Affirmation 1
« Un aménagement, c’est un avantage injuste. »
Faux. Il retire un obstacle lié au trouble, pour que l’élève puisse montrer ce qu’il sait. L’objectif de l’apprentissage reste le même pour tous.
Cette page n'est pas encore publique. Entrez le mot de passe pour la consulter.
Des consignes lues à voix haute, un texte aéré, moins de copie, un ordinateur, un temps supplémentaire : pour un élève qui a un trouble des apprentissages, ces adaptations changent souvent tout. Elles ne lui donnent pas un avantage, elles retirent un obstacle. Encore faut-il s’y retrouver entre les sigles et choisir ce qui aide vraiment. Cette page présente les dispositifs simplement, les aménagements utiles selon la difficulté, les examens, et ce que vit l’élève quand on l’aide différemment des autres.
Personne ne reproche à un élève myope de porter des lunettes pendant un contrôle. Personne ne dit qu’elles lui donnent un avantage sur ses camarades : elles lui permettent de voir le tableau comme eux. Un aménagement scolaire repose sur la même idée. Pour un élève dyslexique, lire la consigne à voix haute ne lui « mâche » pas le travail : cela lui permet de montrer ce qu’il sait en mathématiques, au lieu de buter sur la lecture de l’énoncé.
Un bon aménagement vise donc juste. Il retire l’obstacle qui tient au trouble, sans abaisser l’objectif de l’apprentissage. On peut évaluer la compréhension d’un texte à l’oral pour un élève qui lit très lentement ; on continue de lui demander de comprendre le texte. On peut autoriser la calculatrice pour un élève dyscalculique en physique ; on continue de lui demander de raisonner sur le problème.
Elle travaille la compétence elle-même : apprendre à mieux déchiffrer, à construire le nombre, à mieux coordonner le geste, à renforcer l’attention. Elle demande du temps, et elle se fait en séances, avec un professionnel.
Elle contourne la difficulté pour que l’élève accède aux savoirs : un ordinateur au lieu du stylo, un livre audio au lieu de la lecture, des tables à disposition. Elle agit tout de suite, en classe et à la maison.
Les deux ne s’opposent pas : on rééduque ce qui peut progresser, et on compense ce qui reste coûteux, pour que l’élève ne prenne pas de retard pendant ce temps. La page outils de compensation du dossier dys en présente un grand nombre.
Quatre sigles reviennent sans cesse. Ils ne répondent pas aux mêmes situations. Voici, simplement, à quoi sert chacun.
| Dispositif | Pour qui ? | Qui le met en place ? | Ce qu’il permet |
|---|---|---|---|
| PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) | Un élève qui risque de ne pas maîtriser certaines connaissances, quelle qu’en soit la raison | L’équipe enseignante, avec la famille | Des aides pédagogiques ciblées, sur une période limitée, avec des objectifs précis |
| PAP (plan d’accompagnement personnalisé) | Un élève qui a un trouble des apprentissages durable (dys, TDAH…), sans démarche auprès de la MDPH | L’établissement, après l’avis du médecin de l’Éducation nationale, qui s’appuie sur les bilans | Des adaptations pédagogiques écrites, qui suivent l’élève d’une année à l’autre |
| PPS (projet personnalisé de scolarisation) | Un élève en situation de handicap reconnue par la MDPH | La MDPH, sur demande de la famille ; un enseignant référent en assure le suivi | Des aménagements, mais aussi un accompagnant (AESH), du matériel adapté, une orientation en ULIS, un service de soins |
| PAI (projet d’accueil individualisé) | Un élève qui a un problème de santé (allergie, maladie chronique, épilepsie…) | L’établissement, avec le médecin | L’organisation des soins et des traitements à l’école ; il ne concerne pas les apprentissages en eux-mêmes |
Le PPRE : une aide ciblée, pour un temps. C’est souvent la première réponse de l’école quand un élève décroche dans une matière. L’enseignant fixe quelques objectifs (lire tel type de texte, maîtriser telle notion), propose des aides précises, souvent en petit groupe, et fait le point au bout de quelques semaines. Le PPRE ne suppose aucun diagnostic : il répond à une difficulté, quelle qu’en soit l’origine. C’est aussi, souvent, le temps d’« aide ciblée » qui permet de voir si la difficulté cède ou résiste, ce qui oriente vers un bilan.
Le PAP : le plan des troubles des apprentissages. Il s’adresse aux élèves dont le trouble est durable, sans qu’il soit nécessaire de passer par la MDPH. La demande peut venir de la famille ou de l’équipe enseignante. Le médecin de l’Éducation nationale constate le trouble, au vu des bilans réalisés, et donne son avis ; l’établissement rédige ensuite le plan avec les enseignants.
