Ils varient selon les domaines
Une personne peut être au niveau 1 pour la communication et au niveau 2 pour la rigidité. On ne résume pas une personne à un chiffre.
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Autisme infantile, syndrome d’Asperger, trouble envahissant du développement, psychose infantile, TSA : en quelques décennies, les mots ont beaucoup changé, et les comptes rendus anciens peuvent dérouter. Cette page explique ce que disent aujourd’hui les deux grandes classifications, comment se lisent les niveaux de soutien, ce qu’est devenu le syndrome d’Asperger, et avec quoi l’autisme peut être confondu.
Le mot « autisme » a une histoire étonnante : il a d’abord désigné un symptôme de la schizophrénie avant de nommer un trouble du développement de l’enfant, puis un spectre qui concerne tous les âges. Quelques dates clés aident à lire les anciens comptes rendus.
En France, la Haute Autorité de santé a publié des recommandations sur le diagnostic de l’enfant (2005, actualisées en 2018), sur le diagnostic de l’adulte (2011), et sur les interventions chez l’enfant (2012) et chez l’adulte (2017). Elle recommande de se référer à la classification internationale de l’OMS.
Le DSM-5-TR décrit le trouble du spectre de l’autisme à travers cinq critères, notés de A à E. Les deux premiers décrivent les manifestations, les trois suivants encadrent le diagnostic.
Parce que l’autisme ne se réduit pas à une seule difficulté sociale. Une personne timide peut avoir du mal à nouer des relations sans que sa communication non verbale ni sa réciprocité soient différentes. Exiger les trois domaines, avec au moins deux types de comportements répétitifs ou sensoriels, permet de distinguer l’autisme d’autres situations, comme l’anxiété sociale ou le trouble de la communication sociale.
Le DSM-5-TR demande de préciser la sévérité par un niveau de soutien, évalué séparément pour la communication sociale et pour les comportements restreints et répétitifs. Faites glisser le curseur pour découvrir chaque niveau, avec un exemple fictif.
Les niveaux sont utiles pour décrire les besoins à un moment donné et orienter les aides. Ils ont aussi leurs limites, et les auteurs du DSM eux-mêmes mettent en garde contre leur usage pour décider seuls de l’accès aux services.
Une personne peut être au niveau 1 pour la communication et au niveau 2 pour la rigidité. On ne résume pas une personne à un chiffre.
Une période d’épuisement, un changement de vie, un environnement inadapté peuvent augmenter le besoin de soutien. À l’inverse, un accompagnement adapté peut le réduire.
Le niveau de soutien n’est pas un QI. Une personne au niveau 1 peut souffrir énormément, et une personne au niveau 3 peut comprendre bien plus qu’elle ne peut exprimer.
Pour décrire la grande diversité du spectre, le DSM-5-TR invite à préciser plusieurs éléments, qui changent beaucoup les besoins de la personne.
Dans la CIM-11, le trouble du spectre de l’autisme porte le code 6A02, au sein des troubles du neurodéveloppement. Sa description rejoint celle du DSM-5-TR : des difficultés persistantes à engager et maintenir des interactions et une communication sociales réciproques, et des comportements, intérêts ou activités restreints, répétitifs et inflexibles, présents dès le développement précoce. La CIM-11 souligne que certaines personnes parviennent à fonctionner de façon satisfaisante dans de nombreux contextes grâce à des efforts exceptionnels, si bien que leurs difficultés peuvent ne pas être visibles pour les autres.
Plutôt que des niveaux de soutien, la CIM-11 précise le diagnostic selon deux axes : la présence ou non d’un trouble du développement intellectuel, et le degré d’altération du langage fonctionnel, c’est-à-dire la capacité à utiliser le langage pour exprimer ses besoins.
| Code | Trouble du développement intellectuel | Langage fonctionnel |
|---|---|---|
| 6A02.0 | Non | Altération légère ou absente |
| 6A02.1 | Oui | Altération légère ou absente |
| 6A02.2 | Non | Altéré |
| 6A02.3 | Oui | Altéré |
| 6A02.5 | Oui | Absent |
| 6A02.Y et 6A02.Z | Autre trouble du spectre de l’autisme précisé, ou non précisé | |
Le DSM est publié par l’Association américaine de psychiatrie et très utilisé dans la recherche et la formation. La CIM est la classification de l’OMS, utilisée officiellement par les systèmes de santé, notamment en France. Pour l’autisme, elles sont aujourd’hui très proches. Un compte rendu de bilan peut citer l’une, l’autre, ou les deux.
Si vous ou votre enfant avez reçu un diagnostic avant 2013, il porte peut-être un nom qui n’existe plus. Il reste valable : il se traduit simplement dans le vocabulaire actuel.
| Ancien diagnostic | Ce qu’il désignait | Aujourd’hui |
|---|---|---|
| Autisme infantile, trouble autistique | La forme décrite par Kanner, souvent avec retard de langage | Trouble du spectre de l’autisme, avec les précisions de langage et d’efficience intellectuelle |
| Syndrome d’Asperger | Autisme sans retard de langage ni déficience intellectuelle | Trouble du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle ni altération du langage |
| Trouble envahissant du développement non spécifié, autisme atypique | Un tableau autistique incomplet ou inhabituel | Le plus souvent, trouble du spectre de l’autisme ; parfois un autre diagnostic, comme le trouble de la communication sociale |
| Psychose infantile, dysharmonie psychotique | Termes de l’ancienne classification française | À réévaluer : ils recouvraient souvent un autisme, parfois d’autres troubles |
Beaucoup de personnes diagnostiquées « Asperger » tiennent à ce mot, qui a construit leur identité et leurs communautés. D’autres l’ont abandonné, notamment depuis que des historiens ont documenté, en 2018, la collaboration de Hans Asperger avec le régime nazi. Le terme « autisme sans déficience intellectuelle » est aussi utilisé. Nous employons le mot que la personne choisit.
