Mémoire et vieillissement : oublis normaux ou inquiétants, comment faire la différence
Vous entrez dans la cuisine et vous ne savez plus ce que vous veniez y chercher. Vous retournez au salon, et cela vous revient. Ce petit tour, tout le monde le fait, à vingt ans comme à quatre-vingts. Mais après soixante ans, il s’accompagne souvent d’une question qu’on n’ose pas dire à voix haute : « Est-ce que ça commence ? » Cette page donne des repères concrets : ce que l’âge change vraiment dans la mémoire et ce qu’il épargne, les oublis qui sont ordinaires et ceux qui doivent amener à consulter, ce qui brouille la mémoire sans l’abîmer, et ce qu’apporte une évaluation cognitive, que la neuropsychologue réalise au cabinet.
Commençons par une bonne nouvelle, tirée de la recherche. Le psychologue américain Gabriel Radvansky a montré, par une série d’expériences, que franchir une porte fait oublier : le cerveau découpe l’expérience en épisodes, et changer de pièce marque la fin d’un épisode. L’intention formée dans le salon reste « rangée » dans le salon. Ce trou de mémoire de la cuisine n’est donc pas un défaut, mais une conséquence de la façon dont la mémoire organise nos journées. Il arrive à tous les âges ; on le remarque simplement davantage quand on commence à s’inquiéter.
Car c’est bien là que se loge la difficulté. Après soixante ans, chaque oubli devient suspect. Un nom qui ne vient pas, des lunettes introuvables, un rendez-vous manqué, et la peur surgit, d’autant plus vive qu’on a vu un père ou une mère perdre la mémoire. Ce qui nous frappe, c’est combien cette peur fatigue à elle seule la mémoire : à force de se surveiller, on finit par produire les oublis que l’on redoute.
Les plaintes de mémoire ne datent pas d’hier. Montaigne ouvre son chapitre « Des menteurs » en affirmant qu’il n’existe sans doute personne au monde dont la mémoire soit aussi défaillante que la sienne, ce qui ne l’a pas empêché d’écrire les Essais, truffés de citations. Et dans le dialogue de Cicéron sur la vieillesse, le vieux Caton s’amuse : il n’a jamais entendu parler d’un vieillard qui aurait oublié l’endroit où il avait caché son trésor. Autrement dit, on retient ce qui compte pour soi. L’observation est plus fine qu’il n’y paraît : l’intérêt et l’émotion sont parmi les meilleurs alliés de la mémoire, à tout âge.
Les repères à garder
Avec l’âge, la mémoire ralentit et récupère moins vite ce qu’elle contient ; elle ne se vide pas pour autant.
Ce qui compte n’est pas un oubli isolé, mais un changement net par rapport à avant, qui retentit sur la vie quotidienne.
Le sommeil, l’anxiété, l’humeur, l’audition et certains médicaments brouillent souvent la mémoire sans l’abîmer.
Une évaluation cognitive, confiée à la neuropsychologue du cabinet, démêle l’ordinaire de l’inquiétant, et rassure plus souvent qu’on ne le craint.
Une mémoire, ou plusieurs ?
On parle de « la » mémoire comme d’un seul tiroir. Les neuropsychologues en distinguent plusieurs, qui reposent sur des réseaux du cerveau en partie différents et ne vieillissent pas de la même façon. C’est la première chose à comprendre pour lire ses propres oublis. Petit jeu : associez chaque situation au type de mémoire qu’elle sollicite surtout.
Garder en tête un numéro le temps de le composer
Se rappeler ce que l’on a mangé hier soir, et avec qui
Savoir que Lisbonne est la capitale du Portugal
Tricoter, conduire ou jouer un morceau appris il y a longtemps, sans y penser
Penser à prendre son comprimé à 18 heures
Mémoire
À quoi elle sert
Ce que l’âge en fait, le plus souvent
De travail
Retenir et manipuler une information quelques secondes
Elle se sature plus vite : deux choses à la fois, c’est plus coûteux qu’avant
Épisodique
Les souvenirs datés et situés de sa vie
Les détails des événements récents s’effacent plus vite ; les souvenirs anciens marquants restent
Sémantique
Les connaissances, le vocabulaire, le sens des choses
Très bien préservée, souvent enrichie ; seul l’accès aux noms propres devient plus lent
Procédurale
Les savoir-faire automatiques
Remarquablement stable ; elle sert d’appui aux apprentissages
Prospective
Penser au bon moment à une action prévue
Plus fragile quand rien ne la déclenche ; elle s’appuie très bien sur des repères extérieurs
Ce que l’âge change vraiment, et ce qu’il épargne
Si l’on devait résumer en un mot ce que les recherches décrivent, ce serait : la vitesse. Le psychologue Timothy Salthouse a passé des décennies à montrer que le ralentissement du traitement de l’information explique une bonne part des changements cognitifs liés à l’âge. Le cerveau fait toujours le travail, plus lentement ; si on lui laisse le temps, il arrive souvent au même résultat.
