Ne plus être seul
Pouvoir dire ce qu’on vit à quelqu’un qui ne juge pas, qui ne s’inquiète pas à notre place, et qui connaît ce chemin. Beaucoup de personnes décrivent un soulagement dès les premières séances.
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« Je vais attendre que ça passe. » « Je n’ai pas vraiment de raison d’aller mal. » « Les autres ont des problèmes plus graves. » Ces phrases retardent souvent de plusieurs mois, parfois de plusieurs années, le moment de demander de l’aide. Or plus une dépression est soignée tôt, plus elle a de chances de s’apaiser vite et de ne pas revenir. Cette page vous aide à savoir quand consulter, qui voir en premier, comment se passe un premier rendez-vous, ce qu’un bilan psychologique ou neuropsychologique peut éclairer, et ce que l’accompagnement peut apporter.
En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence ou rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche. Idées suicidaires, pour vous ou un proche : parlez-en sans attendre à votre médecin traitant. Pour être accompagné dans la durée, vous pouvez aussi prendre rendez-vous au cabinet.
Il n’est pas nécessaire d’être « sûr » d’être déprimé pour consulter. Un professionnel est justement là pour vous aider à y voir clair. Voici les situations dans lesquelles il est raisonnable de prendre rendez-vous :
Et si vous hésitez encore : il vaut mieux consulter pour rien que ne pas consulter pour quelque chose. Personne ne vous reprochera d’être venu « trop tôt ». Le pire scénario, c’est qu’un professionnel vous rassure.
Les freins sont nombreux, et souvent produits par la dépression elle-même : elle rend tout effort démesuré et fait croire qu’on ne mérite pas d’aide. Retournez les cartes : chaque frein a sa réponse.
Chez les hommes, l’idée qu’il faut « tenir » est particulièrement forte, et leur dépression passe souvent par la colère, le travail ou l’alcool plutôt que par les larmes ; voir émotions des hommes. Chez les personnes âgées, la dépression est souvent confondue avec la vieillesse ; voir la dépression de la personne âgée.
Plusieurs professionnels peuvent intervenir, chacun avec son rôle. Ils se complètent, et l’idéal est qu’ils se parlent.
| Professionnel | Son rôle dans une dépression |
|---|---|
| Le médecin traitant | Une première porte précieuse : il écoute, évalue, recherche une cause médicale (thyroïde, carences, médicaments, sommeil), peut prescrire un traitement et oriente. |
| Le psychiatre | Médecin spécialiste : diagnostic, traitements, formes sévères, résistantes, bipolaires, suivi après une hospitalisation. Il peut aussi faire de la psychothérapie. |
| Le psychologue, le psychothérapeute | La psychothérapie, qui est recommandée dans toutes les dépressions ; l’évaluation psychologique ; le travail sur l’histoire, les souvenirs, les pensées, les liens. |
| Le psychologue spécialisé en neuropsychologie | Le bilan neuropsychologique quand des difficultés de concentration, de mémoire ou d’organisation interrogent, et la remédiation cognitive. |
| Le centre médico-psychologique (CMP) | Une structure publique de secteur, avec des psychiatres, psychologues, infirmiers, travaillant en équipe. |
Vous pouvez consulter un psychothérapeute directement, sans passer par le médecin. Mais dans une dépression, il est toujours utile que le médecin traitant soit informé, pour vérifier le corps et discuter, le cas échéant, d’un traitement. Au cabinet, nous travaillons en lien avec lui, avec votre accord.
Le psychologue a un diplôme universitaire de psychologie (master) ; il peut être clinicien, neuropsychologue, et pratiquer des psychothérapies. Le titre de psychothérapeute est réglementé : il est accordé aux médecins, aux psychologues et à certains professionnels après une formation spécifique. Le psychanalyste a fait une analyse personnelle et une formation longue au sein d’une école. Une même personne peut porter plusieurs de ces titres. L’important est de vérifier la formation de la personne et de vous sentir en confiance.
Beaucoup de personnes redoutent ce premier rendez-vous : « par où commencer ? », « et si je pleure ? », « et si je n’arrive pas à parler ? ». Rassurez-vous : vous n’avez rien à préparer, et c’est au professionnel de vous aider à dire. Pleurer est fréquent et n’a rien de gênant. Voici comment il se déroule le plus souvent.
Rien n’est obligatoire. Certaines personnes trouvent utile de noter quelques mots avant : depuis quand ça ne va pas, ce qui a changé, les traitements en cours, les questions qu’elles se posent. Si vous avez déjà rempli un questionnaire de repérage comme le PHQ-9, vous pouvez en parler. Si un proche vous accompagne, il peut assister à une partie du rendez-vous si vous le souhaitez.
Le premier rendez-vous dure le temps d’une séance. Avant de venir, vous pouvez remplir le questionnaire de première consultation, qui nous aide à préparer l’entretien. Nous recevons à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche, et en téléconsultation, précieuse quand la dépression rend chaque déplacement épuisant.
La plupart des dépressions n’ont pas besoin d’un bilan pour être soignées : l’entretien clinique et des questionnaires suffisent à commencer. Mais dans certaines situations, un bilan psychologique ou neuropsychologique apporte un éclairage précieux et oriente la suite.
Comprendre le fonctionnement psychique. Il évalue l’humeur, l’anxiété, la façon de réguler les émotions, la personnalité, les ressources, l’impact d’éventuels traumatismes, à l’aide d’entretiens, d’échelles validées et parfois d’épreuves projectives. Il est utile quand :
Voir le bilan psychologique, le bilan des 12 à 16 ans et évaluation cognitive et évaluation projective.
