équipes hospitalo-universitaires spécialisées. Ils constituent le troisième niveau du parcours : un médecin y oriente l'enfant quand les difficultés pèsent encore lourdement sur sa scolarité et sa vie sociale malgré les soins du niveau 2.
Qu'est-ce qu'une plateforme de coordination et d'orientation ?
C'est une structure qui coordonne les premiers bilans et les premiers soins d'un enfant chez qui l'on suspecte un trouble du neurodéveloppement, avant même que le diagnostic soit posé. Il faut y être adressé par un médecin. Conçues pour les moins de 7 ans, les PCO accueillent aussi les 7 à 12 ans dans une partie des départements. Les professionnels qui travaillent avec la plateforme sont payés par un forfait : la famille n'avance rien.
Les bilans sont-ils remboursés ?
Le bilan orthophonique et les séances qui suivent sont remboursés sur ordonnance. La psychomotricité et l'ergothérapie en libéral ne le sont pas, et les consultations de psychologue seulement dans le cadre de Mon soutien psy. Ces soins deviennent gratuits pour la famille dans un parcours PCO ou dans un CAMSP, un CMPP ou un CMP. Les règles changent souvent : renseignez-vous auprès de votre caisse et de votre complémentaire.
Un psychothérapeute peut-il diagnostiquer un trouble dys ?
Non. Le diagnostic relève d'une démarche médicale appuyée sur des bilans spécialisés. Le psychothérapeute accompagne le retentissement émotionnel du trouble : anxiété, perte de confiance, tensions familiales. Il peut aussi repérer des signes et encourager une consultation médicale.
Peut-on faire un bilan dys à l'âge adulte ?
Oui. Le parcours commence chez le médecin traitant, puis passe par l'orthophoniste et, selon les besoins, par un neuropsychologue. À partir de 17 ans, le DSM-5 admet que des difficultés bien documentées dans l'histoire de la personne tiennent lieu d'évaluation standardisée.
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Le parcours de bilan pèse sur votre enfant ou sur vous ?
Attendre des rendez-vous, découvrir des résultats, expliquer encore et encore la situation à l'école : ces étapes fatiguent aussi les familles. Au cabinet, l'accompagnement psychologique et psychothérapeutique s'adresse aux enfants, aux adolescents et aux parents qui traversent ce moment, en complément des bilans et rééducations menés par les autres professionnels.
Prendre rendez-vousBesoin d'aide tout de suite ?
Si votre enfant, votre adolescent ou vous-même traversez une détresse importante :
- 3114 : prévention du suicide. L'appel est gratuit, possible jour et nuit, toute l'année, pour la personne qui souffre comme pour un proche inquiet.
- 15 (SAMU) ou 112 (numéro d'urgence européen) : urgence médicale.
- 119 : enfance en danger, gratuit et joignable à toute heure.