Trois expériences quotidiennes en découlent, et elles sont presque universelles.
Le mot sur le bout de la langue
Je le sais, mais il ne vient pas
Le nom de cet acteur, d’un voisin, d’une ville. On en connaît la première lettre, la longueur, on voit le visage. Il revient une heure plus tard, sous la douche. Ce phénomène augmente nettement avec l’âge et touche surtout les noms propres. Il ne signe pas une perte du mot : celui-ci est là, c’est le chemin pour l’atteindre qui se fait plus long.
L’attention partagée
Une chose à la fois
Suivre une conversation dans un restaurant bruyant, cuisiner en écoutant la radio, répondre au téléphone en cherchant ses clés. Les situations qui demandent de partager son attention deviennent plus coûteuses. Beaucoup de « trous » viennent de là : l’information n’a jamais été vraiment enregistrée, parce que l’attention était ailleurs.
Le rappel plus lent
Ça revient, si on aide un peu
Retrouver spontanément un souvenir récent devient plus difficile, mais un indice (un lieu, une personne, une odeur) le fait souvent ressurgir. C’est un point capital : une information qui revient avec un indice a été correctement mise en mémoire.
Et il y a ce que l’âge épargne. Le psychologue Raymond Cattell distinguait deux formes d’intelligence : l’une, « fluide », qui résout des problèmes nouveaux et décline progressivement à partir de l’âge adulte ; l’autre, « cristallisée », faite de connaissances, de vocabulaire et d’expérience, qui reste stable et peut continuer de s’enrichir très tard. Le jugement, la capacité à relier les choses, la culture accumulée en font partie. Les cruciverbistes de quatre-vingts ans battent souvent leurs petits-enfants, et ce n’est pas un hasard.
La psychanalyse ajoute un éclairage complémentaire. Freud a montré que l’oubli n’est pas toujours un accident : le nom qui ne vient pas est parfois celui d’une personne avec qui l’on a un compte à régler. Inutile d’interpréter chaque clé égarée ; mais un oubli très ciblé mérite parfois qu’on y prête l’oreille.
Ordinaire ou à signaler : le tri par l’exemple
Voici sept situations. Avant de retourner chaque carte, demandez-vous si elle vous paraît relever du vieillissement ordinaire ou mériter un avis. Les verdicts sont des tendances, pas des diagnostics : ce qui compte toujours, c’est que cela se répète, que cela tranche avec vos habitudes, et que cela gêne la vie de tous les jours.
Quand demander un avis sur sa mémoire
La frontière entre vieillissement ordinaire et début de trouble cognitif ne se lit pas dans un oubli isolé. Elle se lit dans le temps et dans la vie quotidienne. Voici les situations qui justifient de demander une évaluation, sans attendre que cela « s’aggrave » :
une différence marquée avec votre façon de fonctionner il y a un an ou deux, même si vous restez « dans la norme » ;
des oublis d’événements récents entiers (une visite, une conversation importante), et pas seulement de détails ;
des difficultés nouvelles dans des tâches familières : la cuisine, les comptes, les médicaments, un trajet connu ;
un mot courant qui manque souvent, ou un mot remplacé par un autre dans la conversation ;
un entourage qui s’inquiète davantage que vous, ou qui remarque des changements que vous ne voyez pas ;
des changements associés du caractère : une apathie inhabituelle, une méfiance, une irritabilité nouvelle ;
à l’inverse, une inquiétude si forte pour votre mémoire qu’elle vous gâche la vie, même si tout semble aller bien.
Ce dernier point est moins anecdotique qu’il n’y paraît. Les neuropsychologues parlent de plainte cognitive subjective quand une personne perçoit un déclin que les tests ne retrouvent pas, ou à peine. Cette plainte mérite d’être entendue : elle est souvent liée à l’anxiété ou à l’humeur, parfois à un changement très précoce que seul un suivi dans le temps permettra de préciser. Dans tous les cas, faire le point vaut mieux que ruminer seul.