Comprendre le fonctionnement cognitif. Réalisé par la neuropsychologue, il évalue l’efficience intellectuelle, l’attention, la mémoire, les fonctions exécutives. Il est utile quand :
Voir le bilan neuropsychologique et le bilan TDAH.
Un bilan n’est pas un verdict. Il dessine un profil de forces et de fragilités, aide à choisir les bons soins (une psychothérapie centrée sur le trauma, une remédiation cognitive, un avis médical spécialisé, des aménagements au travail ou à l’école) et sert de point de comparaison pour mesurer l’évolution. Un bilan cognitif est idéalement réalisé quand l’humeur s’est un peu stabilisée, ou interprété en tenant compte de la dépression, qui ralentit la pensée. La durée et le déroulement sont détaillés dans l’onglet Bilans.
Personne ne peut promettre un résultat, ni un délai. Mais les connaissances sont solides : la dépression se soigne, et la grande majorité des personnes accompagnées voient leur état s’améliorer. Voici ce que l’accompagnement peut apporter, avec des bénéfices possibles à plusieurs niveaux.
Pouvoir dire ce qu’on vit à quelqu’un qui ne juge pas, qui ne s’inquiète pas à notre place, et qui connaît ce chemin. Beaucoup de personnes décrivent un soulagement dès les premières séances.
Un sommeil un peu plus régulier, quelques activités qui reviennent, des ruminations qui desserrent leur étau, une sécurité mieux assurée.
Des souvenirs qui pèsent moins, une voix intérieure moins sévère, une histoire qui prend sens, des relations qui se réparent.
Connaître ses signaux d’alerte, garder ses appuis, comprendre ce qui se répète pour ne plus le subir.
L’amélioration n’est presque jamais une ligne droite. Il y a des semaines meilleures, des retours en arrière, des paliers. Les questionnaires de suivi aident à voir le chemin parcouru quand le moral, lui, ne le voit pas encore. Et le retour des émotions, même désagréables (une colère, des larmes), est souvent un bon signe : la machine se rallume. Voir notre approche et retrouver de l’élan.
Le cabinet met à disposition des questionnaires de repérage validés, utilisés dans le monde entier. Ils ne posent pas de diagnostic, mais ils peuvent vous aider à décider de consulter, à mettre des mots sur ce que vous vivez et à suivre votre évolution.
Neuf questions sur les deux dernières semaines, inspirées des critères de l’épisode dépressif. Le plus utilisé pour le repérage et le suivi. Remplir le PHQ-9
Vingt et une questions qui distinguent trois dimensions souvent mêlées. Remplir le DASS-21
Dix questions sur le regard porté sur soi-même, souvent abîmé par la dépression. Remplir l’échelle de Rosenberg
Un score élevé n’est pas un diagnostic, et un score bas n’empêche pas de consulter si vous souffrez. Si une question sur les pensées de mort vous concerne, parlez-en à votre médecin sans attendre.
Exemple fictif
Sophie, infirmière, se sent épuisée depuis deux mois. Elle pleure en rentrant du travail, ne voit plus ses amies, se réveille à 5 heures. Elle se dit que « c’est la fatigue du service » et qu’elle « verra après l’été ». Elle a déjà connu une période semblable à vingt ans. Elle n’a pas d’idée de mort.
Que lui conseiller ?
Quiz pédagogique, ce n’est ni un test validé ni un diagnostic. Huit questions sur les deux dernières semaines, pour vous aider à décider s’il est temps de consulter. Le feu de signalisation n’a rien de médical : c’est une image.
Quand une humeur triste, vide ou irritable, ou une perte d’envie, dure depuis plus de deux semaines presque tous les jours et pèse sur votre vie quotidienne. Et sans attendre si des pensées de mort ou de suicide apparaissent. En cas de doute, consulter pour faire le point est toujours légitime.
Les deux portes sont possibles. Le médecin traitant vérifie le corps, peut prescrire et oriente ; le psychologue ou le psychothérapeute peut être consulté directement pour une psychothérapie. Dans une dépression, il est utile que les deux soient informés et travaillent ensemble.
Pas toujours. Un entretien et des questionnaires suffisent souvent pour commencer. Un bilan psychologique ou neuropsychologique est utile quand la dépression résiste ou revient, quand on se demande s’il s’agit d’autre chose, quand les plaintes de mémoire ou de concentration sont fortes, ou quand un TDAH ou un déclin cognitif est évoqué.
Vous parlez de ce qui vous amène, de votre quotidien, de votre sommeil, de vos pensées, y compris des idées de mort, puis de votre histoire. Le professionnel vous dit ce qu’il comprend et ce qu’il propose. Rien n’est décidé sans vous, et vous n’avez rien à préparer.
C’est fréquent : la dépression rend chaque démarche épuisante. Demandez à un proche de prendre le rendez-vous pour vous ou de rester à côté pendant l’appel. La téléconsultation peut éviter le trajet. Et si des pensées de mort sont présentes, parlez-en le jour même à votre médecin ou rendez-vous aux urgences.
Un premier rendez-vous permet de faire le point, sans engagement, et de décider ensemble de la suite : psychothérapie, bilan, lien avec votre médecin. Adolescents, adultes, couples et familles sont reçus à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.