Le médecin traitant
Il connaît votre santé, peut évaluer la consommation, prescrire des examens, un traitement de sevrage ou de substitution, des médicaments pour réduire l’envie, et orienter vers un spécialiste. Il est tenu au secret médical.
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« Je gère. » « Ce n’est pas si grave. » « J’arrêterai quand je voudrai. » Entre le moment où une consommation commence à poser problème et celui où l’on demande de l’aide, il s’écoule souvent des années. Pourtant, il n’est pas nécessaire d’avoir « touché le fond », ni même d’être sûr d’avoir une addiction, pour consulter. Cette page aide à repérer les signes qui justifient d’en parler, à savoir à qui s’adresser, à comprendre ce qu’un bilan psychologique ou neuropsychologique peut éclairer, et ce qu’un accompagnement peut apporter, pour vous ou pour un proche.
Il n’existe pas de seuil magique. Mais certains signes, surtout s’ils s’accumulent ou durent depuis plusieurs mois, indiquent qu’il serait utile d’en parler à un professionnel. Parcourez les quatre domaines.
Vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes ? Cela ne veut pas forcément dire que vous avez une addiction. Cela veut dire qu’une conversation avec un professionnel pourrait vous être utile, maintenant. Pour comprendre comment ces signes s’installent, voir les mécanismes de la dépendance.
L’idée qu’il faudrait « toucher le fond » pour s’en sortir est tenace, et dangereuse. Elle fait attendre des années, pendant lesquelles la santé, le couple, le travail et l’estime de soi s’abîment. Les études montrent au contraire qu’agir tôt est plus simple et plus efficace : une simple intervention brève du médecin traitant suffit parfois à faire baisser une consommation à risque.
Il est aussi normal d’être ambivalent. Une part de vous veut changer, une autre tient au produit, qui rend des services réels. Cette ambivalence n’est pas un manque de motivation : c’est le point de départ habituel. On peut consulter sans être décidé à arrêter, simplement pour faire le point, comprendre, réfléchir à ses options. Les professionnels formés aux addictions savent travailler avec cette hésitation, sans vous forcer.
Certaines situations demandent une réaction rapide, avant même de réfléchir à une psychothérapie.
Tremblements importants, sueurs, confusion ou hallucinations à l’arrêt de l’alcool ou de médicaments calmants ; malaise, perte de connaissance ou respiration très lente après une consommation ; idées suicidaires ; violences. En cas de danger immédiat, appelez les services d’urgence. Si vous avez des idées suicidaires, ou si un proche en a, parlez-en sans attendre à votre médecin traitant ; vous pouvez aussi prendre rendez-vous au cabinet pour en parler.
Rappel important : si vous buvez beaucoup tous les jours, ou si vous prenez depuis longtemps des somnifères, des anxiolytiques ou des opioïdes, n’arrêtez pas brutalement. Le sevrage peut être dangereux. Parlez-en d’abord à votre médecin traitant ou à un CSAPA, qui l’encadreront. Voir arrêter l’alcool en sécurité.
Plusieurs portes d’entrée existent. Elles ne s’excluent pas : un parcours associe souvent le médecin, une structure spécialisée et une psychothérapie. L’important est de pousser une première porte.
Il connaît votre santé, peut évaluer la consommation, prescrire des examens, un traitement de sevrage ou de substitution, des médicaments pour réduire l’envie, et orienter vers un spécialiste. Il est tenu au secret médical.
Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie : médecins, psychologues, infirmiers, travailleurs sociaux. Gratuits, ils accompagnent toutes les addictions, avec ou sans produit, et reçoivent aussi les proches. L’anonymat peut être demandé.
Pour les adolescents et les jeunes adultes, et pour leurs parents : gratuites, confidentielles, souvent sans rendez-vous long à obtenir. Voir adolescents et consommations.
Consultations hospitalières, hospitalisations pour sevrage complexe, soins de suite et de réadaptation en addictologie, lorsque la situation médicale ou sociale le demande.
Quand un trouble psychique associé (dépression sévère, trouble bipolaire, psychose, idées suicidaires) demande un traitement médicamenteux et un suivi spécialisé.
