Activité débordante
Multiplication des projets, agitation, impossibilité de rester en place. Le sentiment d’être inépuisable.
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Dormir trois heures et se sentir en pleine forme, avoir mille idées à la minute, se croire capable de tout : vu de l’intérieur, le début d’une phase haute peut ressembler à une renaissance. C’est aussi ce qui la rend difficile à reconnaître. Voici comment les médecins la décrivent, et un questionnaire pour faire le point sur votre histoire.
Un épisode maniaque est une période d’au moins une semaine pendant laquelle l’humeur est anormalement euphorique, expansive ou irritable, avec une énergie et une activité nettement augmentées, très différentes de l’état habituel. Selon le manuel MSD, au moins trois signes associés sont nécessaires, quatre si l’humeur est seulement irritable.
Multiplication des projets, agitation, impossibilité de rester en place. Le sentiment d’être inépuisable.
Se sentir reposé après trois heures de sommeil, sans fatigue le lendemain. C’est souvent l’un des premiers signes.
Pensées qui s’accélèrent et s’enchaînent par associations, sensation que les idées s’échappent, parole rapide difficile à interrompre.
Estime de soi gonflée, sentiment d’un destin exceptionnel, parfois idées de grandeur qui deviennent délirantes.
L’attention saute d’un stimulus à l’autre. Commencer dix choses et n’en terminer aucune.
Dépenses inconsidérées, prises de risque, désinhibition, conduites sexuelles à risque.
L’humeur n’est pas toujours joyeuse. Elle peut être surtout irritable, voire agressive, en particulier chez l’adolescent. Des idées délirantes, par exemple de grandeur ou de persécution, et parfois des hallucinations peuvent apparaître. Selon l’Assurance maladie, un épisode maniaque dure en général quatre à huit semaines et une hospitalisation est souvent proposée.
La HAS considère un premier épisode maniaque comme une urgence psychiatrique qui nécessite une hospitalisation. La personne peut ne pas reconnaître qu’elle est malade, ce qui rend parfois nécessaires des soins sans son consentement. Si un proche présente ces signes avec une mise en danger, appelez le 15.
L’hypomanie associe le même type d’élévation de l’humeur et de l’énergie, avec des signes et un retentissement moindres. Elle doit être présente chaque jour pendant au moins quatre jours. Il n’y a ni idées délirantes, ni altération marquée du fonctionnement, ni nécessité d’hospitaliser.
Vue de l’extérieur, une personne en hypomanie peut sembler simplement en grande forme : plus sociable, plus créative, plus efficace. Les proches remarquent pourtant souvent un changement : elle parle plus, s’agace vite, dort moins, entreprend beaucoup.
L’hypomanie compte parce qu’elle signe, avec une dépression caractérisée, un trouble bipolaire de type II. Elle peut aussi annoncer une manie chez une personne atteinte de type I. La repérer, c’est souvent changer le diagnostic et le traitement.
Parce qu’elles apportent souvent un sentiment d’aisance, de créativité et de lien avec le monde que la personne ne retrouve pas ailleurs. Le psychanalyste , dont le livre a été présenté dans la Revue française de psychanalyse, souligne que notre société valorise volontiers ces comportements, au point que certaines méthodes de développement personnel en font des objectifs. Ce regret peut peser sur la décision de suivre un traitement. Les protocoles EMDR proposés pour le trouble bipolaire comprennent d’ailleurs un module consacré à la « dés-idéalisation » des épisodes maniaques, pour limiter les rechutes liées à l’arrêt du traitement. Voir bipolarité et EMDR.
Les conséquences d’un épisode se découvrent souvent après coup : dettes, conflits, relations abîmées, honte de certains actes, perte d’emploi. La brochure Psycom cite les dépenses excessives, les dettes, la consommation d’alcool ou de drogues et la mise en danger parmi les conséquences d’un trouble repéré tard. Une dépression suit fréquemment. C’est un moment où l’accompagnement psychologique est précieux pour ne pas rester seul avec ce qui s’est passé.
Une humeur exaltée peut avoir d’autres causes, que le médecin recherche toujours :
La HAS précise aussi qu’un virage vers la manie sous antidépresseur suffit à poser le diagnostic de trouble bipolaire. Ce n’est donc jamais un détail à garder pour soi : il faut le signaler au médecin, sans modifier soi-même son traitement.
Ce questionnaire a été rédigé pour ce guide à partir des signes décrits par les sources médicales. Il ne reproduit pas un test validé et ne pose aucun diagnostic. Il aide à repérer des souvenirs à évoquer avec un professionnel. Pensez à une période de votre vie, d’au moins plusieurs jours, où vous n’étiez pas comme d’habitude.
Ces repères sont développés dans la page proches et famille.
Au moins une semaine par définition, sauf si une hospitalisation devient nécessaire avant. Selon l’Assurance maladie, il dure en général quatre à huit semaines. Les épisodes maniaques sont en moyenne plus courts que les épisodes dépressifs.
L’hypomanie présente le même type de signes, avec une intensité moindre, pendant au moins quatre jours. Elle n’entraîne ni idées délirantes, ni altération marquée de la vie quotidienne, ni hospitalisation. La manie dure au moins une semaine et perturbe gravement le fonctionnement.
Une exaltation peut être provoquée par une substance, un médicament comme les corticoïdes ou une maladie comme l’hyperthyroïdie. Le médecin recherche ces causes avant de conclure. En dehors de ces situations, un épisode maniaque caractérisé suffit à poser le diagnostic de trouble bipolaire de type I.
Non. Il sert à faire le point sur des souvenirs et à préparer un échange avec un professionnel. Le diagnostic repose sur un entretien clinique approfondi, souvent complété par le témoignage d’un proche.
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous êtes en danger, si vous pensez au suicide ou si un proche vous inquiète gravement, appelez sans attendre :
Toutes les ressources utiles sont réunies dans la page urgences et numéros utiles.
Un premier rendez-vous permet de faire le point, d’entendre ce que vous vivez et de réfléchir ensemble à l’accompagnement le plus adapté, en lien avec le psychiatre ou le médecin qui vous suit. Les adolescents, les adultes, les couples et les familles sont reçus, au cabinet ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.