La main qui échappe
Les tentatives répétées pour réduire échouent, la personne elle-même dit qu’elle n’y arrive plus, ou elle joue et regarde en cachette.
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« Est-ce que ça vaut la peine de consulter pour des écrans ? » C’est une question que beaucoup de parents et d’adultes n’osent pas poser, de peur d’exagérer ou d’être jugés. Il n’est pas nécessaire d’avoir un trouble pour demander de l’aide : une situation qui fait souffrir, qui crée des conflits ou qui ne s’améliore pas malgré les efforts mérite d’être entendue. Cette page rassemble les signes qui justifient de consulter, ce qu’un accompagnement peut apporter, ce qu’un bilan peut éclairer, et un outil pour préparer le premier rendez-vous.
Le trouble du jeu vidéo, seul trouble lié aux écrans reconnu par la classification de l’Organisation mondiale de la santé, concerne une minorité de personnes. Faut-il en conclure que les autres n’ont pas leur place chez un psychologue ? Évidemment pas. On consulte pour une souffrance, pas pour un diagnostic. Une famille où chaque soir se termine en cris, un adolescent qui s’enferme depuis des mois, une adulte qui se sent vide après chaque soirée de défilement, un couple qui ne se parle plus qu’à travers ses écrans : ces situations méritent d’être entendues, quel que soit le nom qu’on leur donne.
Il y a aussi une raison plus profonde. Très souvent, l’écran n’est pas le problème principal : c’est la partie visible d’autre chose. Une anxiété, une tristesse, un harcèlement, un TDAH jamais repéré, un conflit familial, une solitude. Consulter « pour les écrans » permet souvent de découvrir, et de soigner, ce qui se tenait derrière.
Aucun signe isolé ne suffit. C’est leur accumulation, leur durée (plusieurs semaines ou mois) et l’échec des tentatives pour changer qui doivent alerter. Six domaines sont à regarder.
Les tentatives répétées pour réduire échouent, la personne elle-même dit qu’elle n’y arrive plus, ou elle joue et regarde en cachette.
Couchers très tardifs, nuits blanches, jour et nuit inversés, fatigue importante en journée. Voir sommeil et attention.
Chute des résultats, absences, devoirs abandonnés, avertissements au travail, refus d’aller en cours.
Abandon des amis « en vrai », du sport, des loisirs d’avant ; repli dans la chambre ; repas en famille évités.
Tristesse, irritabilité, angoisse, honte, sentiment d’être nul en dehors du jeu ou des réseaux, colères très intenses à l’arrêt.
Disputes quotidiennes, désaccord profond entre parents, conjoint qui se sent seul, jalousie, surveillance.
Un usage intense qui n’abîme ni le sommeil, ni les relations, ni l’école ou le travail, et qui reste choisi, n’est pas en soi une raison de consulter. C’est souvent une passion. Il peut toutefois être utile d’en parler si le temps d’écran crée des tensions dans la famille, ou si vous avez simplement besoin d’un avis extérieur pour savoir où placer les limites. Voir passion, refuge ou piège.
Certaines situations demandent une aide rapide, quel que soit le temps d’écran.
Dans ces situations, parlez-en rapidement à votre médecin traitant ou prenez rendez-vous avec un professionnel. En cas de danger immédiat, adressez-vous sans attendre aux services d’urgence. Pour les jeux d’argent, voir aussi le dossier addictions.
Avant 6 ans. Consultez si le langage tarde, si l’enfant regarde peu les visages, joue peu avec les autres ou semble « ailleurs », si les crises à l’arrêt de l’écran sont très violentes et quotidiennes, ou si l’écran est devenu le seul moyen de le calmer. Un retard de développement ne doit jamais être mis trop vite sur le compte des écrans : il mérite une évaluation, par le médecin d’abord, qui orientera si besoin vers un bilan. Voir les enfants au cabinet.
De 6 à 11 ans. Consultez si les conflits autour des écrans envahissent la vie de famille malgré des règles claires, si l’enfant a du mal à se concentrer en classe et à la maison depuis longtemps, s’il s’isole, s’il semble anxieux ou triste, ou s’il a vu quelque chose en ligne qui l’a choqué. La question d’un TDAH, d’un trouble des apprentissages ou d’un haut potentiel peut se poser. Voir le guide des parents.
À l’adolescence. Consultez si le sommeil s’effondre, si les résultats chutent nettement, si l’adolescent s’enferme, abandonne ses amis et ses activités, s’il semble triste ou irritable, s’il a été harcelé ou humilié en ligne, ou si la maison est devenue un champ de bataille. Si l’adolescent refuse de venir, les parents peuvent venir seuls. Voir le TDAH à l’adolescence et les émotions des adolescents.
À l’âge adulte. Consultez si vous n’arrivez plus à vous arrêter malgré vos efforts, si le travail, le sommeil ou vos relations en pâtissent, si vous vous sentez plus mal après qu’avant, si l’écran sert surtout à ne pas penser à quelque chose de pénible, ou si vous vous demandez si un TDAH pourrait expliquer vos difficultés de toujours. Voir pourquoi c’est si dur de s’arrêter et le TDAH de l’adulte.
