Jeux et tests sur les émotions pour les enfants, à utiliser en séance ou à la maison
Un enfant n’apprend pas ses émotions dans un livre, il les apprend en jouant. Cette page rassemble des jeux interactifs à ouvrir sur une tablette ou un ordinateur, et des jeux sans écran à fabriquer avec trois fois rien. Chaque jeu vient avec sa fiche : l’âge, ce qu’il entraîne, la consigne, les variantes, et ce qu’un thérapeute y observe. Pour les psys, les enseignants, les orthophonistes, et les parents qui aiment jouer.
Pourquoi apprendre les émotions en jouant
Un enfant de quatre ans qui tape son frère n’a pas un problème de morale. Il a, le plus souvent, un problème de vocabulaire : il ressent quelque chose d’énorme, il ne sait pas ce que c’est, et il n’a que ses mains pour le dire. Les recherches sur le développement émotionnel convergent : les enfants qui savent reconnaître, nommer et doser leurs émotions régulent mieux leurs comportements, entrent plus facilement en relation et apprennent mieux à l’école. Et ces compétences s’apprennent, exactement comme la lecture.
Elles s’apprennent par le jeu parce que le jeu met l’enfant dans sa zone d’apprentissage : assez impliqué pour retenir, pas assez menacé pour se fermer. Un enfant à qui l’on demande « qu’as-tu ressenti quand papa a crié ? » se fige. Le même enfant, devant un visage à deviner ou une marionnette qui a perdu son doudou, trouve les mots sans s’en apercevoir. Les thérapeutes le savent depuis longtemps : le jeu est le langage de l’enfant, et c’est dans ce langage qu’on lui apprend les émotions.
- Reconnaître : lire une émotion sur un visage, dans une voix, dans une posture (détective des visages, mémory).
- Nommer : avoir les mots, et des mots nuancés (roue, mémory, météo).
- Doser : savoir qu’une émotion a des degrés, et où l’on en est (thermomètre, du petit peu au volcan).
- Deviner : inférer ce qu’un autre ressent à partir d’une situation (scènes du quotidien, détective des indices).
- Se calmer : avoir des gestes qui font redescendre (fleur et bougie, minute du calme, tri de ce qui aide).
Ces jeux ne sont pas des tests normés et ne posent aucun diagnostic. Ils servent à apprendre et à observer. Les bilans du cabinet, eux, utilisent des outils étalonnés ; la section pour les professionnels en bas de page précise quand un bilan est utile.
Le détective des visages
Un visage apparaît. Quelle émotion montre-t-il ? Trois niveaux : facile (quatre émotions), moyen (six), difficile (huit, avec le calme et la honte, qui se ressemblent beaucoup). Dix manches, des étoiles à la fin, et des confettis si la série est belle.
Fiche du jeu
Âge : dès 3-4 ans en facile, 6 ans en moyen, 8 ans en difficile. Entraîne : la reconnaissance des expressions, et le vocabulaire si l’on fait dire le mot à voix haute. Consigne enfant : « Tu es détective. Regarde bien les sourcils, les yeux, la bouche. Quelle émotion se cache sur ce visage ? » Variantes : faire imiter le visage avant de répondre (le corps aide le cerveau à reconnaître) ; demander « qu’est-ce qui a pu lui arriver ? » ; jouer à deux en alternance. Ce que le thérapeute observe : les confusions systématiques (peur et surprise, colère et dégoût sont les plus fréquentes et sont normales jusqu’à 6-7 ans), la vitesse, l’intérêt porté au visage, les commentaires spontanés. Un enfant de 8 ans qui échoue nettement au niveau facile mérite qu’on regarde plus loin.
Le mémory des émotions
Douze cartes retournées : six visages, six mots. Il faut retrouver les paires. Le jeu entraîne en même temps la mémoire et l’association visage-mot, qui est la base du vocabulaire émotionnel.
