Autisme : notre approche, du bilan neuropsychologique à la psychothérapie adaptée
Comprendre précisément un fonctionnement, puis aider la personne à vivre mieux avec lui : c’est ainsi que nous concevons notre travail auprès des enfants, adolescents et adultes autistes et de leurs proches. Pour l’évaluation, la neuropsychologue est au premier plan. Pour ce qui fait souffrir (l’anxiété, les expériences de rejet ou de harcèlement, l’identité, le vécu du diagnostic), le psychothérapeute s’appuie sur l’EMDR et l’écoute analytique, avec des outils des TCC en complément. Cette page explique comment, pourquoi, et ce que dit la science pour chaque approche.
Mise à jour le 24 octobre 2026 · Lecture : environ 19 minutes
Avant de parler de méthodes, quelques convictions guident notre manière de travailler avec les personnes autistes et leurs familles. Elles s’appuient sur les recommandations de la Haute Autorité de santé, sur la recherche, et sur ce que les personnes autistes elles-mêmes nous apprennent.
Principe 1
On ne soigne pas l’autisme, on soigne ce qui fait souffrir
L’autisme est un fonctionnement, pas une maladie à faire disparaître. En revanche, l’anxiété, la dépression, l’épuisement, les souvenirs de harcèlement, les conflits familiaux se soignent. C’est là que porte notre travail de psychothérapie.
Principe 2
Les parents ne sont pas en cause
L’autisme est d’origine neurodéveloppementale. Les théories qui accusaient les mères sont fausses et ont fait beaucoup de mal. Quand nous écoutons l’histoire familiale, ce n’est jamais pour y chercher une cause à l’autisme.
Principe 3
C’est à nous de nous adapter
Lumière, bruit, rythme, façon de poser les questions, droit de regarder ailleurs ou d’écrire : nous ajustons le cadre à la personne, plutôt que de lui demander de se conformer au nôtre.
Principe 4
Nous ne travaillons pas seuls
Le médecin, l’orthophoniste, le psychomotricien, l’ergothérapeute, l’école, les équipes spécialisées ont chacun leur rôle. Chez le jeune enfant notamment, les interventions précoces éducatives et développementales recommandées se font avec d’autres professionnels, vers qui nous orientons.
Principe 5
Dire ce que l’on sait, et ce que l’on ne sait pas
Pour chaque approche, nous distinguons sa place dans notre pratique et l’état des connaissances scientifiques. Aucune promesse de résultat : des bénéfices possibles, discutés avec vous.
Principe 6
Partir des forces
Intérêts, mémoire, rigueur, honnêteté, créativité : les points forts sont des leviers pour apprendre, se soigner et prendre confiance. Ils ont toute leur place en séance.
Ce que nous cherchons à comprendre
Chaque personne qui nous consulte arrive avec une question différente : « mon enfant est-il autiste ? », « suis-je autiste ? », « je le sais, mais je vais mal », « notre couple s’épuise », « mon fils est harcelé ». Le premier temps consiste à comprendre ensemble ce qui se passe, avant de décider de la suite.
Le fonctionnement : y a-t-il un autisme, et lequel ? Quel profil de communication, de sensorialité, de flexibilité ? Quelles forces ?
Ce qui s’y ajoute : un TDAH, une anxiété, une dépression, un trouble dys, un haut potentiel, des troubles du sommeil ?
Ce qui pourrait y ressembler : une anxiété sociale, un traumatisme, des carences précoces, un trouble de la personnalité ?
L’histoire : quelles expériences ont marqué la personne (rejets, moqueries, harcèlement, ruptures, hospitalisations, surcharges vécues comme terrifiantes) ? Qu’est-ce qui se répète ?
L’environnement : l’école, le travail, la famille, le couple sont-ils ajustés ou épuisants ?
Le projet : que souhaite la personne, ou la famille ? Comprendre, souffrir moins, retrouver de l’énergie, mieux communiquer, obtenir des aménagements ?
Faut-il un diagnostic pour être accompagné ?
Non. Une personne peut venir pour une anxiété ou un épuisement sans savoir si elle est autiste, et décider plus tard de faire un bilan, ou jamais. À l’inverse, une personne diagnostiquée depuis longtemps peut venir pour un tout autre motif. Le diagnostic aide souvent à ajuster l’accompagnement, mais il n’en est pas une condition.
Le regard de la neuropsychologue, au premier plan pour l’évaluation
La psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie du cabinet est spécialisée dans l’évaluation clinique du TSA. Elle reçoit les enfants, les adolescents et les adultes pour qui se pose la question d’un autisme, ou chez qui un autisme connu s’accompagne de questions sur les apprentissages, l’attention ou le profil cognitif. Son bilan associe trois sources d’information.