Dans le couple. Consultez si les écrans sont devenus le sujet de toutes les disputes, si l’un des deux se sent profondément seul, si la jalousie numérique ou la surveillance s’installent, ou si la confiance a été abîmée. Une thérapie de couple offre un espace pour se parler. Voir écrans, couple et relations.
Huit questions sur les trois derniers mois, pour vous ou pour un proche. Quiz pédagogique, ce n’est ni un test validé ni un diagnostic : le feu indique seulement s’il paraît utile de demander un avis.
Aucun accompagnement ne garantit un résultat, mais il offre plusieurs bénéfices possibles, que nous observons souvent dans notre pratique.
Comprendre ce que l’écran apporte, ce qu’il évite, ce qui s’est passé. Souvent, cela suffit déjà à alléger la honte et les reproches.
Anxiété, tristesse, souvenirs de harcèlement ou d’humiliation, croyances sur soi : l’écoute analytique et l’EMDR, les deux axes de notre psychothérapie, y travaillent.
Environnement, frictions, habitudes de remplacement, sommeil : des outils des TCC, adaptés à chaque personne.
Des règles qui tiennent, un accord entre parents, des transitions plus douces, un dialogue retrouvé avec l’adolescent.
Parler de ce que chacun ressent, construire des règles communes, apaiser la jalousie.
Un bilan quand une question se pose : attention, TDAH possible, impact du sommeil, profil cognitif ou émotionnel.
Pour le détail de notre façon de travailler et l’état des connaissances scientifiques pour chaque approche, voir notre approche.
Un bilan ne mesure pas une « addiction aux écrans » : aucun test ne le fait. Il sert à comprendre ce qui, dans le fonctionnement de la personne, rend les écrans si attirants, et ce que leur usage a pu modifier. Il n’est pas systématique, mais il est précieux dans plusieurs situations.
| Situation | Ce que le bilan peut aider à comprendre | Quel bilan |
|---|---|---|
| Des difficultés d’attention depuis l’enfance, à l’école ou au travail | Un TDAH est-il possible, ou s’agit-il d’autre chose (sommeil, anxiété, écrans) ? | Bilan TDAH |
| Une concentration en miettes depuis que les nuits ont raccourci | Le profil attentionnel, et la part probable du manque de sommeil | Bilan neuropsychologique |
| Un enfant qui s’ennuie beaucoup et se réfugie dans les écrans | Un haut potentiel, un trouble des apprentissages, un décalage avec l’école | Bilan HPI ou neuropsychologique |
| Des intérêts très intenses, des difficultés relationnelles | Un trouble du spectre de l’autisme est-il à envisager ? | Bilan TSA |
| Une tristesse, une angoisse, une image de soi abîmée | Le fonctionnement émotionnel, l’humeur, la personnalité | Bilan psychologique |
| Un harcèlement ou un événement très difficile en ligne | Le retentissement psychologique de l’événement | Bilan psycho-traumatique |
Le bilan oriente ensuite la suite : psychothérapie, remédiation cognitive, aménagements scolaires, avis médical si un traitement doit être discuté. Les modalités pratiques (déroulement, durée, restitution) sont décrites sur la page bilans.
La neuropsychologue réalise les bilans neuropsychologiques et psychologiques de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte ; le psychothérapeute réalise les bilans psychologiques et psycho-traumatiques et assure l’accompagnement. Les deux cliniciens se concertent pour relire ensemble les résultats à la lumière de l’histoire de la personne.
C’est très fréquent, et ce n’est pas un échec. Les parents peuvent venir seuls : comprendre la situation, ajuster leur façon de faire, apaiser les conflits change souvent beaucoup de choses. Un adolescent accepte plus volontiers de venir quand on lui propose un espace pour lui, et non un rendez-vous « pour qu’on lui dise d’arrêter ».
Cochez ce que vous avez observé. L’outil compose une petite note à garder sur votre téléphone ou à imprimer, pour ne rien oublier le jour du rendez-vous. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Quand les tentatives pour réduire échouent, quand le sommeil, l’école, le travail ou les relations en pâtissent depuis plusieurs semaines ou mois, quand la personne semble triste, anxieuse ou isolée, ou quand les conflits envahissent la vie de famille. Les idées noires, les automutilations ou un harcèlement justifient une aide rapide.
Un psychologue ou un psychothérapeute peut évaluer la situation et accompagner la personne et sa famille. Le médecin traitant est un bon premier interlocuteur, notamment pour le sommeil et l’humeur. Une consultation spécialisée en addictologie peut être utile dans les situations sévères.
Pas toujours, mais il est précieux quand une question précise se pose : un TDAH possible, des difficultés d’attention, l’impact du manque de sommeil, un haut potentiel, un trouble des apprentissages, une souffrance émotionnelle. Il ne mesure pas une addiction, il oriente la suite.
Oui. Un premier rendez-vous sert justement à faire le point. Il peut rassurer, donner quelques repères concrets, ou montrer qu’un accompagnement serait utile. Il n’engage à rien.
Oui. Le cabinet reçoit à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, et propose aussi la téléconsultation pour les adolescents, les adultes, les couples et les parents.
Un premier rendez-vous permet d’entendre ce qui se passe, pour vous, votre enfant ou votre couple, et de choisir ensemble la suite : quelques repères, un accompagnement, un bilan. Au cabinet ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.