Fiche du jeu
Âge : dès 5 ans (il faut lire les mots, ou un adulte les lit). Entraîne : l’association entre une expression et son nom, la mémoire de travail. Consigne enfant : « Chaque visage a perdu son mot. Retrouve les paires. Quand tu retournes un visage, dis l’émotion à voix haute avant de chercher le mot. » Variantes : fabriquer un mémory en carton avec des photos de la famille qui miment les émotions ; version « situation-émotion » avec des cartes de scènes. Ce que le thérapeute observe : la tolérance à l’erreur (l’enfant qui se décourage au deuxième raté raconte quelque chose de sa relation à l’échec), la stratégie, le plaisir partagé.
Que ressent-il ? Les scènes du quotidien
Huit petites histoires d’enfants. À chaque fois, il faut deviner ce que le personnage ressent. Il y a souvent plusieurs bonnes réponses : c’est exprès, et c’est le meilleur moment pour discuter.
Fiche du jeu
Âge : dès 4-5 ans (l’adulte lit). Entraîne : l’inférence émotionnelle, c’est-à-dire deviner ce qu’un autre ressent à partir d’une situation, base de l’empathie et de la théorie de l’esprit. Consigne enfant : « Je te raconte une petite histoire. Tu me dis ce que le personnage ressent, et pourquoi. » Variantes : inventer la suite (« et après, qu’est-ce qu’il fait ? ») ; demander « et toi, ça t’est déjà arrivé ? » ; faire jouer la scène avec des figurines. Ce que le thérapeute observe : la capacité à se décentrer, la richesse des justifications, les réponses systématiquement « colère » ou systématiquement « peur » qui peuvent refléter le climat intérieur de l’enfant, et les histoires personnelles qui surgissent.
Le thermomètre des émotions
Une émotion n’est pas tout ou rien : elle a une température. Le thermomètre apprend à l’enfant à dire « je suis fâché à 4 » plutôt que de passer directement de 0 à l’explosion.
Fiche du jeu
Âge : dès 4 ans avec les couleurs, dès 6 ans avec les chiffres. Entraîne : la perception de l’intensité, et la prévention : un enfant qui sait dire « je suis à 5 » donne à l’adulte le temps d’agir avant le 9. Consigne enfant : « Montre-moi sur le thermomètre à combien tu es en ce moment. Et ce matin à l’école ? Et quand ton frère prend tes affaires ? » Variantes : fabriquer un thermomètre en carton avec une pince à linge à déplacer, à afficher dans la chambre ou la classe ; associer un geste à chaque zone (vert : rien, jaune : je le dis, orange : je respire, rouge : je m’éloigne). Ce que le thérapeute observe : la capacité à graduer (certains enfants ne connaissent que 0 et 10), la cohérence entre ce que dit l’enfant et ce que montre son corps, l’usage que la famille en fait entre les séances.
Où ça se sent dans mon corps ?
Chaque émotion a son adresse dans le corps. Choisis une émotion, regarde où elle s’allume souvent, puis touche la silhouette pour montrer où toi tu la sens.
Fiche du jeu
Âge : dès 4 ans. Entraîne : la conscience corporelle des émotions (l’intéroception), qui est la première étape pour les repérer avant qu’elles débordent. Particulièrement utile pour les enfants qui « explosent sans prévenir » : en réalité, le corps prévient, mais l’enfant ne l’entend pas. Consigne enfant : « Quand tu es en colère, où est-ce que ça se passe dans ton corps ? Montre-moi avec ta main sur toi, puis sur le bonhomme. » Variantes : dessiner une silhouette grandeur nature sur du papier kraft et colorier les émotions avec un code couleur ; faire le « scanner du corps » les yeux fermés. Ce que le thérapeute observe : l’enfant qui ne sent « rien nulle part » (piste vers une alexithymie ou une coupure corporelle), les localisations inhabituelles, et ce que l’enfant raconte en touchant les zones.
Du tout petit peu au volcan
Les mots ont une taille. Remets-les dans l’ordre, du plus petit au plus grand. Trois séries : la colère, la peur, la joie.