L’histoire
Le développement
L’analyse de l’histoire développementale, depuis la petite enfance : premières acquisitions, langage, jeu, relations, sensorialité, scolarité. Les documents d’époque et les souvenirs des proches sont précieux.
L’observation
L’ADOS-2
Une évaluation standardisée fondée sur l’observation directe, en interaction, avec des modules adaptés à l’âge et au niveau de langage, de la petite enfance à l’âge adulte : communication, réciprocité, comportements répétitifs.
L’entretien
L’ADI-R
Un entretien clinique approfondi avec les parents ou un proche qui connaît bien l’histoire de la personne, sur le développement depuis la petite enfance jusqu’à aujourd’hui.
Ces deux outils de référence sont reconnus internationalement et présentés dans les recommandations de la Haute Autorité de santé. Leurs résultats sont toujours interprétés dans leur contexte clinique : aucun score ne suffit, à lui seul, à confirmer ou à exclure un autisme. Selon la question posée, le bilan est complété par une évaluation de l’efficience intellectuelle (échelles de Wechsler adaptées à l’âge), de l’attention et des fonctions exécutives, et par des questionnaires. Il décrit ainsi un profil, avec ses forces et ses fragilités, et recherche un TDAH, un haut potentiel ou des troubles des apprentissages associés.
La restitution est un moment clé : les résultats sont expliqués avec des mots simples, à la personne et, selon l’âge, à ses parents ; un compte rendu écrit propose des recommandations concrètes pour l’école, le travail, la maison. Le bilan s’articule avec le médecin (pédiatre, pédopsychiatre, psychiatre, neuropédiatre) pour l’examen médical et les examens complémentaires, et peut être utile pour un dossier MDPH. Les modalités pratiques sont détaillées sur la page bilan TSA, et la page quand consulter explique ce que le bilan éclaire.
Et la remédiation cognitive ?
Quand le bilan montre des fragilités précises, par exemple de l’attention, de la planification ou de la flexibilité, la neuropsychologue peut proposer une remédiation cognitive : des exercices structurés, ciblés et transposés dans la vie quotidienne. Dans l’autisme, les données de recherche existent pour certains programmes et restent à consolider ; nous la proposons pour des objectifs concrets, évalués ensemble, et non comme un traitement de l’autisme.
L’EMDR : apaiser ce qui pèse encore
L’EMDR est l’un des deux axes principaux de notre psychothérapie. On la connaît surtout pour le traitement des traumatismes, mais nous l’utilisons plus largement, comme une psychothérapie qui travaille sur les expériences de vie qui continuent de peser, les représentations de soi qu’elles ont laissées, les déclencheurs actuels et les situations à venir. Pour une personne autiste, ces expériences sont souvent nombreuses, et pas toujours reconnues comme traumatiques par l’entourage.
Les moqueries au collège, l’exclusion du groupe, le harcèlement, une humiliation devant la classe ou en réunion, une crise en public suivie de regards, une contention ou un soin médical vécus comme terrifiants, une surcharge sensorielle restée gravée, une rupture incomprise. Ces souvenirs peuvent garder, des années plus tard, toute leur charge émotionnelle et corporelle. L’EMDR vise à les retraiter, pour qu’ils deviennent des souvenirs du passé plutôt qu’une alarme du présent.
« Je suis bizarre », « je ne suis pas à ma place », « je suis nul avec les gens », « je suis en danger quand je ne contrôle pas », « je dérange ». Ces croyances se sont souvent construites à partir d’expériences répétées de décalage et de rejet. L’EMDR cible les souvenirs qui les nourrissent et aide à installer une représentation plus juste : « je fonctionne autrement, et j’ai le droit d’être comme je suis ».
La cantine, la sonnerie, l’open space, le téléphone qui sonne, un ton de voix qui rappelle un ancien harceleur, les rires dans un couloir. Certains déclencheurs sont sensoriels et appellent d’abord des aménagements ; d’autres sont chargés par l’histoire, et l’EMDR peut en réduire la charge.
La rentrée dans un nouvel établissement, un entretien d’embauche, une soutenance, un repas de famille, un rendez-vous médical, le premier jour dans une nouvelle équipe. Le scénario du futur permet de se préparer à ces situations, en imaginant leur déroulement et en renforçant les ressources, ce qui rejoint le besoin de prévisibilité de beaucoup de personnes autistes.