Le PAP liste des adaptations pédagogiques concrètes : photocopies agrandies et aérées, consignes reformulées, réduction de la copie, évaluation orale, tolérance orthographique hors des exercices d’orthographe, usage de l’ordinateur ou de la calculatrice, temps supplémentaire. Il suit l’élève quand il change de classe ou d’établissement, et se réajuste chaque année. Il ne permet pas, à lui seul, d’obtenir un accompagnant ou du matériel financé.
Le PPS : quand le trouble place l’élève en situation de handicap. Quand le trouble est sévère, ou que plusieurs troubles se cumulent, la famille peut déposer une demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Une équipe pluridisciplinaire évalue la situation, et une commission décide. Le PPS peut alors prévoir un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH), du matériel pédagogique adapté (un ordinateur, des logiciels), une orientation vers une unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS), l’intervention d’un service de soins, et les aménagements de la scolarité.
Un enseignant référent suit l’élève et réunit chaque année une équipe de suivi de la scolarisation, avec la famille et les professionnels. Le site du cabinet consacré aux bilans pour la MDPH explique la procédure : scolarisation, PPS et AESH, et troubles dys et dossier MDPH.
D’autres aides existent dans l’école. En primaire, des enseignants spécialisés et des psychologues de l’Éducation nationale, regroupés dans les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), peuvent intervenir auprès d’élèves qui ont besoin d’une aide plus soutenue. Au collège, la section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) accueille des élèves en grande difficulté scolaire durable ; l’ULIS, elle, accueille des élèves en situation de handicap, qui suivent aussi une partie des cours dans leur classe. La décision d’orientation revient à l’Éducation nationale et à la MDPH, avec la famille. Un bilan apporte alors un éclairage chiffré et qualitatif qui peut être joint au dossier.
Les aménagements les plus efficaces sont souvent les plus simples, à condition d’être bien choisis et appliqués avec régularité. Deux ou trois adaptations bien ciblées valent mieux qu’une longue liste que personne ne peut suivre. Choisissez une difficulté.
La page dyscalculie détaille les aides en mathématiques.
La page TDAH à l’école propose d’autres pistes.
Voir la dysphasie.
Une anxiété importante peut bénéficier d’adaptations : être prévenu des évaluations, passer un oral en petit comité plutôt que devant toute la classe, pouvoir sortir quelques minutes en cas de malaise. Mais l’aménagement ne doit pas devenir un évitement permanent, qui entretient la peur. L’essentiel est de soigner l’anxiété elle-même. Voir émotions et estime de soi.
Les outils numériques ont transformé la scolarité des élèves qui ont un trouble des apprentissages. Ils demandent un apprentissage, et ils ne servent que s’ils sont acceptés par l’élève et tolérés en classe. Retournez les cartes.
Les élèves qui ont un trouble des apprentissages ou un handicap peuvent demander des aménagements pour passer les examens. Les plus fréquents sont un temps majoré (le fameux « tiers-temps »), l’aide d’un secrétaire qui lit ou écrit sous la dictée, l’usage d’un ordinateur, des sujets en caractères agrandis, un temps de pause, une salle à part.
Pour un élève qui lit ou écrit lentement à cause de son trouble, oui : il lui permet de terminer l’épreuve au lieu d’être arrêté avant d’avoir montré ce qu’il sait. Pour d’autres, il apporte peu, parce que la difficulté n’est pas la vitesse. Il fatigue aussi : une épreuve de quatre heures devient une épreuve de cinq heures vingt. C’est pourquoi il vaut mieux l’avoir essayé pendant l’année, et choisir les aménagements avec l’élève.
Associez chaque situation fictive à l’aménagement qui semble le plus utile.
Un aménagement n’est pas qu’une ligne dans un document. Pour l’élève, il est souvent un soulagement immense : enfin, on reconnaît que ce n’est pas sa faute. Mais il peut aussi être vécu comme une marque de différence, surtout à l’adolescence, quand le regard des autres pèse lourd. Sortir de la classe pour une épreuve à part, sortir un ordinateur quand personne d’autre n’en a, être le seul à qui l’on donne une photocopie : certains préfèrent renoncer à une aide dont ils ont besoin plutôt que d’être vus comme « celui qui a un problème ».
