De l’attachement
Beaucoup d’enfants adorent leur frère ou leur sœur TDAH, le défendent et s’inquiètent pour lui.
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Quand un enfant a un TDAH, le projecteur familial est souvent braqué sur lui : les rendez-vous, les devoirs, les crises, les appels de l’école. Ses frères et sœurs restent dans la pénombre, et beaucoup finissent par se demander s’il faut faire du bruit pour exister, ou au contraire se faire tout petits. Cette page explique ce que vit la fratrie et comment donner à chaque enfant sa place, sans culpabiliser personne.
Être le frère ou la sœur d’un enfant TDAH, c’est vivre avec un coloc formidable et épuisant. Il invente les meilleurs jeux, fait rire toute la tablée, défend son petit frère dans la cour. Il casse aussi le château de Lego terminé, entre dans la chambre sans frapper, déclenche des disputes au moment du film du dimanche et accapare les parents. Les sentiments des frères et sœurs sont donc souvent mélangés, et c’est normal.
Beaucoup d’enfants adorent leur frère ou leur sœur TDAH, le défendent et s’inquiètent pour lui.
Le temps et l’attention des parents sont limités. L’enfant voit bien qui en reçoit le plus, même quand c’est pour des disputes.
Jouets cassés, devoirs gribouillés, intimité envahie : la colère est légitime et doit pouvoir s’exprimer.
Une crise au supermarché, devant les copains ou à la sortie de l’école peut être vécue comme une humiliation.
« Il va se faire mal », « les parents vont divorcer à cause de lui » : certains enfants portent des soucis trop lourds pour leur âge.
Tolérance, empathie, patience, sens de l’humour : beaucoup de frères et sœurs développent des compétences précieuses.
Les recherches sur les fratries d’enfants TDAH décrivent davantage de conflits que dans les autres familles, et parfois des frères et sœurs qui se sentent victimes des débordements de l’enfant TDAH. Elles décrivent aussi des relations très chaleureuses. Ce qui fait la différence tient beaucoup à la façon dont les parents réussissent à donner une place à chacun, et à protéger chacun.
« Pourquoi lui, il a le droit de se lever pendant le repas ? », « Pourquoi il a une récompense pour avoir mis ses chaussures, alors que moi je les mets tous les jours ? » Ces questions sont parmi les plus fréquentes, et elles sont tout à fait légitimes. Du point de vue d’un enfant de 8 ans, la justice, c’est la même chose pour tout le monde.
Il faut pourtant parfois expliquer la différence entre égalité et équité. Une image aide souvent : dans une classe, on ne donne pas des lunettes à tous les élèves parce que l’un d’eux voit mal. On donne des lunettes à celui qui en a besoin, et chacun reçoit ce dont il a besoin. Le tableau de points de votre frère, c’est un peu ses lunettes : un outil pour l’aider à faire ce qui est facile pour toi.
« Tu as raison, ce n’est pas pareil, et je comprends que ça t’énerve. Ton frère a besoin d’aide pour des choses qui sont faciles pour toi. Toi aussi tu as des besoins, et ils comptent autant. Dis-moi ce qui te ferait plaisir, à toi. »
Dans une famille, chacun prend une place. Quand l’un des enfants occupe beaucoup d’espace, les autres s’ajustent, souvent en adoptant un rôle. Ces rôles ne sont pas des diagnostics : ce sont des stratégies d’adaptation, utiles à un moment, qui deviennent lourdes si elles se figent. Touchez les onglets.
L’enfant « parentifié ». Il surveille son frère à la récréation, lui rappelle ses affaires, calme les crises, console la maman qui pleure. Il est mûr, responsable, admirable, et souvent épuisé en silence. Les thérapeutes familiaux parlent de parentification quand un enfant porte durablement des responsabilités qui reviennent aux adultes. Il est important de le remercier, mais aussi de lui rendre sa place d’enfant : « Merci de ton aide. Mais surveiller ton frère, c’est mon travail, pas le tien. »
L’enfant trop sage. Il a compris que ses parents étaient débordés, alors il ne demande rien, ne pose pas de problème, réussit à l’école, cache ses chagrins. On dit de lui « heureusement qu’il y a lui ». Mais à force de ne rien demander, il peut se sentir transparent, et ses propres difficultés (anxiété, tristesse, parfois un trouble passé inaperçu) risquent de ne pas être vues.
Celui qui fait du bruit lui aussi. Il a remarqué que les crises attirent l’attention. Alors il provoque, imite, se dispute, régresse parfois. Ce n’est pas de la méchanceté : c’est une façon, maladroite mais efficace, de réclamer sa part de projecteur. Le temps individuel est souvent l’antidote le plus efficace.
L’allié et le compagnon de jeu. Il partage l’énergie de son frère, invente avec lui, le comprend souvent mieux que les adultes. C’est une ressource précieuse, à condition qu’il ne devienne ni le complice de toutes les bêtises ni le traducteur permanent entre son frère et le monde. Pensez qu’il peut avoir, lui aussi, un TDAH : le trouble est très héréditaire.
Cochez ce qui ressemble à la semaine de votre famille, et regardez la balance pencher. À gauche, ce qui pèse sur les frères et sœurs. À droite, ce qui les protège. Les poids sont symboliques : le but n’est pas de vous noter, mais de voir qu’il suffit souvent d’ajouter un ou deux poids à droite pour rééquilibrer.