La colère
La peur
La joie
Fiche du jeu
Âge : dès 6 ans. Entraîne : la granularité émotionnelle, c’est-à-dire la finesse du vocabulaire. Les recherches de Lisa Feldman Barrett montrent que les personnes qui disposent de mots nuancés régulent mieux leurs émotions que celles qui n’ont que « ça va » et « ça va pas ». Consigne enfant : « Ces mots disent tous la colère, mais pas la même taille. Range-les du plus petit au plus grand. » Variantes : écrire les mots sur des cartes et les poser sur des marches d’escalier dessinées ; inventer sa propre échelle avec ses mots à soi (« chafouin », « grognon », « en pétard »). Ce que le thérapeute observe : l’étendue du vocabulaire, les mots que l’enfant ne connaît pas, et ceux qu’il utilise pour lui-même.
La roue des émotions
Six émotions, et pour chacune quatre nuances, de la plus douce au centre à la plus forte à l’extérieur. Touche une part pour découvrir ce que l’émotion veut dire, où elle se sent, et de quoi elle a besoin.
Fiche du jeu
Âge : dès 6-7 ans avec un adulte, seul vers 9-10 ans. Entraîne : le vocabulaire nuancé et la compréhension de la fonction des émotions (« à quoi sert la peur ? »). Consigne enfant : « Trouve sur la roue l’émotion que tu as ressentie ce matin. Est-ce que c’était la petite ou la grande version ? » Variantes : fabriquer une roue en carton avec une flèche à attache parisienne, à tourner chaque soir au dîner (« la météo de ma journée ») ; version adulte sur la page roue des émotions et vocabulaire. Ce que le thérapeute observe : les émotions que l’enfant ne choisit jamais (certains n’osent jamais la colère, d’autres jamais la peur), et la découverte que les émotions ont un sens.
Ce qui aide quand je suis en colère, et ce qui n’aide pas
Douze cartes à ranger dans deux boîtes. Certaines sont faciles. D’autres font débat, et c’est tant mieux.
Fiche du jeu
Âge : dès 5 ans. Entraîne : la connaissance des stratégies de régulation et le tri entre celles qui soulagent sans coût et celles qui coûtent. Consigne enfant : « Quand la colère monte, il y a des choses qui aident et d’autres qui font encore plus mal. Range les cartes. » Variantes : fabriquer avec l’enfant sa « boîte à calme » réelle (une boîte à chaussures avec un coussin à serrer, une balle, un dessin, une bouteille de paillettes) ; ajouter des cartes vierges pour ses propres idées. Ce que le thérapeute observe : ce que l’enfant fait réellement à la maison (il le dit souvent en jouant), et la découverte que « garder tout dedans » n’est pas une solution, ce qui surprend beaucoup d’enfants très sages.
La fleur et la bougie
La respiration la plus simple du monde, et l’une des plus efficaces : on sent une fleur imaginaire (on inspire par le nez), puis on souffle une bougie imaginaire (on expire longtemps par la bouche). Cinq fois. Lance l’exercice, Émo respire avec toi.
Fiche du jeu
Âge : dès 3 ans. Entraîne : la respiration lente avec une expiration plus longue que l’inspiration, qui active le frein du système nerveux (le nerf vague) et fait physiologiquement redescendre l’alarme. La page émotions, cerveau et corps explique pourquoi. Consigne enfant : « Tu sens la fleur, elle sent très bon, tu prends le temps. Puis tu souffles la bougie, mais tout doucement, pour qu’elle tremble sans s’éteindre. » Variantes : une vraie fleur et une vraie bougie (sous surveillance) pour la première fois ; la « respiration du ballon » (le ventre se gonfle comme un ballon) ; souffler sur une plume pour la garder en l’air. À savoir : inutile de la proposer au sommet de la crise, l’enfant ne peut pas l’entendre. On l’apprend au calme, on la répète souvent, et elle devient disponible quand ça monte. Le cabinet propose aussi une séance de relaxation guidée pour enfants.
La minute du calme
Un compte à rebours de soixante secondes pour laisser passer la vague. La règle : pendant la minute, on ne décide rien, on ne répond à personne, on regarde juste le cercle qui tourne et on respire. C’est fou ce qu’une minute peut changer.