Distinguer une mémoire ralentie par une dépression d’un trouble neurocognitif débutant est l’une des questions les plus délicates à cet âge. La page dépression de la personne âgée présente les repères qui orientent dans un sens ou dans l’autre, tandis que dépression et anxiété après 60 ans décrit les visages méconnus de l’humeur qui baisse.
Ce qui brouille la mémoire sans l’abîmer
Une grande partie des difficultés de mémoire que l’on rencontre après soixante ans ne vient pas d’une maladie du cerveau, mais de facteurs qui gênent l’attention ou l’enregistrement. Ils ont un point commun précieux : on peut agir sur eux. C’est pour cela qu’ils sont toujours recherchés, par le médecin pour ce qui relève du corps, et en consultation pour le reste.
La nuit
Un sommeil qui se défait
Le sommeil consolide les souvenirs de la journée. Des nuits fragmentées, une apnée du sommeil non repérée ou des somnifères pris depuis longtemps pèsent directement sur la mémoire du lendemain.
L’esprit occupé
L’anxiété et la rumination
Quand l’esprit tourne en boucle autour d’une inquiétude, il reste peu de place pour enregistrer le reste. L’anxiété est l’un des grands voleurs de mémoire, et la peur d’oublier en est une forme.
L’humeur
Une tristesse qui ralentit
La dépression ralentit la pensée, rend chaque effort coûteux et donne le sentiment de ne plus rien retenir. Quand l’humeur se soigne, la mémoire revient souvent en grande partie.
Les sens
Mal entendre, mal voir
Ce que l’on a mal entendu ne peut pas être retenu. La baisse de l’audition oblige aussi le cerveau à consacrer une énergie considérable au simple fait de comprendre, au détriment de la mémoire.
L’armoire à pharmacie
Certains médicaments
Plusieurs familles de médicaments, notamment certains somnifères, anxiolytiques ou traitements de la vessie et des allergies, peuvent diminuer l’attention et la mémoire. Seul le médecin peut réévaluer un traitement.
Les épreuves
Un deuil, un choc, une emprise
Après un deuil, un traumatisme ou des années d’emprise, beaucoup de personnes décrivent un « brouillard ». Il se dissipe souvent avec le temps et le travail psychique ; si la mémoire reste en berne, un bilan neuropsychologique permet de comprendre pourquoi. Voir trauma, mémoire et cerveau.
Le corps
Thyroïde, carences, douleur
Une thyroïde paresseuse, un manque de vitamine B12, une déshydratation, une douleur chronique ou une fatigue importante peuvent suffire à émousser la mémoire. C’est au médecin de les dépister, par l’examen clinique et des analyses.
Ce qu’apporte une évaluation cognitive après 60 ans
Beaucoup de personnes repoussent l’évaluation par peur du verdict. C’est compréhensible, et pourtant l’évaluation produit le plus souvent l’effet inverse : elle apporte des réponses précises là où l’imagination fabriquait le pire. Elle décrit ce qui fonctionne bien, ce qui fonctionne moins bien, et ce qui peut l’expliquer. Au Cabinet Bouche & Chmura, elle est confiée à la psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie, et se déroule sur place.
Un rendez-vous préliminaire. Il précède toujours le bilan. On y cerne ce qui vous inquiète, depuis quand, dans quelles situations, et l’on vérifie qu’une évaluation est bien la réponse adaptée.
Des épreuves standardisées. Elles explorent l’attention, la vitesse de traitement, les différentes formes de mémoire, le langage, les fonctions exécutives (organiser, planifier, s’adapter) et les capacités visuo-spatiales. Ce ne sont pas des examens scolaires : il n’y a ni piège ni note.
Des résultats comparés à votre groupe. Vos performances sont situées par rapport à celles de personnes de même âge et de même niveau d’études. On ne vous compare pas à un jeune de trente ans.
Un compte rendu écrit. Il décrit vos forces, vos fragilités et l’hypothèse qui se dégage. Une séance suffit pour qu’on vous le commente point par point.
Un point de repère pour la suite. L’évaluation sert aussi de référence : si une question se repose plus tard, on pourra comparer. Avec votre accord, ses conclusions peuvent être partagées avec le médecin qui vous suit.
Quand les résultats montrent un déclin plus marqué que le vieillissement ordinaire, sans retentissement important sur l’autonomie, on parle de trouble neurocognitif léger. Le terme fait peur ; il désigne pourtant une situation qui ne conduit pas forcément à une maladie d’Alzheimer : chez une partie des personnes, les difficultés restent stables, et chez d’autres elles s’améliorent, par exemple quand une dépression ou un problème de sommeil sont traités. C’est précisément pour cela qu’un suivi dans le temps a du sens.
