Peur de la solitude : apprendre à être seul sans se sentir abandonné
Le dimanche, vers dix-huit heures, certains appartements changent de bruit. La télévision s’allume pour personne, on fait défiler des visages sur l’écran du téléphone, on propose un verre à quelqu’un qu’on n’a pas très envie de voir. Pour une personne qui vit une dépendance affective, ce moment-là n’est pas un peu d’ennui : c’est une chute. Cette page regarde de près cette peur d’être seul, ce qu’elle fait faire (enchaîner les relations, ne jamais rentrer chez soi), et la capacité d’être seul décrite par Winnicott, qui se construit, y compris tard.
Le silence qui tombe : ce que vit une personne qui ne supporte pas d’être seule
Il y a ceux qui adorent rentrer dans un appartement vide, poser leur sac et ne parler à personne jusqu’au lendemain. Et il y a ceux pour qui la clé dans la serrure est déjà une épreuve. Ces derniers ne manquent pas forcément d’amis ni d’occupations. Leur difficulté est plus intime : dès que plus personne ne les regarde, ne leur écrit, ne compte sur eux, ils ont le sentiment de disparaître un peu. Le silence n’est pas reposant, il est menaçant.
En séance, la même idée revient sous des formes très différentes. « Quand je suis seule, je n’existe plus. » « Je mets un podcast dans chaque pièce. » « Je dors sur le canapé, la télé allumée, parce que le lit, c’est trop vide. » « Je préfère encore une mauvaise soirée avec lui qu’une soirée sans personne. » Ce qui nous frappe, c’est que ces phrases ne parlent pas d’ennui. Elles parlent d’une angoisse : celle de ne plus être tenu par rien.
Cette peur organise souvent toute une vie, en silence. On choisit un logement en colocation, un travail où l’on n’est jamais seul, des vacances toujours accompagnées. On accepte des relations qui ne conviennent pas, pour ne pas affronter le vide entre deux. Rien de tout cela n’est absurde : c’est une façon, inventée tôt, de se protéger d’une expérience qui a été insupportable. Mais le prix grandit avec les années.
L’idée de cette page en quatre lignes
La peur de la solitude, dans la dépendance affective, est une peur de disparaître plus qu’une peur de s’ennuyer.
Être seul, se sentir seul et se sentir abandonné sont trois expériences différentes, qu’on gagne à séparer.
Pour Winnicott, on apprend à être seul… en présence de quelqu’un : cette capacité se construit, à tout âge.
On l’apprivoise par petites doses, en comprenant ce que le silence réveille, et parfois en soignant un souvenir précis.
Être seul, se sentir seul, se sentir abandonné : trois choses qu’on confond
Le français n’a qu’un mot, « solitude », pour des expériences qui n’ont presque rien à voir. Les distinguer est souvent le premier soulagement : on découvre que ce qu’on fuit n’est pas l’absence des autres, mais ce que cette absence vient signifier.
Un fait
Être seul
Personne dans la pièce, ce soir. C’est une situation, ni bonne ni mauvaise en soi. Beaucoup de personnes y trouvent du repos, une respiration, le plaisir de suivre leur propre rythme. Montaigne conseillait de se garder une « arrière-boutique toute nôtre », un lieu intérieur où l’on se retire.
Un ressenti
Se sentir seul
On peut l’éprouver au milieu d’un dîner ou dans un couple. C’est le décalage entre les liens qu’on a et ceux dont on aurait besoin. Ce sentiment fait l’objet de nombreuses recherches, et il pèse réellement sur la santé quand il dure. Le dossier voisin y consacre une page : l’isolement et le sentiment de solitude.
Une alarme
Se sentir abandonné
Là, l’absence de l’autre est vécue comme un rejet, une preuve qu’on ne compte pas, voire un danger. Le corps s’en mêle : gorge serrée, agitation, envie irrépressible d’appeler. C’est cette expérience-là, plus que les deux autres, qui nourrit la dépendance affective.
Une même soirée peut passer par les trois. À dix-neuf heures, on est simplement seul. À vingt et une heures, on se sent seul en voyant les photos d’amis réunis. Et à vingt-trois heures, quand le message attendu n’arrive pas, on se sent abandonné, comme si quelqu’un était parti. Repérer à quel moment la bascule se fait, et ce qui la déclenche, change déjà beaucoup.