Fiche du jeu
Âge : dès 4 ans. Entraîne : la tolérance au délai, et l’expérience répétée que l’émotion redescend d’elle-même si on ne la nourrit pas. La vague chimique d’une émotion dure moins de deux minutes ; ce qui la prolonge, ce sont les pensées et les actes qui la relancent. Consigne enfant : « On lance la minute. Pendant ce temps, personne ne parle, on regarde le cercle. Après, on discute. » Variantes : un sablier d’une minute dans le coin calme ; pour les parents aussi, avant de répondre à une provocation. Ce que le thérapeute observe : la capacité à tenir la minute, ce que fait le corps pendant ce temps, et l’étonnement de l’enfant (« ça a baissé tout seul ! »).
Ma météo intérieure
Un rituel à faire le soir, ou en début de séance. L’enfant remplit sa météo du jour : soleil, nuages, orage ? Puis on compose la fiche et on peut la photographier pour la garder.
Fiche du jeu
Âge : dès 4 ans à l’oral, dès 7 ans à l’écrit. Entraîne : l’habitude de faire le point sur son état intérieur, de le nommer et de le relier à ce qui s’est passé. La métaphore météo est précieuse parce qu’elle dit l’essentiel : la météo change, personne n’est responsable de la pluie, et on peut s’équiper. Consigne enfant : « Si ton cœur était le ciel, quel temps il faisait aujourd’hui ? » Variantes : un tableau météo aimanté dans la cuisine pour toute la famille, parents compris (les enfants adorent voir que papa a eu de l’orage au travail) ; en classe, la météo du matin à l’accueil. Ce que le thérapeute observe : l’évolution d’une séance à l’autre, les « toujours soleil » qui peuvent cacher une difficulté à reconnaître le négatif, et les liens que l’enfant fait entre les événements et son état.
Dix jeux sans écran, avec du carton et des feutres
Les meilleurs jeux sur les émotions tiennent dans une boîte à chaussures. En voici dix, testés en cabinet, en classe et dans des cuisines.
1. Le mime des émotions
Des cartes avec un mot ou un visage. On tire, on mime sans parler, les autres devinent. Dès 4 ans. Entraîne la reconnaissance et l’expression corporelle. Variante difficile : mimer seulement avec le visage, puis seulement avec le corps, puis seulement avec la voix en disant « bonjour ». Observation : l’enfant qui ne sait pas mimer la colère a souvent appris qu’elle était interdite.
2. Le dé des émotions
Un gros dé en carton (ou un dé ordinaire avec une légende) avec six émotions. On lance, et on raconte « une fois où j’ai ressenti ça ». Dès 5 ans. Le hasard du dé lève la pression : ce n’est pas l’enfant qui choisit de parler de sa peur, c’est le dé. Variante en famille : chacun joue, y compris les parents, ce qui montre à l’enfant que les grands ont aussi des émotions.
3. Les statues des émotions
Musique, on danse ; la musique s’arrête, l’adulte annonce une émotion, tout le monde se fige en statue de cette émotion. Dès 3 ans. Un jeu de groupe parfait pour une classe ou une fratrie. Entraîne l’expression corporelle et le contrôle moteur. Variante : un enfant devine l’émotion des statues.
4. Le bocal à paillettes
Un bocal d’eau avec de la colle liquide transparente et des paillettes. On le secoue quand l’émotion est forte : les paillettes tourbillonnent, comme dans la tête. On regarde, on respire, et on attend qu’elles se déposent. Dès 3 ans. Une image concrète de la régulation : on ne fait rien disparaître, on laisse se poser. Idéal dans le coin calme.
5. La roue à fabriquer
Un cercle en carton divisé en six parts coloriées, une flèche fixée par une attache parisienne. Chaque soir, l’enfant tourne la flèche sur l’émotion de sa journée. Dès 4 ans. Variante : deux flèches, une pour le matin, une pour le soir ; ou une roue par membre de la famille sur le frigo.
6. Le détective des indices
Le jeu le plus riche pour les 6-10 ans. On apprend qu’une émotion laisse quatre sortes d’indices : le visage, le corps, la voix, et la situation. On regarde une image ou on écoute une histoire, et on cherche les indices un par un, comme Sherlock. « Indice visage : sourcils baissés. Indice corps : poings serrés. Indice voix : il crie. Indice situation : on lui a pris sa place. Conclusion ? » Entraîne l’inférence structurée, très utile pour les enfants qui lisent mal les autres, notamment dans le trouble du spectre de l’autisme.
