Les yeux ouverts, avec un support
Suivre un cercle qui grandit et rétrécit, une vague, une barre lumineuse : l’attention a un point d’appui, et l’esprit s’égare moins.
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« Fermez les yeux, détendez-vous, ne pensez à rien. » Pour beaucoup de personnes avec un TDAH, cette consigne est un supplice : au bout de trente secondes, la jambe tressaute, les pensées s’emballent et l’on se dit que la relaxation, « ce n’est pas pour moi ». Pourtant, il existe des façons de se poser qui tiennent compte de ce besoin de mouvement et de stimulation. Cette page vous aide à trouver la vôtre, avec un guide de respiration à suivre en ligne.
La plupart des méthodes de relaxation classiques ont été pensées pour des personnes qui arrivent à rester immobiles, les yeux fermés, en silence, pendant vingt minutes. Ce cadre, apaisant pour beaucoup, met une personne avec un TDAH face à tout ce qui lui est difficile : l’absence de stimulation, l’attente, l’immobilité, et le flot des pensées qui, sans activité pour les canaliser, se mettent à défiler comme un fil d’actualités devenu fou.
Plusieurs raisons expliquent ce malaise. Le cerveau TDAH cherche la stimulation : quand il n’en trouve pas dehors, il en fabrique dedans, sous forme de pensées, de projets, d’inquiétudes. L’agitation motrice, même discrète, est souvent une façon de rester éveillé et attentif : la supprimer de force augmente la tension au lieu de la diminuer. Enfin, beaucoup de personnes ont vécu des échecs répétés avec la relaxation (« je n’y arrive pas »), qui finissent par associer l’exercice à un sentiment d’incompétence.
La relaxation n’est pas un traitement du TDAH. C’est un outil de régulation : elle aide à faire baisser la tension, l’anxiété, la colère, à mieux s’endormir, à se préparer à un moment difficile. Ces effets sont précieux, car le TDAH s’accompagne souvent de stress chronique, d’émotions intenses et de troubles du sommeil. Voir émotions et dysrégulation et TDAH et sommeil.
La cohérence cardiaque est une technique de respiration lente et régulière, autour de six respirations par minute, soit environ cinq secondes d’inspiration et cinq secondes d’expiration, pendant quelques minutes. Elle a un grand avantage pour les personnes avec un TDAH : elle donne quelque chose de précis à faire. On ne demande pas au cerveau de se vider, on lui demande de suivre un rythme.
Notre rythme cardiaque n’est pas parfaitement régulier : il accélère légèrement quand on inspire et ralentit quand on expire. Quand on respire lentement, autour de six fois par minute, ces variations deviennent amples et régulières, comme une vague. Ce rythme correspond, chez la plupart des gens, à une « fréquence de résonance » du système cardiovasculaire. Il sollicite les mécanismes nerveux qui régulent la tension artérielle et active le nerf vague, principal frein du système nerveux. En pratique, on ressent en quelques minutes une baisse de la tension intérieure et une respiration plus posée.
Les études sur la respiration lente et le biofeedback de variabilité cardiaque montrent des effets favorables sur le stress et l’anxiété, et des effets plus modestes sur l’humeur. Les protocoles étudiés sont variés, ce qui invite à la prudence. Les recherches spécifiques au TDAH sont encore peu nombreuses : la cohérence cardiaque n’agit pas sur les symptômes centraux du trouble, mais elle peut aider à mieux gérer le stress, les émotions et l’endormissement qui l’accompagnent. Le cabinet présente le détail de ces données dans sa page cohérence cardiaque, avec une séance vidéo guidée de cinq minutes, à regarder ou à télécharger.
Suivre un cercle qui grandit et rétrécit, une vague, une barre lumineuse : l’attention a un point d’appui, et l’esprit s’égare moins.
Une minute, puis deux, puis trois. Le repère courant de trois séances de cinq minutes par jour est un objectif, pas une condition de départ.
Respirer en marchant lentement, en se balançant, en faisant glisser un doigt le long de l’autre main (on monte à l’inspiration, on descend à l’expiration).
Après le brossage des dents, avant d’ouvrir l’ordinateur, dans la voiture garée avant de rentrer : la cohérence cardiaque se greffe sur une habitude déjà là.
Cela arrive quand on respire trop profondément ou trop fort. La respiration de cohérence cardiaque doit rester douce, sans forcer, plutôt par le ventre. Si vous vous sentez étourdi, revenez à une respiration normale quelques instants, puis reprenez plus légèrement, ou choisissez un rythme un peu plus rapide. En cas de maladie respiratoire ou cardiaque, demandez l’avis de votre médecin.