Le temps individuel, c’est un rendez-vous régulier entre un parent et un enfant, rien qu’à deux. Il n’a pas besoin d’être long ni coûteux : vingt minutes par semaine, inscrites dans le calendrier, valent mieux qu’une grande sortie une fois par an. Pour l’enfant, le message est clair : « Tu existes pour toi, pas seulement comme frère de. »
Commencez petit : un trajet en voiture, une course au boulanger, le quart d’heure du coucher. L’important est la régularité et l’attention, pas la durée. Les grands-parents, un parrain ou une marraine peuvent aussi offrir des moments privilégiés à la fratrie. Et si l’enfant TDAH a des activités encadrées, ce sont des créneaux idéaux pour les autres.
Les frères et sœurs se posent beaucoup de questions, souvent sans oser les poser : « Est-ce qu’il est malade ? », « Est-ce que je vais l’attraper ? », « Est-ce qu’il fait exprès ? », « Pourquoi il prend un médicament ? ». Les explications adaptées à l’âge réduisent la colère et l’inquiétude.
« Le cerveau de ton frère est comme un petit chien de berger très doué, qui court après tous les papillons. Il a besoin qu’on l’aide à revenir près du troupeau. Ce n’est pas de sa faute, et ça ne s’attrape pas. »
« Son cerveau a plus de mal à freiner et à rester concentré. Il ne le fait pas exprès. Les outils qu’on utilise avec lui, c’est comme des lunettes pour quelqu’un qui voit mal. Toi aussi tu peux me dire ce qui est dur pour toi. »
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement, souvent héréditaire. Les adolescents apprécient qu’on leur parle franchement, qu’on leur montre des pages comme celle-ci, et qu’on reconnaisse ce qu’ils vivent.
Il est utile aussi de dire ce qui ne changera pas : « Nous t’aimons autant », « tu as le droit d’être en colère contre lui », « ce n’est pas ton rôle de t’occuper de lui ». Certains frères et sœurs apprécient de venir à une séance familiale, pour poser leurs questions directement à un professionnel. Voir aussi le TDAH, qu’est-ce que c’est ?
Les disputes entre frères et sœurs font partie de l’enfance. Avec un enfant impulsif, elles sont plus fréquentes et peuvent monter vite. Les parents ont alors un rôle de protection, sans devenir arbitres de chaque querelle.
Si un enfant a peur de son frère ou de sa sœur, s’il est régulièrement frappé ou humilié, s’il ne veut plus rentrer à la maison, s’il présente des signes de tristesse, d’anxiété ou des troubles du sommeil, il est important d’en parler à un professionnel. La souffrance de la fratrie mérite d’être soignée pour elle-même.
Les frères et sœurs peuvent être reçus seuls, pour un espace à eux, ou lors de séances de thérapie familiale, parfois en co-thérapie avec les deux cliniciens du cabinet. Un bilan peut être proposé si l’on se demande si un autre enfant de la fratrie a, lui aussi, un TDAH ou un autre trouble du neurodéveloppement.
Ce questionnaire a été rédigé pour ce guide. Il n’a aucune valeur de diagnostic. Il aide les parents à repérer le rôle que prend un frère ou une sœur de l’enfant TDAH, pour mieux répondre à ses besoins. Répondez en pensant à un seul enfant.
Affirmation 1
Être juste, c’est donner à chacun ce dont il a besoin. Les règles de base restent communes, mais les aides peuvent différer, à condition de l’expliquer.
Affirmation 2
L’enfant trop sage s’efface souvent pour ne pas ajouter de soucis à ses parents. Il a besoin, lui aussi, de moments où il compte.
Affirmation 3
Vrai. Le TDAH est très héréditaire. Ses manifestations peuvent être différentes, plus discrètes, surtout dans les formes inattentives.
Affirmation 4
De temps en temps, pour de petites choses, pourquoi pas. Mais une surveillance régulière est une responsabilité d’adulte, qui pèse et alimente la rancœur.
Affirmation 5
Vrai. Une jalousie entendue s’apaise, une jalousie interdite se transforme souvent en colère ou en tristesse cachée.
En reconnaissant la jalousie au lieu de l’interdire, en expliquant pourquoi certaines aides sont différentes, en récompensant aussi les autres enfants pour leurs propres objectifs, et surtout en offrant à chacun un temps individuel régulier avec un parent.
C’est un enfant qui porte durablement des responsabilités qui reviennent aux adultes : surveiller son frère, calmer les crises, soutenir moralement ses parents. Il paraît très mûr, mais il risque de s’épuiser et de ne pas vivre pleinement son enfance. Il faut le remercier et lui rendre sa place d’enfant.
Avec des mots adaptés à son âge : le cerveau de son frère a plus de mal à freiner et à rester concentré, il ne le fait pas exprès, ça ne s’attrape pas, et les outils utilisés sont comme des lunettes pour quelqu’un qui voit mal. Il est important d’ajouter que ses propres besoins comptent autant.
Oui. Un espace à lui permet de déposer sa colère, sa jalousie ou son inquiétude sans peur de blesser ses parents. Il peut aussi participer à des séances familiales. C’est particulièrement utile s’il semble triste, anxieux, s’il s’efface ou s’il porte trop de responsabilités.
Les règles de base doivent être communes : respect, sécurité, sommeil. Les aides et les outils peuvent différer selon les besoins de chacun. C’est la différence entre égalité et équité, qu’il vaut la peine d’expliquer simplement aux enfants.
Un entretien familial ou un espace pour le frère ou la sœur permet souvent de dénouer des tensions installées depuis longtemps. Le cabinet reçoit les enfants, les parents et les familles à Colombes, à Pavillons-sous-Bois, en Ardèche et en téléconsultation pour les entretiens avec les parents.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.