Nous adaptons la méthode au fonctionnement de chacun. Le choix de la stimulation bilatérale tient compte de la sensorialité : vibrations des buzzers dans les mains, sons alternés, ou mouvements de la barre lumineuse, avec une vitesse et une intensité réglables, et le droit d’en changer en cours de route (voir le matériel). Les étapes sont expliquées à l’avance, parfois par écrit. Les échelles de perturbation peuvent être visuelles. Pour les personnes qui identifient difficilement leurs émotions, on s’appuie davantage sur les sensations du corps, ou sur une simple intensité de « trop ». Un temps de stabilisation et de ressources précède le retraitement quand c’est nécessaire.
Ce que dit la science
L’EMDR est recommandée par l’Organisation mondiale de la santé et par la Haute Autorité de santé pour le trouble de stress post-traumatique.
Les personnes autistes sont plus exposées que la moyenne au harcèlement et à des expériences vécues comme traumatiques, et leur stress post-traumatique est souvent moins bien repéré.
Chez les personnes autistes, les études sur l’EMDR restent peu nombreuses et de petite taille ; leurs résultats sont encourageants, mais doivent être confirmés.
L’EMDR ne traite pas l’autisme lui-même : elle vise les souvenirs, les croyances et les peurs qui font souffrir.
L’écoute analytique est l’autre axe principal de notre psychothérapie. Elle s’intéresse à la personne dans sa singularité : son histoire, sa parole, ses relations, ce qui se répète dans sa vie, la façon dont elle se raconte. Pour une personne autiste, elle peut offrir un espace rare : un lieu où l’on n’a pas à jouer de rôle, où l’on peut prendre son temps, parler longuement de ses intérêts si c’est par là que passe la parole, et où ce que l’on dit est pris au sérieux, au pied de la lettre s’il le faut.
L’identité
Qui suis-je, avec et au-delà de l’autisme ?
Après des années de camouflage, beaucoup de personnes ne savent plus très bien ce qui leur appartient. L’écoute aide à retrouver ses goûts, ses désirs, sa propre voix.
Le diagnostic
Le vécu de l’annonce
Soulagement, doute, colère, tristesse pour l’enfant que l’on a été : le diagnostic, surtout tardif, remanie toute une histoire. Ce travail ressemble à un deuil, qui a besoin d’être parlé.
Les liens
Ce qui se répète dans les relations
Relations où l’on s’efface, amitiés perdues sans comprendre, conflits familiaux, couple : l’écoute permet de repérer ce qui revient, ce qui relève de l’autisme et ce qui relève de l’histoire.
La solitude
Être seul, choisir d’être seul
Distinguer la solitude choisie, qui ressource, de l’isolement subi, qui fait souffrir. Et trouver ses propres façons d’être en lien.
Nous adaptons le cadre : séances en face à face, consignes claires sur le déroulement, pas de longs silences imposés quand ils angoissent, possibilité d’apporter un texte écrit, de dessiner, de parler à partir d’un objet ou d’une passion. L’écoute analytique est souvent proposée aux adolescents et aux adultes qui le souhaitent, et elle s’associe volontiers à l’EMDR.
Ce que dit la science, et ce que nous en faisons
Au XXe siècle, certaines théories d’inspiration psychanalytique ont attribué l’autisme à la relation avec la mère. Elles sont fausses, et nous les rejetons clairement.
En 2012, la Haute Autorité de santé a classé les approches psychanalytiques parmi les interventions « non consensuelles » pour l’accompagnement des enfants autistes, faute de données et en raison de désaccords entre experts.
Nous ne proposons donc pas l’écoute analytique comme un traitement de l’autisme, ni à la place des interventions recommandées.
Nous la proposons comme un espace de parole choisi, pour l’histoire, l’identité et les liens. Les données scientifiques spécifiques à cette indication manquent : c’est un choix de la personne, discuté avec elle.
Les thérapies cognitives et comportementales, adaptées au fonctionnement autistique, sont les approches psychologiques qui disposent du plus de données pour traiter l’anxiété des enfants et adolescents autistes, et des données se développent chez l’adulte. Nous en utilisons les outils en complément de l’EMDR et de l’écoute analytique, de façon concrète et explicite, ce qui convient souvent bien aux personnes autistes.
La psychoéducation : comprendre l’anxiété, la surcharge, le fonctionnement de ses émotions, avec des schémas et des mots simples.
Les échelles visuelles : thermomètre des émotions, jauge d’énergie, pour apprendre à repérer ce qui monte avant le débordement.
L’exposition progressive : affronter pas à pas une situation redoutée (un appel téléphonique, un trajet nouveau), à un rythme choisi, en tenant compte des vraies limites sensorielles.
