Drogues et sevrages
Cannabis, cocaïne, amphétamines, hallucinogènes, cathinones, sevrage alcoolique sévère. Les symptômes disparaissent souvent en quelques jours ou semaines après l’arrêt, mais pas toujours.
Cette page n'est pas encore publique. Entrez le mot de passe pour la consulter.
Entendre des voix, se sentir persécuté, se replier : ces signes ne sont pas propres à la schizophrénie. Un trouble bipolaire, une dépression sévère, un traumatisme, un autisme, une drogue ou une maladie neurologique peuvent produire des tableaux proches. Les distinguer change tout pour le traitement. Voici comment les cliniciens raisonnent.
Il n’existe aucune prise de sang, aucune imagerie ni aucun test psychologique qui permette, à lui seul, de diagnostiquer une schizophrénie. Le diagnostic est clinique : il repose sur des entretiens avec la personne, souvent répétés, sur le témoignage des proches, sur l’histoire du développement et des symptômes, et sur l’observation de l’évolution dans le temps. Il est posé par un psychiatre.
Devant tout premier épisode psychotique, les recommandations demandent de rechercher une cause qui ne relève pas de la psychiatrie. Certains signes doivent particulièrement y faire penser : un début après 40 ans, des hallucinations visuelles au premier plan, une confusion (désorientation, troubles de la vigilance), de la fièvre, des convulsions, des troubles neurologiques, une évolution très rapide.
Cannabis, cocaïne, amphétamines, hallucinogènes, cathinones, sevrage alcoolique sévère. Les symptômes disparaissent souvent en quelques jours ou semaines après l’arrêt, mais pas toujours.
Corticoïdes à forte dose, certains antiparkinsoniens, antipaludéens, isotrétinoïne et d’autres molécules peuvent provoquer des symptômes psychotiques.
Épilepsie, notamment temporale, encéphalites auto-immunes (dont l’encéphalite à anticorps anti-NMDA, chez les jeunes femmes surtout), tumeurs, maladies neurodégénératives.
Troubles thyroïdiens, lupus, carences sévères (vitamine B12), infections (VIH, syphilis), maladies métaboliques rares.
Des idées délirantes et des hallucinations peuvent survenir pendant un épisode maniaque (idées de grandeur, de mission) ou un épisode dépressif sévère (idées de culpabilité, de ruine, de maladie incurable). La clé est la chronologie : dans un trouble de l’humeur, les symptômes psychotiques apparaissent pendant les épisodes et disparaissent avec eux. Dans la schizophrénie, ils persistent en dehors de tout trouble de l’humeur.
Entre les deux se situe le trouble schizoaffectif, décrit dans la page sur les formes et classifications. Les débuts de la maladie sont parfois difficiles à classer, et le diagnostic peut changer avec les années. Le site consacre un guide complet au trouble bipolaire.
Les personnes ayant vécu des traumatismes répétés entendent parfois des voix : celle de l’agresseur, des voix d’enfant, des voix critiques. Ces expériences se rencontrent dans le trouble de stress post-traumatique complexe et dans les troubles dissociatifs, notamment le trouble dissociatif de l’identité. Elles sont souvent confondues avec une schizophrénie.
| Indice | Plutôt dissociatif | Plutôt psychotique |
|---|---|---|
| Lien avec le trauma | Contenu et déclencheurs liés aux souvenirs traumatiques | Lien moins direct, thèmes plus variés |
| Âge d’apparition | Souvent dès l’enfance | Souvent à l’adolescence ou chez le jeune adulte |
| Explication donnée | « C’est une partie de moi », sans délire construit | Explication délirante (émetteur, complot, puissance extérieure) |
| Autres signes | Amnésies, pertes de temps, dépersonnalisation | Désorganisation, symptômes négatifs |
| Contact et pensée | Pensée organisée, contact préservé | Pensée parfois désorganisée |
Les deux peuvent aussi coexister : une personne atteinte de schizophrénie peut avoir vécu des traumatismes et en garder des séquelles. Le cabinet propose un bilan dissociatif et un bilan psycho-traumatique qui aident à faire la part des choses, en complément de l’avis psychiatrique.
Les deux mots ont la même origine : Eugen Bleuler appelait « autisme » le repli des personnes atteintes de schizophrénie. Ils désignent aujourd’hui des réalités distinctes, mais qui peuvent se ressembler : difficultés relationnelles, expression émotionnelle réduite, intérêts restreints, langage particulier.
Chez l’adulte qui n’a jamais été évalué, un bilan TSA, avec des outils standardisés comme l’ADOS-2 et l’ADI-R, peut éviter des années d’errance diagnostique dans un sens comme dans l’autre.
Dans le trouble obsessionnel compulsif, la personne reconnaît habituellement que ses pensées sont excessives. Parfois, ce recul disparaît et la conviction devient forte. On parle alors de TOC « avec absence d’insight », qui n’est pas une schizophrénie. À l’inverse, des symptômes obsessionnels sont fréquents chez les personnes atteintes de schizophrénie. Le contenu, l’histoire et la présence d’autres symptômes aident à distinguer.
Ce sont des manières d’être durables, sans psychose franche. La personnalité schizoïde se caractérise par un retrait et une indifférence aux relations. La schizotypique par des idées et perceptions inhabituelles, une pensée magique et des bizarreries. La paranoïaque par une méfiance, une susceptibilité et une rigidité. Elles peuvent précéder une schizophrénie, mais le plus souvent elles restent stables.