Les deux sont possibles. Le rythme 5-5 est le repère le plus courant. Beaucoup de personnes trouvent qu’une expiration un peu plus longue que l’inspiration (par exemple 4 secondes puis 6) est encore plus apaisante, car c’est pendant l’expiration que le frein du système nerveux agit le plus. Le guide ci-dessous propose les deux rythmes : essayez et gardez celui qui vous convient.
Installez-vous comme vous voulez : assis, debout, ou en marchant doucement dans la pièce. Choisissez une durée et un rythme, puis appuyez sur « Commencer ». Inspirez par le nez pendant que le cercle grandit, expirez doucement pendant qu’il diminue. Si votre esprit s’échappe, ce qui est normal, revenez simplement au cercle.
Choisissez une durée et un rythme, puis commencez.
Le cercle bouge lentement, sans clignotement. Si votre appareil est réglé pour réduire les animations, le cercle reste fixe et seuls les mots et le décompte vous guident.
Pour une séance plus longue, avec une vidéo à emporter sur votre téléphone, rendez-vous sur la page cohérence cardiaque des outils psychiques du cabinet.
Mise au point au début du XXᵉ siècle par le médecin américain Edmund Jacobson, la relaxation musculaire progressive consiste à contracter volontairement un groupe de muscles pendant quelques secondes, puis à le relâcher, en portant attention à la différence entre tension et détente. On passe ainsi d’une zone du corps à l’autre : mains, bras, épaules, visage, ventre, jambes, pieds.
Cette méthode convient souvent très bien aux personnes avec un TDAH, pour trois raisons. Elle est active : on fait quelque chose avec son corps, au lieu de rester passif. Elle est rythmée : contracter, tenir, relâcher, changer de zone, ce qui laisse peu de place à l’ennui. Et elle apprend à repérer la tension dans le corps, souvent ignorée jusqu’au moment où elle explose en irritabilité ou en mal de dos.
Le cabinet propose une séance de relaxation musculaire guidée, pour un enfant jusqu’à 12 ans ou pour un adulte, en pause de cinq minutes ou en séance complète de quinze minutes, avec ou sans la voix. Elle se lance depuis la page relaxation musculaire des outils psychiques. Pour un adulte avec un TDAH, la version de cinq minutes est souvent le meilleur point de départ.
Oui, en version discrète : serrer les poings sous le bureau, monter les épaules puis les laisser tomber, presser les pieds contre le sol, contracter les cuisses. Trois zones, trois contractions, une minute. Cette « mini-relaxation » se glisse avant une réunion, après un appel tendu, ou dans les transports.
Pour beaucoup de personnes avec un TDAH, la détente passe d’abord par le mouvement. Ce n’est pas un paradoxe : le corps a besoin de décharger l’énergie accumulée avant de pouvoir se poser. Vouloir être calme sans avoir bougé, c’est un peu comme vouloir dormir juste après trois cafés.
Dix minutes de sport, de course, de vélo ou de danse, puis cinq minutes de respiration lente : le contraste rend le calme plus accessible.
Marcher très lentement, en sentant chaque pas, en synchronisant la respiration : quatre pas en inspirant, six pas en expirant.
S’étirer en suivant sa respiration : on s’allonge en inspirant, on relâche en expirant. Le yoga doux en est une forme plus structurée.
Se balancer doucement sur une chaise à bascule, un hamac ou debout d’un pied sur l’autre : un mouvement régulier apaise souvent mieux que l’immobilité.
Des enchaînements lents qui demandent de l’attention au geste : l’esprit a de quoi s’occuper, le corps se pose.
Une promenade dans un parc, au bord de l’eau, en forêt : la nature offre une stimulation douce qui capte l’attention sans l’épuiser.
Quand les pensées s’emballent ou qu’une émotion monte, les techniques d’ancrage ramènent l’attention vers les sensations du moment présent. Elles sont courtes, discrètes et donnent à l’esprit une tâche concrète, ce qui les rend très adaptées au TDAH.
Le jeu des cinq sens. Nommez dans votre tête cinq choses que vous voyez, quatre que vous pouvez toucher, trois que vous entendez, deux que vous sentez (odeurs), une que vous goûtez. L’exercice prend une à deux minutes et occupe suffisamment l’attention pour interrompre une spirale de pensées. Il plaît beaucoup aux enfants, présenté comme un jeu d’enquêteur.