La préparation des situations sociales : scripts, jeux de rôle, analyse après coup d’un échange qui a mal tourné.
L’organisation de l’énergie : planifier les efforts et les récupérations, anticiper les transitions.
La guidance des parents : ajuster les demandes, anticiper les crises, structurer le quotidien.
Une séance de psychothérapie peut être, en elle-même, une situation sociale éprouvante : un lieu nouveau, une personne inconnue, des questions ouvertes, un temps limité. Voici ce que nous ajustons, en fonction de chacun. N’hésitez pas à nous dire ce qui vous convient.
Prévisibilité et environnement
Le déroulement de la séance annoncé au début, et les changements prévenus à l’avance.
Des rendez-vous réguliers, si possible au même horaire.
Une lumière modulable, un environnement calme, le choix du siège.
Un objet à manipuler si cela aide à se concentrer.
Pour une partie du suivi, la téléconsultation depuis un lieu familier. Voir l’EMDR en visio.
Communication et rythme
Des questions directes et précises plutôt que très ouvertes.
Du temps pour répondre, sans relance trop rapide.
Le droit de regarder ailleurs, de ne pas sourire, de bouger.
La possibilité d’écrire, de dessiner, d’apporter un texte préparé.
Un résumé écrit des points importants, si c’est utile.
Exemple fictif : Léonie, 17 ans, angoissée à l’idée de venir, a reçu avant sa première séance une description écrite du cabinet, du trajet et du déroulement. Elle a choisi de s’asseoir dos à la fenêtre et de garder son casque autour du cou. Les premières séances se sont appuyées sur sa passion pour l’astronomie pour parler de ce qui était trop loin ou trop proche dans ses relations. Plus tard, l’EMDR a ciblé le souvenir d’une sortie scolaire où elle s’était effondrée devant toute la classe.
Ce que dit la science, approche par approche
Ce tableau distingue, pour chaque approche, sa place dans notre pratique et l’état des connaissances pour l’autisme ou ce qui l’accompagne. Il résume des données en évolution et ne remplace pas un échange personnalisé.
Approche
Place dans notre pratique
État des connaissances
Interventions précoces éducatives, comportementales et développementales
Réalisées par des équipes et des professionnels spécialisés, vers qui nous orientons
Recommandées en France chez le jeune enfant, d’autant plus utiles qu’elles commencent tôt
Orthophonie, psychomotricité, ergothérapie
Partenaires indispensables, avec qui nous échangeons
Font partie des interventions recommandées selon les besoins (communication, motricité, sensorialité)
Bilan TSA (ADOS-2, ADI-R, profil cognitif)
Au premier plan, par la neuropsychologue
Outils de référence, présentés dans les recommandations ; toujours interprétés dans le contexte clinique
TCC adaptées
Outils en complément, surtout pour l’anxiété
Le plus de données pour l’anxiété chez l’enfant et l’adolescent autistes ; données en développement chez l’adulte
EMDR
Axe principal pour les souvenirs, croyances, déclencheurs et situations à venir
Recommandée pour le stress post-traumatique ; études encore peu nombreuses chez les personnes autistes, résultats encourageants à confirmer
Écoute analytique
Axe principal pour l’histoire, l’identité, les liens, chez les personnes qui la choisissent
Jugée non consensuelle par la HAS en 2012 pour l’enfant autiste ; pas proposée comme traitement de l’autisme ; données manquantes dans cette indication
Remédiation cognitive
Par la neuropsychologue, pour des objectifs ciblés
Données pour certains programmes, à consolider
Médicaments
Relèvent du médecin
Aucun ne traite l’autisme lui-même ; certains aident pour le sommeil, un TDAH associé, une irritabilité sévère ou une dépression
Quatre parcours, quatre façons de combiner les regards
Parcours fictifs, construits pour ce dossier à partir de situations fréquentes. Ils montrent que l’ordre et le dosage des approches dépendent de chaque histoire.
1
Elio, 4 ans
« Il ne parle pas encore »
Le bilan de la neuropsychologue, coordonné avec le pédiatre, conclut à un autisme avec un retard de langage. La famille est orientée vers la plateforme de coordination de son département, l’orthophonie et un programme d’intervention précoce. Au cabinet, quelques entretiens soutiennent les parents dans l’annonce et l’organisation du quotidien.
2
Maëlle, 15 ans
Phobie scolaire après un harcèlement
Le bilan confirme un autisme jamais repéré. En psychothérapie, l’EMDR cible les scènes de harcèlement et la peur du retour en classe, préparée par un scénario du futur. Des outils des TCC l’aident à doser son énergie. L’école met en place des aménagements.