La neuropsychologue réalise aussi des remédiations cognitives, et le psychothérapeute réalise les bilans psychologiques, utiles quand l’humeur, l’anxiété ou un événement de vie semblent peser sur la mémoire. Les deux regards peuvent se croiser.
Entretenir sa mémoire : ce qui aide vraiment
En 2024, une commission internationale de chercheurs réunie par la revue médicale The Lancet a recensé quatorze facteurs de risque de démence sur lesquels on peut agir, et estimé que près de la moitié des cas pourraient, en théorie, être retardés ou évités. Parmi eux : la baisse de l’audition et de la vue non corrigées, l’hypertension, le diabète, le cholestérol, le tabac, l’excès d’alcool, la sédentarité, la dépression et l’isolement social. Cette liste a une vertu : elle montre que protéger sa mémoire passe moins par des exercices de mémoire que par une vie qui prend soin du corps, des liens et de l’humeur.
Ce qui protège le plus
Bouger régulièrement, même modestement : la marche quotidienne fait partie des mesures les plus étudiées. Soigner ses oreilles et ses yeux. Garder des liens et des conversations, qui sont pour le cerveau un exercice complet. Rester curieux, apprendre des choses nouvelles qui demandent un vrai effort (une langue, un instrument, une danse). Dormir. Et traiter une dépression plutôt que de la supporter. Les chercheurs parlent de réserve cognitive : ce capital, nourri tout au long de la vie, aide le cerveau à compenser.
Les ruses du quotidien
Un endroit fixe pour les clés, les lunettes, le téléphone. Un agenda unique, toujours au même endroit. Dire à voix haute ce que l’on fait (« j’ai fermé le gaz ») pour l’enregistrer. Faire une chose à la fois. Associer une information nouvelle à une image ou à une histoire. Préparer ses médicaments dans un pilulier. Ces aides ne sont pas des béquilles honteuses : elles libèrent la mémoire pour ce qui en vaut la peine.
Et les jeux de mémoire sur tablette ? Ils améliorent surtout la performance au jeu lui-même, et assez peu la mémoire de la vie quotidienne. S’ils vous amusent, gardez-les ; s’ils vous angoissent parce que vous comptez vos points chaque soir, ils font plus de mal que de bien.
Une dernière suggestion, plus littéraire. En 1978, Georges Perec a publié Je me souviens, une suite de petits souvenirs ordinaires qui commencent tous par ces trois mots. L’exercice est merveilleux à faire soi-même, seul ou avec ses petits-enfants : il réveille la mémoire ancienne, qui est la mieux préservée, il fait parler, et il transmet. Voir les liens entre générations.
Vrai ou faux : six idées sur la mémoire qui vieillit
Idée 1
« S’inquiéter pour sa mémoire, c’est déjà le signe d’une maladie. »
Le plus souvent, non. Beaucoup de personnes inquiètes ont une mémoire normale pour leur âge, et leur inquiétude est liée à l’anxiété, à la fatigue ou à un souvenir familial. Dans certaines maladies, c’est même plutôt l’entourage qui s’inquiète. Une évaluation permet de trancher.
Idée 2
« Bien entendre aide à bien se souvenir. »
Oui. Ce qui est mal entendu ne s’enregistre pas, et l’effort permanent pour comprendre épuise l’attention. La baisse de l’audition non corrigée figure parmi les facteurs de risque de déclin cognitif sur lesquels on peut agir.
Idée 3
« Les mots croisés protègent de la maladie d’Alzheimer. »
C’est plus nuancé. Une vie intellectuellement active contribue à la réserve cognitive, mais un seul type d’exercice, toujours le même, a un effet limité. Apprendre des choses vraiment nouvelles, bouger et garder des liens comptent davantage.
Idée 4
« On peut apprendre une langue étrangère à soixante-quinze ans. »
Oui. Plus lentement qu’à vingt ans, avec davantage de répétitions, mais l’apprentissage reste possible à tout âge, et il fait partie de ce qui entretient le cerveau.
Idée 5
« Si je me souviens de mon enfance en détail, ma mémoire va bien. »
Pas forcément. Les souvenirs anciens, très répétés et chargés d’émotion, résistent longtemps, y compris dans certaines maladies. C’est la mémoire des événements récents qui renseigne le mieux sur l’état actuel.