Pour comprendre la fonction du produit, travailler les souvenirs, les déclencheurs et les émotions, prévenir la rechute, et accompagner les proches. C’est ce que propose le cabinet. Voir notre approche.
Exemple fictif
Isabelle, 44 ans, boit environ une bouteille de vin par soir depuis trois ans, depuis le décès de sa sœur. Depuis quelques semaines, elle a les mains qui tremblent le matin, ce qui la rassure dès qu’elle a bu un verre à midi. Elle a honte et ne sait pas à qui en parler.
Quelle première démarche lui conseiller ?
Les raisons de ne pas consulter sont nombreuses, et toutes compréhensibles. Retournez les cartes.
Aucun professionnel honnête ne peut promettre un résultat. Mais un accompagnement adapté peut apporter de nombreux bénéfices, souvent bien au-delà de la consommation elle-même.
Comprendre ce que le produit soulageait, d’où vient ce besoin, ce qui se répète. Sortir de l’idée qu’on est simplement « faible ».
Avec des outils concrets face à l’envie et aux déclencheurs, et un plan pour les situations à risque.
Anxiété, dépression, souvenirs traumatiques, deuils, TDAH, insomnie : les soigner diminue le besoin de s’automédiquer.
Réduire les risques, éviter les sevrages dangereux, surveiller le corps avec le médecin.
Reconstruire la confiance dans le couple, retrouver sa place de parent, renouer avec des amis.
Se regarder autrement, se parler moins durement, retrouver des projets et des plaisirs.
Un bilan n’est pas indispensable pour être accompagné. Mais dans certaines situations, il éclaire beaucoup ce qui se joue autour d’une addiction, et il oriente la suite. Au cabinet, la neuropsychologue réalise les bilans neuropsychologiques, et des bilans psychologiques peuvent aussi être proposés.
Le moment compte. Un bilan neuropsychologique se fait en général après quelques semaines sans consommation (ou à distance d’une consommation importante), une fois le sevrage terminé, pour mesurer votre fonctionnement habituel et non les effets passagers du produit ou du manque. Il ne se fait jamais sous l’effet d’un produit.
Le déroulement pratique des bilans (durée, étapes, restitution) est détaillé dans l’onglet Bilans : voir notamment le bilan neuropsychologique, le bilan TDAH, le bilan psychologique et le bilan psycho-traumatique.
Un premier rendez-vous n’engage à rien. Il sert à faire connaissance, à entendre ce que vous vivez, et à décider ensemble de la suite.
Les rendez-vous ont lieu à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche ou en téléconsultation. Les proches peuvent venir seuls, ou accompagner la personne lors d’une séance si elle le souhaite. Voir le cabinet.
Huit questions, pour vous ou pour un proche (répondez alors à sa place). Quiz pédagogique, ce n’est ni un test validé ni un diagnostic : il aide seulement à décider s’il est utile d’en parler à un professionnel.
Non. On peut consulter pour faire le point, pour une inquiétude, pour un proche, ou parce qu’une consommation prend de la place. Agir tôt est souvent plus simple et plus efficace.
Le médecin traitant ou un CSAPA sont de bonnes premières portes, surtout s’il existe des signes de manque ou des inquiétudes pour la santé. Un psychologue ou un psychothérapeute peut accompagner en parallèle le travail sur ce que le produit soulage.
Il est utile quand on suspecte un TDAH, des difficultés de mémoire ou d’attention, ou quand l’accompagnement bute sur des difficultés cognitives. Il se fait en général après quelques semaines sans consommation, et ses résultats orientent la psychothérapie et les soins.
Oui. Médecins et psychologues sont tenus au secret professionnel, y compris vis-à-vis de l’employeur et de la famille. Dans les CSAPA, l’anonymat peut même être demandé.
Oui. Les proches peuvent être reçus pour eux-mêmes, au cabinet comme dans les CSAPA. Être accompagné aide à se protéger, à communiquer autrement et, parfois, à favoriser la démarche de la personne concernée.
Un premier rendez-vous suffit pour faire le point et choisir la suite, pour vous ou pour un proche : psychothérapie, bilan, accompagnement familial, en lien avec votre médecin si besoin. Au cabinet ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.