Caractéristiques mixtes
Des signes dépressifs et maniaques présents en même temps ou en alternance très rapide. Le risque suicidaire y est élevé. États mixtes
Cette page n'est pas encore publique. Entrez le mot de passe pour la consulter.
Le trouble bipolaire n’a pas une seule forme. Selon l’intensité des phases hautes et la présence ou non de dépressions caractérisées, les classifications distinguent plusieurs types. Les connaître aide à comprendre un diagnostic, et à ne pas minimiser les formes dites « légères ».
Choisissez une forme pour voir sa description et une courbe pédagogique de son évolution. Les courbes ne représentent personne en particulier : elles illustrent ce que décrivent les manuels.
Le trouble bipolaire de type I se définit par au moins un épisode maniaque caractérisé, c’est-à-dire assez intense pour perturber nettement la vie, entraîner une hospitalisation ou s’accompagner d’idées délirantes. La plupart des personnes connaissent aussi des épisodes dépressifs, mais ils ne sont pas indispensables au diagnostic : un seul épisode maniaque suffit.
Selon le manuel MSD, le type I touche autant les hommes que les femmes.
Le trouble bipolaire de type II associe au moins un épisode dépressif caractérisé et au moins un épisode hypomaniaque, sans jamais d’épisode maniaque complet. Les phases hautes sont moins spectaculaires, les dépressions souvent longues et lourdes.
C’est la forme la plus souvent confondue avec une dépression simple, car l’hypomanie est fréquemment vécue comme une période agréable et n’est pas signalée. Le manuel MSD indique qu’elle est un peu plus fréquente chez les femmes. « Moins intense » ne veut pas dire « moins grave » : les épisodes dépressifs du type II peuvent avoir un retentissement très important.
Le trouble cyclothymique se caractérise par de nombreuses périodes de symptômes hypomaniaques et de nombreuses périodes de symptômes dépressifs, qui n’atteignent jamais l’intensité d’un épisode caractérisé. Selon le DSM-5-TR décrit par le manuel MSD, ces fluctuations doivent être présentes depuis au moins deux ans chez l’adulte, un an chez l’enfant et l’adolescent, au moins la moitié du temps, sans pause de plus de deux mois.
La cyclothymie peut précéder un trouble bipolaire de type I ou II, ou rester stable toute la vie. Sa prise en charge repose surtout sur la psychoéducation et le soutien, un traitement médicamenteux pouvant être discuté par le médecin selon la gêne.
D’autres situations sont décrites par les classifications :
Ces distinctions expliquent pourquoi le médecin recherche toujours une cause somatique ou médicamenteuse avant de conclure. La page diagnostic et diagnostics différentiels détaille cette démarche.
| Forme | Phases hautes | Phases basses | À retenir |
|---|---|---|---|
| Type I | Au moins un épisode maniaque (une semaine ou plus, ou hospitalisation) | Fréquentes, non obligatoires | Un seul épisode maniaque suffit au diagnostic |
| Type II | Hypomanies (quatre jours ou plus), jamais de manie complète | Au moins un épisode dépressif caractérisé | Souvent pris pour une dépression simple |
| Cyclothymie | Symptômes hypomaniaques sous le seuil | Symptômes dépressifs sous le seuil | Au moins deux ans chez l’adulte, un an chez le jeune |
| Non spécifié | Caractéristiques bipolaires sans critères complets | Mérite un suivi attentif | |
Certains auteurs ont proposé d’élargir la notion à un « spectre » comprenant des types II½, III, IV et au-delà, par exemple une dépression chez une personne dont un parent est bipolaire. Ces catégories ne font pas partie des classifications officielles. Dans la Revue française de psychanalyse, le psychiatre André Galinowski, rendant compte du livre de , rappelle qu’une conception aussi large repose sur l’observation des fluctuations de l’humeur plutôt que sur le processus en jeu, et qu’elle brouille la frontière avec les variations ordinaires. Le débat reste ouvert, mais une chose est sûre : une étiquette ne remplace pas une évaluation clinique approfondie.
Oui. Une personne diagnostiquée avec un trouble de type II peut connaître plus tard un épisode maniaque, et le diagnostic devient alors celui d’un type I. La cyclothymie peut aussi évoluer vers un type I ou II. À l’inverse, on ne « redescend » pas de catégorie : un épisode maniaque passé reste dans l’histoire de la maladie.
Au type s’ajoutent souvent des précisions qui orientent le soin :
Des signes dépressifs et maniaques présents en même temps ou en alternance très rapide. Le risque suicidaire y est élevé. États mixtes
Au moins quatre épisodes par an. Selon l’Assurance maladie, 5 à 15 % des personnes sont concernées, et une prise irrégulière du traitement peut les favoriser.
Des épisodes qui reviennent à la même saison, par exemple une exaltation en été et une dépression en hiver.
Des idées délirantes ou des hallucinations pendant un épisode sévère, maniaque ou dépressif. Elles demandent des soins rapides.
Quatre situations imaginaires, écrites pour l’exercice. Pour chacune, quelle forme correspond le mieux à la description des manuels ? Ce jeu sert à fixer les définitions. Il ne permet en aucun cas de se diagnostiquer soi-même ou un proche.
Le type I comporte au moins un épisode maniaque complet. Le type II associe des épisodes dépressifs caractérisés et des hypomanies, sans jamais de manie complète. Les phases hautes du type II sont moins intenses, mais ses dépressions peuvent être longues et sévères.
Elle fait partie de la même famille de troubles. Elle se caractérise par des fluctuations hypomaniaques et dépressives sous le seuil d’un épisode caractérisé, présentes depuis au moins deux ans chez l’adulte. Elle peut évoluer vers un type I ou II, ou rester stable.
Pas forcément. Ses phases hautes sont moins intenses, mais les épisodes dépressifs peuvent être nombreux et longs, avec un retentissement important et un risque suicidaire réel. La gravité dépend de chaque parcours, pas seulement du type.
On parle de cycles rapides quand une personne connaît au moins quatre épisodes d’humeur dans l’année. Selon l’Assurance maladie, cela concerne 5 à 15 % des personnes atteintes de trouble bipolaire.
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous êtes en danger, si vous pensez au suicide ou si un proche vous inquiète gravement, appelez sans attendre :
Toutes les ressources utiles sont réunies dans la page urgences et numéros utiles.
Un premier rendez-vous permet de faire le point, d’entendre ce que vous vivez et de réfléchir ensemble à l’accompagnement le plus adapté, en lien avec le psychiatre ou le médecin qui vous suit. Les adolescents, les adultes, les couples et les familles sont reçus, au cabinet ou en téléconsultation.
Cliquer sur la photo ou utiliser + et − pour zoomer. Échap pour fermer.
Chargement de l'article…
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.