Dans le trouble de la personnalité borderline, de brefs épisodes de méfiance intense, de dissociation ou d’hallucinations peuvent survenir lors de stress importants. Ils durent quelques heures ou jours. Le contexte relationnel, l’instabilité émotionnelle et l’impulsivité orientent le diagnostic.
Une idée délirante durable, souvent unique et bien construite, sans hallucinations marquées, sans désorganisation ni symptômes négatifs, et avec un fonctionnement préservé en dehors du thème délirant. Il est développé dans la page schizophrénie et paranoïa.
Entendre la voix d’un défunt, avoir des visions religieuses, croire à la sorcellerie : dans de nombreuses cultures, ces expériences sont partagées et n’ont rien de pathologique. Le clinicien doit tenir compte du contexte culturel, et se demander si l’expérience est reconnue comme normale par le groupe d’appartenance de la personne.
| Trouble | Points communs | Ce qui oriente |
|---|---|---|
| Psychose induite par une substance | Délire, hallucinations | Lien chronologique avec la prise, amélioration à l’arrêt, tests toxicologiques |
| Cause médicale | Délire, hallucinations | Confusion, signes neurologiques, hallucinations visuelles, examens anormaux |
| Trouble bipolaire | Délire pendant les épisodes | Symptômes psychotiques limités aux épisodes d’humeur |
| Dépression psychotique | Délire, retrait | Délire de culpabilité ou de ruine, tristesse au premier plan |
| Trauma et dissociation | Voix, méfiance | Lien avec le trauma, amnésies, pas de délire construit |
| Autisme | Retrait, expression émotionnelle réduite | Particularités depuis l’enfance, pas de rupture |
| TOC sans recul | Conviction forte | Thème obsessionnel, rituels, pas d’autre symptôme psychotique |
| Trouble délirant | Idée délirante durable | Pas de désorganisation ni de symptômes négatifs, fonctionnement préservé |
Des situations fictives, construites pour ce guide. Quelle piste explorer en premier ?
Cas 1 · Léo, 20 ans
Après un week-end de fête, Léo est persuadé que ses amis veulent l’empoisonner. Il est agité, ne dort plus. Il dit avoir pris « un peu de tout ».
Quelle piste explorer en premier ?
Cas 2 · Nadia, 34 ans
Nadia entend depuis l’enfance la voix d’un homme qui l’insulte, surtout quand quelque chose lui rappelle son beau-père. Elle a des trous de mémoire et se retrouve parfois ailleurs sans savoir comment. Sa pensée est claire.
Quelle piste explorer en premier ?
Cas 3 · Gabriel, 27 ans
Gabriel a toujours eu peu d’amis, des intérêts très pointus et du mal avec l’implicite. Depuis l’enfance, il vit à l’écart. Il n’a jamais eu de voix ni de convictions étranges. Ses parents s’inquiètent de son isolement.
Quelle piste explorer en premier ?
Cas 4 · Madeleine, 58 ans
Depuis trois semaines, Madeleine voit des enfants dans son salon, est parfois désorientée le soir, et confond les jours. Elle n’avait aucun antécédent.
Quelle piste explorer en premier ?
Le diagnostic reste psychiatrique, mais les bilans psychologiques apportent des éléments précieux : ils décrivent le fonctionnement cognitif, recherchent une dimension traumatique ou dissociative, évaluent des traits autistiques, et documentent les forces et les fragilités de la personne. Ils aident aussi à argumenter un dossier MDPH ou des aménagements.
Bilan neuropsychologique complet, bilan psychologique global à partir de 16 ans, bilan dissociatif, bilan psycho-traumatique et bilan TSA (ADOS-2 et ADI-R) : ces évaluations sont menées avec des outils étalonnés, croisées avec l’entretien clinique et l’histoire de vie, et restituées par écrit. Elles complètent l’avis du psychiatre, elles ne le remplacent pas. Voir l’accompagnement au cabinet.
Par des entretiens cliniques approfondis avec un psychiatre, le témoignage des proches et l’observation de l’évolution, après avoir écarté une cause médicale ou toxique par un examen et des analyses. Aucun examen ne permet à lui seul le diagnostic.
Oui, surtout au début. Dans le trouble bipolaire, les symptômes psychotiques surviennent pendant les épisodes maniaques ou dépressifs et disparaissent avec eux. Dans la schizophrénie, ils persistent en dehors des troubles de l’humeur.
Pas forcément. Des voix liées au trauma se rencontrent dans le stress post-traumatique complexe et les troubles dissociatifs. Le lien avec les souvenirs traumatiques, les amnésies et l’absence de délire construit orientent vers ces troubles.
Le diagnostic est posé par un psychiatre. Le psychologue contribue par ses bilans (cognitif, dissociatif, traumatique, autistique) et peut accompagner la personne en psychothérapie, en lien avec le médecin.
Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous êtes en danger, si vous entendez des voix qui vous ordonnent de vous faire du mal, si vous pensez au suicide ou si un proche vous inquiète gravement, appelez sans attendre :
Hors urgence, le centre médico-psychologique (CMP) de votre secteur reçoit sans avance de frais. Les proches peuvent joindre l’Unafam au 01 42 63 03 03. Voir aussi la page aider un proche.
Un premier rendez-vous permet de faire le point, d’entendre ce que vous vivez, vous ou votre proche, et de construire un accompagnement psychothérapeutique en lien avec le psychiatre ou le médecin qui suit la personne. Adolescents, adultes, couples et familles sont reçus au cabinet ou en téléconsultation, 365 jours par an.
Cliquer sur la photo ou utiliser + et − pour zoomer. Échap pour fermer.
Chargement de l'article…
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.