D’autres s’épuisent à compenser seuls, au prix d’une fatigue qui ne se voit pas dans les notes. D’autres encore se sentent coupables d’être aidés, comme s’ils trichaient. Ces réactions sont normales, et elles méritent d’être entendues. Ce qui aide :
Quand la honte, la colère ou le découragement prennent trop de place, un accompagnement psychologique peut aider l’élève à vivre sa différence sans la subir. Voir émotions et estime de soi et l’enfant dys et l’estime de soi.
Un aménagement bien choisi part d’un profil bien compris. C’est l’un des apports du bilan : il ne dit pas seulement qu’un élève a une difficulté, il dit laquelle, avec quels appuis, et propose des préconisations concrètes pour l’école. Les aménagements cessent alors d’être une liste générique pour devenir une réponse à la mesure de l’élève.
Le bilan neuropsychologique, réalisé par la neuropsychologue après un rendez-vous préliminaire, se termine par une restitution et un compte rendu écrit, avec des préconisations pour l’école et pour la maison. Vous choisissez de le transmettre, en entier ou en synthèse. Il peut appuyer une demande de PAP, de PPS ou d’aménagements d’examens, et rejoindre un dossier MDPH quand la situation le justifie. Voir le bilan et le bilan neuropsychologique.
Pour les démarches auprès de la MDPH, le site bilan-mdph.fr explique comment se constitue le dossier d’un enfant et à quoi servent les bilans.
Six questions pour vérifier que les sigles n’ont plus de secret. Quiz pédagogique : il teste des connaissances générales, il ne dit pas quel dispositif convient à un élève en particulier.
Affirmation 1
Faux. Il retire un obstacle lié au trouble, pour que l’élève puisse montrer ce qu’il sait. L’objectif de l’apprentissage reste le même pour tous.
Affirmation 2
Vrai. Deux ou trois adaptations bien choisies, appliquées par tous les enseignants, aident davantage qu’une longue liste impossible à suivre au quotidien.
Affirmation 3
Faux. L’ordinateur compense le geste, il ne dispense ni de l’orthographe ni de la rédaction. Il demande d’ailleurs un apprentissage spécifique pour être vraiment utile.
Affirmation 4
C’est plus nuancé. Certains restent utiles longtemps, d’autres deviennent inutiles quand l’élève a progressé, et de nouveaux besoins apparaissent avec les années. Les aménagements se réévaluent régulièrement.
Affirmation 5
Vrai. Un aménagement que l’élève refuse ne sert à rien. Le choisir avec lui, en lui expliquant à quoi il sert, augmente beaucoup les chances qu’il l’utilise.
Le PAP s’adresse aux élèves qui ont un trouble des apprentissages durable ; il est mis en place par l’établissement, après l’avis du médecin de l’Éducation nationale, sans passer par la MDPH, et prévoit des adaptations pédagogiques. Le PPS concerne les élèves en situation de handicap reconnue par la MDPH ; il peut prévoir en plus un accompagnant, du matériel adapté ou une orientation particulière.
Pas pour toutes les aides : un PPRE ou des adaptations ponctuelles décidées par l’enseignant n’en demandent pas. Pour un PAP, le médecin de l’Éducation nationale s’appuie sur les bilans réalisés. Pour un PPS ou des aménagements d’examens, un dossier documenté est nécessaire. Le compte rendu d’un bilan est souvent la pièce centrale.
Le PAP et le PPS sont conçus pour suivre l’élève d’une année à l’autre et d’un établissement à l’autre, et se réajustent régulièrement. Dans la pratique, il est utile de s’assurer à chaque rentrée que les nouveaux enseignants en ont connaissance, surtout lors du passage au collège ou au lycée.
C’est fréquent : il ne veut pas paraître différent. Écoutez d’abord ses raisons, elles sont souvent légitimes. Cherchez avec lui des aménagements plus discrets, ou un usage limité aux cours où il en a le plus besoin. Si la honte ou l’anxiété prennent beaucoup de place, un accompagnement peut l’aider à vivre sa différence plus sereinement.
Le bilan neuropsychologique décrit le profil de l’élève et se termine par un compte rendu écrit avec des préconisations pour l’école et pour la maison. Vous pouvez le transmettre, en entier ou en synthèse, pour appuyer une demande de PAP, de PPS ou d’aménagements d’examens. L’accompagnement psychologique aide aussi l’élève à accepter et utiliser ses aménagements.
Pour choisir les aménagements qui aident vraiment, il faut d’abord comprendre comment l’élève apprend. Un premier rendez-vous permet de décider du bilan utile, dont le compte rendu servira à l’école. Au cabinet ou en téléconsultation pour le premier échange.
Cliquer sur la photo ou utiliser + et − pour zoomer. Échap pour fermer.
Chargement de l'article…
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.