Sentir le sol. Assis ou debout, appuyez vos pieds contre le sol, sentez le poids du corps, les talons, les orteils. Faites rouler lentement le poids d’avant en arrière. Le contact avec le sol est un repère simple et toujours disponible, même en réunion.
Un objet dans la main. Une pierre lisse, une balle souple, un porte-clés : explorez-le du bout des doigts, sa température, sa texture, son poids. Garder un objet d’ancrage dans sa poche permet de s’en servir n’importe où. Beaucoup d’adultes avec un TDAH ont déjà, sans le savoir, un objet qu’ils manipulent pour se calmer.
Trois minutes d’attention. Les pratiques de pleine conscience adaptées au TDAH utilisent des séances courtes, souvent les yeux ouverts, avec une consigne simple : remarquer quand l’attention part, et la ramener sans se juger. Remarquer qu’on s’est égaré n’est pas un échec de l’exercice, c’est l’exercice lui-même. Les études sur ces programmes adaptés sont encourageantes mais encore limitées.
Pour d’autres outils de régulation, voir la boîte à outils des émotions et la fenêtre de tolérance. Lorsque la tension vient de souvenirs difficiles, un travail en EMDR peut aussi être envisagé : voir TDAH et EMDR.
Un enfant avec un TDAH ne se détendra pas parce qu’on lui demande d’être calme. Il se détendra si on lui propose un jeu, avec un adulte qui joue aussi. Le parent qui respire lentement à côté de l’enfant l’aide à se réguler par l’exemple : c’est ce qu’on appelle la co-régulation.
Mieux vaut trois minutes joyeuses que quinze minutes de lutte. Proposez ces jeux à un moment calme, pas en pleine crise : on apprend à nager dans la piscine, pas pendant la tempête. Voir le TDAH de l’enfant et le quotidien des parents.
Affirmation 1
Faux. Personne n’arrive à ne penser à rien. Se relaxer, c’est laisser passer les pensées sans s’y accrocher, et revenir à un point d’appui : le souffle, le corps, un son.
Affirmation 2
Vrai. Marche lente, étirements, balancement, tai-chi : le mouvement est souvent la porte d’entrée de la détente pour les personnes avec un TDAH.
Affirmation 3
Faux. Elle n’agit pas sur les symptômes centraux du TDAH, mais elle aide à gérer le stress, les émotions et l’endormissement qui l’accompagnent souvent.
Affirmation 4
Vrai. La régularité compte plus que la durée. Une minute quotidienne installe une habitude ; on allonge ensuite, si on en a envie.
Affirmation 5
C’est plus nuancé. Certaines personnes se détendent mieux les yeux fermés, d’autres se sentent plus agitées ou mal à l’aise ainsi. Garder les yeux ouverts sur un point ou un support visuel est tout à fait valable.
Ce petit questionnaire, rédigé pour ce guide, vous oriente vers la famille de méthodes qui a le plus de chances de vous convenir. Ce n’est pas un test de TDAH, ni un diagnostic.
Elle n’agit pas sur les symptômes centraux du TDAH, mais elle aide beaucoup de personnes à faire baisser le stress, à apaiser les émotions et à mieux s’endormir. Avec un TDAH, elle fonctionne mieux en séances courtes, les yeux ouverts, avec un support visuel à suivre.
En bougeant : marche lente, étirements, balancement, tai-chi, ou un peu de sport avant de se poser. La relaxation musculaire progressive, qui est active, convient aussi souvent bien. Commencer par une à trois minutes rend l’exercice accessible.
Le repère courant est de trois séances de cinq minutes par jour, mais une séance d’une à trois minutes est un très bon début. La régularité compte plus que la durée.
Des jeux courts : sentir la fleur et souffler la bougie, faire monter une peluche sur le ventre, passer du robot raide à la poupée de chiffon. Un adulte qui pratique avec l’enfant, à un moment calme, est la meilleure façon de l’aider.
Non. C’est un outil de régulation du stress et des émotions, utile en complément d’un accompagnement et, quand un médecin le juge indiqué, d’un traitement.
En séance, ces techniques s’apprennent, s’adaptent à votre profil et s’intègrent dans un travail plus large sur les émotions, le stress, le sommeil ou les souvenirs difficiles. Le cabinet accompagne enfants, adolescents et adultes avec un TDAH, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche et en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.