Winnicott et la capacité d’être seul : le paradoxe d’une présence
En 1958, le pédiatre et psychanalyste anglais Donald Winnicott publie un article court, « La capacité d’être seul ». Il y prend le contre-pied de ce qu’on attendrait. Les psychanalystes, remarque-t-il, ont beaucoup écrit sur la peur d’être seul et presque rien sur la capacité à l’être, qui est pourtant l’un des signes les plus sûrs d’une maturité affective. Et il pose un paradoxe qui n’a rien perdu de sa force : le fondement de cette capacité, c’est l’expérience d’avoir été seul en présence de quelqu’un.
Concrètement, il pense à une scène très banale. Un tout-petit joue sur le tapis, absorbé, sans rien demander. Dans la même pièce, sa mère lit, cuisine ou rêvasse. Elle ne l’occupe pas, ne le stimule pas, ne le surveille pas avec inquiétude : elle est simplement là, disponible si besoin. L’enfant peut alors s’oublier dans son jeu, laisser venir ses propres envies, faire l’expérience d’un moment où il n’a pas à réagir aux autres. Peu à peu, cette présence tranquille s’installe au-dedans de lui. Il pourra plus tard être seul pour de vrai, parce qu’il n’est plus jamais tout à fait seul : il porte en lui une présence qui reste.
Quand cette expérience a manqué, parce que l’adulte était absent, débordé, imprévisible, ou au contraire trop envahissant pour laisser l’enfant tranquille, la solitude garde un goût d’abandon. Il n’y a personne « dedans » pour tenir compagnie. Il faut alors quelqu’un dehors, en permanence : un partenaire, un téléphone qui vibre, un bruit de fond. C’est l’une des lectures les plus éclairantes que nous connaissions de la dépendance affective.
À quoi cela sert-il, concrètement, de savoir cela aujourd’hui ?
D’abord à se juger moins durement : ne pas supporter d’être seul ne relève pas du caractère : il s’agit d’une capacité qui n’a pas trouvé les conditions pour se construire. Ensuite à savoir par où passer : on ne la développe pas en s’imposant brutalement des week-ends d’isolement, mais en vivant des moments seuls « adossés » à une présence fiable, quelque part. Une thérapie en est une, très précise : une heure où l’on peut se taire, penser, ressentir, sans avoir à occuper l’autre. Winnicott pensait d’ailleurs que l’on peut faire en séance cette expérience qui a manqué. Voir aussi la page consacrée à Winnicott.
Et si j’ai eu des parents présents et aimants ?
C’est fréquent, et cela n’empêche rien. Une séparation précoce, une hospitalisation, un déménagement, la naissance d’un frère, un parent présent mais inquiet ou déprimé pendant une période : il n’est pas nécessaire d’avoir été négligé pour que la solitude soit restée inquiétante. Il ne s’agit pas de chercher un coupable, mais de comprendre ce qui s’est inscrit. La page d’où vient la dépendance affective développe ces pistes.
De la solitude subie à la solitude habitée
Entre la panique du silence et le plaisir d’une soirée à soi, il y a beaucoup de positions intermédiaires. Faites glisser le curseur : chaque étape décrit une façon de vivre le temps seul, et ce qui permet de passer à la suivante. Personne ne reste à la même place toute sa vie, ni même toute une semaine.
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Enchaîner les relations : ne lâcher une liane qu’avec l’autre déjà en main
Certaines personnes ne sont jamais seules plus de quelques semaines. La relation suivante commence avant que la précédente soit finie, ou dans les jours qui suivent. Vu de l’extérieur, on parle de « cœur d’artichaut » ou de chance. Vu de l’intérieur, c’est souvent tout autre chose : une impossibilité de traverser l’entre-deux, comme dans ces dessins animés où le héros ne lâche une liane que lorsqu’il tient déjà la suivante.
Le problème n’est pas d’aimer souvent. C’est que la nouvelle relation est choisie pour sa fonction (combler le vide, vite) plus que pour la personne. On retrouve alors volontiers les mêmes scénarios, puisqu’on n’a pas eu le temps de saisir ce qui avait cloché dans le précédent. Et l’on n’a jamais l’occasion de découvrir ce qu’on aime quand personne ne nous le suggère.
Une nouvelle rencontre, simplement
On a eu le temps de digérer la fin de l’histoire précédente.
On pourrait aussi rester seul, même si on n’en a pas envie.
