Tristesse ou vide
Une tristesse profonde, ou au contraire une sensation de vide, d’indifférence. Plus rien n’a de goût.
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Dans le trouble bipolaire, les épisodes dépressifs sont les plus fréquents et souvent les plus longs. Ils sont aussi la porte d’entrée habituelle dans la maladie, ce qui explique tant de diagnostics tardifs. Comment reconnaître une dépression, et quels indices doivent faire penser qu’elle s’inscrit dans un trouble bipolaire ?
Un épisode dépressif se définit par une humeur dépressive ou une perte d’intérêt pour la plupart des activités, présente la majeure partie de la journée, presque tous les jours, pendant au moins deux semaines. S’y ajoutent d’autres signes, dont le nombre et l’intensité permettent de dire si l’épisode est léger, moyen ou sévère.
Une tristesse profonde, ou au contraire une sensation de vide, d’indifférence. Plus rien n’a de goût.
Baisse d’énergie, gestes et pensées ralentis, ou au contraire agitation intérieure difficile à calmer.
Insomnie ou besoin de dormir beaucoup plus, perte ou augmentation de l’appétit et du poids.
Difficultés à se concentrer, à lire, à prendre la moindre décision.
Sentiment de nullité, culpabilité excessive ou injustifiée, désespoir.
Idées de mort récurrentes, idées suicidaires. Elles imposent d’en parler sans attendre.
Selon l’Assurance maladie, un épisode dépressif dure en moyenne six mois sans traitement, plus longtemps qu’un épisode maniaque. Une dépression très intense, appelée mélancolie, nécessite des traitements spécifiques. Chez l’adolescent, l’irritabilité, l’agressivité, les troubles du comportement et des plaintes physiques comme des douleurs ou des nausées peuvent masquer la tristesse.
Les idées suicidaires font partie de la dépression. Elles ne sont ni une faiblesse ni un caprice, et elles se soignent. Parlez-en à quelqu’un de confiance et à un professionnel. Le 3114 répond gratuitement, 24 h sur 24, pour vous ou pour un proche. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.
Les symptômes d’une dépression dite unipolaire et ceux d’un épisode dépressif bipolaire peuvent se ressembler. La distinction est pourtant importante, car les traitements diffèrent. C’est pourquoi la HAS demande, devant tout épisode dépressif, de rechercher des arguments en faveur d’un trouble bipolaire. Elle les classe en deux rangs.
Aucun de ces éléments ne suffit à lui seul, sauf le virage vers la manie sous antidépresseur, qui pose le diagnostic selon la HAS. Leur présence justifie un avis psychiatrique.
Les sources expliquent qu’un antidépresseur seul peut provoquer un « virage maniaque », c’est-à-dire un basculement brusque vers la manie. Selon l’Assurance maladie, lorsqu’un antidépresseur est utilisé pendant un épisode dépressif bipolaire, il est toujours associé à un régulateur de l’humeur. Ces décisions appartiennent au médecin. Si vous prenez un antidépresseur et que vous vous sentez soudain exalté, agité ou dormez très peu, prévenez votre médecin rapidement, sans arrêter ni modifier le traitement de vous-même.
La psychanalyse a beaucoup réfléchi à la mélancolie, depuis le texte de « Deuil et mélancolie » en 1915. Le psychanalyste propose une distinction intéressante : dans la mélancolie classique dominent les idées de ruine et les reproches contre soi, tandis que dans la dépression bipolaire l’effondrement serait plutôt vécu comme une hémorragie dont on n’est pas directement responsable, et situé dans l’avenir plutôt que dans le passé. Ces lectures ne remplacent pas le diagnostic médical, mais elles ouvrent un espace pour comprendre ce que la personne traverse. Voir bipolarité et psychanalyse.
Si vous traversez ou avez traversé une dépression, cochez les éléments qui vous concernent. Le résultat n’est pas un diagnostic : il vous indique s’il est utile d’en parler explicitement à votre médecin.
Ces questions ont été rédigées pour ce guide à partir des signes de l’épisode dépressif décrits par les sources. Elles ne reproduisent pas une échelle validée. Répondez en pensant aux quatorze derniers jours.
Le traitement d’un épisode dépressif bipolaire est décidé par le médecin, souvent avec un régulateur de l’humeur. Dans les dépressions sévères résistantes, l’électroconvulsivothérapie, réalisée sous anesthésie générale, reste une option encadrée. L’hospitalisation peut être nécessaire en cas de dépression grave avec risque suicidaire.
La psychothérapie a toute sa place. La méta-analyse de Chiang et collègues (2017) a trouvé un effet modéré des thérapies cognitives et comportementales sur les symptômes dépressifs du trouble bipolaire. L’activation comportementale, qui consiste à reprogrammer progressivement des activités qui ont du sens, est souvent utilisée en phase dépressive. L’écoute analytique aide de son côté à mettre des mots sur ce que l’effondrement réveille de l’histoire de la personne.
Psycom recommande aux proches de repérer les signes et d’en parler, d’aider à chercher de l’aide et à suivre le traitement, de soutenir dans les gestes du quotidien et d’évoquer ouvertement les idées suicidaires si elles sont présentes. Proposer un soutien sans tout prendre en charge aide la personne à garder sa place. La page proches et famille détaille ces repères.
Seul un professionnel peut le dire. Les indices qui doivent faire évoquer une bipolarité sont notamment une dépression avant 25 ans, des épisodes répétés, un parent bipolaire, une dépression après un accouchement, un besoin accru de sommeil et de nourriture, ou un virage vers l’exaltation sous antidépresseur. La recherche d’épisodes d’énergie inhabituelle passés est essentielle.
Au moins deux semaines par définition. Selon l’Assurance maladie, un épisode dépressif dure en moyenne six mois sans traitement, plus longtemps que les épisodes maniaques.
C’est une décision médicale. Les sources indiquent qu’un antidépresseur peut déclencher un virage maniaque et qu’il est, dans le trouble bipolaire, associé à un régulateur de l’humeur. Ne modifiez jamais un traitement sans en parler à votre médecin.
C’est une forme très intense de dépression, avec une douleur morale profonde, un ralentissement marqué et parfois des idées délirantes de culpabilité ou de ruine. Elle nécessite des soins rapides et spécifiques.
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous êtes en danger, si vous pensez au suicide ou si un proche vous inquiète gravement, appelez sans attendre :
Toutes les ressources utiles sont réunies dans la page urgences et numéros utiles.
Un premier rendez-vous permet de faire le point, d’entendre ce que vous vivez et de réfléchir ensemble à l’accompagnement le plus adapté, en lien avec le psychiatre ou le médecin qui vous suit. Les adolescents, les adultes, les couples et les familles sont reçus, au cabinet ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.