3
Bertrand, 52 ans
Diagnostiqué après son petit-fils
Il ne souhaite pas de « thérapie », mais un lieu pour comprendre. L’écoute analytique lui permet de relire sa vie, son enfance solitaire, son divorce, et de renouer avec sa fille. Quelques séances d’EMDR apaisent le souvenir d’un licenciement brutal.
4
Camille et Samir
Un couple qui s’épuise
Samir est autiste. Les disputes tournent autour du bruit, des sorties et du « manque d’attention ». En thérapie de couple, chacun apprend à dire ses besoins explicitement. Voir autisme et couple.
Comment les regards se complètent
La psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie
Elle réalise les bilans TSA chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte, avec l’ADOS-2, l’ADI-R et l’analyse de l’histoire développementale, ainsi que les évaluations intellectuelles et attentionnelles. Elle décrit le profil, ses forces et ses fragilités, recherche les troubles associés, restitue les résultats et propose, si besoin, une remédiation cognitive.
Le psychothérapeute et psychanalyste
Spécialisé dans le traumatisme, il pratique l’EMDR chez l’adulte et l’enfant, l’écoute analytique, des outils des TCC, ainsi que les thérapies de couple et familiales. Il accompagne l’anxiété, les expériences de rejet ou de harcèlement, l’identité, le vécu du diagnostic et les relations.
Concrètement, cela change trois choses. Le diagnostic est plus sûr : le regard neuropsychologique et celui du psychothérapeute formé au trauma se complètent pour ne pas confondre un autisme avec une anxiété sociale ou un traumatisme, ni passer à côté d’un autisme camouflé. Le soin est plus cohérent : le psychothérapeute connaît le profil décrit par le bilan et adapte ses outils ; la neuropsychologue connaît les enjeux émotionnels. Et la personne n’a pas à raconter son histoire à des interlocuteurs qui ne se parlent pas : avec son accord, les cliniciens se transmettent l’essentiel.
Six questions pour repérer l’approche qui répond le mieux à votre situation du moment. Quiz pédagogique, ce n’est ni un test validé ni un diagnostic : le premier rendez-vous sert justement à affiner ce choix avec vous.
Questions fréquentes sur notre approche
L’EMDR convient-elle aux personnes autistes ?
Elle peut convenir, avec des adaptations : choix de la stimulation selon la sensorialité, étapes expliquées à l’avance, échelles visuelles, appui sur les sensations du corps quand les émotions sont difficiles à nommer. Elle vise les souvenirs, les croyances et les peurs qui font souffrir, pas l’autisme lui-même. Les études chez les personnes autistes sont encore peu nombreuses, avec des résultats encourageants.
Pourquoi proposer une écoute analytique, alors que la HAS l’a jugée non consensuelle ?
La HAS s’est prononcée en 2012 sur l’accompagnement des enfants autistes, et nous ne proposons pas l’écoute analytique comme un traitement de l’autisme, ni à la place des interventions recommandées. Nous la proposons aux personnes qui le souhaitent, surtout adolescentes et adultes, comme un espace pour parler de leur histoire, de leur identité et de leurs liens, sans jamais chercher dans la famille une cause à l’autisme.
Le bilan et la psychothérapie peuvent-ils se faire au même endroit ?
Oui. La neuropsychologue réalise le bilan TSA, et le psychothérapeute assure l’accompagnement. Avec votre accord, ils échangent sur l’essentiel, ce qui évite de répéter son histoire et permet d’adapter la psychothérapie au profil décrit par le bilan.
Prenez-vous en charge les interventions précoces du jeune enfant ?
Le bilan peut être réalisé dès le plus jeune âge. Les interventions précoces éducatives et développementales recommandées, l’orthophonie, la psychomotricité ou l’ergothérapie sont assurées par d’autres professionnels et équipes, vers qui nous orientons et avec qui nous échangeons. Nous pouvons accompagner les parents en parallèle.
Comment adaptez-vous les séances au fonctionnement autistique ?
Déroulement annoncé, rendez-vous réguliers, environnement calme et lumière modulable, questions directes, temps pour répondre, droit de regarder ailleurs ou de bouger, possibilité d’écrire, résumé écrit si besoin, et pour une partie du suivi la téléconsultation. Nous ajustons au fur et à mesure, avec vous.
Construire ensemble l’accompagnement qui vous convient
Un premier rendez-vous permet de comprendre votre demande, de vous présenter ce que nous pouvons proposer, et de décider ensemble de la suite : un bilan, une psychothérapie, un travail en couple ou en famille, ou une orientation vers d’autres professionnels.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.