On s’intéresse à cette personne-là, à ses goûts, à sa façon de parler.
On garde ses amis, ses habitudes, son rythme.
Une liane de plus
La rencontre arrive pile au moment où la peur de la solitude devenait insupportable.
On s’engage très vite : on dort chez l’autre au bout de quelques jours, on parle d’emménager.
On se sent soulagé plus qu’amoureux.
On s’entend dire « cette fois, c’est différent », et on y croit très fort.
Il existe une version plus discrète : ne jamais vraiment quitter. On garde un ex « en ami » qu’on appelle le soir, une relation à distance qu’on n’arrête pas, une application de rencontres ouverte « au cas où ». Ce sont de petits filets de sécurité. On n’a pas à les couper du jour au lendemain, mais il est utile de savoir qu’ils existent, et à quoi ils servent. Quand la fin d’une relation fait l’effet d’un sevrage, voir rupture et dépendance affective.
« Demeurer en repos dans une chambre » : une difficulté très partagée
Blaise Pascal a écrit, dans ses Pensées, une phrase qu’on cite souvent sans la prendre au sérieux : « J’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. » Pour lui, nous cherchons sans cesse le divertissement, au sens propre de ce qui nous détourne, parce que rester face à soi est difficile pour tout le monde.
Plus de trois siècles plus tard, une équipe du psychologue Timothy Wilson, à l’université de Virginie, a fait une expérience qui fait sourire et rassure à la fois. Les participants devaient rester seuls dans une pièce nue, sans téléphone ni lecture, à simplement penser, pendant un quart d’heure au plus. Ils avaient à disposition un bouton qui leur envoyait une petite décharge électrique désagréable, qu’ils avaient auparavant déclaré vouloir éviter. Une bonne partie d’entre eux, surtout des hommes, a appuyé sur le bouton. Mieux valait une décharge que rien.
Ce résultat ne dit pas que tout le monde est dépendant affectif. Il rappelle que la difficulté à rester seul avec ses pensées est humaine, ordinaire, et que la dépendance affective en est une forme plus intense, centrée sur un lien. Cela aide souvent à se regarder avec un peu plus d’indulgence : vous n’êtes pas « bizarre » de ne pas supporter le silence ; vous l’êtes un peu plus fort que d’autres, pour des raisons qui ont une histoire.
Les phrases du soir, et ce qu’elles cachent parfois
Ces phrases, nous les entendons souvent. Elles semblent parler d’organisation ou de goûts ; elles parlent souvent d’autre chose. Retournez les cartes : ce qui est écrit au dos n’est pas une vérité sur vous, seulement une piste que l’on explore volontiers avec les personnes qui les prononcent.
Quiz pédagogique : que se passe-t-il quand je suis seul ?
Sept situations ordinaires. Répondez spontanément, en pensant aux dernières semaines. Quiz pédagogique, à lire comme un miroir de poche : ni outil validé ni diagnostic, et vos réponses s’effacent dès que vous quittez la page. Il sert à situer votre rapport au temps seul et à choisir par où commencer.
Apprivoiser le temps seul, par petites doses
On ne devient pas capable d’être seul en s’enfermant un week-end entier pour « se prouver qu’on peut ». Cela ressemble plutôt à l’apprentissage de la nage : on commence là où l’on a pied, on revient au bord dès que c’est trop, et on y retourne le lendemain. Les thérapies cognitives et comportementales parlent d’exposition progressive. Voici une progression possible, à adapter : chaque marche ne se monte que lorsque la précédente est devenue à peu près confortable.
Dix minutes sans fond sonore. Chez vous, téléphone dans une autre pièce. Ne faites rien de particulier : regardez par la fenêtre, buvez un thé. Notez ensuite, en deux lignes, ce qui est venu : une pensée, une sensation, une envie.
Un repas assis, pour soi. Mettre une assiette, un verre, manger sans écran. C’est souvent plus difficile qu’on ne l’imagine, et plus réparateur aussi.
Laisser passer un message. Quand l’envie vient d’écrire « juste pour savoir si tout va bien », attendre une heure. L’angoisse monte, puis redescend presque toujours, même sans réponse. C’est cette redescente qu’on apprend à connaître.
Une sortie seul, choisie. Un musée, un cinéma, une marche dans un quartier inconnu. Pas pour « s’occuper », mais pour faire quelque chose dont on a envie, sans avoir à négocier.