Non. L’expression désignait les personnes autistes sans déficience intellectuelle. Elle est critiquée par beaucoup de personnes concernées, car elle laisse croire que leurs difficultés seraient minimes, alors qu’elles peuvent être très coûteuses, et elle sous-entend un « bas niveau » blessant pour les autres. On lui préfère aujourd’hui la description précise du profil et des besoins.
Plusieurs troubles partagent des traits avec l’autisme. Le bilan doit les envisager, car ils appellent des aides différentes. Certains peuvent aussi coexister avec l’autisme.
| Trouble | Point commun | Ce qui distingue |
|---|---|---|
| Trouble de la communication sociale (pragmatique) | Difficultés avec l’usage social du langage | Pas de comportements restreints et répétitifs, ni de particularités sensorielles marquées |
| Trouble développemental du langage | Retard ou difficultés de langage | La communication non verbale et le jeu partagé sont préservés |
| Déficience intellectuelle | Retard des acquisitions, y compris sociales | La communication sociale correspond au niveau de développement global |
| TDAH | Relations difficiles, impulsivité, intérêts intenses | Les codes sont compris mais mal appliqués ; les deux peuvent coexister. Voir TDAH et autisme |
| Anxiété sociale, mutisme sélectif | Évitement, silence, retrait | Une communication normale dans les lieux sûrs, une peur du jugement plutôt qu’une incompréhension. Voir le dossier anxiété |
| Troubles de l’attachement, traumatisme complexe | Retrait, relations difficiles, hypervigilance | Une histoire de carences ou de violences, une évolution liée à l’environnement |
| TOC | Rituels, comportements répétitifs | Les rituels répondent à des pensées angoissantes et sont vécus comme imposés. Voir le dossier TOC |
| Personnalité schizoïde ou schizotypique | Isolement, bizarreries apparentes | L’absence de particularités dès la petite enfance, d’autres modes de pensée |
| Schizophrénie | Repli, langage particulier, émotions peu exprimées | Une rupture avec le fonctionnement antérieur et des symptômes psychotiques. Voir schizophrénie et diagnostic différentiel |
Le haut potentiel intellectuel n’est pas un trouble ni un diagnostic des classifications, mais il crée parfois un décalage avec les pairs qui fait évoquer l’autisme, et il peut coexister avec lui. Voir le dossier HPI.
Les classifications insistent : il faut rechercher les troubles associés, car ils pèsent souvent autant que l’autisme lui-même sur la qualité de vie, et beaucoup se soignent. Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur, très variables selon les études.
On retrouve aussi fréquemment une dépression, surtout à l’adolescence et à l’âge adulte, un trouble du développement de la coordination, des troubles dys, une épilepsie (plus fréquente en cas de déficience intellectuelle), des troubles digestifs, une sélectivité alimentaire importante, et chez une partie des personnes une déficience intellectuelle. Le suivi médical veille à ces aspects. La psychothérapie peut aider pour l’anxiété, la dépression et les conséquences des expériences de rejet ou de harcèlement : voir notre approche.
Huit questions pour fixer l’essentiel. Quiz pédagogique, ce n’est ni un test validé ni un diagnostic.
Aucune sur le fond : « trouble du spectre de l’autisme » est le terme médical actuel, utilisé par le DSM-5-TR et la CIM-11, et « autisme » est le mot courant. Le mot « spectre » rappelle la grande diversité des profils et des besoins.
Oui. Il correspond aujourd’hui à un trouble du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle ni altération du langage. Il n’est pas nécessaire de refaire un bilan pour le « traduire », sauf si vous avez besoin d’un compte rendu récent pour des démarches ou si la question diagnostique se repose.
Ce sont les niveaux de soutien du DSM-5-TR : nécessitant de l’aide, une aide importante, ou une aide très importante. Ils sont évalués séparément pour la communication sociale et pour les comportements répétitifs, et peuvent évoluer dans le temps. Ils ne mesurent pas l’intelligence.
Le système de santé français s’appuie sur la classification de l’OMS. Avec la CIM-11, le trouble du spectre de l’autisme porte le code 6A02, précisé selon la présence d’un trouble du développement intellectuel et le niveau de langage fonctionnel. Beaucoup de documents utilisent encore les codes de la CIM-10, en F84.
Oui, c’est même fréquent : TDAH, troubles anxieux, dépression, troubles du sommeil, troubles dys, épilepsie, par exemple. Depuis 2013, les classifications permettent explicitement de poser un TDAH avec un autisme. Le bilan recherche ces troubles associés, car beaucoup se soignent.
Un premier rendez-vous permet de relire avec vous un compte rendu ancien, de faire le point sur vos questions, et de décider si un bilan actualisé est utile.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.