7. Les histoires à trous
L’adulte raconte une histoire et s’arrête aux moments émotionnels : « Et là, le petit lapin a senti dans son ventre… » L’enfant complète. Dès 4 ans. Variante : l’enfant invente la suite et ce que fait le personnage de son émotion. On découvre souvent ce que l’enfant ferait lui-même.
8. Les marionnettes
Deux chaussettes, deux boutons, et une scène de la vie de l’enfant rejouée à distance : la dispute avec le copain, le coucher, la séparation du matin. Dès 3 ans. La marionnette dit ce que l’enfant ne peut pas dire en son nom. C’est l’un des outils les plus anciens de la thérapie de l’enfant, et il n’a pas pris une ride.
9. Le thermomètre en carton
Un grand thermomètre dessiné, colorié du vert au rouge, avec une pince à linge à déplacer. Affiché dans la chambre ou la classe. L’enfant déplace la pince quand il sent que ça monte, et l’adulte réagit selon la zone, sans attendre le rouge. Dès 4 ans. Le jeu numérique plus haut sur cette page en est la version tablette.
10. Quel animal est ma colère ?
On demande à l’enfant de dessiner sa colère (ou sa peur) comme un animal. Un lion ? Un hérisson ? Un volcan-dragon ? Puis on lui donne un nom, on lui demande ce qu’il mange, ce qui le calme, où il dort. Dès 5 ans. Externaliser l’émotion permet d’en parler sans se sentir attaqué (« ce n’est pas toi qui es méchant, c’est le dragon qui a faim »), puis d’apprendre à l’apprivoiser. Une technique issue des thérapies narratives, très appréciée des enfants au tempérament vif.
Émo, notre mascotte, a demandé un jour à un enfant de six ans de dessiner sa colère. L’enfant a dessiné un énorme dragon rouge avec des flammes. Puis, tout en bas, un tout petit Émo avec un seau d’eau. « Et là, c’est toi ? » a demandé Émo. « Non, a dit l’enfant, c’est toi. Tu éteins. » Émo a compris ce jour-là ce qu’était un thérapeute d’enfants : quelqu’un avec un seau, qui ne tue jamais le dragon.
Pour les professionnels : ce que ces jeux évaluent, et quand aller plus loin
Ces jeux ne sont pas des tests normés. Ils n’ont ni étalonnage ni seuils, et aucun résultat ici ne permet de conclure. Mais utilisés en séance, ils donnent une observation clinique structurée de cinq compétences, et ils repèrent les enfants pour lesquels un bilan formel est utile.
| Compétence | Jeux | Ce qui doit faire réfléchir |
|---|---|---|
| Reconnaissance des expressions | Détective des visages, mémory, mime | Échecs nets au niveau facile après 6-7 ans, confusions au-delà des classiques peur-surprise et colère-dégoût, désintérêt marqué pour le visage |
| Vocabulaire et granularité | Roue, du petit peu au volcan, météo | Vocabulaire limité à « content / pas content » après 7 ans, impossibilité de graduer |
| Conscience corporelle | Carte du corps, thermomètre | « Je ne sens rien nulle part », ou explosion sans aucun signe avant-coureur perçu |
| Inférence et décentration | Scènes du quotidien, détective des indices, histoires à trous | Réponses systématiquement centrées sur soi, difficulté à relier une situation à une émotion, réponses monocordes (tout est colère, tout est peur) |
| Régulation | Tri de ce qui aide, fleur et bougie, minute du calme | Incapacité à tenir une minute à 8 ans, aucune stratégie connue, ou uniquement des stratégies d’inhibition totale (« je garde tout ») |
Plusieurs profils cliniques se repèrent ainsi de façon précoce : la dysrégulation émotionnelle du TDAH (le thermomètre passe de 2 à 9 sans palier), la difficulté d’inférence du trouble du spectre de l’autisme (le détective des indices est laborieux alors que le vocabulaire peut être riche), l’inhibition émotionnelle de certains enfants anxieux ou très sages, l’alexithymie précoce, ou les débordements du trouble oppositionnel, qui sont souvent des émotions sans mots.