Une soirée libre, gardée libre. Résister à la tentation de la remplir à la dernière minute. Prévoir, au besoin, un appui : un livre commencé, un projet, une personne à qui l’on peut écrire le lendemain pour raconter.
Deux remarques d’expérience. D’abord, il est utile de se donner des compagnons qui ne sont pas des personnes : un carnet, un instrument, un jardin, un animal, une œuvre en cours. Winnicott parlait d’objet transitionnel pour le doudou de l’enfant ; l’adulte a aussi droit à ses objets de compagnie, qui l’aident à passer d’un monde à l’autre. Ensuite, l’angoisse n’est pas un signe d’échec. Elle est le signe qu’on touche à quelque chose. On la laisse venir, on l’observe, et l’on s’arrête quand elle déborde.
Et si l’angoisse devient trop forte pendant l’exercice ?
Revenez à la marche précédente sans vous le reprocher. Une respiration lente, l’eau froide sur le visage, quelques pas dehors font souvent redescendre l’alarme du corps. Si ces moments reviennent tous les soirs et vous débordent, c’est le signe qu’un accompagnement est utile : les compétences de la TCD pour traverser les émotions intenses ont été conçues pour cela. Voir les compétences de la TCD.
Quand la solitude réveille un souvenir précis
Chez certaines personnes, la peur d’être seul n’est pas diffuse : elle a un visage. Une petite fille qui attend à la sortie de l’école que quelqu’un vienne la chercher, et personne ne vient. Un garçon à l’hôpital, à une époque où les parents ne restaient pas la nuit. Une mère qui partait sans prévenir, et revenait des jours plus tard. L’adulte ne pense pas forcément à ces scènes ; mais son corps, lui, réagit au silence du soir comme l’enfant réagissait alors.
C’est là que l’EMDR prend tout son sens. Le psychothérapeute s’est spécialisé dans le trauma ; avec l’EMDR, ces scènes peuvent être retraitées jusqu’à retrouver leur place de souvenirs, au lieu de déclencher une alarme au présent. Avant ce travail, un bilan psycho-traumatique, parfois dissociatif, aide à repérer les souvenirs qui pèsent le plus et à préparer le terrain. Le travail commence toujours par renforcer des ressources, pour que l’on puisse revenir sur ces moments sans être submergé. Voir EMDR, trauma et attachement.
Quant à l’écoute analytique, elle cherche ce que la solitude signifie pour vous : une punition, une preuve qu’on ne vaut rien, une ressemblance redoutée avec quelqu’un de la famille, un retour à un temps d’avant. Les mots qu’on emploie pour en parler sont souvent très précis, et ils mènent loin.
Le fil d’Anouk, épisode 7 : un dimanche seule
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Récit fictif · épisode 7 sur 10
Un dimanche de juillet, 18 heures
Agathe est partie en vacances avec les enfants, Romane chez ses parents. Thibault n’écrit plus. Pour la première fois depuis des années, Anouk a devant elle un dimanche soir entièrement vide. À dix-huit heures, l’appartement change de bruit. Ses mains font ce qu’elles font d’habitude : lancer un podcast, ouvrir l’application de rencontres qu’elle a réinstallée la veille, chercher qui pourrait être libre pour un verre.
Elle s’arrête. Elle pose le téléphone dans l’entrée, sur la boîte à chaussures, et s’assoit près de la fenêtre qui donne sur la cour. Dix minutes, rien de plus. Au bout de trois, la gorge se serre ; une phrase arrive, très ancienne, qui n’a pas de mots précis mais qui dit à peu près « personne ne viendra ». Elle la laisse passer. En face, une voisine arrose ses tomates sur un balcon minuscule. La gorge se desserre un peu.
Ensuite, elle fait une chose qu’elle trouve d’abord ridicule : elle met la table pour elle. Une assiette, un verre, la nappe à carreaux qu’elle ne sort jamais. Elle mange une salade de tomates, lentement, sans écran. Puis elle sort un carnet de croquis et dessine la cour, la voisine, l’arrosoir. Pas pour un client, pas pour le montrer. À vingt-trois heures, elle s’aperçoit qu’elle n’a pas regardé son téléphone depuis deux heures. Elle se couche dans son lit, pas sur le canapé.