Idée 6
« Une dépression peut donner l’impression de perdre la mémoire. »
Oui, très souvent. La dépression ralentit l’attention et l’enregistrement, au point de faire craindre une maladie. La mémoire s’améliore fréquemment quand l’humeur est soignée.
Exemple fictif : Gilles, 67 ans, « comme ma mère »
Exemple fictif
Exemple fictif : Gilles, ancien professeur de physique, a vu sa mère décliner avec une maladie d’Alzheimer. Depuis quelques mois, il cherche ses mots en public, oublie le prénom de ses voisins, et se réveille la nuit en pensant à sa mère. Sa femme est malade, il s’occupe beaucoup d’elle et dort mal. Il a cessé de lire le soir, « parce que je ne retiens plus rien ». Il est persuadé que « ça commence ».
Une inquiétude pour la mémoire a presque toujours deux faces : une question cognitive (que se passe-t-il dans mon cerveau ?) et une question psychique (qu’est-ce que cette peur réveille, que suis-je en train de traverser ?). Le cabinet réunit les deux regards. Au cabinet, la neuropsychologue fait passer les évaluations cognitives après 60 ans puis vous donne ses conclusions par écrit. Le psychothérapeute accompagne ce qui pèse sur l’humeur et la pensée : l’anxiété, un deuil, l’épuisement d’un aidant, la peur de répéter l’histoire d’un parent. Les deux peuvent aussi travailler ensemble, en co-thérapie, quand le psychothérapeute le juge utile.
Selon ce qui se dégage, le travail peut prendre plusieurs formes : les outils des TCC pour desserrer l’anxiété et la rumination et remettre de l’ordre dans le sommeil ; l’écoute analytique pour entendre ce que l’oubli et la peur de l’oubli disent de soi ; l’EMDR quand une scène (la maladie d’un parent, un diagnostic, un accident) revient en boucle et alimente l’angoisse.
En pratique
L’évaluation cognitive demande de venir au cabinet ; en revanche, bilan psychologique et psychothérapie sont possibles à distance. Trois portes d’entrée possibles : Colombes, Pavillons-sous-Bois, l’Ardèche. Avec votre accord, nous échangeons avec le médecin qui vous suit. Voir notre façon d’accompagner et la page des bilans.
Questions fréquentes sur la mémoire après 60 ans
Quels oublis sont normaux avec l’âge ?
Chercher un nom propre et le retrouver plus tard, égarer ses lunettes, oublier pourquoi on est entré dans une pièce, perdre le fil quand on fait deux choses à la fois ou quand on est fatigué. Ces oublis ne gênent pas l’autonomie et l’information revient souvent avec un indice. Le signal d’alerte, c’est plutôt une différence marquée avec vos habitudes, qui pèse sur la vie de tous les jours.
Quand faut-il consulter pour des troubles de la mémoire ?
Quand les oublis portent sur des événements récents entiers, quand des tâches familières deviennent difficiles (comptes, médicaments, trajets connus), quand l’entourage s’inquiète, quand le caractère change, ou quand la peur d’oublier envahit la vie. Une évaluation cognitive permet alors de faire le point.
En quoi consiste une évaluation cognitive ?
Après un rendez-vous préliminaire, la neuropsychologue propose des épreuves standardisées qui explorent l’attention, les différentes mémoires, le langage, l’organisation et l’orientation dans l’espace. Vos résultats sont situés par rapport à des personnes de votre âge et de votre niveau d’études. Un compte rendu écrit décrit les forces et les fragilités, et une séance permet de l’expliquer.
Comment entretenir sa mémoire en vieillissant ?
En bougeant chaque jour, en corrigeant l’audition et la vue, en dormant suffisamment, en gardant des liens et des conversations, en apprenant des choses vraiment nouvelles, en limitant l’alcool et en soignant une dépression. Au quotidien, des repères simples (un endroit fixe pour les objets, un agenda unique, une chose à la fois) libèrent la mémoire.
Qu’est-ce qu’un trouble neurocognitif léger ?
C’est un déclin cognitif plus marqué que le vieillissement ordinaire, mesuré par des épreuves, sans perte importante d’autonomie. Il ne conduit pas forcément à une maladie d’Alzheimer : chez certaines personnes les difficultés restent stables, chez d’autres elles s’améliorent, notamment quand une dépression ou un trouble du sommeil sont traités. Un suivi dans le temps permet de préciser.
Vos oublis vous inquiètent, ou vous vous faites du souci pour la mémoire d’un parent ? Une première rencontre, sans engagement, aide à faire le tri et à décider s’il faut une évaluation cognitive.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.