Quand ces observations s’accumulent, un bilan permet d’y voir clair. Le Cabinet Bouche & Chmura réalise des bilans psychologiques et neuropsychologiques pour les enfants et les adolescents, qui explorent notamment les émotions avec des outils étalonnés, ainsi que des bilans TDAH et TSA. Les consultations pédopsy prennent en charge les colères, l’opposition et les débordements émotionnels, avec les parents, en associant selon les besoins le jeu, la thérapie cognitive et comportementale, l’EMDR adaptée à l’enfant et la guidance parentale. Consultations à Colombes ou en téléconsultation, 365 jours par an. Les exercices plus structurés d’entraînement se trouvent sur la page remédiation cognitive des émotions.
Comment introduire ces jeux dans une séance ?
En début de séance, un jeu court (la météo, le thermomètre) sert de prise de température et de rituel. En milieu de séance, un jeu plus long (les scènes, le détective des indices) ouvre sur le vécu de l’enfant par le détour de la fiction. En fin de séance, un jeu de régulation (la fleur et la bougie) laisse l’enfant repartir posé. Avec les parents présents, le tri « ce qui aide » devient un outil de guidance : la famille repart avec trois stratégies choisies ensemble.
Et pour les enseignants ?
La météo du matin, le thermomètre affiché, les statues en motricité et le détective des indices en lecture d’album s’intègrent sans matériel dans une classe de maternelle ou d’élémentaire. Ils donnent à toute la classe un vocabulaire commun : quand un élève dit « je suis à 7 », tout le monde comprend, l’enseignant compris, et l’on peut agir avant la crise.
Quiz : quel jeu pour quel objectif ?
Six situations pour les adultes qui jouent avec les enfants. Chaque réponse est expliquée.
Questions fréquentes sur les jeux des émotions
À partir de quel âge peut-on apprendre les émotions à un enfant ?
Dès 2-3 ans, en nommant ses émotions pour lui (« tu es fâché parce que la tour est tombée »). Les jeux de reconnaissance des visages et la respiration de la fleur et de la bougie sont accessibles dès 3-4 ans, le thermomètre et les scènes dès 4-5 ans, la roue et le classement par intensité vers 6-7 ans.
Ces jeux sont-ils des tests psychologiques ?
Non. Ce sont des jeux d’apprentissage et d’observation, sans étalonnage ni seuil. Ils ne posent aucun diagnostic. Un bilan psychologique ou neuropsychologique utilise des outils étalonnés et une observation clinique complète, et c’est vers lui qu’on se tourne quand les observations faites en jouant s’accumulent.
Quel jeu choisir pour un enfant qui fait de grosses colères ?
D’abord la carte du corps et le thermomètre, pour qu’il apprenne à sentir la montée avant l’explosion. Puis le tri « ce qui aide, ce qui n’aide pas » et la respiration de la fleur et de la bougie, à apprendre au calme pour les avoir sous la main quand ça chauffe. Si les colères restent intenses et fréquentes, une consultation permet de comprendre ce qu’elles expriment.
Peut-on utiliser ces jeux en classe ?
Oui. La météo du matin, le thermomètre affiché, les statues des émotions et le détective des indices en lecture d’album fonctionnent très bien en groupe et donnent à toute la classe un vocabulaire commun pour parler des émotions avant qu’elles débordent.
Les données des jeux sont-elles enregistrées ?
Non. Tout se passe dans le navigateur de l’appareil, rien n’est envoyé ni conservé. Si vous voulez garder une météo ou une fiche, copiez le texte ou prenez une photo de l’écran.
Pour continuer la lecture
Quand le jeu ne suffit plus
Si les colères, les peurs ou les chagrins de votre enfant débordent malgré tout, une première consultation permet de comprendre ce qu’ils expriment et de décider ensemble de la suite : guidance parentale, suivi de l’enfant, ou bilan. Les enfants, les adolescents et leurs parents sont reçus au cabinet, à Colombes, ou en téléconsultation.