Le lendemain matin, elle écrit à Romane : « J’ai passé un dimanche avec moi. Bizarre. Pas si mal. » Le dimanche suivant sera plus difficile ; elle y repensera quand même.
Il ne se passe, là encore, presque rien, et c’est un événement considérable. Anouk n’a pas « vaincu » la solitude en une soirée ; elle a traversé dix minutes d’alarme, puis découvert qu’une soirée seule pouvait avoir un contenu. Remarquez aussi qu’elle n’était pas tout à fait seule, au sens de Winnicott : il y avait la voisine aux tomates, le message qu’elle savait pouvoir envoyer le lendemain, la séance du mardi. C’est souvent ainsi que la capacité d’être seul commence, adossée à des présences discrètes.
Au cabinet : une heure pour être seul en présence de quelqu’un
Il y a quelque chose de particulier dans le fait de venir parler de sa peur de la solitude à quelqu’un qui, justement, ne va pas vous retenir, ni vous suivre, ni vous écrire le soir. La séance est un rendez-vous fixe, qui revient, où l’on peut se taire sans que l’autre s’en aille. Pour beaucoup de personnes dépendantes affectivement, cette régularité tranquille est déjà une expérience nouvelle.
Le travail s’appuie sur plusieurs outils, choisis avec vous. L’écoute analytique (nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse) explore ce que la solitude signifie dans votre histoire et ce qui se répète dans vos liens. L’EMDR, précédée si besoin d’un bilan psycho-traumatique, retraite les souvenirs d’abandon qui alimentent l’alarme. Les outils des TCC accompagnent l’exposition progressive au temps seul. La TCD, que le cabinet pratique au complet, avec des rendez-vous individuels, un travail en groupe et une aide possible entre deux séances, aide à traverser les soirées où l’angoisse déborde.
En pratique
Une première rencontre se fait sans engagement. On peut pousser la porte du cabinet, à Pavillons-sous-Bois, à Colombes ou en Ardèche, ou bien consulter sans quitter son salon ; le rythme se choisit ensemble, et des points d’étape jalonnent le travail. Voir aussi la page sur notre accompagnement.
Ce qu’on nous demande souvent sur la peur d’être seul
Pourquoi je ne supporte pas d’être seul ?
Souvent parce que la solitude ne reste pas une simple absence : elle est vécue comme un abandon, comme si l’on cessait de compter. Pour Winnicott, la capacité d’être seul se construit dans l’enfance en faisant l’expérience d’être seul en présence d’une personne fiable. Quand cette expérience a manqué ou a été bousculée, le silence garde un goût de danger. Cette capacité peut se construire plus tard.
Est-ce grave d’enchaîner les relations ?
Aimer souvent n’a rien de grave. Ce qui mérite attention, c’est de ne jamais pouvoir traverser l’entre-deux : une relation choisie surtout pour ne pas être seul répète volontiers les mêmes scénarios, et l’on n’a jamais le loisir d’en tirer les leçons.
La peur de la solitude, est-ce de la dépendance affective ?
Pas forcément. Beaucoup de personnes n’aiment pas être seules sans être dépendantes de quelqu’un. On parle de dépendance affective quand cette peur pousse à accepter des relations qui ne conviennent pas, à s’oublier pour garder l’autre, ou à ne plus exister sans lui. Les signes sont détaillés dans la page pour reconnaître la dépendance affective.
Comment apprendre à être seul ?
Par petites doses, sans s’imposer d’isolement brutal : quelques minutes sans fond sonore, un repas pris pour soi, un message qu’on laisse attendre, une sortie choisie, puis une soirée libre. On observe ce que ces moments réveillent, et on revient à l’étape précédente quand c’est trop. Comprendre l’histoire de cette peur, et parfois soigner un souvenir précis en EMDR, rend ces étapes beaucoup plus faciles.
Peut-on se sentir seul en couple ?
Oui, et c’est fréquent. Se sentir seul tient moins au nombre de gens autour de soi qu’au décalage entre les liens qu’on a et ceux dont on aurait besoin. Dans la dépendance affective, ce sentiment pousse souvent à demander toujours plus de présence à l’autre, sans que cela apaise vraiment.
Si le silence du soir vous fait plus peur qu’il ne vous repose, ou si vous ne savez plus rester seul entre deux histoires, nous pouvons en parler. Une première rencontre, sur place ou en visio, aide à démêler d’où vient cette peur et à choisir comment l’apprivoiser.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.